CO2 et pouvoir d’achat

Le changement climatique est meurtrier, mais nous pouvons, encore, écarter la menace climatique dans le plaisir de vivre : nous sommes le problème, nous sommes donc la solution.

Bonne nouvelle, réduire nos émissions ne fait pas qu’écarter la menace climatique, cela donne du pouvoir d’achat, ici et maintenant ; pour une raison simple, les énergies fossiles ne sont pas gratuites.

Ce n’est pas un hasard si les trois quarts des émissions de gaz à effet de serre accumulées depuis la révolution industrielle sont le fait des énergies fossiles, le quatrième quart de la déforestation. L’énergie est partout, dans notre nourriture, nos déplacements, nos bâtiments, fabrication de l’énergie incluse. La déforestation en est le dommage collatéral.

80% des émissions sont le fait de la classe moyenne et supérieure mondiale, 2 milliards sur 7,5 milliards d’êtres humains. Surprenant mais réel, ce sont ceux qui disposent de plus de 8 euros par jour. Faites vos comptes.

Evidemment plus on gagne d’argent, plus on émet des gaz à effet de serre, plus on peut en économiser.

A l’inverse et pour le dire crûment, si vous ne faites rien, pensez vous pouvoir garder votre niveau de vie, vos retraites, boucler vos fins de mois, dans un monde ravagé par les inondations, les sécheresses, les incendies, les ouragans ?

Pour chacun de nous, dans notre économie de marché, chaque achat est un vote, une décision, pour ou contre le changement climatique, pour ou contre notre bien-être.

Tout aussi surprenant, à lois, subventions, incitations, territoires et bien-être constants, une famille[1], un entrepreneur, un élu local, peuvent émettre du simple au double de CO2. Les comportements,-nourriture, voiture, chauffage-, vacances au loin-, les choix d’achats et de produits de l’entreprise, de la cantine et du chauffage des écoles, sont déterminants.

L’injonction des gouvernants ne suffit pas. Il nous faut changer nos façons de décider et progressivement, nos modes de vie. Grosso modo, c’est la moitié des émissions de gaz à effet de serre.

Comment amorcer la pompe ? Quelques propositions :

Vous êtes un habitant : vous pouvez vous y mettre tout seul dès maintenant. Vous pourrez économiser de l’argent, vous concocter une meilleure santé et réduire vos émissions de CO2 de 10 à 20% en quelques semaines. Comment ? En changeant juste un peu de comportement.

Vous êtes un entrepreneur, un chef d’établissement ou un salarié : vous pouvez réduire les émissions de C02 de votre entreprise, économiser de l’argent et vous donner des avantages concurrentiels, développer l’emploi local et le bien-être au travail. Cela prendra de 1 à 3 ans. Et certaines mesures ont un effet immédiat.

Vous êtes un élu : vous pouvez rendre plus de service à vos administrés sans augmenter leurs impôts, voire en les réduisant. Les décisions prennent effet entre quelques mois et un mandat.

Ce ne sont que des propositions, vous êtes les mieux placés pour savoir sur quoi agir et sur quoi réinvestir vos gains pour vivre encore mieux.

Evidemment, c’est encore plus efficace si les habitants, les entrepreneurs et les élus locaux se parlent pour agir ensemble sur leur territoire.

En savoir plus: http://agirlocal.org/numero-special-vivre-a-jouy/

Extrait kit transition : énergie

Encore faut-il bien intégrer les conséquences de cette évidence : l’énergie est partout.

Il ne suffit pas de produire de l’énergie renouvelable, il nous faut aussi économiser l’énergie utilisée, rendre plus efficace celle que l’on utilise et réduire celle que l’on importe à travers nos achats ; et réduire la déforestation que l’on importe avec ces mêmes achats.

Avec l’empreinte carbone, les émissions de gaz à effet de serre sont un bon traceur. Mieux, c’est une machine à inventer des projets efficaces, finançables.

L’argent manque ? Non. Que l’on soit une famille ou une collectivité territoriale :

En tant que famille, si vous êtes dans les catégories dites populaires (en France) vous touchez entre 16 et 41 euros par personne et par jour selon votre revenu et la taille de votre famille c’est à dire 5800 à 14 800 euros par personne et par an.

Il s’agit des revenus après impôts et prestations sociales.

10% d’économies, c’est 580 à 1480 euros d’économies par personne et par an. Si vous gagnez plus, dans ce que l’on appelle la classe moyenne en France, c’est entre 1480 et 2350 euros d’économies potentielles. Multipliez par 10, vous obtenez la capacité de remboursement d’un investissement sans fonds propres à 10 ans.

Dés 580 euros par an, il y a de quoi commencer à investir dans le renouvelable. A fortiori avec 2350 euros par an.

Il y a de quoi converger sur des projets locaux d’économie d’énergie et de production d’énergie renouvelable. Il y a de quoi réduire la déforestation.

(…)

En tant que collectivité, aux échelles de territoire au dessus, l’établissement, le département, la région, les moyens augmentent, de plus en plus, les capacités d’économies et de financements avec.

Avez vous déjà fait, en tant qu’élu, que chef d’établissement d’un service public, ne serait-ce que tout ce qui est décrit là, http://agirlocal.org/elu/ : trois exemples de réduction immédiate de CO2 identifient plus d’un milliard d’économies par an, toutes fonctions publiques confondues. Même si au bout cela ne fait que la moitié… Réduire ses émissions de CO2 sert à gagner de l’argent.

La question majeure n’est donc pas « je n’ai pas les moyens » mais comment inventer, reproduire des petits projets qui fassent masse dans cet état des lieux des acteurs : 30 millions de famille, 5 millions d’entrepreneurs, 500 000 élus, 36 000 communes, 1234 intercommunalités, 100 départements, 14 régions, la France, l’Europe et le monde peuplé des 2 milliards d’humains qui émettent 80% des gaz à effet de serre et de 26 humains aussi riche que la moitié de l’humanité.

Et comme nos moyens sont limités et que le temps manque, nos investissements doivent aller d’abord et massivement sur le changement de métabolisme de l’existant. Ce qui amène à comparer les projets d’investissement entre eux pour choisir les plus efficaces : le critère du kgCO2e à l’euro investi est un bon outil. Il est fédérateur. Il donne du pouvoir d’achat, aux services publics et à ceux qui les utilisent.

Par quoi commencer ?

Parce que le CO2 émis reste ensuite un siècle dans l’atmosphère, commencez par le plus efficace parmi toutes les actions que vous pouvez faire : le plus facile, le moins cher, pour le plus de CO2 économisé. Ce qui veut dire que vous devez d’abord apprendre à compter carbone aussi facilement que vous comptez en euros.

(…)

Pour réduire à zéro ses émissions selon un chemin social et économique acceptable, encore faut-il savoir d’où l’on part. Voici une proposition :

Comme on l’a vu, le changement de métabolisme du territoire s’effectue à toutes les échelles de territoire ; il nous faut donc tenter de repartir de la commune pour agir sur tous les besoins en énergie et en déforestation.

Précaution : ne pas laisser de côté la majorité de nos consommations d’énergie, en repartant des émissions de gaz à effet de serre totales, l’empreinte carbone.

(…)

Repartir des données des émissions nationales de gaz à effet de serre telles que fournies par le Haut Conseil au Climat en juin 2019 (données complètes 2017). L’empreinte carbone est chiffrée. On peut répartir ces émissions, à la région puis à la commune. Règle de répartition proposée: la population plus l’emploi pondérée par le revenu moyen, à l’exception des émissions de l’aviation affectées aux régions au prorata des passagers. L’intérêt est que ce calcul est réalisable pour chacune des 36000 communes de France

(…)

Approximative, cette évaluation de l’empreinte carbone a pour intérêt d’évaluer l’efficacité d’un projet donné de réduction des émissions et de faire un assortiment de projets efficaces dans plusieurs secteurs d’émissions : de quoi agir sur les plus gros postes émetteurs.

En outre, elle fournit un bilan carbone comparable d’une commune à l’autre mais aussi additif à l’intercommunalité, au département à la région et à la France.

Enfin, elle peut être faite pour n‘importe quelle commune, intercommunalité, département et région de France : http://agirlocal.org/mode-calcul-emissions-co2e-a-la-commune/

Le tableur de calcul des émissions CO2e : http://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2019/09/V2-tableur-émissions-CO2e-à-la-commune.xlsx  

En savoir plus: le document-outil complet du kit transition locale.

extrait Kit métabolisme

Pour écarter la menace climatique, peut-on tout attendre des COP comme celle de Paris ? De la loi transition votée sous la présidence Hollande, de celle qui va être votée sous la présidence Macron ?

Non, d’abord parce que nous devons prendre en main nos comportements, ensuite parce qu’à toutes le échelles de gouvernements de la commune à l’Europe, nous refusons purement et simplement de voir que nos villes et nos territoires,-bâtiments, quartiers, routes-, se renouvellent à peu près de 1% par an.

Conséquence, au début des années 2030, quand nous franchirons le seuil irréversible de déclenchement des 2°C de réchauffement, plus de 95% de nos émissions seront le fait des territoires qui sont aujourd’hui sous nos yeux.

Ce qui demande d’être très clair sur le fait que le neuf n’est pas un enjeu : le bâtiment à énergie positive, l’écoquartier, l’infrastructure de transport flambant neuve dans lesquels nous investissons tant d’argent public et privé, ne sont pas un enjeu. Pire, le neuf peut générer massivement des émissions. Le neuf ne peut jouer un rôle que s’il fait levier organisé sur le territoire pour le transformer à temps.

C’est énorme de dire ça.

L’enjeu est la réinvention écologique, économique et sociale des territoires tels qu’ils sont aujourd’hui sous nos yeux pour qu’ils permettent une baisse drastique des émissions décidée par ceux qui y vivent.

Plus précisément l’enjeu est de transformer le métabolisme de nos territoires, métabolisme entendu comme les productions et consommations locales, les flux de personnes, marchandises, connaissances et argents qui entrent et sortent de notre territoire. C’est à dire ce qui génère ces émissions.

Car l’autre moitié des émissions est le fait de la fourniture de biens et services plus ou moins carbonés, fabriqués par des entreprises privées et des services publics. S’il n’y a pas d’énergies renouvelables, de voiture ou de jean bas carbone à acheter ou encore de transport ou de cantine bas carbone, on ne peut pas baisser cette part d’émissions.

Une baisse qui est à réaliser dans le temps qui reste, deux mandats municipaux : en matière d’offre de biens et services renouvelables, nous n’avons pas d’autre choix que d’utiliser territoires et infrastructures comme ils sont ou presque.

Presque, là est la deuxième partie de la solution : il nous faut recycler nos territoires, comme on redonne vie à un village abandonné. Ce qui ouvre le temps des petits projets, reproductibles de nombreuses fois, à portée de décision. Les communes et leurs intercommunalités sont en première ligne.

Seul et ensemble, un métabolisme de territoire se change avec des décisions quotidiennes qui changent nos modes de vie ; ça se change en parallèle avec des projets, efficaces, que l’on ne peut faire qu’ensemble.

Recycler nos territoires remet en question nos budgets d’investissement, nos compétences, notre ingénierie, nos marchés de travaux, nos achats.

Cela commence avec la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise et ses communes, le Val d’Oise, la région Île de France, la France, l’Europe et même le reste du monde, dans notre économie mondialisée.

Rien n’empêche de s’y mettre, à toutes les échelles de territoire. Mais cela demande de repenser nos façons de penser et d’agir.

Concrètement, comme élu, associatif, chef d’établissement, on commence par notre territoire : cela conduit à nous fixer pour objectif de réduire à zéro nos émissions de CO2e d’ici au début des années 2030, à Cergy-Pontoise, et au delà.

En savoir plus: le document-outil complet du kit transition.

Solutions climat: ESSEC 4/2/2020

Élus, étudiants, associations, citoyens, entreprises venez débattre des meilleures solutions à mettre en place pour diminuer massivement les émissions de GES et amorcer la transition énergétique dans le Val d’Oise ! Le débat portera sur le financement de la transition et des solutions locales concrètes.

Avec
– Bruno Lechevin, Ancien Président de l’ADEME, Délégué général Agir pour le climat et du Pacte Finance-Climat www.pacte-climat.eu/fr/
– Jean-Michel Vincent, Délégué Val d’Oise d’Agir pour le Climat, auteur du site www.agirlocal.org,

Les 25 COP et les politiques nationales depuis le Grenelle de l’environnement ont fait la démonstration de leur nécessité mais aussi de leurs limites, sans actions locales efficaces, massives. Les dernières élections ont montré de leur côté l’intérêt grandissant de nos concitoyens pour l’écologie, toutes opinions politiques confondues.

Pour autant, les projets locaux de transition écologique, énergétique ne sont pas systématiquement finançables, faute d’un temps de retour sur investissement suffisamment court.

Cette conférence-débat est l’occasion de prendre position tant sur le pacte Finance-Climat que sur la nécessité d’articuler initiatives locales et décisions de gouvernement à toutes les échelles de territoire, en facilitant le développement des projets locaux. Elle est l’occasion de mettre en vitrine les solutions de transition, efficaces, tant financières qu’opérationnelles, développées ou programmées, en Val d’Oise et ailleurs.

Elle peut être un début d’organisation locale, méthodique et massive, pour le climat.

Conférence ouverte à tous – merci d’indiquer votre participation à l’événement  par mail à http://agirlocal.org/conference-debat-essec/

18h30 – 20h30 – Grand Amphithéâtre de l’ESSEC
3 avenue Bernard Hirsch, Cergy.

Conférence-débat solutions pour le climat

L’association Agir pour le Climat, qui porte le pacte Finance Climat de
Jean Jouzel et Pierre Larouturrou, organise une conférence-débat à
Cergy-Pontoise le mardi 4 février prochain, de 18h30 à 20h30, dans le
grand amphi mis à disposition par l’ESSEC.

Elle s’adresse aux maires et élus du Val d’Oise et est ouverte au
public, donc à tous les candidats aux municipales, aux entreprises et
aux acteurs citoyens engagés dans la transition écologique, énergétique.

Elle porte sur le financement de la transition et les solutions locales
concrètes, aux différentes échelles de territoire où elles trouvent leur
pertinence.

Bruno Lechevin, délégué général de  l’association, ancien président de
l’ADEME et Jean-Michel Vincent, délégué Val d’Oise de l’association,
ancien directeur de la stratégie et du développement durable
Île-de-France, côté ministère en charge de l’écologie, introduiront cet
échange.

Ont été invités à participer, 204 maires (ceux du Val d’Oise et ceux des
Yvelines qui font partie du Parc Naturel Régional du Vexin), douze
présidents d’intercommunalité, les présidents des deux parcs naturels
régionaux, les présidents de chambres, le président de l’université de
Cergy-Pontoise, la présidente du conseil départemental, les dix députés
et cinq sénateurs du Val d’Oise, le Préfet du département, la Présidente
du Conseil régional et le préfet de Région.

Cette conférence-débat est l’occasion de partager des solutions de
transition, efficaces, financièrement comme opérationnellement, abouties
ou programmées, dans le Val d’Oise et ailleurs.

Elle se veut l’amorce d’une organisation locale, méthodique et massive,
pour le climat.

Pour vous inscrire à l’événement, merci d’envoyer un mail à
collectif95@climat-2020.eu

Jean-Michel Vincent, délégué Val d’Oise d’Agir pour le Climat

www.agirlocal.org

kit formation agir local

Ce kit formation est à destination des acteurs motivés pour agir local, ensemble : élus, citoyens et entrepreneurs. Il complète le kit transition centré sur le grand public, http://agirlocal.org/kit-transition-locale/

Il comprend :

  • Un 2 pages grand public pour introduire un échange citoyen en réunion publique,
  • Un ppt de formation à destination des acteurs motivés pour agir local. Il clôt sur  un dispositif pour  agir ensemble efficacement.
  • Une note de méthode d’une page, à  discuter, adapter et partager entre élus, citoyens et entrepreneurs d’un conseil du développement durable pour contrer ensemble la menace climatique.

Contrer la menace climatique, méthodiquement

24 octobre 2019

Note sur la prise en main des enjeux du changement climatique

par les élus territoriaux

A lire les rapports des scientifiques du climat, il reste deux mandats municipaux d’ici au déclenchement des 2°C de réchauffement. Ce qui exige une obligation de résultat pour écarter la menace climatique. Diminuer d’ici là nos émissions d’un tiers repousserait le seuil d’une petite dizaine d’années ; précieuses.

En la matière, le top down a montré ses limites. Le bottom up n’est pas spontané, pas au delà d’une minorité de militants du climat. Fournir un cadre et des outils aux acteurs de terrain pour l’articuler avec le top down est resté hors du champ de nos politiques publiques. Comment faire ?

Cette transition se heurte à un obstacle majeur : elle demande de changer nos modes de vie et de consommations, ce qui ne peut se faire que pour un mieux vivre ; mais elle demande aussi de changer nos modes de réflexion, nos savoir-faire et nos compétences, ce que nos révolutions économiques nous promettent en tout état de cause : changer de métier plusieurs fois dans une vie, formations incluses. Rationnellement, ces changements individuels, chacun peut les décider, sans rien demander à personne. Il y manque de quoi inciter : une vitrine à solutions, pointant emploi local, bien être et cadre de vie, apaisés. Ces changements individuels sont la moitié du chemin.

L’autre moitié du chemin relève des élus, associations et entrepreneurs locaux. Traduite sur les territoires, la transition nous amène à changer les productions et les consommations locales, les flux de personnes, de marchandises, de connaissances et d’argent entrants et sortant de nos territoires. Ce que l’on peut appeler le métabolisme de nos territoires générateurs aujourd’hui de gaz à effet de serre, destructeurs de biodiversité et de ressources.

Cette deuxième moitié de transition a deux conséquences : dans le temps qui reste, le neuf devient marginal, l’enjeu est bien la réinvention écologique des territoires qui sont nos yeux ; le temps des grands projets est donc passé. Nous avons besoin d’imaginer ou reproduire une multitude de petits projets locaux, massivement reproductibles, aptes à changer ce métabolisme existant, aptes aussi à pousser à changer de modes de vie : http://agirlocal.org/kit-transition-locale/

Les maires et présidents de collectivités sont le point d’appui de tels développements, générateurs d’emploi, de prospérité et de bien être. A y regarder de près, économiser du CO2 donne en effet du pouvoir d’achat ; et pour cause, les énergies fossiles ne sont pas gratuites, sont importées, ne développent pas de l’emploi non délocalisable tandis que le cout de production des énergies fossiles a croisé (ou va croiser selon les énergies) celui du nucléaire.

Politiquement, désigner dans l’équipe municipale un premier adjoint en charge de ces développements, avec autorité en second sur l’administration communale (quand il y en a une) est incontournable.

Techniquement, travailler quatre champs d’action peut en faire une utopie réaliste : la nourriture, les déplacements, les bâtiments, la production d’énergie. Avec cette évidence : la nourriture, les éco matériaux, les éco énergies poussent à la campagne et sont consommés en ville. Mieux, ils peuvent stocker du carbone plutôt qu’en émettre. Et donc retarder l’échéance.

Il y faut une boussole, un objectif zéro émissions carbone, comme Copenhague est en train de l’atteindre et Paris l’a programmé ; une jauge pour choisir les projets les plus efficaces : la TeCO2 à l’euro dépensé ; un portefeuille : un budget analytique  des économies engrangées et des réinvestissements et un compteur de vitesse, l’empreinte carbone[1]. Sans oublier le moteur, un conseil du développement durable.

Organiser et nourrir localement cet objectif zéro carbone donne un levier majeur pour faire bouger nos territoires et ceux qui y vivent, changer le rapport ville-campagne, construire une géographie humaine en harmonie avec la géographie physique et avec le reste du vivant.

Ces 5 propositions permettraient d’accélérer les choses, elles sont de la responsabilité du niveau national : http://agirlocal.org/5-decisions-a-prendre/

[1] Ce tableur en permet un calcul approché, gratuitement, de la commune à la région, fondé sur les données du Haut Conseil pour le Climat : http://agirlocal.org/kit-transition-locale/

introduction à un échange citoyen

Nous avons peu de temps pour un sujet vital aussi je vais énoncer quatre constats et les illustrer en 10 minutes, pour laisser la place à l’échange.

1- La menace climatique a tellement grandie que les scientifiques du climat nous disent que notre pronostic vital est engagé. Comme un docteur qui vous prend au SAMU. Il ne reste que 2 mandats municipaux avant le déclenchement des 2°C de réchauffement. Ca urge.

2-  Quand notre pronostic vital est engagé, on s’en occupe sérieusement n’est-ce pas ? Sérieusement cela veut dire qu’on ne peut pas se contenter de faire de l’écologie décorative.

3-  La bonne nouvelle, c’est qu’il y a des solutions, réelles et sérieuses. Pour une raison simple, nous sommes le problème, nous sommes donc la solution.

4-  Mais car il y a un mais, y arriver demande de changer radicalement nos façons de penser, de décider et d’agir. C’est ce que je vous invite à faire :

1-Notre pronostic vital est engagé. Dit en termes scientifiques, nous avons franchi le seuil des 415 ppm pour la première fois en mai dernier. Cela veut dire que nous avons enclenché les 1 ,5° de réchauffement de l’atmosphère. Les parties par million c’est comme la fièvre, nous avons 40°C de fièvre, il faut se dépêcher d’aller à l’hôpital. Mais il y a pire il ne reste que deux mandats municipaux, deux, avant de franchir le seuil des 450ppm qui déclenche les 2°C de réchauffement. Et là c’est 42°C de fièvre.

Pour le dire crûment, pensez vous pouvoir boucler vos fins de mois dans un monde dévasté par le changement climatique ? Pensez vous pouvoir garder votre niveau de vie, vos retraites dans un monde ravagé par les inondations, les sécheresses, les incendies, les ouragans ?

A l’inverse et tout aussi nettement, réduire nos émissions ne fait pas qu’écarter la menace climatique, cela donne du pouvoir d’achat, ici et maintenant ; pour une raison simple, les énergies fossiles ne sont pas gratuites.

2-Prendre la menace climatique au sérieux, cela veut dire s’attaquer aux causes : nos émissions de gaz à effet de serre. Pensez vous sérieusement pouvoir réduire vos émissions en ignorant à combien elles se montent aujourd’hui, là ou nous vivons, c’est à dire là où nous pouvons en décider ? A Jouy, notre empreinte carbone, empreinte comme un pied dans le sable et carbone comme le matériau qui fait effet de serre, c’est 180 000 TCO2e par an. La nourriture compte pour 33%, nos déplacements 30 %, nos bâtiments 19%, la production d’énergie pour 12%. Alors nous pouvons faire un diagnostic simple :

Un candidat qui ne fonde pas son programme sur l’empreinte carbone de la commune pour la réduire massivement ne prend pas la menace climatique au sérieux.

Un candidat qui ne fonde pas son programme sur l’urgence climatique ne prend pas la menace climatique au sérieux.

3-La bonne nouvelle car il y en a une, c’est qu’il y a des solutions efficaces qui créent de l’emploi et donnent du pouvoir d’achat. Ces solutions ne se trouvent évidemment pas dans les grands projets qui demandent 20 ans pour être réalisés : ils arriveront trop tard. Une tonne de CO2e une fois émise reste un siècle dans l’atmosphère ; conséquence : il nous faut faire le plus facile, le moins cher, le plus efficace d’abord.

Nous avons donc besoin de décisions faciles d’abord, de petits projets ensuite, qui économisent ou stockent du C02 : des petits projets massivement reproductibles, vite.

Nous pouvons les mener à bien, faire notre part, ici, à Jouy : 80% des émissions sont le fait de la classe moyenne et supérieure mondiale à laquelle même les plus pauvres en France appartiennent ; C’est choquant de dire ça mais c’est vrai ; nous faisons partie des 2 milliards de personnes les plus riches de la planète qui émettent 80 % des gaz à effet de serre. Evidemment plus on gagne d’argent plus on peut réduire nos émissions, seul et ensemble.

Seul et ensemble, cela demande un peu d’explications : seul, cela ne tient qu’à chacun de nous. La moitié de nos émissions peut être réduite sans rien demander à personne, dans les 4 champs d’action efficaces cités : nourriture, transports, bâtiments et production d’énergie.. Allez sur agirlocal.org vous y trouverez un numéro spécial Vivre à Jouy qui suggère des tas de solutions. Ensemble, c’est l’autre moitié des émissions. Agir ensemble, dans les mêmes 4 champs d’action, cela se comprend facilement : je ne peux pas acheter bio s’il n’y a pas de vendeur à côté de chez moi, ni covoiturer s’il n’y pas de covoitureurs aux heures où je rentre. Je ne peux pas prendre un vélo pour aller à la gare s’il n’y a pas de parcours vélo pour y aller, je ne peux pas faire venir le travail à moi s’il n’y a pas de tiers lieu, à côté de chez moi où télé-travailler 1 à 2 jours par semaine et éviter 2H de transport par jour d’utilisation.

Autrement dit, nous avons besoin de changer un peu notre territoire. Un peu car clairement, dans le temps qui reste, le neuf n’est pas un enjeu. 95 % des émissions à 10 ans d’ici seront le fait de nos territoires tels qu’ils sont aujourd’hui. Nous avons besoin de changer les productions et les consommations locales, les flux de personnes, de marchandises, de connaissances et d’argent qui entrent et sortent de notre territoire, à peu près tel qu’il est ; ce que l’on peut appeler son métabolisme. Deux exemples :

Exemple 1 : il y a 1250 ha de zone agricole à Cergy-Pontoise, une grande partie sur Jouy. 1250 ha, et 75 emplois agricoles. Si on passe à la permaculture, c’est un emploi à l’hectare, soit un millier d’emplois supplémentaires.

Exemple 2 : nous avons mené avec succès un projet de rénovation énergétique groupé au Valmoutier. Groupé pour être efficace, groupé pour ne pas se faire avoir par les marchands de soupe, groupé pour avoir plus de prestations pour moins d’argent. Il a fait la démonstration de son efficacité. Il y a 20 000 logements comme ceux là à Cergy-Pontoise, 10 millions en France.

Allez voir le kit transition sur mon site agirlocal.org ; il présente des solutions pour les projets à faire ensemble. http://agirlocal.org/kit-transition-locale/

4-Dernier des 4 constats, changer. Pour mettre en oeuvre ces solutions, en inventer, nous devons sortir de la routine, changer radicalement nos façons de penser, décider et agir.

a-Penser : penser émission carbone avant chaque prise de décision aussi facilement que l’on compte en euros. Qui ne pense pas euros à chaque achat, d’une voiture ou de sa chaudière ? A l’expérience, il est plus facile de compter carbone que de compter euros.
b-Décider : Ne pas décider sans se poser la question des émissions de cette décision : qu’il s’agisse d’acheter une boite de petits pois au centre commercial, de votre prochain déplacement professionnel ou du choix du prestataire des cantines.

Il y a un critère simple pour choisir entre deux investissements : la TCO2e économisée à l’euro investi. Il a une qualité, être fédérateur : parce qu’il est factuel, facile à comprendre, facile à expliquer.

c-Agir : Se pourrait-il que l’on puisse réduire nos émissions et les inégalités en gagnant du pouvoir d’achat, de l’emploi, dans une économie prospère, avoir moins, paraître moins mais vivre mieux ? La réponse est oui, en menant à bien des projets à la bonne échelle de territoire. Par exemple, la nourriture, les écomatériaux, les écoénergies poussent à la campagne et sont consommées en ville. Nous devons donc agir ensemble, PNR du Vexin et Cergy-Pontoise. Agir autrement donc, parce que nous ne nous en sortirons qu’en coopérant.

Je vous invite à aller voir le site agirlocal.org pour y trouver beaucoup d’autres solutions et apprendre à compter carbone en une page. Les travaux de plusieurs milliers d’acteurs locaux sur 15 ans y sont compilés, présentés, hiérarchisés. Reproduire ce que d’autres ont fait avec succès peut nous faire gagner ce qui manque le plus, le temps. Rien ne nous empêche d’en inventer d’autres, surtout s’ils sont plus efficaces.

Avec cette idée forte : Rien qu’en changeant un peu nos comportements, nous pouvons réduire de 10 à 20% nos émissions.
Et réduire d’un tiers nos émissions nous ferait gagner 8 à 10 ans de plus pour agir. http://agirlocal.org/

Charpenter les initiatives locales

Charpenter les initiatives locales

pour contrer massivement la menace climatique.

5 décisions au format objectif/contenu/pièces à consulter, en 2 pages

Proposition n°1: compter facilement carbone

Objectif : permettre aux acteurs locaux de compter facilement carbone, là où ils vivent et travaillent, par un bilan que chacun pourrait calculer facilement. Le bilan carbone de nos communes, calculé par l’INSEE, inciterait à décider zéro carbone, entre autres. Ca urge. Le rétablissement du bilan carbone personnel de l’ADEME, aussi.

C’est pourquoi il vous est proposé tout de suite une première approche, de la commune à la région, avec le tableur suivant, adossé aux données du Haut Conseil pour le Climat : http://agirlocal.org/mode-calcul-emissions-co2e-a-la-commune/

C’est gratuit et calculable en bien moins d’une heure. Vous pourrez ainsi mesurer par exemple si les projets proposés par les candidats aux municipales sont de la décoration verte ou un plan d’action efficace. Et pour vous même d’agir efficacement.

Télécharger le kit transition locale:  http://agirlocal.org/kit-transition-locale/

Proposition n°2 : Un outil simple pour agir sur la biodiversité, le bien-être, l’économie durable…

Objectif : permettre aux acteurs locaux de ne pas s’en tenir au climat mais d’agir aussi pour la biodiversité, le bien-être, l’économie durable, les ressources naturelles et minimiser risques et nuisances.

En douze lignes d’actions et indicateurs, un outil simple a été élaboré par la direction régionale du ministère en Île-de-France à l’issue du Grenelle de l’environnement. Il permet de construire localement une vision partagée et d’organiser l’action là où nous vivons c’est à dire là où nous pouvons en décider.

Validé par l’association des maires Île de France, l’outil est resté en jachère. Si vous habitez l’une des 1300 communes franciliennes, vous pouvez néanmoins tirer un portrait de votre commune en quelques clics : http://agirlocal.org/acceder-aux-indicateurs-et-cartes-de-chacune-des-1300-communes-franciliennes/

Plus tard, à la demande du ministère et de l’ADEME, cet outil a été généralisé à la France métropolitaine, à l’AFNOR. L’outil est là, documenté, prêt à être actualisé et généralisé à nos 35 000 communes : http://agirlocal.org/resume-d-amenagement-durable/

Proposition n°3 de décision  nationale : construire une vitrine à projets réussis, pour les reproduire.

Objectif : afficher les projets locaux réussis pour les reproduire et éviter les erreurs.
Et faire des émules, vite.

Pour cela, construire une vitrine à projet qui nous permette de ne pas réinventer l’eau sucrée aux quatre coins des territoires, sur les 4 champs d’action à portée locale : nourriture, déplacements, bâtiments et énergies. Une des idées de la société civile, nous quoi, lors de la préfiguration du Grand Paris : http://agirlocal.org/groupe-transition-de-la-metropole-du-grand-paris/

Sans attendre, télécharger le kit transition locale. On y trouve des projets réussis de chauffage urbain aux ENR&R, de tiers lieux, de rénovation énergétique et d’autres projets à faire ensemble : http://agirlocal.org/kit-transition-locale/

Proposition n°4 : une ingénierie publique, tiers de confiance

Objectif : franchir les deux falaises, techniques et institutionnelles auxquelles se heurte tout projet local ;

Par l’invention d’une ingénierie publique, tiers de confiance qui aide les habitants, les petites entreprises, les élus locaux à construire ensemble des projets dont la technicité et les 6 étages de gouvernements, de la commune à l’Europe, font obstacle.

De quoi faciliter le montage des projets, les rendre robustes, les réaliser avec les bureaux d’étude et les entreprises et réduire leur temps de montage et de réalisation, c’est vital. http://agirlocal.org/tiers-de-confiance/

De façon inattendue, c’est une nouvelle forme de démocratie, permanente, dans l’action.

Proposition n°5: financer nos projets, à taux zéro, avec le pacte finance climat

Objectif : financer les projets de transition avec un temps de retour sur investissement qui ne soit pas contraint par les intérêts à rembourser, qualité déterminante dans notre économie de marché.

Financer ces projets, à taux zéro, sans endetter l’Etat en reprenant la proposition de pacte finance climat de Jean Jouzel, ex Vice président du GIEC et Pierre Larrouturou, économiste. En 2 pages : http://agirlocal.org/pacte-finance-climat/

De quoi simplifier le financement des projets mais aussi par un budget européen de subventionner la recherche-développement, l’aide à la transition des personnes modestes en Europe et participer à celles du pourtour de la Méditerranée et de l’Afrique. https://www.pacte-climat.eu/fr/

Votre Château de Famille et le climat

Votre Château de Famille et le climat

Que diriez vous de mener la vie de château ? Disons comme un roi : des châteaux un peu partout en France pour faire la fête ou simplement se retrouver. D’abord ici puis là ou revenir dans votre préféré. Des châteaux qui ne vous coûtent pas d’entretien du 1er janvier au 31 décembre mais seulement quand vous les utilisez. Une sorte de réseau de résidences secondaires, partagées, comme les coûts.

De quoi passer un week-end, des vacances, paisibles ou animées, introduit par les châtelains dans leur territoire et ses douceurs, ses merveilles et ses ressources.

Tiens, un petit comparatif carbone, entre un séjour à Marrakech et dans Votre Château de Famille; avec le climat comme on le brutalise, ce ne sera pas de trop :

En première approximation, vous vous comportez sur votre lieu de vacances de la même façon, ici ou là. Par contre, le déplacement jusqu’au lieu de séjour est déterminant. Les sources de calcul utilisées sont compilées dans cette note récapitulative pour apprendre à compter carbone aussi facilement que l’on compte en euros, en une page. Elle est adossée à la base carbone de l’ADEME : http://agirlocal.org/compter-carbone-approximativement/

Le résultat est édifiant :

Comparatif 4 jours 7 jours
avion Marrakech 1 à 2 tonnes selon classe 1 à 2 Tonnes selon classe
voiture Votre Château de Famille 80 à 160 kg selon voiture 80 à 160 kg selon voiture
train + voiture Votre Château de Famille 14 à 28 kg selon voiture 14 à 28 kg selon voiture
Séjour 180 kg 315 kg
Total Marrakech 1180 à 2180 kgCO2e 1315 à 2315 kgCO2e
Total Votre Château de Famille 194 à 340 kgCO2e 329 à 475 kgCO2e

 

Hypothèses, détail du calcul et en savoir plus :Votre Château de Famille et le climat, comparatif

Evidemment, on peut affiner ce calcul : les émissions de votre séjour dans Votre Château de Famille dépendent beaucoup de l’offre du château et du territoire alentour : efficacité énergétique et énergies utilisées du château, nourriture locale et de saison, mieux encore si bio, location de voiture familiale 7 à 9 places Mais c’est une autre histoire, à venir.