restitution atelier”la vie” à la CDC février 2019

Le 13 février 2019, nous avons restitué l’atelier “la vie dans les métropoles au XXIème siècle” à la Caisse des Dépôts et Consignations, à Paris.

Le texte de la restitution ( 4 pages) : 20100213 texte restitution atelier la vie à la CDC

Le ppt de la première partie: deux ans de travail d’une centaine d’experts: constats et questions: CDC constats et questions réduit.pptx

Le ppt de la deuxième partie: un mois de de travail de 21 jeunes professionnels de 13 nationalités différentes: CDC propositions et jury light.pptx

A venir, la présentation de Bertrand Warnier “the Seine as a park system”, coproduite avec la Chicago team invitée à l’atelier.

Tiers de confiance

Prenons un pays à 6 étages de gouvernement, de la commune à l’Europe, au hasard, la France. Supposons que plus personne ne sache exactement qui fait quoi, qui est responsable de quoi.

Supposons que les citoyens ne sachent plus à qui se vouer, que les crises s’additionnent, sociales, environnementales, financières, économiques. Supposons que ces français se mettent à s’entredéchirer avec toute l’énergie dont ils sont capables, se désespèrent de ne pas trouver un responsable en face d’eux.

Y aurait-il une solution qui ne commence pas par « il faut supprimer, dégager etc… »

Y aurait-il un lieu où se retrouver, français et gouvernants, là où nous vivons c’est à dire là où nous pouvons en décider pour sortir de ce pétrin ?

Pas pour débattre et repartir chacun dans son coin, non, pour construire des projets ensembles, pragmatiquement, dans la durée : les 6 étages de gouvernants et les français.

Admettons que nous construisions ces lieux, mais pour faire quoi précisément ?

Supposons que la crise écologique, diabolique, surplombe toutes les autres, diabolique parce qu’elle se présente sous des dehors agréables ; que ne ferions nous pas pour un rayon de soleil ? Diabolique parce que meurtrière.

Alors, pourrait-on s’organiser pour construire des projets de transition, pour écarter la menace climatique et avec elle traiter les 3 autres crises ?

Il semble que oui.

Economiser du CO2 donne du pouvoir d’achat avec lequel on peut investir dans le renouvelable, le bien-être, diriger la création monétaire sur l’économie réelle plutôt que sur la finance casino (la création monétaire c’est la planche à billet ; dans sa version branchée le quantitative easing, ça fait tout de suite mieux). Avec cette redirection, nous pouvons réduire le risque de crise financière et créer de l’emploi, du qualifié et du pas qualifié, de la croissance de bien-être, durable. Et voir pousser tout ça sous nos yeux.

Cela semble mériter examen, par exemple à l’occasion d’un grand débat national.

Il y a une condition : augmenter notre intelligence collective qui est aujourd’hui du niveau d’un banc de moules à marée basse : les français (tous des incapables, je ne vais plus voter, je ne fais pas de politique) ? Le maire (il dit que cela devient ingérable) ? Le président de l’intercommunalité (c’est quoi?) ? Le président du conseil départemental (il n’est plus général ?) ? Le président du conseil régional (la petite ou la grande région ?) ? Le président de la république (il dit qu’il a besoin de nous)? Le président de l’Europe ? (ah non, il n’y en a pas vraiment).

Bon, il n’existe probablement pas de solution miraculeuse mais créer des organismes publics territoriaux, opérationnels, transverses aux 6 étages, tiers de confiance qui incarnent cette intelligence collective, peut contribuer à rétablir du lien, de la confiance, dans l’action menée ensembles ; pas avec des discours, mais bien avec des actes, au plus près du terrain. Pas seuls.

Car pour agir ensembles, nous avons besoins de gens qui savent, agissent en mode projet, soient capables d’aider les acteurs de terrain, les citoyens à monter leurs projets ensembles. Autrefois, sous une autre forme et à destination des seules communes cela s’appelait l’ingénierie publique. Les maires lui faisaient confiance.

Alors ?

« Un organisme public, tiers de confiance, est créé dans chaque département et intercommunalité de plus de 200 000 habitants. Il a pour mission d’aider les citoyens, les petites entreprises locales, les élus locaux à monter des projets opérationnels de leur initiative visant à réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre. Il capitalise et diffuse les expériences réussies, met à disposition l’ensemble des éléments qui permettent leur reproduction, leur amélioration. »

Un peu coûteuse en emploi public, cette proposition suppose la création progressive de 150 agences, dont 100 départementales financées par l’Etat et les départements et 50 urbaines financées par les collectivités concernées et par l’Etat. La moitié des postes pourrait être occupés par des titulaires en place des collectivités, des directions territoriales de l’Etat et de l’Ademe ; bonne occasion de remettre de l’ordre dans une décision absurde : les ressources humaines de l’Etat d’un côté et l’argent de l’Etat à l’Ademe de l’autre, ou comment organiser les hostilités.

Concentrées sur les projets, le nombre d’agences est un atout car chacune peut se centrer sur tel ou tel type de projet issu de son territoire et diffuser aux autres ; ensembles elles peuvent pointer les trous dans la raquette et s’organiser pour les boucher collectivement.

Composées de professionnels venant de tous horizons et de toutes les structures, réunies par une mission motivante, chaque fois sous la direction d’un professionnel soigneusement choisi pour ses compétences, elles tractent les projets, aèrent les décisions, sous le regard des autres.

Ensembles, elles permettent une prise en main méthodique et industrielle du sujet, le contraire des politiques d’incitation qui se soldent par l’actuelle course aux guichets et le gâchis d’argent public saupoudré, faute de ce tiers professionnel de confiance, responsable global sur un territoire.

Vous pourriez dire ; un 7ème étage ? Surtout pas : une communauté de projets. En réseau, horizontal, chaque agence part du bilan carbone de chaque territoire, fournit par l’Insee, s’est doté de la panoplie d’actions qui produisent des économies d’argent en économisant du C02 et finance les projets avec le pacte fiance climat de Jouzel et Larrouturou. Voir les 4 propositions.

Ce qui permet aussi de monter des projets pour la puissance publique, ou à partir d’elle :

Exemple concret : l’efficacité énergétique des bâtiments de la puissance publique sur un territoire : mairies, écoles collèges, lycées, hôpitaux, Préfectures… Un même diagnostic, mené par les services respectifs dans un cadre commun, un plan d’action co-construit, dans la durée, créateur d’emplois locaux, un même appel à prestataires qualifiés pour mener à bien ce qui doit l’être et développer un vivier d’entreprises auxquels les particuliers puissent faire appel. Voir : http://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2016/02/20160625-fiche-action-collectivite%CC%81s-et-e%CC%81tablissements-publics.pdf

Autre exemple La précarité énergétique d’une veuve âgée dans son pavillon trop grand peut être réglée par la colocation à de jeunes étudiants, ce qui permet avec l’argent des loyers, de rénover thermiquement le pavillon ; une banque garanti la bonne fin de l’opération en cas de décès de la veuve. Le Crous, la SEM à énergie positive en Île de France, les prêts à taux zéro, sont là. Il manque le tiers de confiance pour finaliser le projet. Voir pages 55-60 de http://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2016/02/synthese_transition_2014_part_ii_-_web.pdf

Une démocratie dans l’action, qui ne revient ni sur la démocratie représentative, ni sur l’organisation des pouvoirs publics, non : qui fédère par projet, local. Une organisation qui met en mouvement 30 millions de ménages, 5 millions d’entrepreneurs, plusieurs centaines de milliers d’élus locaux ;

et qui laisse entière la responsabilité de nos gouvernants. Il y a bien d’autres matières à décider de nos biens communs qui ne peuvent l’être que par ceux que l’on a élu pour cela.

Articuler les initiatives de terrain et les décisions des gouvernants, n’est-ce pas une bonne question ?

Grand débat national

Ces deux contributions au grand débat national sont transverses aux quatre thèmes voulus par le gouvernement : transition, fiscalité, démocratie et organisation de l’Etat et des services publics.

La première est faite depuis le citoyen, au pied des 6 étages de gouvernement de nos biens communs, de la commune à l’Europe. Elle propose de traiter les crises sociale, écologique, financière et économique, les unes par les autres. Le mal par le mal en quelque sorte, en entrant par la crise écologique : 4 propositions

La seconde développe l’une des 4 propositions de la première ; elle est faite par un observateur qui a eu à travailler au sein ou avec les 6 étages. Elle propose de créer un organisme public transverse, proche, sur les territoires, rassemblant les compétences des 6 étages de gouvernement, pour aider les habitants, entrepreneurs et élus locaux à monter des projets efficaces, pour vivre mieux : tiers de confiance

 

 

 

Grand débat national 4 propositions

Il n’y a pas 36 solutions : Soit on continue à se jeter les uns contre les autres, soit on cherche une issue à la crise. Cette contribution au grand débat national fait une proposition d’issue à une crise qui est sociale, écologique, financière et économique. Elle propose de traiter les crises les unes par les autres. Le mal par le mal en quelque sorte, en entrant par la crise écologique.

Evidemment il faut accepter de lire ce qui suit, que cela vous choque ou pas.

L’idée dominante de cette proposition est que nos gouvernants cessent de nous prendre exclusivement pour des irresponsables et que les français,- qui les élisent-, ne restent pas uniquement en mode revendicatif.

Le principal levier de cette proposition, c’est la réduction de gaz à effet de serre : économiser du CO2 augmente le pouvoir d’achat que l’on peut réinvestir dans le renouvelable, pour vivre mieux. Vivre mieux, c’est bien ce après quoi nous courons tous ?

La preuve de l’intérêt de cette proposition se trouve dans les réponses à la question : comment économiser du CO2 ? La première de ces réponses est vitale : savoir ce que nous émettons, là où nous vivons c’est à dire là où nous pouvons en décider.

1. Un bilan des émissions de gaz à effet de serre à la commune

Les données publiques sont celles qu’un pays se donne pour se gouverner : s’il y a bien urgence climatique alors cette donnée est clé au même titre que la population, l’emploi, et bien plus que d’autres choses comme le nombre d’hôtels 5 étoiles de chaque commune de France fournit par l’INSEE.

Que l’INSEE fournisse le bilan des émissions de gaz à effet de serre à la commune est le minimum pour ne pas prendre les français pour des enfants irresponsables. En langage élyséen, cela donne « faire confiance aux territoires, à la société et aux acteurs pour se transformer ». C’est aussi le minimum pour que les citoyens agissent systématiquement à leur niveau pour contrer le changement climatique autrement qu’en revendiquant. L’ex direction régionale de l’équipement Île de France l’a fait il y a 10 ans pour un coût dérisoire à partir du bilan carbone régional. En jachère depuis.  accéder à l’outil 

Proposition 1 :

Le bilan des émissions de gaz à effet de serre est fournit par l’INSEE ; il détaille les 4 postes clé sur lesquels agir : la nourriture, les bâtiments, les déplacements et l’énergie qui se cache derrière toutes nos machines. Il en fournit les éléments de calcul, kWh et sources d’énergies, entre autres. Il est simplement additionnable de la commune à la région.

2. Economiser du CO2 augmente le pouvoir d’achat

A l’expérience, on constate que les mesures à prendre pour réduire nos émissions se répartissent en trois : celles qui non seulement ne coûtent rien mais permettent d’économiser de l’argent, l’éco conduite, le covoiturage ou le format des photocopies par exemple (eh oui); celles qui demandent un tout petit investissement, un régulateur de chauffage ou des robinets thermostatiques sur les radiateurs; celles qui coûtent en investissement, l’achat d’une voiture bas carbone ou l’isolation par l’extérieur de nos bâtiments. Pour en connaître plus : voir habitants, entrepreneurs, élus locaux en page d’accueil de www.agirlocal.org

Puisqu’économiser du CO2 donne du pouvoir d’achat, pourquoi le gouvernement ne capitalise pas les très nombreuses initiatives citoyennes qui le permettent sur un site grand public ? A grand renfort de marketing ?

Proposition 2 :

Les solutions permettant de réduire ses dépenses sans investissement, logement et déplacements notamment, sont capitalisées et présentées sur un site internet grand public, hiérarchisées par thèmes en fonction de leur efficacité.

3. Réinvestir ce pouvoir d’achat dans le renouvelable, c’est à dire le bien être

Il reste un troisième type d’actions qui demandent d’investir. Troisième proposition, celle du tiers de confiance. Car pour agir nous avons besoins de gens qui savent, capables d’aider les acteurs de terrain, les citoyens à monter leurs projets ensembles. Autrefois, sous une autre forme et à destination des seules communes cela s’appelait l’ingénierie publique.

Proposition 3 :

Un organisme public, tiers de confiance, est créé dans chaque département et intercommunalité de plus de 200 000 habitants. Il a pour mission d’aider les citoyens, les petites entreprises locales, les élus locaux, à monter des projets opérationnels de leur initiative visant à réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre. Il capitalise et diffuse les expériences réussies, met à disposition l’ensemble des éléments qui permettent leur reproduction, leur amélioration.

Par exemple, des propriétaires de maisons groupées peuvent se réunir pour rénover thermiquement leurs maisons en fonction de leurs capacités financières et ainsi mutualiser pour économiser, avoir plus de confort thermique, et réduire leurs émissions : 10 millions de maisons en France. Il manque le tiers de confiance, dans la continuité, pour mener à bien le projet. Nous l’avons bricolé.

Comme pour monter un projet vélo domicile travail qui combine parcours cyclables, parkings sécurisés et locations-réparation de vélo. A 5 centimes du km au lieu de 50 à 100, le gain de pouvoir d’achat est évident. Lorsqu’il est possible de supprimer la deuxième voiture, c’est un treizième mois. La moitié des déplacements en Île de France, en France et en Europe se font à moins de 3 km, la distance de pertinence du vélo, a fortiori du vélo électrique qui efface les dénivelés. Essayé, sans succès faute d’appui de l’Etat local, enfermé dans ses procédures : projet velo

Pas convaincus? Voyez la proposition du conseil des partenaires de la mission de préfiguration de la métropole du Grand Paris : rapport . il y avait nombre de très grandes entreprises dans ce groupe de travail.

Seule mesure un peu coûteuse en emploi public, cette proposition suppose la création progressive de 150 agences, dont 100 départementales financées par l’Etat et les départements et 50 urbaines financées par l’Etat et par les collectivités concernées. La moitié des postes pourrait être occupés par des titulaires en place des collectivités, des directions territoriales de l’Etat et de l’Ademe ; bonne occasion de remettre de l’ordre dans une décision absurde : les ressources humaines de l’Etat d’un côté et l’argent de l’autre, ou comment organiser les hostilités. Concentrées sur les projets, le nombre d’agence est un atout car chacune peut se centrer sur tel ou tel type de projet issu de son territoire et diffuser aux autres, pointer les trous dans la raquette et s’organiser pour les boucher collectivement.

Une prise en main méthodique et industrielle du sujet, le contraire des politiques d’incitation qui se soldent par la course aux guichets et le gâchis d’argent public.

4. Comment financer ?

Reste effectivement une question : globalement, comme le rapport Stern l’a démontré en son temps et comme l’’augmentation des coûts d’assurances le démontre année après année, nous avons un intérêt financier évident à financer la transition : elle coûte moins cher que les dégâts de l’inaction. Ce n’est pas ce que nous faisons. L’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers. Une des façons de contourner cet obstacle est de financer massivement les projets à taux zéro. Oui, mais avec quel argent ?

Le pacte finance climat de Jean Jouzel et Pierre Larrouturou fait une proposition : en fléchant la création monétaire sur l’économie réelle, à travers la Banque européenne d’investissement vers chaque Etat européen, à hauteur de 2% de leur produit intérieur brut, à charge pour eux de prêter aux particuliers, aux entreprises, aux élus locaux : 1000 milliards par an ; sans endettement de l’Etat donc.

Mais aussi en taxant les bénéfices en Europe à hauteur de ce que Trump a décidé pour les USA : produit attendu, 100 milliards par an, de quoi financer notre recherche développement par exemple sur le stockage des énergies renouvelables soumises aux aléas du soleil et du vent, lancer des projets qui ont besoin de subventions au départ, le projet énergie sprong par exemple qui permet ensuite d’isoler les maisons du secteur social sans subvention ; et enfin l’Afrique dont la population va doubler, les besoins de migrations grandir avec les catastrophes du changement climatique. Notre intérêt le plus évident est de les aider à passer directement sur le renouvelable : pacte finance-climat

Proposition 4 :

Rechercher un accord avec la chancelière allemande pour proposer de mettre au suffrage universel le pacte finance climat de Jouzel et Larrouturou à la façon dont Schumann et Adenauer, sur proposition de jean Monnet, ont décidé la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier en 8 jours et l’ont construite en 6 mois.

Ce qui ruisselle ne dépendrait alors pas du seul bon vouloir des riches mais aussi d’une politique massive, à l’échelle européenne, de traitement de la crise sociale, écologique, financière et économique (26 personnes, aussi riches que la moitié la plus pauvre de l’humanité).

Ces quatre propositions sont d’un coût ridicule en valeur absolue, encore plus en regard des enjeux, pour une sortie par le haut des crises qui nous assaillent et dont nous sommes collectivement les seuls responsables. En langage élyséen « de quoi structurer l’action du gouvernement et du parlement

A noter qu’il y a beaucoup mieux à faire en élargissant ces données aux 6 enjeux du développement durables dégagés lors du Grenelle de l’environnement et mis en données publiques par l’ex direction régionale de l’équipement Île de France. Voir . Le texte commence par :

« Aller vers moins d’énergies fossiles, moins de minerais, plus d’intelligence collective pour un partage raisonné des espaces et des ressources naturelles, sur un chemin économique et social acceptable, dans le plaisir de vivre ; tel est le sens de l’outil @d aménagement durable »

Documents à consulter 

Documents à consulter

Le pacte finance climat résumé en 2 pages : http://agirlocal.org/pacte-finance-climat/

La synthèse à chaud d’un atelier d’un mois de 21 jeunes professionnels de 13 nationalités sur « la vie dans les métropoles au XXIème siècle », préparé par 100 experts pendant 2 ans. 9 pages illustrées : time révolution, food and the city, Seeds, et Micropolis qui tape en plein dans les revendications des gilets jaunes http://agirlocal.org/productions-a-chaud/

Un projet local mené au bout par une association de propriétaires : rénovation mutualisée de 13 pavillons groupés à Jouy le Moutier Val d’Oise, comme il en existe 10 millions en France ; les travaux s’achèvent à la fin de l’année : http://agirlocal.org/projet-rev/

Un exemple de projet resté sans suite faute d’accompagnement ( post atelier 2015 sur territorialiser la transition) : La veuve dans son pavillon trop grand, mal isolé : de quoi louer à des jeunes en colocation, et financer l’isolation du pavillon : avec de la SEM à énergie positive (francilienne), du Crous, des prêts à taux zéro et de l’ingénierie publique pour cadrer le tout. Une dizaine d’autres là : http://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2016/02/synthese_transition_2014_part_ii_-_web.pdf

Une dizaine d’autres propositions construites en interaction avec l’Etablissement public foncier IDF, Grand paris aménagement, la CDC, Icade, Arep, St Ouen L’aumône et Plaine Commune par 9 participants revenus pour un post atelier. De quoi booster le devenir des zones d’activités en créant du lien social, (conforté pour l’une d’elles par la programmation pluriannuelle de l’énergie) mais toujours sans accompagnement : http://agirlocal.org/devenir-des-za/. A noter que les 9 poursuivent pour mettre en œuvre les projets ainsi établis, https://www.collectifpointvirgule.com/

PPE et photovoltaïque dans les zones d’activité

En juin 2017 nous avons rendu un travail de 9 professionnels trentenaires sur le devenir des Zones d’activités dans lequel se sont impliqués l’Etablissement public foncier IDF, la Caisse des dépôts, Grand Paris Aménagement, Icade et Arep ainsi que deux territoires, Cergy-Pontoise et Plaine Commune.

Parmi les 10 fiches actions produites, le potentiel photovoltaïque des toits des bâtiments de ces zones d’activité est pointé : il est, en Île de France, de l’ordre de grandeur de la consommation des grandes industries et des PME-PMI (source RTE). Etendu à la France, il est de l’ordre de grandeur de la production annuelle de 17 réacteurs de 900 GW:20171004 Potentiel photovoltaïque ZA

A l’occasion de ce travail, les jeunes professionnels se sont constitués en association: https://www.collectifpointvirgule.com/about

Nous écrivions alors à l’Elysée : ce projet de transition écologique et solidaire, à construire, est d’intérêt national.

Avec le PPE, Il semble que nous y soyons.

les 10 fiches action : https://bit.ly/2U1VG4K

la vie dans les métropoles au XXIème siècle; production à chaud

« La vie dans les métropoles au XXIème siècle ».

Productions, à chaud

« Nous avons pris un gros coup de vieux. Qu’a-t-on raté pour que ces jeunes nous en disent autant ? ». La déclaration provient d’un membre du jury du 36ème Atelier International de Maîtrise d’Oeuvre Urbaine, qui portait sur l’évolution des modes de vie en métropoles et dont les travaux se sont clos à Cergy le vendredi 28 Septembre.

 Les Ateliers :

Association d’utilité publique, les Ateliers Internationaux de Maîtrise d’Oeuvre Urbaine de Cergy-Pontoise organisent depuis 1982 des ateliers de création et de production urbaine collective en France et à l’étranger. Chaque année en Ile de France, un atelier « jeunes professionnels et étudiants », est sollicité par des élus locaux et des institutions en Région Ile-de-France. Les participants travaillent bénévolement plusieurs semaines avant de présenter leurs propositions devant un jury international composé pour l’occasion.

Si cette formule continue d’être appliquée depuis 36 ans, c’est qu’elle a fait la démonstration de son efficacité, tant pour les villes étrangères qui la sollicitent régulièrement, que pour d’autres projets en Île-de-France ; la plus décisive étant le changement de lieu de l’exposition universelle de Shanghai de 2010 depuis les terrains autour de l’aéroport à ceux du centre ville. D’autres projets en Île-de-France ont bénéficié, à leur émergence, des propositions de ces jeunes professionnels et des débats ainsi instaurés : Paris Saclay par exemple qui concentre le quart de la recherche française.

Le dernier atelier international de maîtrise d’oeuvre urbaine francilien s’est déroulé du 3 au 28 septembre 2018 et s’intitule « Quelle vie dans les métropoles au XXIème siècle ? ».

Entre l’urgence du changement climatique, la fulgurante révolution technologique et le gigantisme qui se développe sur tous les continents, où et comment vivrons-nous demain dans un monde à la fois de plus en plus urbanisé, écologique et connecté? L’atelier a pris pour angle les modes de vie métropolitains, avec toute les extensions que ce mot de métropole induit : le centre, l’agglomération, la région, le grand bassin parisien et au delà ce qui en fait une métropole internationale allant chercher ressources et emplois sur toute la planète. Il attend des participants qu’ils en donnent une vision des transformations territoriales, urbaines et rurales, voulues par leurs découvertes, leurs pensées, leurs désirs du monde où vivre mieux, bien ; de quoi choisir leur destin, dessiner leur avenir, la vie qu’ils veulent mener, pour eux et leurs enfants.

Nous n’avons pas été déçus…

dessin Bertrand Warnier

.La production de l’atelier francilien 2018 :

Après deux ans de préparation et un mois de travail en équipes, 20 jeunes professionnels, de 13 nationalités différentes ont pour le moins bousculé le jury, ce 28 septembre et à travers lui, élus, professionnels et citoyens.

Leur message, en substance :

Nous ne pouvons plus faire confiance à vous, qui êtes aux commandes, à vos modes de fixation des objectifs et à vos modes de travail. Leur dominante technocratique à forte dose d’ingénierie, mise en oeuvre dans un schéma top-down, sont menées dans l’inconscience de l’extrême urgence des impératifs climatiques. Elles laissent de côté les deux entités qui doivent être le coeur même de la démarche : l’humain avec son aspiration au bien-être et la nature, qui est le cadre dans lequel cet humain doit s’inscrire.

Prendre au sérieux ces enjeux bouleversent nos modes de vie.

C’est de la vie commune, à l’échelle locale et d’initiatives de terrain menées en réseaux, que peuvent émerger progressivement cette transformation. C’est aussi un chemin pour construire ensemble un sentiment d’appartenance à des territoires à plus grand échelle, jusqu’à l’échelle métropolitaine.”

Les Ateliers/ Montage imv

Le jury n’est pas le seul à être bousculé, trois catégories de personnes sont interpellées par les productions de ces jeunes professionnels:

  • les politiques et plus généralement les décideurs : en remettant en question les manières contemporaines de réfléchir l’aménagement du territoire, son devenir, en insistant sur la fin d’un modèle de l’aménagement et la nécessité de renouveler ce modèle, de penser changement du métabolisme des territoires, de ceux qui les occupent, de ceux qui gèrent et consomment ses ressources, produisent pour eux et les autres, commercent, importent et exportent personnes, marchandises, connaissances et argent.
  • Les urbanistes et autres professionnels de la fabrique de la ville en leur enlevant leurs calques et leurs feutres. Leurs nouveaux outils d’aménagement étant : la notion du bonheur à tout le moins du bien être/ L’économie du temps / une alimentation saine, des graines de forêt… et l’inverse de la mégalopole et son centre tout puissant. Pire avec des indicateurs de bien-être. Les voilà bien embêté les concepteurs à devoir interagir avec ces nouveaux outils… une injonction à changer les méthodes de conception, à réinterroger d’urgence les pratiques professionnelles.
  • Les citoyens qui ne peuvent pas se dispenser d’être présents et acteurs des transformations du territoire de demain. Pas seulement les militants de la chose, toujours les mêmes ; non, toutes et tous, à se parler, à échanger des savoir-faire, à les habiller de neuf surtout s’ils sont méprisés, à entreprendre des projets ensemble, concocter des services, prendre soin de soi et des autres, s’approprier les espaces publics, y vivre, paisiblement. Sont ils prêt pour endosser le rôle qui leur est attribué ce jour? S’agit t’il d’une utopie élitiste ou d’une réalité à moyen terme? Moyennant quels déclencheurs, quel cadres, quels traitements des enjeux structurels, ceux pourquoi nous mandatons nos élus ?

Un mois de travail :

La radicalité des prises de position dont les équipes sont parties pour faire leurs proposition est sans équivoque, quel qu’en soit l’angle, annoncé dans le titre qu’elles se sont choisi :

Pour « Time révolution », nous n’avons que 24 h par jour, une vie toujours plus stressante qui fait que 69% des franciliens veulent quitter la région. Une video à l’heure de pointe dans le RER dispense d’en dire plus. Le travail structure le reste de la vie.

Et si l’on travaillait 6 h par jour, différemment, à horaires flexibles, avec moins de déplacements ? Et d’ailleurs sans voiture. “Et si ,au lieu de courir après le travail c’était le travail qui suivait l’individu”?

Pour « Food and the city » le changement climatique doit être pris au sérieux ; Et ils passent un extrait du film « soleil vert » de 1974, supposé se passer en 2022, pour enfoncer le clou. La démographie plus l’étalement plus les pollutions en tous genres entrainent le changement climatique. Et se centrent sur la nourriture, un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Ils refusent les objets comestibles non identifiés et interrogent modèles agricoles et contenu de nos assiettes : sel, sucre, viande. Ils citent PIerre Rabhi en nous souhaitant bonne chance plutôt que bon appétit.

Pour « Seeds », l’avenir est annulé comme le montre une manchette du Monde en 2050, et nous n’en serons ni les boulons ni les écrans. Ce sont nos modes de vie qu’il faut changer. Alors, devant la diversité des visions, des intérêts, des territoires, comment faire ? Le top down a fait la démonstration de ses limites. Si l‘on repartait du bas pour converger ? Comme ce festival né en Inde à la fin du XIXème siècle, sur un thème religieux prétexte, en réalité à se rassembler contre l’empire britannique qui l’interdisait. Vidéo.

Pour « Micropolis », Paris est au centre de tout, moteur et récepteur de toutes les richesses, seul lien effectif entre les autres territoires. Et ils choisissent de s’intéresser aux exclus du Grand Paris qui assèche les territoires bien au delà de la région, en font des villes dortoirs. Plus, ils considèrent que les périmètres des territoires gouvernés ne sont pas adaptés à la bonne gestion des espaces et des ressources, ne sont pas à la hauteur du défi climatique. Et affirment, ce qui compte c’est le territoire géographique, le grand paysage.

Les propositions territoriales sont en conséquence :

« Time révolution »

S’il y a plus de robotisation alors il faut se concentrer sur l’humain, laisser plus de choix par rapport aux contraintes de temps, de travail, de distance. Puisque c’est le travail qui est contraignant, avec les déplacements qu’il impose, « Time révolution » distingue le travail forcément présentiel comme celui de l’infirmière, le gardien ou l’éboueur, du travail qui peut être effectué en partie à distance ; et propose d’abord la création massive de tiers lieux autour des gares.

Time révolution

A 6h de travail et 8h de sommeil par jour, leur mini enquête conduit à poser la question : on fait quoi des 9h qui restent ? Jardinage, cuisine, agriculture urbaine, loisirs, culture, vie sociale, services civiques, sport… Cela, c’est à dire travail présentiel, en tiers lieux et activités non rémunérées, peut se faire dans une communauté à 20 mn de distance, 3km de rayon autour d’une gare où vivent 93% des franciliens et des tiers lieux.

Time Révolution

Changer les rythmes des vies suppose de changer les territoires et leurs modes de fonctionnement. De nouveaux modes de transport, doux et transports en commun, transforment le territoire en le rendant marchable, cyclable, accessible, dans la proximité.

L’équipe décrit la nouvelle vie de 3 habitants type sur un territoire ainsi structuré et gouverné.

La formulation « what if to morrow, jobs follow people » domine, fait sens bien au delà des tiers lieux.

« Food and the city»

Chaque million de bouches supplémentaires en Île de France, c’est plus d’insécurité alimentaire. Chaque degré de réchauffement, moins de rendement agricole. Sur ce constat, « Food and the city» s’attache, dans le temps disponible, à deux points clés : la production agricole et la consommation. Ils proposent 6 critères pour évaluer le potentiel d’évolution de 4 types de territoires et leur capacité à écarter le futur qu’ils ne veulent pas : le potentiel éducatif/ production, transformation et transports efficaces/ bienfaits sociaux/ empreinte écologique minimale/ support à la biodiversité/ création d’emplois.

Food and the city

Puis ils se penchent sur :

-La zone d’activité de Courtaboeuf autour de fermes verticales, résilientes ;

-Paris saclay autour de l’autonomie alimentaire bio de ce grand territoire ;

-Saint Denis autour du maraichage urbain et l’excellence par l’alternance dans les métiers de bouche/ -Cergy Pontoise et le parc naturel du Vexin autour du renforcement du lien agri-urbain et une quantification : leurs 40 000 ha agricoles peuvent nourrir 1,5 millions d’habitants végétariens ou en fournir 40 000 en viande.

Food and the city

Et terminent par un manifeste en trois temps : nous reconnaissons, nous proposons, nous demandons. En particulier une évolution drastique du statut de la propriété, dissociant l’usage des sols agricoles de la propriété du foncier.

« Seeds »

L’avenir est bloqué, les territoires métropolitains sont d’une grande diversité, comment favoriser l’équité, la durabilité et le bien être ?

Seeds

En connectant les diversités, par des interventions modestes, ascendantes, des graines qui fassent forêt comme ce festival indien, métaphore de leur proposition ; festival local à sa création, il est aujourd’hui une manifestation pluri-religieuse qui a franchi les frontières de l’Etat où il est né. une manière, pendant dix jours, d’échanger dans l’allégresse les questions sur la société dans laquelle on vit.

Semer quoi sur les territoires ? Beaucoup de petites initiatives plutôt que peu de grands projets, pour enseigner ce que chacun sait aux autres, apprendre l’entreprenariat à la population, fournir des aides notamment financières, à la création d’entreprises, partager les connaissances et les compétences.

Et pour semer trouver des failles où planter des graines : lieux de travail flexible, écoles, habitat, mobilités douces, frugalité et recyclages en sont le cadre matériel tandis que variété, égalités, proximités et économies en sont le cadre immatériel.

Puis pour enfouir les graines, réunir, unifier, prendre soin, fonder, augmenter.

seeds

Deux sites illustrent cette démarche :

Vendôme : la gare historique pour un développement retrouvé, lié aux bourgs et villages voisins ; le site Louis vuitton en cœur de ville pour un hub de la mode irriguant le territoire.

Saint Denis : les espaces publics des rues et de la gare pour connecter les voisins, apprendre en faisant, aider à l’auto organisation, faire s’approprier les espaces publics, cultiver des légumes, augmenter le contrôle social et la sécurité.

« Micropolis »

Peut-on vivre sans Paris ? Paris est plus dépendant de sa périphérie que l’inverse. Et si talents et produits, au lieu d’aller travailler à Paris étaient distribués équitablement sur la région ? Et si une seule métropole se changeait en un réseau de petites métropoles ? Economie locale, changement climatique et inégalités, les initiatives ne manquent pas aujourd’hui mais ne se connaissent pas, ne se nourrissent pas mutuellement.

D’où la micropolis proposée qui profite des mêmes aménités que le centre. Comment ?

Micropolis une nouvelle gouvernance

D’abord par une nouvelle gouvernance aux limites redessinées par la géographie physique et les paysages : gérée par une communauté de citoyens qui utilisent ses ressources territoriales spécifiques avec un soutien financier des institutions. Le relief et l’eau en sont les structures premières.

Une grille de 8 indicateurs appuie la transformation vers des territoires locaux et connectés, attractifs, où l’on vit bien. Points forts et potentiels de chacun permettent de combler les lacunes des uns par la connexion avec les autres. La grille pointe et mesure la création de valeur, elle est contrôlée et diffusée par l’organisation métropolitaine.

Micropolis

Deux territoires, Cergy et le Vexin d’une part et confluence Seine-Yonne de l’autre mettent en lumière les villes de fleuve et de rivière, les villages de plateau et ceux de routes.

3 outils sont proposés à titre d’exemple; l’urban cube, tiers lieu professionnel étendu à la rencontre et à la créativité ; food share qui vise un lien direct producteurs et consommateurs locaux-investisseurs ; et une plateforme d’échange de logements institutionnelle, temps réel.

Avec Cergy et Egreville, Gouzangray, 70 habitants, mini cluster de moutarde de qualité, est l’une des 3 scènes illustrant cette vie transformée.

Le jury

Traditionnellement, le jury est considéré comme une sorte de 5ème équipe. Il doit travailler en quelques heures.

Aussi, en introduction des délibérations, les pilotes donnent une vision lapidaire du sujet et de la production de l’atelier.

Les pilotes :

Le sujet de l’atelier « la vie dans les métropoles au XXième siècle » est ample, complexe et par nature conflictuel : son objet est de construire un début de vision partagée. Vaste programme.

Mais ce qui marque, c’est la claque adressée aux plus de 30 ans par la dernière génération à pouvoir encore espérer écarter la menace climatique et qui seront aux commandes demain : Ils n’ont pas confiance.

La vision radicale du monde de ces jeunes bouscule : le jury que nous sommes d’abord, dans ses responsabilités, ses compétences, ses modes de vie. Il n’est pas le seul : décideurs, concepteurs et habitants le sont aussi.

Puis un jury, tantôt séduit, tantôt critique, toujours piqué au vif par cette approche par la vie, à long terme s’est mis au travail. Inégalement prêt à entendre leurs prises de position et leurs idées de solutions, il a d’abord été unanimement surpris par la convergence de propos de participants venant des 4 coins de la planète.

Verbatims du délibéré :

Séduits

Un souffle d’air frais dans la réflexion enkystée des métropoles

Petites ruptures, effets paradoxaux

8 milliards d’être humains et bientôt 2-3 de plus exercent une énorme pression sur la planète

C’est une entrée en résistance par rapport à l’héritage reçu, une technophobie.

Le bottom-up n’exclut pas une structure pour traiter les défis collectifs

Critiques

Les solutions alternatives proposées sous-estiment les opportunités métropolitaines

La radicalité des constats m’a marqué ; au point d’être binaire et faire table rase de la complexité.

La possibilité d’imaginer le monde est une vision élitiste du tiers des humains qui en a les moyens

Le bottom-up ne fonctionne qu’à certaines échelles, le quartier, l’animation d’un lieu.

Les métropoles sont débordées par les flux migratoires : 2000 personnes qui arrivent chaque jour ne permettent pas de traiter les problèmes.

En revanche, nous avons fait une société de la possession et de la consommation : c’est une erreur majeure que nous avons faite.

Les modèles proposés sont-ils additifs ou substitutifs ?

Ils ont l’air d’être tantôt avant, tantôt après la rupture. Ce n’est pas clair

Il y a quelque chose de pastoral dans leurs propositions, partagées par plusieurs nationalités.

Si 69% des franciliens veulent quitter la métropole, le reste du monde va s’y précipiter.

Eux et nous

(Pour eux) la prise en compte du développement durable n’est pas une interrogation : il est acté ; on ne peut plus faire comme avant.

La vision critique des métropoles dont ils émanent est un acte de réfléxivité. Et nous, quelle réfléxivité, quels impensés de nos modes d’action ?

(Pour eux) Tout ce qui est frontière doit être changé

Dans toutes les cultures, ils n’attendent rien des gouvernants mais d’acteurs citoyens pour agir. Que va-t-on faire de cet objet ? Vivement qu’ils soient aux affaires

Nous sommes dans la recherche du bien-être par la possession alors qu’ils le cherchent dans la générosité, l’entraide.

Ils ont dit, le plus précieux, c’est notre durée de vie

Au moment où on ne parle que robots et intelligence artificielle, ils parlent de temps, de nourriture. Nous pouvons jeter nos smart city, vite.

(Pour eux) la notion de bien être va avec ralentir.

Nous tous, demain

Allons nous réfléchir à nos territoires de la même manière, demain ?

Leurs propositions d’agir à différentes échelles laissent place à des histoires plurielles.

Que va-t-on en faire ?

(Pour eux) l’humain est au centre, concrètement, par les actes. Nos décisions macro ont-elles assez pensé aux effets micro ?

Je repars avec des questions et des graines : les lieux qui font sens, les lieux de contact/le temps du faire, avec, pour, mais ne faut-il pas s’ouvrir aussi à l’être ?/l’importance de l’alimentation mais de son rôle social aussi/la nécessité de relocaliser la gouvernance : ateliers des actions, des savoirs, de l’être ensemble/ quelle place à l’éducation ?

Nous sommes au moment de la remise du rapport Castro ; ce que ces jeunes nous proposent et ce que nous en avons dit est d’une toute autre dimension.

Ils ont demandé comment articuler le bottom up et le top down, avec un minimum de moyens pour traiter les enjeux globaux : l’exemple de Gouzangrez, 70 habitants, dont ils font un cluster moutarde de qualité met autour de la table les 170 maires qui structurent le territoire, qui posent objectifs et moyens de traiter la menace climatique mais aussi les enjeux économiques, sociaux.

Productions de jury et prises de position de participants :

Au delà du constat de convergence entre les propositions des 4 équipes et de prises de positions variées, le jury a émis trois types de remarques et a entendu quelques réponses ; un début de vision partagée :

  • Certaines de ces visions existent déjà, elles sont mises en oeuvre ici ou là, tant en entreprise que dans la vie locale, ce qui signifie que la “graine” d’expérience n’est pas toujours à inventer. Alors pourquoi n’allons nous pas aujourd’hui, plus vite et plus loin se sont-ils entendus dire ?
  • Le terrain dégagé par l’action locale pourrait préparer un lit douillet aux Gafam…. à moins que la prise de conscience de ce qui doit rester, le libre arbitre, ne reprenne le dessus. Au delà des nécessaires règlements européens, et de l’indispensable débat permanent sur les réseaux comme dans les médias, il revient à chacun de prendre conscience et de tirer les conséquences de cet enjeu ultime. Comment si ce n’est en repartant des êtres humains?
  • Considérer le local comme seul moteur de transformation de la société, hors toute intervention de l’action publique serait dangereux, en ce qu’il peut être favorable au progrès des populismes. C’est d’un membre du jury provenant de l’autre côté de l’atlantique que provient cette remarque. Il n’est pas le seul à l’avoir faite. Sur le même thème est avancé le constat de la diversité des moyens des populations à imaginer le monde,-culturels, intellectuels et matériels-, mais aussi une question : le modèle proposé est-il additif ou substitutif ?

A l’inverse du tout local, si le mécontentement et la défiance de nos contemporains vis à vis de l’action collective ne sont pas entendus, le risque est tout aussi patent. Les actions modestes proposées sont précisément à portée de chacun tandis que les modèles proposés, dit cette jeune génération, ne sont ni additifs ni substitutifs mais de transition.

L’articulation des initiatives locales et de la gouvernance globale des territoires apparait bien incontournable, dans un nouvel état d’esprit.

D’ailleurs, à la dernière question du jury : “Comment allez vous faire ?” La réponse du dernier interpellé claque : « Nous avons besoin de vous tous pour répondre à cette question. »

Bertrand Warnier   Solenne Sari Jean-Michel Vincent

D’un ministre isolé à un ministre soutenu ?

Le 2 septembre 2018

Madame ou Monsieur le futur Ministre en charge de l’écologie,

Nicolas Hulot a dit combien il s’est trouvé isolé pour combattre la menace climatique à la hauteur des enjeux. Il n’est pas impossible que vous vous retrouviez dans la même situation. Aussi je me permets d’attirer votre attention sur le fait que 30 millions de familles, 5 millions d’entrepreneurs et un bon demi million d’élus locaux ignorent leur impact local en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Il est donc peu étonnant que nous soyons aussi peu efficaces et motivés pour contrer à bon escient la menace climatique ; et vous bientôt aussi isolé que votre prédécesseur.

Nous estimons normal de connaître grâce à l’INSEE, la population, l’emploi et bien d’autres choses, commune par commune, ce n’est pas le cas de nos émissions de CO2. Pas plus que nous ne connaissons sur nos communes une douzaine d’indicateurs directement issus des 6 enjeux majeurs repérés il a plus de 10 ans lors du Grenelle de l’environnement : par exemple l’indice de développement humain, la distance domicile travail, les kwh/m2 de nos bâtiments, le potentiel de biodiversité. Sauf en Île de France.

J’étais alors directeur de la stratégie et du développement durable auprès du Préfet directeur régional de l’équipement. Il m’avait demandé de « faire que ça arrive ». Avec plusieurs milliers d’acteurs locaux, nous avons alors construit un outil de mobilisation des habitants, entrepreneurs et élus locaux qui leur donne la mesure de leur impact sur la planète à la commune, là où ils vivent et donc là où ils peuvent en décider : en douze lignes d’actions et indicateurs, cet outil simple permet de construire localement une vision partagée et organiser localement l’objectif zéro carbone mais aussi veiller au bien être ou à la biodiversité. Il a été validé par l’association des maires Île de France. Si vous habitez l’une des 1300 communes franciliennes, vous pouvez tirer un portrait de votre commune en quelques clics : http://agirlocal.org/acceder-aux-indicateurs-et-cartes-de-chacune-des-1300-communes-franciliennes/

Des actions, projets et démonstrateurs reproductibles en ont été tirés à l’échelle de la Région comme le chauffage urbain aux énergies renouvelables et de récupération, à l’échelle de la ville comme les tiers lieux sur les gares ou à celle du quartier plus modeste mais potentiellement très efficace comme la rénovation énergétique de maisons groupées (il y en a 10 millions comme cela en France). Les développements et le potentiel de développements sont sans commune mesure avec ces quelques exemples.

Plus tard, à la demande du ministère et de l’ADEME, nous avons généralisé cet outil à la France métropolitaine, à l’AFNOR. Reste à calculer les indicateurs pour 36 000 communes comme nous l’avons fait pour les 1300 d’Île de France. J’attire en particulier votre attention sur un indicateur global de biodiversité fait avec le Museum national d’histoire naturelle. Il avait intéressé en son temps le commissariat général au développement durable. Et puis « l’environnement, ça commence à bien faire » a dit un président de la république. Le commissariat a renoncé. D’autres avec.

Pour que ce travail ne se perde pas, nous avons continué, autant que faire se peut. D’une enquête faite après mon départ par la Direction régionale, au début 2013, il est ressorti que cet outil était connu de la moitié des décideurs et utilisée par un quart. Sans un euro de subvention.

En 2014, j’ai documenté et porté tout cela sur internet en mode 20 lignes, 2 pages, 20 pages selon le temps et l’intérêt de chacun: www.agirlocal.org . J’y ajoute de temps en temps un article à la une. Cette fois, il s’agit d’un atelier international que nous montons depuis 2 ans sur « la vie dans les métropoles au XXIème siècle ». Si vous avez encore le temps de lire 4 pages illustrées, vous y trouverez un article qui vous permettra d’examiner l’état de réflexion collective à laquelle nous sommes parvenus. Il propose de jouer le bien être contre le climat, pose le fait que nous sommes le problème et donc la solution et enfin apporte des solutions concrètes, collectivement élaborées au fil du temps par ceux qui pourraient vous soutenir. http://agirlocal.org/la-vie-au-xxieme-siecle-court/

Mais vous savez tout cela, le tout est d’en décider :

Dans un premier temps, la mise à jour des données serait pour l’Île de France un progrès notable et très peu couteux. La généralisation à la France demanderait plus de travail mais mettrait la France, en moins d’un an, en pointe sur ce type de dynamique, à la veille de nouveaux mandats municipaux.

Bien des acteurs locaux ont inventé des projets sans cet outil, perfectible cela va de soi, mais il a une valeur ajoutée supplémentaire à la détection des actions efficaces : il permet de converger sans avoir à se coordonner. Y ajouter une liste de gisements de réductions des émissions de CO2 et une vitrine à projets nous permettraient d’agir localement à la hauteur des enjeux

Cela ne suffirait pas pour se hisser à la hauteur des enjeux mais serait un grand pas; vous auriez de quoi convaincre d’agir une trentaine de millions de familles dont les entrepreneurs et les élus, parmi lesquels les plus motivés se demandent « et maintenant on fait quoi ? » Seuls ou ensemble. Mobiliser 30 millions d’acteurs contre la menace climatique, ajoutés à un ministère, des arbitrages et des lois, cela vaut la peine d’essayer, non?

Evidemment, il y a peu de chance que vous lisiez ce message ; aussi, dès que je connaitrai votre nom, Madame ou Monsieur le ministre, je vous écrirai, par acquit de conscience.

Cette lettre sera probablement dérisoire. Lecteurs de ce post, il nous faut d’abord compter sur nous : relayez, partagez. Si nous faisons un score, nous serons entendus, jusque dans les ministères, bardés de lobbyistes : 43 sur 350 conseillers du gouvernement si j’en crois France 2. Et peut être, la ou le futur ministre lira ce post et s’en servira, soutenu.

Extrait feuilleton de l’été “la vie dans les métropoles au XXIème siècle”

Les ateliers internationaux de maîtrise d’œuvre urbaine :

« La vie dans les métropoles au XXIème siècle »

Extraits du feuilleton de la préparation

Au début, notre association s’appelait les ateliers d’été; et puis quand c’est l’été au nord de l’équateur, c’est l’hiver au sud. Alors avec des participants venant de tous les pays, nous nous appelons les Ateliers. Nous en avons fait 37 en Île-de-France ces 37 dernières années, 80 en tout, en comptant ceux que nous avons réalisés à l’international. Les ateliers, dits internationaux de maitrise d’oeuvre urbaine, ont pour caractéristique d’être force de proposition pour les décideurs.

Cette année, l’atelier francilien a pour sujet « la vie dans les métropoles au XXIème siècle ». C’est la préparation, exceptionnelle, de ce lieu de créativité, chaque fois renouvelé, que je vous invite à déguster, en quelques pages et plus si vous le souhaitez.

Il nous a fallu en effet deux ans de travaux préparatoires pour labourer le terrain de cet atelier avant que deux douzaines jeunes professionnels de toutes les disciplines, venus des 4 coins du monde ne produisent en ce mois de septembre prochain de bonnes questions aux bonnes échelles de territoire et des idées pour agir, présentées à un jury international fin septembre.

Si nous continuons à fabriquer cette formule depuis 37 ans, atelier après atelier, c’est qu’elle a fait la démonstration de son efficacité : la plus décisive étant le changement de lieu de l’exposition universelle de Shangaï de 2010 depuis les terrains autour de l’aéroport à ceux du centre ville.

D’autres projets en Île-de-France ont bénéficié, à leur émergence, des propositions de ces jeunes professionnels et des débats ainsi instaurés : Paris Saclay par exemple qui concentre le quart de la recherche française et le concours international d’idées d’urbanisme et de développement durable qui a lancé sa création dans la foulée de l’atelier. Plus loin dans le temps, l’arrêt de l’urbanisme de dalle en France, la création du quartier international d’Anfa au Maroc, ou la table ronde des 22 maires de l’agglomération de Puebla… qui ne s’étaient jamais rencontrés avant l’atelier.

Comme toujours, la préparation commence par la définition d’un sujet et d’un territoire ; et des débats musclés qui se prolongent tout au long de la préparation de l’atelier. Ils font évoluer la pensée des acteurs. Si vous voulez en savoir plus, j’ai fabriqué un feuilleton pour l’été publié sur Linkedin. L’intégrale est visible ici au fur et à mesure de sa parution.

Mais puisque vous êtes là, voilà une sélection de la préparation de l’atelier en 8 pages illustrées :

En ce temps là, en ce temps très ancien, il y avait un établissement public d’aménagement de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise. Son urbaniste en chef et deux autres y ont inventé les ateliers d’été, histoire de renouveler les idées de la fabrique de la ville. Particularité de l’urbaniste en chef : arrivé à l’institut d’aménagement et d’urbanisme peu avant Paul Delouvrier, « l’Haussmann des banlieues », Bertrand Warnier tient le cap de ce qui fait la valeur ajoutée des Ateliers depuis 37 ans : les sujets à enjeux et la méthode. En 2016, c’est lui qui a voulu le sujet « la vie dans les métropoles au XXIème siècle » pour l’atelier francilien 2018. Depuis, votre serviteur puis une jeune architecte, sommes aussi devenus les pilotes de cet atelier, adossés à une équipe de salariés, financés à géométrie variable par nos partenaires publics et privés.

Pour comprendre ce que nous fabriquons, un dessin valant mieux qu’un long discours, le travail d’un atelier se situe sur les premières marches de l’escalier : à l’émergence d’un projet.

Sur ce fond et comme à son habitude, Bertrand dessine une première proposition de sujet et de territoire. Cette fois, il a la main lourde, comme le sujet qui est de poids : 11 pages de dessins commentés. Je complète d’un texte d’une page à destination de nos partenaires, pour cause de débats musclés : pour certains, penser à long terme ne sert à rien. Pour nous cela permet de mieux savoir ce que nous avons à faire demain matin. Nous sommes en avril 2017 ; il y va du choix du sujet de l’atelier 2018 ; Les 11+1 pages, dans leur jus : : 20170423 Chaud devant

Habituellement nous produisons des documents : affiche et document sujet pour l’appel de candidatures, document contexte pour les participants sélectionnés (appelé cette fois d’immersion au vu de sa taille) et un séminaire productif qui prépare l’atelier proprement dit à coup de questions pour les participants.

Au vu de l’ampleur du sujet, Bertrand souhaite en plus un séminaire de lancement fin 2017 et 4 soirées métropolitaines au premier semestre 2018 : les métropoles face au défi climatique, habiter-travailler-mobilités, le numérique moyen ou fin en soi et enfin l’attractivité économique et culturelle. De quoi se mettre à la hauteur d’un tel sujet en s’enrichissant les uns les autres.

A votre attention et pour faire court, quelques notes d’ambiance de cette préparation :

Note d’ambiance du séminaire de lancement, septembre 2017:

Bertrand précise en introduction: « tout bouge,-l’agriculture, le travail, le numérique…, de façon imprévisible mais continue et tout se dérègle,-le climat en premier lieu-. Et rajoute : la métropole parisienne est à l’orée de grands changements mais ne semble pas être munie d’une vision précise, alors que l’histoire a montré que celles-ci inscrivent durablement leur marque dans le territoire : Paris et les espaces verts d’Alphand au XIXème siècle, les métropoles d’équilibres et les villes nouvelles au XXème ».

Pour ma part, la vision à construire ne peut pas faire l’impasse sur le mur climatique qui surplombe la vie au XXIème siècle et conditionne tout le reste. Cette évidence est loin d’être partagée. Mais si la social écologie a du sens, cela vaut la peine de lire aussi 3 pages et une question qui tentent d’enfoncer le clou : qu’est-ce que ça change ?

Invités à penser à ce niveau, la vision à construire, les intervenants planchent sur trois thèmes : La métropole et ses habitants face au gigantisme/ le numérique, un défi pour l’intelligence collective / les métropoles face au défi climatique. Cette phase de l’atelier n’est qu’une entrée en matière. Le fruit qui en sort est vert mais prometteur. On y pointe la contradiction entre le désir de proximité et le gigantisme avec sa conséquence, la distance domicile-travail ; la contradiction aussi entre la recherche éperdue de profits des entreprises du numérique et la liberté, la vie privée de tout un chacun ; plus encore l’écart entre l’insouciance de la classe moyenne mondiale et le mur climatique, tout près, devant nous.

7 mois de maturation plus tard, et 4 soirées métropolitaines faites ou préparées collectivement, le séminaire productif permet de faire un point, au dessus de la mêlée :

Notes d’ambiance du séminaire productif, avril 2018 :

La Chicago team :

Avec l’équipe de pilotage, Bertrand trace le programme de visite de ceux qu’il appelle la Chicago team : Phil Enquist, Meiring Beyers, Drew Wensely ; la team a proposé de contribuer à l’atelier en apportant son expérience internationale, sur le mode « grande échelle et écologie ».

Leur venue, trois jours avant le séminaire, est un moment de bonheur. Le premier jour, nous allons les emmener sur différents points hauts du grand paysage francilien. A peine atterrissent-ils à Roissy que nous allons sur la butte qui domine l’aéroport. Pour eux il est 3 trois heures du matin. Meiring se baisse pour prendre une poignée de terre en nous disant: « les rendements de cette terre merveilleuse vont chuter de 30% avec le changement climatique » et Phil rajoute « à quelle hauteur de vue devons nous réfléchir ?” Puis c’est Villiers le bel /Ecouen ; la butte d’Orgemont ; le mont Valérien et retour sur Paris en longeant la seine par St Cloud, Issy les Moulineaux. Déjeuner à Suresnes avec vue bouchée sur Paris et retour à leur hôtel rue du Bac. (…)

Le lendemain, c’est la grande visite de Paris au Havre.

Rendez-vous est pris à la gare de Cergy Saint Christophe ; ils arrivent en taxi, faute de RER A en marche. Nous allons à pied sur la terrasse de l’axe majeur d’où Bertrand nous décrit le grand paysage francilien.

Puis trajet en minibus jusqu’au Havre en passant par Evreux, reconstruite sur un tout autre modèle, disons à l‘identique des espaces publics et de la morphologie de la ville détruite par les bombardements et l’Isle d’Abeau, ville nouvelle où Bertrand avec Alain qui nous accompagne, ont œuvré au début avant de rejoindre Cergy-Pontoise ; en arrivant à Cergy-Pontoise, Alain a créé la chaire d’économie urbaine de l’ESSEC.

Au Havre, Simon, directeur de l’agence d’urbanisme du Havre et ancien participant des ateliers, nous fait sentir les vibrations de la ville rebâtie par Perret et ses enjeux; l’église Saint Joseph nous laisse subjugués.

La team a apporté un énorme document A3 qui compile les vues aériennes proches de la source de la Seine à son estuaire. Simon nous remet une étude XXL, la bien nommée, sur la logistique, de Paris au Havre (…).

Le jeudi est jour de séminaire productif 

Un extrait : 

Jean-Claude Levy, historien, géographe et journaliste pointe : doit on parler du cycle de vie des déchets ? Ou des marchandises ? L’historique des flux et des stocks est impitoyable.

l’économie circulaire pose la question de la valeur d’usage, de la valeur d’échange et donc de la monnaie et de la rente foncière par rapport aux marchandises. « Une intelligence stratégique est de nature à coordonner l’action des différents acteurs par niveaux territoriaux, adaptée aux contextes locaux ». Fondement de l’économie circulaire, cette intelligence stratégique renvoie à la proposition de pacte finance-climat de Jean Jouzel et Pierre Larouturou.

Une question parmi d’autres:

De Guillaume Faburel, géographe et urbaniste, professeur à l’Institut d’Urbanisme de Lyon : « quel pourrait être un modèle alternatif de la croissance urbaine ? Bio region – polycentrisme et re-regionalisation, ainsi qu’à l’échelle des agglomérations, on peut penser autrement ».

Et en guise de remerciements

Ce mot envoyé le lendemain aux participants du séminaire productif :

« Lendemain de fête, il n’y a pas d’autre mot pour vous dire combien cette journée est apparue riche de vos apports et des étincelles de nos rencontres.

Il y avait de l’atelier grand paysage et de la beauté comme entrée pacifique sur le développement durable,
du « comment faire que ça arrive » avec les gens et les institutions de l’atelier territorialiser la transition,
du développement du comment penser à la hauteur des enjeux de l’atelier de l’économie de la connaissance,
du renouvellement du métabolisme de nos territoires par l‘économie circulaire de l’atelier sur le devenir des zones d’activités,
du traitement de la transition et de l’exclusion, l’un par l’autre, de l’atelier la ville inclusive.

Il y avait plus : de bonnes questions, aux bonnes échelles de territoire, de quoi pousser nos jeunes participants
à formuler des actions, des plans, un rêve et quelques voies pour le réaliser.
Il nous faut maintenant partager avec celles et ceux qui n’étaient pas là ».  

Que lire dans cette préparation d’atelier exceptionnelle ?

Si vous ne devez lire qu’un document, lisez ce 4 pages écrit au sortir de cette préparation : il synthétise les contributions égrenées au fil d’un an de réflexions et d’échanges, bien au delà du séminaire productif donc, ramassés en une petite dizaine de questions, documentées en quelques lignes.

Que vous dire d’autre en peu de mots ? Peut être que les 4 questionnements que nous avons rédigé pour le document d’immersion, environ 6 pages illustrées chacun, valent un détour : ils se lisent par deux.

Changement d’échelle de la métropole et mobilités métropolitaines, cela va de soi.

Pourquoi lier grand paysage et défi climatique ? Par cet enchainement logique : la nourriture, les éco énergies, les éco matériaux, poussent à la campagne et sont consommées en ville ; c’est une affaire de productions renouvelables et d’organisation territoriale ; autrement dit, d’intelligence collective aux différentes échelles de territoire : ce qui demande l’incontournable répartition raisonnée des espaces et des ressources, pour vivre bien. Le grand paysage en est l’expression spatiale, une entrée de surcroit apaisante sur le sujet.

Et si vous ne voulez pas passer à côté d’éclairages substantiels, lisez les compte-rendu des 4 soirées métropolitaines (6 pages chacun) en entrant par le feuilleton de l’été. Episodes 4, 5, 8, 9. Vous y trouverez aussi les travaux des experts appelés à plancher cette année écoulée.

L’objet de ces soirées? « Un enrichissement par ce que les intervenants apportent sur le volet sociétal, professionnel ou social dans leurs interventions initiales : des faits qui ne s’admettent pas (consensus et débats), la mise en évidence de pratiques qui fonctionnent, une vision sur ce qu’il faudrait faire pour vivre bien dans la région métropole, à la vitesse nécessaire pour échapper au mur climatique ».

Vous pourrez aussi y faire votre marché de documents, au détour d’une phrase : comme le document sujet, (en accès direct ici , 39 pages) et le monumental document d’immersion (148 pages illustrées). C’est Christophe qui a donné le la de ce dernier document : « simple, problématisant » et c’est Priscilla qui l’a mené à bien, chahutée par les vues, disons complémentaires, des 3 pilotes qui ont beaucoup donné… pas seuls. Vous pouvez aussi accéder à d’autres documents de cet atelier sur le site de notre association : https://ateliers.org/fr/workshops/213/

Ah, au fait, l’ex-maire de Copenhague, Ritt Bjerreggard, a lancé Copenhague zéro carbone, au sortir de l’échec de la COP 15 en 2009 ; horizon 2025. Copenhague est en passe de réussir.


Bien sûr ils ne sont pas comme nous, mais dans la foulée de la COP 21, Paris vient de voter son plan climat zéro-carbone et 100% énergies renouvelables à l’horizon 2050 avec une étape 2030.

C’est une question d’argent et vous n’en avez pas ?

Alors lisez cette page résumant la proposition du pacte finance climat. Et au moins, signez.

Vous n’y croyez pas non plus ? Alors lisez ces quelques pages qui ont été faites pour vous : http://agirlocal.org/elu/ vous y êtes seul décideur. Il y a la même pour habitant ou entrepreneur sur la page d’accueil de ce même site, rédigées en 2015.

Et si vous pensez qu’une action individuelle de l’habitant que vous êtes n’a pas d’impact, multipliez la par 2 milliards : c’est l’effectif de la classe moyenne et supérieure mondiale ; celle qui émet 80% des gaz à effet de serre, celle qui gagne plus de 10$ par jour et par personne. Cerise sur le gâteau, vous êtes à la tête de l’intelligence stratégique de votre territoire. Et parfois, peut-être, entrepreneur.

La vie dans les métropoles au XXIème siècle ? Les jeunes participants entrent en scène le 3 septembre. Pendant un mois, ils sont maîtres du monde dans lequel ils veulent vivre. Pour la construction d’une vision en quelque sorte. Et vous ?

Rendez vous au jury le 28 septembre, ou un peu plus tard, en soirée.

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Accéder aux indicateurs et cartes de chacune des 1300 communes franciliennes

1- Commencez par accéder au portail des indicateurs @d : http://cartelie.application.developpement-durable.gouv.fr/cartelie/voir.do?carte=portail_ad_2&service=DRIEA_IF Une carte de la région Île de France apparaît. A gauche, sélectionnez votre département dans le menu déroulant, puis votre commune. Vous avez accès aux indicateurs et cartes de votre choix.

 2- Il est possible de tirer un portrait de territoire communal en une fois : cliquez sur le bouton information en haut de la carte régionale, et à nouveau sur le même bouton information dans la fenêtre qui apparaît ; puis sur la carte de votre commune. Un nouveau tableau apparaît : à gauche, juste en dessous de portrait de territoire, cliquez sur consulter. Un portrait apparaît. Il danse la samba le temps de chargement de la douzaine de cartes qui illustrent les indicateurs. Quand il est stable, vous pouvez alors l’imprimer au format pdf.

  • Le portrait contient les indicateurs de votre commune, des communes environnantes, des départements et de la région Île de France et les cartes associées. Vous pouvez faire varier les échelles si vous le souhaitez : c’est particulièrement utile pour la biodiversité ordinaire.

  • Si vous revenez au portail des indicateurs @d (§a ci-dessus) vous pouvez accéder, à droite de la carte, à la méthode de calcul des indicateurs (et des sources). Vous pouvez aussi accéder à un calculateur @d, tableur demandé par l’association des maires Île-de-France ; il vous permet de calculer les indicateurs du groupe de communes que vous souhaitez : nouvelle intercommunalité ou parc naturel régional par exemple. La sélection par suppression de communes à partir des départements est la plus facile.

Metropolises facing the climate challenge

Metropolises facing the climate challenge:

Play well being against the climate

 

The time of a men’s life, the world’s population has tripled from 2.5 to 7.5 billion. The urban population has grown from a few hundred million to 4 billion.

 

Global middle and upper class has quadrupled, to 2 billion: 4 times more in 4 times less time.

Fossil energy consumption is accordingly, as is deforestation.

 

The result is there: since the early 1950s, the concentration of greenhouse gases in the atmosphere has increased from 300 to more than 400 ppm.

At the current rate, the fateful threshold of concentration of 450 ppm will be crossed in the years 2030, with the increase of 2 ° C which it involves; and the irreversible threshold effects that specialists agree to recognize.

Cities are responsible for most of these emissions. The world’s middle and upper classes are mostly concentrated in the cities and even more in the metropolises.

The urban metabolism born from the massive use of fossil fuels, the fruit of a century of accelerated development, is no longer sustainable in the state. If we do not take it seriously, climate change will slam like a door in the face of real or expected urban prosperity. We love the city, the well being, the prosperity after which everyone runs: the metropolises of the 21st century and their territories will be low carbon first or will not be.

It is the entire system of production of wealth, consumption of resources, mobility of men and goods that must be rethought.

Homi Kharas

What about here in France? Is our country prosperous? Yes. Do we live in peace? For the most part, yes, even if terrorism is on our territory and kills. Do we live better than our parents and grandparents? By the standards of living, yes. Is our country envied by many countries? Yes.

Is the situation the same in all countries? Yes and no. Developed countries are not the emerging ones who are not the ones looking to grow.

Like it or not, we depend on each other. This article is a contribution: to remove the climate threat in the pleasure of living; seen from France.

A look at the long term is worth the detour.

Public money is missing, we read. But with constant population and constant euros, the 6th world power has 7 times more public money than in 1950. A worker, an employee of the 2000s has as much purchasing power as a frame of the 30s. The RSA , minimum insertion income, the CMU, universal health coverage, are unique choices in the world.

Purchasing power has increased sevenfold, life expectancy has increased by 14 years.

On the other hand, in the same long run, according to Piketti (Capitalism in the 21st Century), we have the same distribution of world wealth as in 1914. A few dozen individuals concentrate as much wealth as half of humanity. In France, 8.8 million poor people have less than 60% of the median income;

And even more decisive, let’s insist: in less than 30 years, the world’s middle and upper classes have quadrupled. The consumption of fossil energy is a consequence, as well as deforestation. And if the CO2 emissions curve has remained roughly on the same slope, it is due to the increase in the share of nuclear power and gas in the global energy mix, less emissive. Despite this all-out compensation, the result is here: we are three years away from the threshold of 415 ppm requested by COP 21; the fateful threshold of concentration of 450 ppm will be crossed in the 2030s, with the increase of 2 ° C that it leads.

For skeptics, there is a thermometer in Mauna Loa in the Pacific that measures since the 1950s this concentration in ppm: https://www.co2.earth/. Incomprehensible the ppm? They work like the degrees of our thermometer; we do not know the definition of the degree well but everyone knows that at 40 ° C (104 °F ) you go urgently to the hospital, at 42 ° C (108 °F ) you are dead.

This mortal danger we created it.

We are the problem, we are the solution.

By the mid-2030s, is the major issue the new building, the eco-neighborhood, the new transmission line? No: at a rate of 1% per year renewal of the city and the countryside, 95% of greenhouse gas emissions will then be the fact of what exists today before our eyes. The major challenge is the ecological reinvention of the existing city and countryside and not those that are being built tomorrow. A reinvention that improves health, safety, well-being, biodiversity and social ties. But that’s not what we do.

And if it’s a question of changing our everyday life, should we leave in each country a few thousand big decision makers to take care of it at the risk of the big leap into the unknown or want to put us in the balance the initiatives and energies of the hundreds of millions of families that populate our cities and our countryside, and among them entrepreneurs, and local elected officials?

It is a choice that requires to see clearly on a global scale and to act accordingly on its territory, well beyond the usual action of elected officials: planning of all kinds, municipal routine and action of the management services; but also beyond our daily lives that it goes by the way we feed ourselves, consume or go on vacation; and just as much through our professional responsibilities, from photocopying to our vehicles to purchasing, transportation, energy, products and services manufactured. Every product, every purchase is a vote.

Who has an interest in acting?

For the first time in the history of humanity, the rich have as much interest as the poor to ward off the climate threat. This is good: the more you are rich, the more you emit greenhouse gases, the more you have the means to reduce them: 2 billion out of 7.5 people on the planet, mostly in the cities. In France, 80% of households, almost all entrepreneurs, elected officials, are part of the global middle class. This raises questions.

Especially since we can treat transition and inclusion one by the other; and move from a pure distributive model to an economic model that requires the inclusion of the poorest to drive the economy; and avoid climate disasters in which they will be in the front line.

How?

Governments have long recognized that half of all greenhouse gas emissions are a result of individual behavior, and thus are outside policies, laws and their powers of incitement or coercion. Proximity is key. Local projects are crucial.

A one-third reduction in our emissions would give us a decade or more to eliminate the climate threat. Experience shows that small changes in the behavior of residents, entrepreneurs and elected officials can almost instantly reduce our emissions by 20% and our expenses by improving our state of health. See proposals for inhabitants, entrepreneurs, local elected representatives on the homepage of www.agirlocal.org (in French)

With a little more time to implement them, 3 examples, massive at the scale of their territory:

In Cergy-Pontoise, 200,000 inhabitants-100,000 jobs-27,000 students, permaculture could create about a thousand jobs for 74 today, out of the 1250 existing agricultural hectares, highly qualified jobs and unskilled: weeding or glyphosate for short talk.

At La Défense, the international business district is heated with heavy fuel with low sulfur content, brought by train. Replacing it with wood would instantly turn it into a sustainable neighborhood. And would allow a region-to-region contract to ensure supply and move from the deficit of foreign trade to the GDP of non-relocatable jobs.

With the major players such as the Caisse des Dépôts, the Public Property Establishment Ile-de-France, Grand Paris Development, ICADE, AREP, Saint Ouen l’Aumone and Plaine Commune, a six-month work was carried out by a dozen young professionals on the future of the business parks. Among one of the 10 projects proposed, that on the production of photovoltaic energy and social link holds a national production field equivalent to that of 17 nuclear reactors.

So there is matter; but, as one of our elected representatives said, we can not continue to decide haphazardly, we must act efficiently, in an organized manner on our territories, massively. This has not been the case so far.

How to converge, without coordinating heavily?

A toolbox has been carried out in this way in Île de France for the last 10 years by several thousand technicians, inhabitants, entrepreneurs, local elected representatives. Validated by the association of mayors Île de France, it offers a dashboard to the municipality and actions, projects, demonstrators, reproducible. The method has proven itself. See more on www.agirlocal.org (in French)

A second organizational track was worked out by one of the Grand Paris civil society working groups. In reverse of French planning (plans, hyperplanes, Rantanplan; the name of the Luky Muke dog …), he proposes:

Not to mention the need for engineering, trusted third party, rather public than private.

A framework to mobilize massively local actors that we are

And the well being in all this?

Save money, reduce pollution and greenhouse gas emissions, improve health, the biodiversity of our territories; to reproduce or invent actions, projects, job creators, wealth of all kinds and social bonds, reducing inequalities, in the pleasure of living;

Treat transition and exclusion, one by the other, by ensuring that the economy requires low-skilled jobs and not by charity; and build skills, education, culture, contribute to improve its security, reduce climate immigration, control as much as possible his life, our collective destiny, ensure a future for our children, live in peace.