AGIR LOCAL Document -outil

AGIR LOCAL

Jouy le Moutier, Carte DREIF

Il reste deux mandats municipaux avant le déclenchement des 2° de réchauffement climatique.

Comment écarter cette menace, faire notre part, dans le plaisir de vivre, selon un chemin économique et social acceptable ?

Il est capital de commencer par comprendre ce qui provoque le changement climatique, nos émissions de gaz à effet de serre, pour intégrer l’objectif majeur : écarter la menace et au passage, ne pas être induit en erreur par les chiffres de l’énergie ou des émissions de gaz à effet de serre, en France.

Ceci posé, parce que nous pouvons agir là où nous vivons, et en décider sans plus attendre, ce document s’attache à proposer des solutions efficaces qu’une équipe municipale, des associations peuvent mettre en oeuvre, en prenant pour exemple Jouy le moutier dans l’agglomération de Cergy-Pontoise.

Il est utilisable ailleurs.

Télécharger ce document au format pdf

I.              COMPRENDRE POUR AGIR EFFICACEMENT

CE QUE DISENT les scientifiques du climat :

Depuis le début de la révolution industrielle, fixée symboliquement en 1750, les trois quarts des émissions sont le fait des énergies fossiles, le dernier quart de la déforestation. La feuille de route est toute tracée, la falaise à franchir aussi :

Une tonne de CO2 émise à Pékin, New York ou Paris est uniformément répartie dans l’atmosphère tout autour de la terre et y reste un siècle et plus. Conséquence : les émissions de CO2 de 2018 continueront à changer le climat dans le siècle qui vient. Ce que nous avons vu ces derniers étés n’est que le début des sécheresses, incendies, inondations, ouragans et autres « épisodes climatiques extrêmes » comme disent les scientifiques du climat, le GIEC.

En mai 2019 la concentration de gaz à effet de serre en est à 414, 83ppm.

Les ppm, c’est comme les degrés centigrades du corps, peu de gens en connaissent la définition mais tout le monde sait qu’à 40° de fièvre, il faut se dépêcher d’aller à l’hôpital : le GIEC nous dit qu’à 415 ppm, l’atmosphère va se réchauffer de 1,5°, l’équivalent de 40° de fièvre; Nous franchirons dans les années 2030 le seuil des 450 ppm, l’équivalent de 42°C de fièvre.

Les riches et les pauvres en subiront les conséquences où qu’ils soient.

Il est grand temps de s’en occuper, du climat ; c’est à dire de nous.

Une réduction d’un tiers de nos émissions aujourd’hui nous donnerait 8 à 10 ans de plus pour agir, assurer la transition énergétique.

QUI émet le plus de CO2 ?

En une vie d’homme, la population mondiale est passée de 2,5 à 7,5 milliards d’habitants ; la classe moyenne et supérieure mondiale est passée de 500 millions à 2 milliards de personnes ces 30 dernières années. C’est ce gros quart de l’humanité qui émet 80% des gaz à effet de serre, à coup d’utilisation massive d’énergies fossiles,- charbon, pétrole et gaz-, et de déforestation,-pour faire pousser de quoi nourrir le bétail.

Sources ONU, Mauna Loa Observatory

Qui compose cette classe moyenne et supérieure mondiale ? Celles et ceux qui gagnent plus de 4 à 8 euros par personne et par jour. En France, les plus pauvres ont un revenu bien au dessus des 8 euros par personne et par jour ; ce qui ne veut pas dire que l’on vit bien en France avec le seul RSA, ni un smic, APL, sécurité sociale et allocations familiales incluses.

Mais la France est un pays de cocagne : que l’on se considère comme pauvre ou riche, en France nous faisons en quasi totalité partie de ces 2 milliards d’êtres humains qui émettent plus de 80% des gaz à effet de serre.

A noter que la tonne de CO2e permet de ramener le pouvoir de réchauffement des 6 gaz à effet de serre à celui d’une tonne de CO2 sur un siècle. Ainsi, 3,3kg de protoxyde d’azote émis à 90% par l’agriculture) sont aussi réchauffant qu’une tonne de CO2.

En France, réduisons nous nos émissions, tout inclus : produits importés, de Chine par exemple comme notre ordinateur et produits exportés comme nos airbus ? Non.

La réalité, c’est qu’en France nous émettons en moyenne plus de 11 tonnes équivalent CO2 par personne et pas 6,5. Une paille.

Ainsi, selon le rapport du haut conseil pour le climat, nos émissions françaises en 2017 s’élèvent à 465 millions de tonnes CO2e et le solde de nos exportations- importations en rajoute 284. Méfiez vous de ceux qui vous parlent émissions territoriales. Ils omettent 40% des émissions de gaz à effet de serre.

 La classe moyenne et supérieure mondiale, nous parmi d’autres, tient son sort entre ses mains et avec elle celui des plus pauvres et des plus miséreux : 5 milliards d’autres êtres humains.

Voilà une caractéristique clé ; plus on gagne d’argent, plus on émet de CO2 : voitures plus grosses, logements plus grands, plus de viande, plus de voyages plus lointains, plus fréquents…

Ce qui est très intéressant parce que du même coup, l’inverse est aussi vrai : plus on économise de CO2 plus on économise d’argent, plus on peut investir dans le renouvelable, pour vivre mieux. C’est vrai de l’habitant comme de l’entrepreneur ou de la collectivité territoriale.

Nous tenons là un moyen de réduire nos émissions, dans le plaisir de vivre, pour peu que l’on accepte de revisiter ce qui fait le plaisir de vivre, nos modes de vie comme ils ont été embarqués. Sans revenir à la bougie. Nous en sommes très loin.

Faut-il pour autant revenir au niveau de vie des années 30 ? Evidemment non. Pour preuve, cette courbe qui met en relation l’indice de développement humain (IDH), et les émissions de CO2 des 1300 communes Île-de-France. On y constate qu’à niveau de vie donné, les communes émettent du simple au double de CO2e.

L’ENERGIE EST PARTOUT, la déforestation fait le reste : quels leviers de réduction ?

C’est comme une baignoire qui déborde : on ferme les robinets, ceux des énergies fossiles et de la déforestation, on ouvre la bonde, celle des renouvelables.

Pas facile donc : l’utilisation des énergies fossiles épargne des efforts physique (voiture, camion, train, bateau, ascenseur, escalator), fournit du confort (logement, éclairage, chauffage, eau chaude), épargne de la pénibilité au travail (grues, pelleteuses, tracteurs, machines outil, désherbants) ou procure du plaisir dans la vie (télévision, cinéma, musique, internet, week-end low cost, vacances dans les pays chauds); quant à la viande, c’est un signe de richesse, une habitude alimentaire, une culture culinaire.

Ce n’est pas un hasard si les trois quarts des émissions de gaz à effet de serre accumulées depuis la révolution industrielle sont le fait des énergies fossiles, le quatrième quart de la déforestation. L’énergie est partout, dans notre nourriture, nos déplacements, nos bâtiments, fabrication de l’énergie incluse. La déforestation en est le dommage collatéral.

Se pourrait-il que l’on puisse réduire nos émissions et les inégalités en gagnant du pouvoir d’achat, dans une économie prospère, avoir moins, paraître moins mais vivre mieux ?

Oui, c’est le propos de ce document : agir en ce sens, là où nous vivons, c’est à dire là où nous pouvons en décider, seul et ensemble, à toutes les échelles de territoire.

SEUL ET ENSEMBLE

Pour un conseil municipal, une communauté d’agglomération, agir seul signifie ce sur quoi il ou elle a directement la main, en régie ou par délégation de service public interposée. Ensemble relève de toutes les actions concertées avec les maires et leur conseil municipal, les habitants, les entrepreneurs, les autres services publics et privés, dans et hors de la commune. Il en est de même pour une association, au statut, champs d’action et à la puissance près.

 La moitié de nos émissions sont le fait de nos seules décisions ;

Prenez ce constat dans le bon sens : dans notre économie de marché, chaque achat est un vote, une décision, pour ou contre le changement climatique.

A lois, subventions, incitations, territoires et bien-être constants, une famille[1], un entrepreneur, un élu local, peuvent émettre du simple au double de CO2. Les comportements,-nourriture, voiture, chauffage-, vacances au loin-, les choix d’achats et de produits de l’entreprise, de la cantine et du chauffage des écoles, sont déterminants.

L’injonction des gouvernants ne suffit pas. Il nous faut changer nos façons de décider et progressivement, nos modes de vie. Grosso modo, c’est la moitié des émissions de gaz à effet de serre.

Et si vous pensez que ce que vous décidez est une goutte d’eau, calculez l’effet de votre décision à l’échelle de 2 milliards de terriens. C’est l’effectif de la classe moyenne et supérieure mondiale qui émet 80% des gaz à effet de serre.

Et l’autre moitié des émissions ? Pour écarter la menace climatique, peut-on tout attendre des COP comme celle de Paris ? De la loi transition votée sous la présidence Hollande, de celle qui va être votée sous la présidence Macron ?

Non, d’abord parce que nous devons prendre en main nos comportements, ensuite parce qu’à toutes le échelles de gouvernements de la commune à l’Europe, nous refusons purement et simplement de voir que nos villes et nos territoires,-bâtiments, quartiers, routes-, se renouvellent à peu près de 1% par an.

Conséquence, au début des années 2030, quand nous franchirons le seuil irréversible de déclenchement des 2°C de réchauffement, plus de 95% de nos émissions seront le fait des territoires qui sont aujourd’hui sous nos yeux.

Ce qui demande d’être très clair sur le fait que le neuf n’est pas un enjeu : le bâtiment à énergie positive, l’écoquartier, l’infrastructure de transport flambant neuve dans lesquels nous investissons tant d’argent public et privé, ne sont pas un enjeu. Pire, le neuf peut générer massivement des émissions. Le neuf ne peut jouer un rôle que s’il fait levier organisé sur le territoire pour le transformer à temps.

C’est énorme de dire ça.

L’enjeu est la réinvention écologique, économique et sociale des territoires tels qu’ils sont aujourd’hui sous nos yeux pour qu’ils permettent une baisse drastique des émissions décidée par ceux qui y vivent.

Plus précisément l’enjeu est de transformer le métabolisme de nos territoires, métabolisme entendu comme les productions et consommations locales, les flux de personnes, marchandises, connaissances et argents qui entrent et sortent de notre territoire. C’est à dire ce qui génère ces émissions.

Car l’autre moitié des émissions est le fait de la fourniture de biens et services plus ou moins carbonés, fabriqués par des entreprises privées et des services publics. S’il n’y a pas d’énergies renouvelables, de voiture ou de jean bas carbone à acheter ou encore de transport ou de cantine bas carbone, on ne peut pas baisser cette part d’émissions.

Une baisse qui est à réaliser dans le temps qui reste, deux mandats municipaux : en matière d’offre de biens et services renouvelables, nous n’avons pas d’autre choix que d’utiliser territoires et infrastructures comme ils sont ou presque.

Presque, là est la deuxième partie de la solution : il nous faut recycler nos territoires, comme on redonne vie à un village abandonné. Ce qui ouvre le temps des petits projets, reproductibles de nombreuses fois, à portée de décision. Les communes et leurs intercommunalités sont en première ligne.

Seul et ensemble, un métabolisme de territoire se change avec des décisions quotidiennes qui changent nos modes de vie ; ça se change en parallèle avec des projets, efficaces, que l’on ne peut faire qu’ensemble.

Recycler nos territoires remet en question nos budgets d’investissement, nos compétences, notre ingénierie, nos marchés de travaux, nos achats.

Cela commence avec la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise et ses communes, le Val d’Oise, la région Île de France, la France, l’Europe et même le reste du monde, dans notre économie mondialisée.

Rien n’empêche de s’y mettre, à toutes les échelles de territoire. Mais cela demande de repenser nos façons de penser et d’agir.

Concrètement, comme élu, associatif, chef d’établissement, on commence par notre territoire : cela conduit à nous fixer pour objectif de réduire à zéro nos émissions de CO2e d’ici au début des années 2030, à Cergy-Pontoise, et au delà.

Extrait carte DRIEA IDF

Encore faut-il bien intégrer les conséquences de cette évidence : l’énergie est partout.

Il ne suffit pas de produire de l’énergie renouvelable, il nous faut aussi économiser l’énergie utilisée, rendre plus efficace celle que l’on utilise et réduire celle que l’on importe à travers nos achats ; et réduire la déforestation que l’on importe avec ces mêmes achats.

Avec l’empreinte carbone, les émissions de gaz à effet de serre sont un bon traceur. Mieux, c’est une machine à inventer des projets efficaces, finançables.

L’argent manque ? Non. Que l’on soit une famille ou une collectivité territoriale :

En tant que famille, si vous êtes dans les catégories dites populaires (en France) vous touchez entre 16 et 41 euros par personne et par jour selon votre revenu et la taille de votre famille c’est à dire 5800 à 14 800 euros par personne et par an.

Il s’agit des revenus après impôts et prestations sociales.

10% d’économies, c’est 580 à 1480 euros d’économies par personne et par an. Si vous gagnez plus, dans ce que l’on appelle la classe moyenne en France, c’est entre 1480 et 2350 euros d’économies potentielles. Multipliez par 10, vous obtenez la capacité de remboursement d’un investissement sans fonds propres à 10 ans.

Dés 580 euros par an, il y a de quoi commencer à investir dans le renouvelable. A fortiori avec 2350 euros par an.

Il y a de quoi converger sur des projets locaux d’économie d’énergie et de production d’énergie renouvelable. Il y a de quoi réduire la déforestation.

Pauvres, moyens et riches / comment le revenu vous classe – Centre d’observation de la société́.

Exemples :

  • Acheter des produits locaux et de saison est un investissement : santé pour vous, vos enfants et richesse locale, en argent et en liens sociaux. Le bio fait beaucoup mieux : biodiversité, fertilité durable des sols, ressources en eau, forêts…
  • Ou acheter un vélo électrique, pour aller à la gare ou directement au travail : il va vous faire gagner encore plus d’argent et revisiter (un peu) le plaisir de vivre ; une sorte de résolution forme physique-santé-bonheur de sentir les saisons passer tout en réduisant ses émissions et en gagnant du pouvoir d’achat.
  • Ou bien faire un bout d’isolation de votre logement qui va améliorer votre confort thermique, économiser de l’énergie, améliorer votre budget et réduire vos émissions de CO2.

Pour plus d’idées, voir ce projet de numéro spécial du journal communal, à utiliser en tout ou partie : http://agirlocal.org/numero-special-vivre-a-jouy/

En tant que collectivité, aux échelles de territoire au dessus, l’établissement, le département, la région, les moyens augmentent, de plus en plus, les capacités d’économies et de financements avec.

Avez vous déjà fait, en tant qu’élu, que chef d’établissement d’un service public, ne serait-ce que tout ce qui est décrit là, http://agirlocal.org/elu/ : trois exemples de réduction immédiate de CO2 identifient plus d’un milliard d’économies par an, toutes fonctions publiques confondues. Même si au bout cela ne fait que la moitié… Réduire ses émissions de CO2 sert à gagner de l’argent.

La question majeure n’est donc pas « je n’ai pas les moyens » mais comment inventer, reproduire des petits projets qui fassent masse dans cet état des lieux des acteurs : 30 millions de famille, 5 millions d’entrepreneurs, 500 000 élus, 36 000 communes, 1234 intercommunalités, 100 départements, 14 régions, la France, l’Europe et le monde peuplé des 2 milliards d’humains qui émettent 80% des gaz à effet de serre et de 26 humains aussi riche que la moitié de l’humanité.

Et comme nos moyens sont limités et que le temps manque, nos investissements doivent aller d’abord et massivement sur le changement de métabolisme de l’existant. Ce qui amène à comparer les projets d’investissement entre eux pour choisir les plus efficaces : le critère du kgCO2e à l’euro investi est un bon outil. Il est fédérateur. Il donne du pouvoir d’achat, aux services publics et à ceux qui les utilisent.

Par quoi commencer ?

Parce que le CO2 émis reste ensuite un siècle dans l’atmosphère, commencez par le plus efficace parmi toutes les actions que vous pouvez faire : le plus facile, le moins cher, pour le plus de CO2 économisé. Ce qui veut dire que vous devez d’abord apprendre à compter carbone aussi facilement que vous comptez en euros.

Apprendre à compter carbone permet de faire le bon choix à chacune des décisions de fonctionnement que vous prenez et qui ont une conséquence directe sur les émissions de gaz à effet de serre et la déforestation. Il suffit de savoir compter approximativement : http://agirlocal.org/compter-carbone-approximativement/

Une fois apprivoisé ce mode de comptage, cherchez méthodiquement comment réduire à zéro les émissions de votre territoire, seul et ensemble.

Un bilan carbone de votre territoire est indispensable pour cela ; il permet en particulier de bien choisir vos décisions d’investissement ; voir ci-après comment obtenir gratuitement le bilan de votre commune partout en France ;

Avec la mesure du nombre d’euros dépensés par kg de CO2 économisé des projets vous pourrez choisir les plus faciles, les moins chers, les plus efficaces. Surprise, les euros peuvent être négatifs ; cela s’appelle des économies.

C’est une question de survie mais c’est aussi un outil surprenant et créatif pour le développement social et économique de votre territoire. D’autant plus qu’on l’élargit aux autres enjeux du développement durable, biodiversité en tête.

D’OU PART-ON ?

Pour réduire à zéro ses émissions selon un chemin social et économique acceptable, encore faut-il savoir d’où l’on part. Voici une proposition :

Comme on l’a vu, le changement de métabolisme du territoire s’effectue à toutes les échelles de territoire ; il nous faut donc tenter de repartir de la commune pour agir sur tous les besoins en énergie et en déforestation.

Précaution : ne pas laisser de côté la majorité de nos consommations d’énergie, en repartant des émissions de gaz à effet de serre totales, l’empreinte carbone.

Sur le risque climatique, l’Insee, le ministère fournissent-ils l’empreinte carbone ne serait-ce qu’à la région ? Les données carbones datent de 2005. Rien au département ni à l’intercommunalité, encore moins à la commune. Pas plus que sur les autres dimensions : biodiversité, social, économique.

Seul l’outil @d aménagement durable a tenté en IDF une évaluation chiffrée des 6 enjeux du développement durables tels qu’énoncés par le Grenelle de l’environnement : changement climatique, biodiversité, économie durable, bien­être, ressources naturelles, nuisances et risques.

Puisqu’aucun gouvernement ces 12 dernières années n’a cru bon de fournir ces données vitales à la commune pour chacune des 36 000 communes françaises, peut-on en avoir une approximation suffisante pour agir local ?

Voici deux approches complémentaires pour avoir des données plus actuelles ou plus complètes:

  • Repartir des données des émissions nationales de gaz à effet de serre telles que fournies par le Haut Conseil au Climat en juin 2019 (données complètes 2017). L’empreinte carbone est chiffrée. On peut répartir ces émissions, à la région puis à la commune.Règle de répartition proposée: la population plus l’emploi pondérée par le revenu moyen, à l’exception des émissions de l’aviation affectées aux régions au prorata des passagers. L’intérêt est que ce calcul est réalisable pour chacune des 36000 communes de France ; sauf dans les DOM-TOM où les conditions climatiques et les spécificités sont très éloignées de la moyenne métropolitaine. A travailler.
  • Prendre tels quels les indicateurs de l’outil @d aménagement durable, sauf les émissions de gaz à effet de serre. Mais seule l’Île-de-France y a accès.

Comment évaluer ses émissions actuelles de gaz à effet de serre à la commune,

Les données nationales du HCC :

Exhaustives pour 2017, elles fournissent l’empreinte carbone de la France ( y compris les DOM-TOM) c’est à dire les émissions de CO2 issues de la demande des ménages (465 millions de TeCO2) additionnées de la balance des émissions des importations et des exportations (284 millions de TeCO2) autrement dit les émissions importées.

L’extrait du tableau du HCC est le suivant :

UTCATF : Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie

Ces émissions sont réparties en 6 secteurs : transport, bâtiments, agriculture, industrie, transformation d’énergie, déchets.

A la région, une approche peut être calculée par secteur au prorata de la population plus l’emploi et du revenu médian de la région, sauf le trafic aérien international dont la moitié part de l’IDF. Les importations d’émissions (la balance carbone) peuvent être alors réparties au prorata des émissions territoriales des secteurs.

A la commune de Jouy le Moutier, en IDF, le même prorata sur la région IDF peut être effectué, cette fois sur la seule population plus emploi et du revenu médian.

Le résultat est décrit dans le tableau ci-dessous :

Il en ressort un bilan carbone de 183 000 TeCO2 ou 11,2 TeCO2 par jocassien.

Approximative, cette évaluation a pour intérêt d’évaluer l’efficacité d’un projet donné de réduction des émissions et de faire un assortiment de projets efficaces dans plusieurs secteurs d’émissions : de quoi agir sur les plus gros postes émetteurs.

En outre, elle fournit un bilan carbone comparable d’une commune à l’autre mais aussi additif à l’intercommunalité, au département à la région et à la France.

Enfin, elle peut être faite pour n‘importe quelle commune, intercommunalité, département et région de France : http://agirlocal.org/mode-calcul-emissions-co2e-a-la-commune/

L’annexe en fin de document fournit une appréciation de la valeur de cette approximation et de son utilisation.

Evaluer les dimensions écologiques, sociales et économiques avec @d aménagement durable en Île-de-France :

Cet outil a été fabriqué il y a une dizaine d’années par le Direction régionale de l’équipement Île-de-France à partir des données publiques spécifiques en Île-de-France. Il a été généralisé à l’AFNOR pour la France métropolitaine mais les indicateurs n’ont pas été calculés par le ministère.

En douze lignes d’actions et indicateurs, cet outil simple permet de construire localement une vision partagée et organiser localement le chemin vers l’objectif zéro carbone mais aussi veiller au bien être ou à la biodiversité par exemple. Il permet de bien caractériser un territoire.

Il a été validé par l’association des maires Île de France sous l’intitulé @d aménagement durable, nom donné par le Préfet–DRE de l’époque.

Si vous habitez l’une des 1300 communes franciliennes, vous pouvez tirer un portrait de votre commune en quelques clics : http://agirlocal.org/acceder-aux-indicateurs-et-cartes-de-chacune-des-1300-communes-franciliennes/ ;

Pour une connaissance plus large de l’outil : http://agirlocal.org/resume-d-amenagement-durable/

Son principal intérêt est cette triple approche climatique, sociale et économique, plus précisément encore, son approche par les 6 enjeux du développement durable identifiés lors du Grenelle de l’environnement en 2007.

Mais les données datent. Il va de soi qu’une mise à jour et une modernisation de cet outil par la Région et la DRIEA, avec les données connues aujourd’hui, seraient très appréciables tant en ce qui concerne le CO2 que pour les autres indicateurs ; en effet,

  • Elle a été généralisée à la France à l’AFNOR :

http://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2016/02/Territoires-et-am%C3%A9nagements-durables.pdf

  • Son détail permettrait de lier directement les données entrantes de la commune, comme les kWh de chauffage ou les passager-km des déplacements avec les émissions de gaz à effet de serre qui en résultent.
  • Les autres indicateurs permettraient d’évaluer la progression en matière sociale, économique et de biodiversité.
  • En outre sa mise à jour sur l’Île-de-France permettrait de lever immédiatement le doute sur les émissions de l’aérien notamment international telles qu’elles ressortent du tableau du haut conseil pour le climat : une partie des émissions est probablement comptée dans d’autres secteurs mais ces émissions n’apparaissent pas.

JOUY LE MOUTIER ZERO CARBONE

Nous voilà à pied d’œuvre, avec Jouy le Moutier pris pour exemple concret.

Récapitulatif :

Les trois quarts des émissions de gaz à effet de serre sont le fait des énergies fossiles, le dernier quart de la déforestation. La feuille de route est toute tracée, les falaises techniques et institutionnelles à franchir sont devant.

Mais économiser du CO2 donne du pouvoir d’achat que l’on peut réinvestir.

Les initiatives locales abondent. Elles ne sont souvent connues que d’un petit nombre. Partant des envies et des possibilités des uns et des autres, il y a moyen de s’organiser. Le présent document fournit un cadre global et des outils pour être efficace, méthodiquement, seul et ensemble: Télécharger cet article  au format pdf.

A commencer par la connaissance de ce qui provoque le changement climatique : nos émissions de gaz à effet de serre.

Pour télécharger le tableur de calcul des émissions de n’importe quelle commune de France, intercommunalité, département, région : http://agirlocal.org/mode-calcul-emissions-co2e-a-la-commune/

Il faut se rappeler que ces émissions de gaz à effet de serre résultent de la demande des ménages et du solde des émissions des importations et des exportations des entreprises et des habitants.

La moitié environ résulte de nos comportements et l’autre moitié de ce que le territoire offre, directement ou par commerce interposé.

Il faut bien commencer par un bout : forcément les habitants, les entrepreneurs et les élus. Savent-ils tout ce que vous venez de lire ? Probablement pas, dans leur immense majorité : cette présentation ppt peut introduire le lancement de « ma commune » ou « mon intercommunalité » zéro carbone : Jouy le Moutier zéro carbone light.pptx. A modifier et compléter autant que cela vous inspire avec ce ppt.pdf en 2 parties mais de meilleure qualité: Présentation de lancement zéro carbone

Elle peut être l’occasion d’échanger pendant la campagne des municipales avec les habitants, les associations et les entrepreneurs intéressés.

Pour ce qui est du territoire et de ce que l’on peut faire comme chef d’établissement, conseil municipal, avec les habitants et les entrepreneurs et leurs associations, il faut se rappeler que chaque échelle géographique, commune, intercommunalité, département, région a des solutions que l’on ne trouve pas toujours aux autre échelles.

Ce qui ne veut pas dire que l’on ne peut pas agir du tout dès l’établissement ou la commune.

Rappelons qu’agir seul dans la suite de ce document-outil signifie ce que le chef d’établissement, l’association, l’élu peut faire sous sa seule responsabilité ; ensemble veut dire élargi à d’autres parties prenantes ; dans 4 champs d’action : nourriture, déplacements, bâtiments, énergies renouvelables.

NOTRE NOURRITURE :

UN TIERS DE NOS EMISSIONS DE CO2

Le tiers de nos émissions de CO2 ? Oui.

Du champs aux déchets, nous émettons massivement du CO2, plus de 3 tonnes par an en moyenne par habitant : tracteurs, engrais pesticides, insecticides, fermes, récolte, transports, usines agroalimentaires, transport, centre commerciaux, courses, frigo et congélateurs, cuisine, restaurants et cantines, lave-vaisselle, déchets. Ouf.

Source Ademe

Comment réduire drastiquement nos émissions générées par notre nourriture, ce tiers de nos émissions totales? Seul et ensemble ?

Seul

A partir d’une cantine vous pouvez agir massivement, à la commune, sinon, c’est à l’intercommunalité, vous pouvez agir dans votre entreprise, sinon, c’est en restauration inter-entreprises.

Dites vous bien que chaque achat de nourriture est un vote d’une efficacité redoutable: pour ou contre le bien être de nos familles, pour ou contre le bien être de nos enfants

Et ne culpabilisez pas : ce qui compte c’est la masse de vos décisions, disons 80% des achats que vous décidez ou faites décider : Le cacao ne pousse pas en Île de France, le café non plus. Il faut bien les transporter ? On les compte dans les 20%.

Au delà de ce quotidien, une fantaisie, un petit plaisir exotique de temps en temps en plus, ça fait du bien. Et puis, pour changer des habitudes, le métabolisme d’un territoire, il faut y aller méthodiquement mais progressivement.

En ce sens, avec les cantines, vous tenez un levier d’une efficacité redoutable.

Que faut-il d’abord changer ? En fait il nous faut d’abord réduire notre consommation de viande de bovins et d’ovins.

Pourquoi la viande ?

Parce que pour produire la même quantité de nourriture (mesurée en calories alimentaires) il faut 7 fois plus d’hectares de champs, pour nourrir les bêtes qui nous nourrissent. A l’échelle de la planète ce n’est pas tenable.

La culture du soja qui nourrit les bêtes, détruit la forêt amazonienne (en particulier), nous prive de son stockage de CO2 et émet du CO2 massivement. Et cela retombe sur nous aussi.

Il nous faut réduire notre consommation de viande de la même façon que nous avons réduit en son temps notre consommation de vin : moins, de meilleure qualité, de préférence bio.

Le vin, c’est massivement fait, sauf le volet bio mais ça vient ; la viande, c’est devant nous.

Astuce, première façon de réduire nos émissions et gagner du pouvoir d’achat, choisir parmi les viandes : en chiffres ronds, un kg de bœuf émet 27 kg de CO2, le veau encore plus, le porc 5 fois moins à 5 kg, le poulet 7 fois moins à moins de 4 kg.

Cela ressemble assez au prix au kg non ? Ce n’est pas un hasard, économiser du CO2 économise des euros.

Deuxième façon de réduire, évidemment, manger moins de viande. Ca tombe bien, en un demi siècle, notre consommation de viande par habitant en France a doublé. Sommes nous plus heureux ? Pas de ce fait en tous cas. En meilleure santé ? Non plus. Un excès de viande rouge augmente le risque de cancer, de maladies cardiovasculaires, diminue l’espérance de vie.

Millions de tonnes de viande consommées en 1961 et en 2011

Rien n’oblige à réduire la consommation de viande du jour au lendemain. Un jour sans viande par semaine pour commencer, histoire de lancer un défi et faire de la pédagogie ; puis un jour sur deux pour le plaisir de progresser puis un budget viande hebdomadaire à 50g. Sauf les fêtes.

Bien sûr il faut veiller à garder la ration journalière de protéines, en alternant avec d’autres sources de protéines comme les œufs, le fromage, les poissons et/ou les légumes secs (soja/tofu, lentilles, haricots, pois cassés, pois chiche, fèves). Les végétariens savent se nourrir sainement sans viande depuis très longtemps. Ils ne sont pas moins fins gourmets que les autres.

Légumes et laitages :

Quel est le poids d’émissions d’un litre de lait (un kg donc) ? Un kg de CO2 ; d’un kg de légumes ? Ca dépend.

En chiffres ronds : fruits et légumes frais de saisons sont le plus souvent à moins de 0,5 kg de CO2 par kg ; et montent à 1 kg de co2 par kg, surtout s’ils ne poussent pas en France métropolitaine.

Source Ademe

Mais les tomates de saison, lorsqu’elles poussent sous serre chauffée multiplient par 10 leurs émissions dit l’Ademe; peux-t-on dire avec dix fois moins de goût ? Les laitages varient entre 1 kg pour le litre de lait et au plus 4 kg pour les fromages.

Conséquence : planifiez les repas avec des produits de saison, locaux de préférence, produits en agriculture raisonnée (moins de pesticides, d’insecticides, d’engrais et de désherbants, bon appétit) voire bio (encore moins de chimie et même plus intelligent). Bien sûr, avec le chlordecone, les Antilles font exception. Reste-t-il des terres saines où concentrer la production de légumes ?

Mettez en relation les producteurs locaux et les cantines. C’est bon pour la santé, pour l’emploi et pour votre budget municipal.

Dépassez le prix au kilo, calculez le coût de la santé, des jours de maladie sans salaire, du chômage, des impôts (la TVA) et des cotisations de sécurité sociale.

Regardez comment sont notés les produits de la cantine sur une appli come Yuka : https://yuka.io/

Une dernière évidence, bien cachée : dans le monde, nous gâchons le tiers de notre nourriture ; d’après l’ADEME, nous gâchons en France 50 kg par an et par personne. De la production de nourriture à la consommation, tous les acteurs sont impliqués ; en bout de chaines, nous consommateurs en gâchons le tiers. L’objectif fixé par le gouvernement en 2013 est de diviser ce gaspillage par deux d’ici à 2025.

Source Ademe

Depuis une dizaine d’années, de plus en plus de municipalités ont articulé productions locales bio, moins de viande et politique anti-gâchis. Elles ont amélioré la santé des enfants, tenu leurs prix de repas et développé la production locale.

Pour réviser les fondamentaux de la démarche, cette fiche co-rédigée équipement-agriculture, 2012 : http://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2019/09/fiche-17-Privilegier_la_boucle_locale_alimentaire_cle013a46.pdf

Levier : jouez et faites jouer.

Combien un kg de viande émet-il de CO2 comparé au kg de protéines végétales ? Evidemment, ça dépend des viandes.

Combien coûte un kg de viande comparé à un kg de protéines végétales ? Vous savez ce qu’il en coûte chaque fois que vous faites des courses. Economiser du CO2 donne bien du pouvoir d’achat : L’économie pour le consommateur que nous sommes est de l’ordre de 10 euros le kg ;

Connaissez-vous 3 plats sans (presque de) viande qui fournissent autant de protides et de calories qu’un beefsteack frites de 100g de viande ? Combien coûtent-t-ils ?

Autant de questions pour journal et activité municipale ou d’entreprise, à organiser avec les professeurs des écoles, les salariés, les habitants et leurs associations.

Les enfants feront ambassadeurs auprès de leurs parents, à la maison et au super marché. Les salariés le feront à table. C’est rigolo de jouer à www.yuka.io. Et ça peut changer progressivement les marchandises en rayon.

On rejoue ?

Allez, on rejoue : Feriez-vous un petit programme, qui nous permette, nous les habitants de s’inscrire avec son adresse mail sur le site de la mairie, d’inscrire la consommation de la famille estimée par semaine (en kg) et d’afficher la progression sur un tableau mis à jour par chacun, adresses cryptées.

Avec ces données, vous calculez aussi le nombre d’hectares épargnés et vous faites une estimation du CO2 et des euros économisés. Et nous suivons nos progrès collectifs. Déclaratif et approximatif mais suffisant pour voir la progression.

Mesurer pour agir, ça aide. Si vous êtes prêts à faire cet outil, signalez vous.

Ensemble

Que diriez vous de rendre visible les producteurs locaux avec une consigne à produits frais ? Les maraichers passent le plus clair de leur temps à faire pousser des légumes. Ils n’ont pas beaucoup de temps pour vendre sur les marchés mais pourraient le faire en alimentant une consigne.

Ca existe, dans les Alpes de Haute Provence et ailleurs. Une consigne réfrigérée, accessible 24h sur 24, sur un point de passage, avec des produits frais, payables par carte bleue.

Consigne à légumes et laitages, photo jmv

Une solution pour banlieusard qui travaille au loin et n’a jamais le temps, sauf le samedi de faire ses courses à des heures normales. A installer sur la grand place, à la gare, au pied de grandes entreprises etc.

Le saviez vous ?

Cergy-Pontoise compte 1250 ha de surface agricole utile, pour 75 emplois à plein temps. Un passage en permaculture permettrait de passer à plus d’un millier d’emplois locaux, non délocalisables.

Plus optimistes (ou moins précautionneux), selon les jeunes professionnels des Ateliers, « la seule Plaine de Cergy, forte de 90 hectares cultivables, alimenterait 25 000 personnes par semaine en légumes bio, employant 145 emplois à temps plein » (équivalent temps plein disent les statisticiens). Ces productions partagées pourraient faire l’objet d’un financement participatif (…) et constituer un maillage avec les 40 000 hectares agricoles du Vexin. » http://agirlocal.org/productions-a-chaud/

Avec des micro-fermes à installer sur les terres agricoles de Cergy-Pontoise, pour pratiquer la permaculture, pour développer l’offre et la demande locale. Sur les terres agricoles maitrisées par l’Etat, en l’occurrence le Grand Paris qui s’appelait autrefois l’AFTRP.

Un millier d’emplois à la clé ! Quel élu passerait à côté de l’implantation d’une entreprise de 1000 emplois dont il détient les clés ?

La commune, l’agglo, les agriculteurs pourraient s’y mettre. L’association Terre de lien pourrait monter un projet comme celui là. Son président est dans le coin.

Nous pourrions être actionnaires du projet d’installation et utilisateurs. https://terredeliens.org/

D’ailleurs c’est commencé, depuis le printemps. Un premier projet est en cours à Cergy. L’appel de fond sera fait d’ici la fin 2019. Il consiste à acheter des terres pour un maraîcher bio déjà installé et les lui louer pour assurer la pérennité de la production.

On pourrait aussi décider, comme au XIXème siècle, que la terre végétale raclée par les projets urbains soit transportée sur des terrains malmenés par la construction de Cergy-Pontoise.

C’est vrai, au XIXème siècle, les maraichers de la petite couronne l’emportait avec eux, leur terre, leur outil de travail ; ils faisaient aussi de la permaculture sans le savoir.

Détail non négligeable, la permaculture permet de stocker du CO2 dans les terres au lieu d’en émettre avec les pesticides, insecticides et autres entrants coûteux.

Au delà de notre horizon d’urbains, la nourriture, les éco-matériaux, les éco-énergies poussent à la campagne et sont consommés en ville. Cela vaudrait la peine de faire quelque chose avec le PNR, non ?

Alors à quand un comité consultatif du développement durable parc naturel régional du Vexin-Cergy-Pontoise ? Histoire de se parler et d’inventer méthodiquement des projets bas carbone sur un territoire à l’échelle de solutions massives ?

Utopie ?

La communauté d’agglomération développe depuis plusieurs années un projet de méthanisation ;

Dans la foulée de la production des jeunes professionnels de l’atelier 2018, un projet alimentaire territorial vient lui aussi d’être lancé : le PAT « Vexin-Cergy-Pontoise ».

Pour autant il y a au moins un secteur qui n’est pas exploré : les éco-matériaux. Le chanvre connaît un développement en Seine et Marne et dans le parc naturel régional du Gâtinais depuis une dizaine d’années. Voir le démonstrateur REV au chapitre bâtiments.

Et il y a bien d’autres projets à inventer ou reproduire là où ils ont été menés à bien.

Pour agir méthodiquement, efficacement, dans tous les compartiments de jeux comme diraient les sportifs.

Ces maires qui changent tout, Mathieu Rivat, Actes Sud

 

NOS DEPLACEMENTS

20% ou 57 %, au choix, c’est la part des émissions de gaz à effet de serre de nos déplacements dans la totalité de nos émissions en Île-de-France, 20% pour les terrestres 57% avec les vols en avion. Nous parcourons chaque année 16 000 km en moyenne par personne et par an quand nous en étions à 3000 km dans les années soixante. Etions nous plus malheureux ?

Commençons par les 20%

Le saviez-vous ? 

Tous les jours, un million d’actifs de la deuxième couronne (où nous habitons, nous les jocassiens) rejoignent Paris et la première couronne en voiture ou en train. 

La moitié des actifs de l’Île-de-France vont à leur travail en moins d’une demi heure et ont droit à la semaine de 35 heures donc. L’autre moitié qui met plus d’une demi heure a droit à la semaine de 41 heures, surcroit de tems de trajet inclus.

Les 2/3 des distances des 100 millions de voyage-km parcourues chaque jour en voiture en Île-de-France sont le fait de la deuxième couronne, en majorité du fait de trajets domicile-travail, professionnels et études. La moitié de ces 100 millions de km en voiture sont générés par les 15% des déplacements qui se font à plus de 10 km. 

Pour se déplacer, il faut des espaces publics : rues, routes, autoroutes, lignes de chemin de fer, aéroports…

Nous pouvons en modifier l’utilisation par nos choix, seuls mais la plupart des changements demandent des projets, ensemble. Pour une raison simple : la vitesse. Plus précisément les différences de vitesse dans le même espace public, à pied, en vélo, en voiture, en train… leurs croisements et leurs conséquences sur la sécurité.

L’organisation de nos circulations et notre sécurité relève du vivre en société, des pouvoirs publics. Alors on ne peut rien faire seul ? Si, réduire l’utilisation de l’automobile privilégier les modes doux : marche à pied et vélos, avec un accent sur le vélo électrique. Ce qui implique de revoir le partage de la voirie, et par ricochet, des autoroutes aussi.

Seul

Un problème dominant, la voiture.

Les gCO2 /km émis par les voitures font ressortir qu’il est inutile de calculer les émissions des transports en commun, en vélo, et bien sûr à pied : elles sont négligeables devant celles des voitures ou des camions : 7-10g de CO2 par personne et par km en transport en commun ou en vélo électrique, pour 200 à 400 g de CO2 par voiture ; à diviser par le nombre de transportés mais à l’heure de pointe la moyenne est de 1,05 personne par voiture en Île-de-France.

Calcul simple, en chiffres ronds : 10 000 km par an en voiture à 250 g émettent 2,5 tonnes de CO2. 10 000 km en transports en commun, à 10 g, émettent 0,1 tonne de CO2. 25 fois moins.

Occupons nous donc d’abord de nos voitures. Les économies sont là.

Votre voiture est classée 130g de co2 par km ? Ce n’est pas la réalité. D’abord il a fallu beaucoup d’énergie pour fabriquer ses composants aux quatre coins du monde, les transporter et les monter. Ce n’est pas compté dans la norme. Ensuite nous sommes en Île-de-France, à Jouy le Moutier : avec les feux et les embouteillages, nos voitures passent leur temps à s’arrêter, attendre et repartir. il suffit de comparer notre consommation d’essence réelle avec celle annoncée par le constructeur : nous émettons 50% de plus qu’annoncé.

Analyses réalisées sur 1 million de véhicules par l’International Council on Clean Transportation, l’ICCT ; source transport et environnement.

Au total, émissions de construction du véhicule et émissions d’utilisation, la norme annonce la moitié des émissions en utilisation réelle.

Bref, le plus simple est de multiplier par deux ce que dit, en toutes petites lettres, la publicité constructeur, quand elle le dit. Si vous souhaitez faire un calcul un peu plus précis, 44 g de CO2 pour la construction de votre voiture (d’une tonne) plus votre consommation réelle d’essence aux 100 km multipliée par 27 g de CO2.

En France, comme nous gardons nos voitures 8 ans et plus en moyenne, le stock de voitures en service émet autour de 250 g de CO2 par km.

Oui mais je ne peux pas me passer de ma voiture ?

La moitié de nos déplacements en Île de France, en France, en Europe, se font à moins de 3 km, la distance de confort du vélo. A fortiori du vélo électrique qui efface les dénivelés : 7 geCO2 par km pour un vélo électrique, 6 pour un vélo simple.

Source les Ateliers

Kilométrage moyen parcouru en vélo par un français : 87 km ; par un hollandais, 1000 ; par un italien ou un polonais, 300. Si les français passaient à 200km par an, notre meilleure santé ferait gagner 9 milliards d’euros par an à la sécurité sociale !

Distance moyenne d’un habitant de Jouy à la gare de Neuville : 2,5 km. 200 jours par an pour aller travailler, 1000 km par an aller retour en voiture. Investissement dans un vélo électrique : entre 1300 et 2000 euros pour une durée de vie estimée de 5 ans (après, il faut changer la batterie, c’est la moitié du prix du vélo). Sur 5 ans, économies personnelles attendues 3000 euros minimum, net d’impôts, plus 2500 euros pour la sécurité sociale et 1250 kg de CO2 évités. Plaisir, santé et confort de vie en bonus ou d’abord, c’est comme vous le sentez.

Monsieur, Madame le maire, peuvent donner l’exemple. C’est le cas du maire de Copenhague et de celui de Grenoble. C’est aussi une bonne façon d’intégrer les comportements automobilistes et les solutions à mettre en œuvre. Savez-vous qu’à l’expérience, la pratique du vélo se déclenche dans une ville lorsque le mètre linéaire de parcours cyclable dépasse les 0,65 mètres linéaires par habitant ? Avez vous une idée du désordre des limitations de vitesse sur votre territoire ?

Vous ne pouvez pas vous passer de votre voiture ? Allez au plus court, à la rubrique « je n’ai pas les moyens » de ce numéro spécial. Truc supplémentaire : louez les voitures de votre parc quand vous ne les utilisez pas : pendant les vacances, les week end. Des sites existent. Vous gagnez, le locataire de votre voiture gagne, les émissions de CO2 diminuent. Ca se regarde, même quand on est une entreprise.

L’avion

Tout le monde ne prend pas l’avion mais il est si facile de partir à 1000 km et plus, élu ou chef d’établissement, travail oblige. En seconde,1000 km à 300 geCO2 par km et par personne : 600 kgeCO2 aller-retour. Le double en classe affaire. Au dessus de 2000 km, les émissions au km baissent un peu mais les km augmentent : 200 geCO2 par km. Pour 5000 km, 2 tonnes eCO2 aller-retour…Le triple en première classe. C’est l’ADEME qui le dit.

Les suédois l’ont bien compris ; ils ont appelé ça « la honte de prendre l’avion ». S’ils anticipent sur ce qui va arriver un peu partout dans le monde, c’est une bonne nouvelle. Et nous autres français et résidents ?

Comme pour tout, le meilleur besoin est celui que l’on n’a pas à satisfaire : limitez vos vols. Si vous devez partir, prenez le TGV pour des distances inférieures à 1000 km, en attendant que la SNCF fasse des TGV de nuit pour vous permettre d’aller plus loin. Ou prenez le bateau.

Et si vous devez absolument prendre l’avion, regroupez vos rendez-vous pour rester plus longtemps au loin et y aller moins souvent, toujours en seconde classe.

Mais ne comptez pas sur les compagnies aériennes pour limiter les vols d’elles-mêmes.

Quant à la taxe sur le kérosène, c’est le monstre du Lochness : réapparition périodique puis enterrement. En 2012, l’Europe a tenté d’établir une taxe ; elle y a renoncé sous la pression de la Chine et des Etats-Unis.

Chaque fois que vous prenez l’avion, il ne vous reste donc qu’à faire une compensation volontaire, à la hauteur de vos émissions, à 100 euros la tonne ; par exemple en achetant des actions d’Energie partagée qui fabrique des énergies renouvelables à travers des projets citoyens https://energie-partagee.org/ ou Terre de lien qui achète des terres agricoles pour installer des agriculteurs bio https://terredeliens.org/

Mais souvenez-vous, la vidéoconférence, ça existe : une directrice France d’un grand groupe a ainsi réduit ses déplacements de 85%… La vidéoconférence aujourd’hui, tout le monde y a accès. Gratuit, payant, un peu, beaucoup, passionnément, y compris en opensource et chiffrées; allez voir par exemple sur appvizer : https://www.appvizer.fr/magazine/communication/visio-conference/alternative-skype#tox-outil-gratuit-et-communications-chiffrees

Entreprises similaires à appvizer en France : Celge, CXP, bsoco, GetApp (source, startup.info)

Les marchandises

Les marchandises ne votent pas, dit-on. C’est vrai mais leurs transports émettent massivement du CO2.

Faut-il impérativement qu’un jean ou un yaourt, fassent 20 000 km avant d’arriver chez nous ? Combien coûtent individuellement et collectivement les biens à l’obsolescence programmée ? Faut-il que les asperges viennent du Pérou, les fleurs du Kenya ?

Achetez local et de préférence biosourcé.

Local ? C’est à dire dans un rayon de 200km autour de chez vous, sinon français, sinon européen et nord de l’Afrique. En dernier ressort au delà.

Biosourcé ? La nourriture, les éco-matériaux, les éco-énergies poussent à la campagne et sont consommés en ville. Le PNR du Vexin est à notre porte ; mais vous pouvez aussi acheter de la laine de chanvre (isolant comparable à la laine de verre) qui vient de Seine et Marne ; de quoi stocker du CO2 plutôt qu’en émettre.

Et pour voir à quoi ressemblent des éco matériaux pour isoler vos bâtiments, aller faire un tour à la Fabrique 21, c’est tout à côté, à Carrières sous Poissy.

Ensemble 

Vélo :

Comme nous, 93% des franciliens habitent à moins de 3 km d’une gare, la quasi totalité des cergypontains. Alors ? Et si les parcours cyclables aux gares de Cergy-Pontoise permettaient de faire des trajets continus, sur des parcours cyclables en sécurité-pas forcément des pistes-, éclairés après la tombée de la nuit ? C’est vrai d’autant plus que la moitié des actifs de l’agglomération travaillent dans l’agglomération, disons à 10 à 20 minutes en vélo électrique… Si pour les voitures on veille à la continuité de la route (évidemment !), la sécurité et l’éclairage, on doit pouvoir faire pareil pour les vélos.

Pour monter un projet démonstrateur qui intéresse aussi les entreprises et leurs salariés: http://agirlocal.org/projet-velo/.

Transport en commun :

Certaines destinations sont mal desservies et le Grand Paris Express qui laisse de côté la moitié des franciliens n’y changera rien? J’espère n’avoir pas écrit un gros mot.

Côté transports en commun, un bus à haut niveau de service sur la francilienne, conçu et cadencé comme un RER, avec arrêt sur des stations en ligne, à 2km d’inter-distance, équipées de parking de covoiturage, à voiture et à vélo coûterait de l’ordre de 1% du Grand Paris Express pour la moitié des franciliens dont nous sommes. Avec les autoroutes radiales, 2%. 
Des couloirs en site propre sont nécessaires sur moins de 10% du linéaire.

Message aux gestionnaires de la route : pour faire passer le même nombre de personnes sur la file ainsi dédiée, on y admet les covoitureurs. Les pays anglo-saxons regorgent de files de ce type sur autoroute. Vous voyez la francilienne et A 15 sans embouteillages aux heures de pointe ? Fiche qui date de … 2010: fiche 15 bussopheric

Covoiturage :

Que faire quand on ne peut pas du tout se passer de la voiture ? Le covoiturage est l’arme fatale : à deux dans la voiture, division par deux des émissions de co2 et des coûts, réduction drastique des embouteillages. Une sorte de transport en commun.

Pourquoi est-ce que cela ne se fait pas ? Parce qu’encore faut-il un seul service où se concentrent l’offre et la demande pour s’assurer de partir au travail et être sûr de revenir chez soi. C’est faisable, la technologie existe pour concentrer les différents logiciels d’offres et de demandes existants. L’effet de bord des frontières régionales laisse penser que ce service devrait être national. Mais la région Île-de-France serait un bon début. Facile, pas cher mais hors du cadre de pensée de nos gouvernants à ce jour.

Tiers lieux :

Le meilleur besoin étant celui que l’on n’a pas à satisfaire, au lieu d’aller au travail, peux-t-on le faire venir à nous ? Oui, Cela s’appelle un tiers lieu. Un bureau multi-entreprises, partagé, où l’on va travailler un jour, deux jours par semaine, installé sur les gares du domicile.

Pourquoi sur la gare ? Parce que si le chef a besoin de vous pour une urgence, vous n’avez plus qu’à prendre le train, aux heures creuses. E vous avez libéré de la place aux heures de pointe.

Et vous, vous gagnez en moyenne 2 heures de trajet par jour d’utilisation. Evidemment ce n’est pas pour les médecins ni pour les garagistes. A y regarder de près il y a quand même beaucoup de monde. Ce qui aurait un effet sur l’heure de pointe pour tous les jours où nous allons travailler, s’il existait un réseau de tiers lieux sur l’Île-de-France…

Si tout le monde ne peut pas en profiter, un million d’actifs habitent en effet les départements de la deuxième couronne Île de France, nous, et vont chaque jour travailler à Paris et dans les départements de première couronne ; pour moitié en voiture ou en train. Les quelques 500 000 actifs qui prennent le train forment, à l’heure de pointe, les 2/3 des voyageurs.

Si, un ou deux jours par semaine, 10% de ces actifs pouvaient travailler à côté de chez eux, alors le confort de voyage en train à l’heure pointe serait celui du mercredi, bien connu des utilisateurs que nous sommes. Celui des autoroutes aussi.

L’effet bénéfique d’un tiers-lieu ne s’arrête pas là :

Pour nous, c’est l’équivalent d’une journée de congé par mois par jour d’utilisation par semaine ; avec moins de stress, plus de confort de vie et de bien être

Pour l’entreprise qui emploie ce salarié, c’est plus de bien être au travail, de l’utilisateur du tiers-lieu comme des autres salariés qui bénéficient tous les jours de l’effet mercredi ; avec la productivité, l’attractivité et la qualité de vie au travail que cela génère ; dans un environnement de travail professionnel, à l’informatique sécurisée ; avec un ancrage dans les territoires, facteur de synergies avec d’autres partenaires.

Pour les pouvoirs publics, Île-de-France mobilités et son opérateur SNCF, c’est une offre complémentaire de l’indispensable remise à niveau du réseau et du service de transport et en gare. Elle peut être développée dès maintenant.

Pour nos territoires, ce sont des emplois, en quantité; avec leurs conséquences positives sur l’économie locale : services à la personne et à l’entreprise, commerces…

Ca tombe bien, la SNCF va bientôt ouvrir un premier tiers-lieux sur une gare mais à l’autre bout de l’Île-de-France, à Brunoy. Avec pour ambition de bâtir un réseau.

Source SNCF

Vous pouvez y aller en vélo, au tiers lieu. Encore un projet à faire ensemble.

Une demi douzaine de tiers lieux sur Cergy-Pontoise, dont un à Neuville université, ça vous tente ?

 

NOS BÂTIMENTS

20% c’est la part des émissions de gaz à effet de serre de nos bâtiments dans la totalité de nos émissions en Île-de-France.

Chaque kilo de CO2 économisé émis par un chauffage au charbon, au fuel ou au gaz économise de 2,5 à 4 kWh, soit autour de 25 à 40 centimes d’euro.

Seul :

Détail : il n’existe pas d’étiquette pour les bâtiments de bureau et d’activité comme il en existe pour les logements !

  • 1° de moins de chauffage, c’est 7% d’économies.

Mettez un pull en hiver. Ca sent bon la saison. Pour vous donner une idée, la température ressentie est une moyenne entre la température du thermomètre et le température de vos murs.

Chauffé à 22° au thermomètre, avec des murs à 16°, vous ressentez 19°C. Chauffé à 19° avec des murs à 19°, vous ressentez 19°C. Entre les deux, 21% d’économies. D’où le pull, pour descendre à 20-21° au thermomètre, en attendant d’avoir isolé vos bâtiments, de préférence par l’extérieur.

  • Modulez la consommation avec les occupations : jour-nuit, travail-week end-vacances ;
  • En chauffage individuel, faites poser un (des) régulateur(s) ; les 200 à 300 euros nécessaires pour faire poser le régulateur sont amortis en une à deux saisons.
  • En chauffage collectif, faites de même : combien de plaintes entendues aves la période de chauffe qui commence et s’arrête à dates fixes, quelle que soit la météo. Si vous ne gagnez pas d’argent, vous gagnerez en confort.

Baissez la température de 2°, entre 23 heures et 5 heures du matin par exemple. fermez les radiateurs lorsque vous fermez en hiver.

Faites le calcul : 1° de surchauffe économisé à l’année, 7% d’économies ; 2°C de moins la nuit, 2 à 4% d’économies selon les provinces (un peu moins en collectif); 15°C de moins pendant 30 jours de week-end et jours fériés d’hiver : 12 à 20% d’économies.

Au total de quoi gagner au total entre 20 et 40 % sur votre facture de chauffage (la connaissez vous ?) et sur vos émissions par conséquent ; disons sur 25% d’économies en moyenne, de l’ordre de 15 millions de TeCO2 en France.

Et plus si vous n’achetez que des appareils A+++, si vos changez toutes vos ampoules pour des leds, si vous éteignez les veilles de nos nombreux appareils et ordinateurs.

Vous pouvez faire encore mieux, en investissant cette fois, dans les économies d’énergies de votre bâtiment. Allez sur : http://agirlocal.org/batiments/ ; la fiche sur les bâtiments publics vaut pour les bâtiments privés.

Et ne dites plus « je n’ai pas d’argent pour isoler, changer de chauffage », vous venez d’en gagner ; plus encore que vous ne croyez.

45 milliards d’euros sont investis chaque année en France dans la rénovation des bâtiments ; dont une trentaine dans la rénovation énergétique des bâtiments de bureau et d’activité; à 30 % dans les fenêtres : c’est à dire dans la plupart des cas, le plus cher, le moins efficace. Commencer par le toit est le B-A BA de l’efficacité énergétique. Continuer avec les murs fait gagner du chauffage et du confort. Mieux, à certaines conditions, la rénovation thermique n’émet pas de CO2 mais en stocke.

Ensemble :

Le plus grand champ de pétrole de France est dans les économies d’énergie des bâtiments : 45% de l’énergie consommée en France en 2017. Isoler c’est supprimer le besoin de chauffage-climatisation à la source.

La moitié des logements sont à étiquette D ou E, vos bâtiments sont-ils mieux placés ? Sans compter ceux qui sont F ou G que l’on peut appeler des ruines énergétiques ou des gouffres à euros, c’est comme on veut : de 1650 à plus de 2250 euros par an pour un logement de 100 m2. Et vous ? 16 à 23 euros par m2 et par an, ça se regarde.

Ensemble, localement nous pouvons être très efficaces, beaucoup plus que tous seuls. Pour donner une image, un joueur de rugby, seul, est forcément moins bon sur le terrain qu’une équipe, avec son entraineur, son club et sa fédération.

Et par là changer le métabolisme de notre territoire. En ne travaillant pas seulement les bâtiments publics mais aussi les bâtiments d’activité et les bureaux privés;

Exemple pris dans le logement : Comment faire des économies de chauffage quand on est en maison individuelle ? A Cergy-Pontoise les maisons ont été souvent bâties par dizaines à partir de quelques plans type. Pour une bonne raison, construire moins cher, en mutualisant les coûts d’études et travaux de construction.

Ce qui s’appelle faire des économies d’échelle.

Source TPline : deux maisons identiques, une consommation du simple au double.

D’où l’idée de mutualiser pour économiser aussi le coût de la rénovation énergétique de nos maisons ; isoler nos maisons ensemble, pour avoir un meilleur résultat et des prix, en se groupant pour passer commande : audit énergétique, études puis travaux.

Et faire la preuve que ça marche, en faire un projet démonstrateur.

Le projet REV, rénovation énergétique du Valmoutier est une première en France.

Et il est réalisé : avec 270 000 euros de travaux de 13 propriétaires, variant de 2000 à 39000 euros, ce projet de rénovation énergétique groupé, mené à bien au Valmoutier, est désormais un démonstrateur : trois propriétaires ont traité 90% des surfaces isolables, deux 50%, trois moins de 50%. Les cinq autres ont remplacé des ouvrants, (fenêtres, porte de garage, sas) et des VMC ou installé poêle à pellets ou chauffe-eau thermodynamique.

Ce démonstrateur est reproductible sur 20 000 logements à Cergy-Pontoise, 10 millions en France : http://agirlocal.org/projet-rev/

Rien n’empêche de l’adapter aux bâtiments d’activité d’une zone d’activité ou d’un groupe de communes.

Il pourrait être encore plus efficace, en stockant du carbone dans des matériaux de construction bio-sourcés plutôt que d’employer ceux qui en émettent : réduction des émissions de CO2e et effet de levier sur le territoire garantis.

Reproduit avec du chanvre et du bois, nous pouvons en effet augmenter considérablement l’effet de ce démonstrateur REV, en le menant à bien sur les bâtiments que les pouvoirs publics détiennent.

Allez voir une fiche établie pour le plan climat de Cergy-Pontoise où il est proposé que préfecture, lycées, collèges, écoles, bâtiments publics territoriaux en général, hôpitaux et université inclus, commencent par faire l’objet d’un diagnostic thermique territorial ensemble puis leur isolation menée de concert : https://bit.ly/2ECqIuZ

Il y est suggéré une coprésidence de ce projet Préfet-Président de la communauté d’agglomération. Y inclure le président du PNR ne serait pas absurde.

Etendre ce projet aux bâtiments d’activité et aux bureaux ne serait pas non plus absurde. Ce serait un projet complet de changement du métabolisme de nos territoires.

Le chanvre demande peu d’entrants et donc peu d’énergies fossiles, peu de minerais, plus d’intelligence collective locale, dans un partage raisonné facile à mettre en œuvre, par assolement triennal par exemple ;

Il procure des revenus économiques intéressants pour peu que les producteurs s’attachent à la première transformation de la récolte, est socialement développeur d’emplois sains pour les agriculteurs qui le cultivent comme pour les artisans qui posent sa laine et ce avec un résultat efficace sur l’isolation de nos bâtiments.

Ce qui, sommes toutes, devrait contribuer au bien être des uns et des autres.

Il y a là de quoi promouvoir une ingénierie et des entreprises locales, des éco-matériaux et des énergies renouvelables, former, développer de l’emploi non délocalisable et économiser, tout en faisant levier sur le territoire et ses habitants, ses entreprises.

La filière chanvre s’est développée en Seine et Marne et maintenant en Gâtinais, au sud de l’Île-de-France. Et en bien d’autres lieux en France. Pourquoi pas ici ?

 

Source : bureau d’étude DB chanvre

 

ENERGIES RENOUVELABLES

 

75% des émissions accumulées depuis la révolution industrielle sont le fait des énergies fossiles. Les 25% restant de la déforestation. Les énergies fossiles sont mortelles par les émissions que leur combustion provoque.

Toutes les énergies fossiles sauf une, l’énergie nucléaire. L’énergie est bien un champ d’action particulier. Tour de piste des énergies bas carbone :

Le nucléaire

Cette énergie n’est pas renouvelable mais elle est bas carbone. Alors, épargne-t-elle nos vies ?

Dangereuse par nature, l’industrie nucléaire l’est encore plus par la façon dont elle est pilotée : les centrales de Tchernobyl et Fukushima l’ont démontré, l’une dans un cadre où l’Etat pouvait tout, l’autre dans un cadre où le privé pouvait tout.

Au risque de vous faire hurler, depuis sa création, l’industrie nucléaire a fait moins d’un million de morts au maximum des estimations historiques, tandis que l’automobile tue 1,3 millions de personnes par an.

A 4 g de co2 par kWh produit par EDF elle apparaît incontournable, en France, dans la phase de transition vers le zéro carbone, avant même de parler économie.

Carte des centrales et réacteurs nucléaires, source Autorité de Sûreté Nucléaire

Si vous pensez qu’il est inadmissible d’écrire ça, demandez-vous combien de personnes sont prêtes à diviser par 7 leur consommation d’électricité.

Sans oublier que 38% des ménages se chauffent à l’électricité.

Avec les pointes de consommation, deux par jour, qui demandent de produire avec de l’hydraulique et des énergies fossiles, l’électricité produite et livrée en France est alors en moyenne non pas de 4 mais de 74 g de co2 par kWh. Comparaison européenne : 30 g de co2 par kWh en Suède, 360 au Danemark, 460 en Allemagne et 780 en Pologne. Source Ademe.

L’électricité nucléaire est bas carbone donc mais reste que le risque d’accident nucléaire est critique par les dégâts qu’il provoque pendant des dizaines, des milliers d’années et que la question des stocks de déchets est entière ; aussi importante que celle des stocks d’armes nucléaires de par le monde. Il faudra bien en sortir.

Les énergies renouvelables

Ceci posé, les énergies renouvelables ont plusieurs mérites indépassables : elles sont … renouvelables mais aussi locales, réparties sur les territoires à travers le monde, inégalement mais suffisamment, toutes réunies. Et c’est un atout majeur.

«  Chez nous on a des calamités : des mines de diamants, de cuivre mais grâce à dieu nous n’avons pas de pétrole » disait ce vieil africain.

Quand il n’y pas une énergie renouvelable, c’est l’autre qui est présente : là où il y a du soleil (au Maroc), il n’y a pas forcément de vent (en Ecosse) et là où il y a de la biomasse (au Canada), il n’y a pas forcément de la géothermie (en Martinique).

Par exemple à Ouarzazate, au sud du Maroc il y une centrale solaire thermodynamique qui produit de l’électricité … après la tombée de la nuit. Puissance 160 MW portable à 1000 mW, celle d’un réacteur nucléaire.

Ces énergies renouvelables posent néanmoins quelques problèmes pas encore résolus : la production intermittente et donc le gâchis sauf stockage, le coût.

Revue, sommaire :

Le photovoltaïque a un cout de production au kWh désormais moins cher que celui du nucléaire et va continuer à baisser. Mais il est intermittent : à l’année, il y a du soleil 17 à 25% du temps. Le coût de stockage est important, le foisonnement des utilisations est donc clé.

Source internet

Ses émissions de CO2 varient de 14 à 80 gCO2e selon EDF, de 20 à 40 selon Solarpedia qui souligne que ces émissions sont calculées en supposant que les panneaux sont fabriqués aux énergies fossiles : http://www.solarpedia.net/ . C’est beaucoup moins s’ils sont fabriqués avec des énergies bas carbone. Ainsi, un panneau fabriqué en France émet 7 fois moins qu’un panneau fabriqué en Allemagne. Les 20 g rejoignent les 4 g.

L’éolien a un coût de production plus élevé que le nucléaire : 80 euros du mWh éolien pour 60 nucléaire selon la commission de régulation et le syndicat des énergies renouvelables. Le coût de l’éolien baisse avec son développement tandis que celui du nucléaire va augmenter avec le prolongement de la vie des centrales. Ces prix ne vont pas tarder à se croiser. Les émissions de CO2 de l’éolien varient de 8 à 20 gCO2e par kWh selon EDF, de 14 à 16 selon l’Ademe.

Source internet

Pour mémoire, le gaz est à 230 geCO2, le fuel à 300 et le charbon à 400 geCO2.

L’idéal serait de commencer par assurer la pointe de consommation journalière hebdomadaire et annuelle avec les énergies renouvelables ; ce qui n’empêche pas d’utiliser ces énergies pour la consommation de base .

Seul :

Faut-il produire tout seul ?

Oui mais non, cela dépend de votre taille d’entreprise, d’association, de collectivité locale car la production énergétique est un métier. Elle est inséparable de l’isolation de son (ses) bâtiment(s). L’isolation crée une économie d’énergie très renouvelable : celle que vous ne consommerez pas.

Prenez un conseil. Il y a maintenant des bureaux d’étude qui font un vrai audit énergétique. Ils vous diront que faire, dans quel ordre, compte tenu-de votre bâti, de vos moyens : part de l’isolation, de l’efficacité (choix de l’énergie et du mode de production).

Et si je suis locataire ? Proposez à votre propriétaire de faire un audit thermique et énergétique ensemble.

Si cela vous paraît impossible, faute de temps ou de bonne volonté des décideurs, il existe une solution individuelle simple qui joue collectif, que vous soyez propriétaire ou locataire. Elle consiste à financer une association comme Énergie Partagée : www.energie-partagee.org .

Cette association « accompagne et finance des projets d’économie d’énergie et d’énergies renouvelables, maîtrisés localement par les habitants et les collectivités ». Qualité importante, elle est soutenue par l’ADEME. L’astuce est que vous décidez seul pour un projet collectif efficace, sans délai.

Source Energie partagée

Si ce n’est pas dans votre commune, cela peut être ailleurs : c’est efficace. 106,2 euros l’action cette année 2019, pour du photovoltaïque, de l’éolien, du petit hydraulique.

Pour mémoire vous consommez de l’ordre de 20 à 40 kWh d’électricité par m2 bâti et par an si vous n’êtes pas chauffé en tout électrique et de 200 à 240 kWh par m2 et par an si vous êtes chauffé en tout électrique. Hors énergie de vos processus industriels.

Ensemble :

Les énergies épargnent de la pénibilité, rendent une multitude services ; renouvelables, elles sont la clé de notre bien être. L’assurance contre le retour à la bougie.

A Jouy, à Cergy-Pontoise, c’est massivement le soleil ; avec le PNR c’est aussi la biomasse. Avec les énergies de récupération, celles des eaux usées par exemple, on a de quoi produire, localement.

Il faut se rappeler qu’en Île-de-France, seulement 5% des énergies que nous utilisons sont produites dans la région… Il y a de la marge.

Proposition de changement de métabolisme de l’existant, à territoire à peu près constant :

Quel devenir des zones d’activité ? Source Les Ateliers, post-atelier

Un atelier de jeunes professionnels, formule inventée en 1982 à Cergy-Pontoise, a proposé en 2016 de couvrir les bâtiments de nos zones d’activités de panneaux photovoltaïques : http://agirlocal.org/devenir-des-za/

Le potentiel de production d’électricité est, en Île de France, de l’ordre de grandeur de la consommation des grandes industries et des PME- PMI (source RTE) et multiplierait par 28 la production d’énergies renouvelables francilienne. Evalué à 6c le kWh, son chiffre d’affaire annuel serait de l’ordre de 2 milliards d’euros.

Pensez-vous que les grandes industries et PME-PMI exportent ? Oui évidemment.

Ramenons ça à Cergy-Pontoise : à cette échelle d’autoconsommation, il y a mutualisation des besoins : en gros, quand je suis chez moi, je ne suis pas au travail. Cela ne fait pas tout mais le progrès serait considérable.

Evidemment il n’y a que l’agglomération pour développer massivement un tel projet. Mais rien n’empêche que nous y participions financièrement comme l’ont fait bien des citoyens avec leurs élus en France et en Navarre.

D’ailleurs, un premier groupe de citoyens vient de se constituer sur Cergy-Pontoise pour monter un projet appelé O’Watt Citoyen : https://energie-partagee.org/projets/owatt-citoyen/ . Il y en a 134 en France pour une production annuelle prévue de 600 millions de kWh.

Calcul grossier pour Cergy-Pontoise, nous pesons 1,7 % environ de l’Île-de-France, en habitant comme en emploi, 1,7% de 2 milliards c’est 33 millions d’euros de chiffre d’affaire annuel qui seraient produits par notre territoire. Et autant de kWh qui ne se perdraient pas en partie sur le réseau électrique, pendant son transport (7% de perte selon RTE).

Source DRIEA-DRIEE

A noter que Cergy-Pontoise a un chauffage urbain aux énergies récupérables et de récupération. Cergypontains, nous pourrions mieux faire. Allez voir ce démonstrateur :

http://agirlocal.org/reseaux-de-chaleur/

En Île-de-France, une centaine de communes ont un potentiel important, grosso modo les plus denses, les plus peuplées. En leur temps, elles ont reçus une lettre du Préfet de région les en informant.

  

NOS GOUVERNANTS PEUVENT-ILS NOUS AIDER

A ECARTER LA MENACE CLIMATIQUE?

 

Oui, en cascade, chacun à l’échelle de territoire qui permet de trouver une réponse à chaque type de question de changement de métabolisme de nos territoires, de la commune à la région.

Mais aussi en facilitant ces changements de métabolisme par la construction d’une intelligence collective au plan national et européen, en 5 décisions nationales.

Décision 1 : Elle consiste à reprendre un travail fait en Île-de-France puis laissé en jachère ; Il a été appelé en son temps @d aménagement durable.

En douze lignes d’actions et indicateurs, cet outil simple permet de construire localement une vision partagée et organiser localement l’objectif zéro carbone mais aussi veiller au bien être, à l’économie ou à la biodiversité…

Il a été validé par l’association des maires Île de France. Si vous habitez l’une des 1300 communes franciliennes, vous pouvez tirer un portrait de votre commune en quelques clics : http://agirlocal.org/acceder-aux-indicateurs-et-cartes-de-chacune-des-1300-communes-franciliennes/

Plus tard, à la demande du ministère et de l’ADEME, cet outil a été généralisé à la France métropolitaine, à l’AFNOR. Reste encore à calculer les indicateurs pour les 35 000 communes hors Île de France.

L’outil est là, documenté, prêt à être actualisé et généralisé à l’échelle nationale : http://agirlocal.org/resume-d-amenagement-durable/

Décision 2 : Les gouvernements successifs se sont montrés si étanches à cet outil qu’il a été proposé au grand débat dans une version simplifiée réduite au seul CO2.

Mais il a été complété de propositions formulées à l’expérience des développements permis par cet outil (décisions 3-4-5): http://agirlocal.org/grand-debat-national/

Objectif : permettre aux acteurs locaux de compter facilement carbone, là où ils vivent et travaillent, par un bilan que chacun pourrait calculer facilement. Le bilan carbone de nos communes calculé par l’INSEE inciterait à décider zéro carbone, entre autres. Ca urge. C’est pourquoi il vous est proposé tout de suite une première approche avec le tableur suivant : http://agirlocal.org/mode-calcul-emissions-co2e-a-la-commune/

Ci-après une appréciation de cette approche.

Décision 3 : Construire une vitrine à projet qui nous permette de ne pas réinventer l’eau sucrée aux quatre coins des territoires. De quoi afficher les projets réussis.
Et faire des émules, vite.

Décision 4 : Construire de quoi franchir les deux falaises, techniques et institutionnelles auxquelles se heurte tout projet local : par l’invention d’une ingénierie publique, tiers de confiance qui aide les habitants, les petites entreprises, les élus locaux à construire ensemble des projets dont la technicité et les 6 étages de gouvernements, de la commune à l’Europe, font obstacle. Une nouvelle forme de démocratie, permanente, dans l’action.

De quoi faciliter le montage des projets, les rendre robustes et réduire leur temps de montage, c’est vital.

Décision 5 : Financer ces projets, à taux zéro, sans endetter l’Etat en reprenant la proposition de pacte finance climat de Jean Jouzel, ex Vice président du GIEC et Pierre Larrouturou, économiste.

De quoi simplifier le financement des projets et surtout, qualité déterminante dans notre économie de marché, leur laisser un temps de retour sur investissement qui ne soit pas contraint par les intérêts à rembourser : https://www.pacte-climat.eu/fr/

En 2 pages : http://agirlocal.org/pacte-finance-climat/

Vous êtes invité à soutenir le pacte comme président d’intercommunalité, maire, député, sénateur, député européen, mais aussi entrepreneur, citoyen, étudiant Erasmus, père et mère de famille encore en lien avec votre correspondant en Europe, parent, grand parent et enfant.

Ces enfants dont vous avez vu ces temps derniers leur bienveillance à notre égard et leur détermination à nous faire prendre des décisions à la hauteur des enjeux du changement climatique et de la sixième extinction de l’espèce.

On commence maintenant ? Les prochaines élections municipales sont une opportunité de programmation d’actions, de projets, méthodiques, efficaces.

Télécharger « nos gouvernants peuvent-ils nous aider ? » : http://agirlocal.org/5-decisions-a-prendre/

 

Annexe

Appréciation du calcul approché des d’émissions par secteur à la commune

 

1- L’empreinte carbone répartie selon les règles ci-après sert à mesurer l’efficacité des projets dans les territoires en regard du total approché de ses émissions.

Faute de mieux, on ne peut en effet que partir des données les plus fiables, celles des émissions nationales par secteur du Haut conseil pour le climat : transport, bâtiments, agriculture, industrie, transformation de l’énergie, déchets, aérien international.

Pour répartir au mieux les émissions à la commune avec ces données disponibles, il est proposé de procéder en deux temps avec ces règles :

Du national à la région : plus on est nombreux à habiter, à travailler sur un territoire, plus on émet de gaz à effet de serre dits anthropiques c’est à dire de notre responsabilité d’humains. Le prorata population plus emploi est le plus représentatif de ce que les urbanistes appellent la densité humaine urbaine. Elle est élargie ici à la densité humaine urbaine et rurale.

Plus on est riche, plus on émet de gaz à effet de serre. Le prorata au revenu médian permet quant à lui d’approcher cette évidence.

Ces deux prorata, p+e et revenu médian sont appliqués à tous les secteurs sauf l’aérien international.

La seule Île-de-France cumule la moitié des passagers aériens et donc des émissions de gaz à effet de serre nationales ainsi générées.

La clé de répartition au passager, prise pour l’aérien international, tient aux comportements propres des habitants, des entreprises et des visiteurs des territoires structurés par leur géographie et leur histoire.

La répartition des émissions importées (la balance carbone), au prorata des émissions par secteur ainsi régionalisées est une clé qui suppose que les émissions que nous importons se répartissent proportionnellement sur les secteurs : matières premières, pièces détachées, voitures ou nourriture… Dans la mondialisation, c’est une approximation plausible. Nous n’avons pas mieux à disposition sauf fourniture de données plus précises par le Haut Conseil pour le Climat.

De la région à la commune : les prorata population plus emploi et revenu médian sont seuls employés.

En ce qui concerne l’évaluation des projets de réduction de gaz à effet de serre,

Il faut noter que les gains à partir de la nourriture doivent être pris en compte pour ce qu’ils sont : ses 33% d’émissions sont le cumul agriculture, transformation, transports terrestres et aérien, distribution, cuisine, déchets et la production d’énergie qui leur est nécessaire. Ceci demande de veiller à ne pas faire de double compte lorsqu’il s’agit d’estimer la réduction des émissions d’un projet par secteur sur une commune.

2- Comparaison avec les données gaz à effet de serre d’@d aménagement durable :

Une comparaison avec l’approche carbone détaillée de l’outil @d aménagement durable permet de corréler les ordres de grandeur et met en évidence l’importance des émissions importées : il semble que même l’outil bilan carbone ne les prennent pas en compte complètement.

Les données @d sont fournies à la commune pour chacune des 1300 communes franciliennes (mode d’emploi pour y accéder : http://agirlocal.org/acceder-aux-indicateurs-et-cartes-de-chacune-des-1300-communes-franciliennes/). Elles datent de 2005. Pas mieux donc mais les territoires ont peu bougé : 10% de construction neuve en moyenne sur 10 ans. Et si certains territoires ont construit beaucoup, comme Jouy le Moutier, les émissions de CO2 rapportées à la population plus l’emploi, doivent avoir encore moins varié que ce 10%. La comparaison ci-après est effectuée sur cette base.

Pour pouvoir lire correctement les données d’@d, il faut savoir que les émissions à cette date étaient calculées en carbone ; aujourd’hui, elles le sont en CO2. Pour passer de l’un à l’autre, multipliez par 3,66. En outre l’approche carbone d’@d ne visait que 77% des gaz à effet de serre (bâtiments, déplacements terrestres et aérien). Les émissions sont alors de 153 000 TeCO2 pour Jouy, de 7,8 TeCO2 par an par p+e ou encore pour 17102 habitants, 9 TeCO2 par personne. Cette conversion ne poserait qu’une question de calcul mais il y a des trous dans le dispositif. Le passage du bilan carbone à l’empreinte carbone est le plus gros.

Pour passer de l’approche carbone d’@d à l’empreinte carbone, il faut faire une approximation. en 2005, le carbone importé a été rétrospectivement évalué à 184 Millions de TeCO2 pour 284 aujourd’hui. En outre, selon ses auteurs, le bilan carbone établi à l’époque par l’IAU pour l’Île-de-France, base de l’outil @d, ne prenait pas bien en compte les marchandises. Enfin, recalculée aujourd’hui par le HCC, l’empreinte totale n’a quasiment pas bougé, passant de 739 à 749 MTeCO2.

Si l’on rajoute cette augmentation de 100 millions de TeCO2 de l’importation nette en France de gaz à effet de serre des marchandises, ramenée à l’habitant, ce sont environ 100/66= 1,5 TeCO2 par personne à rajouter. Soit au total 9+1,5=10,5 TeCO2/p

A comparer à la moyenne nationale par personne calculée par le tout nouveau Haut conseil au climat : 11 TeCO2 par personne. Ou à la déclinaison des données HCC telle que proposée ici pour Jouy le Moutier, effet aviation Île-de-France inclus : 11,2 TeCO2.

Une comparaison fondée sur la population plus l’emploi donne respectivement : avec l’ajout à @d  des gaz à effet de serre importés, 8,1 TeCO2/p+e ; moyenne nationale HCC : 8 TeCO2 ; moyenne calculée par l’empreinte carbone répartie: 8,9 TeCO2. 

A défaut d’un calcul avec des données localement sourcées, la répartition territoriale de l’empreinte carbone, issue des données du HCC, est cohérente avec la sous-partie évaluée dans @d. Les ordres de grandeur sont là et ce dans une région où les données territoriales, utilisées pour @d, sont particulièrement riches et détaillées.

A noter que cet outil @d est aujourd’hui néanmoins limité, comme un investissement laissé en jachère. Ce serait un gain appréciable que la Région Île-de-France et la DRIEA améliorent cet outil avec les progrès statistiques enregistrés depuis et le mettaient à jour, en intégrant les émissions importées.

A fortiori si @d était calculé pour les 36000 communes de France, et adapté dans les DOM-TOM, notamment la biodiversité.

Pour une vue d’ensemble : http://agirlocal.org/resume-d-amenagement-durable/

 

[1] L’Pour l’action individuelle d’un habitant sur un territoire et son implication dans des projets collectifs http://agirlocal.org/numero-special-vivre-a-jouy/. Les premiers chapitres sont quasi identiques à ceux du présent document -outil

 

About agirlocal

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *