les métropoles face au défi climatique

Les métropoles face au défi climatique :

Jouer le bien être contre le climat

En une vie d’homme, la population mondiale a triplé, de 2,5 à 7,5 milliards. La population urbaine est passée de quelques centaines de millions à 4 milliards.

La classe moyenne et supérieure mondiale a quadruplé, à 2 milliards : 4 fois plus en 4 fois moins de temps.

La consommation d’énergie fossile est en conséquence, ainsi que la déforestation.


Le résultat est là : depuis le début des années 50, la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est passée de 300 à plus de 400 ppm.

Au rythme actuel, le seuil fatidique de concentration de 450 ppm sera franchi dans les années 2030, avec la hausse de 2°C qu’il entraîne ; et les effets de seuil irréversibles que les spécialistes s’accordent à reconnaitre.

Les villes sont responsables de la majeure partie de ces émissions. La classe moyenne et supérieure mondiale est concentrée en majeure partie dans les villes et plus encore dans les métropoles.

Le métabolisme urbain né de l’utilisation massive des énergies fossiles, fruit d’un siècle de développement accéléré, n’est plus soutenable en l’état. Si nous ne le prenons pas au sérieux, le changement climatique va claquer comme une porte au nez de la prospérité urbaine, réelle ou espérée. On aime la ville, le bien être, la prospérité après lesquels chacun court : les métropoles du XXIème siècle et leurs territoire seront d’abord bas carbone ou ne seront pas.

C’est l’ensemble du système de production des richesses, de consommation des ressources, de mobilité des hommes et des biens qu’il faut repenser.

Homi Kharas

Qu’en est-il ici, en France ? Notre pays est-il prospère ? Oui. Vivons nous en paix ? Pour l’essentiel, oui, même si le terrorisme est sur notre territoire et tue. Vivons nous mieux que nos parents et nos grands-parents ? A l’aune du niveau de vie, oui. Notre pays est-il envié par beaucoup de pays ? Oui.

La situation est-elle la même dans tous les pays ? Oui et non. Les pays développés ne sont pas les émergents qui ne sont pas ceux qui cherchent à se développer.

Qu’on le veuille ou non, nous dépendons les uns des autres. Cet article est une contribution : pour écarter la menace climatique dans le plaisir de vivre ; vu de France

Un regard sur la longue durée vaut le détour.

L’argent public manque lit-on. Mais à population constante et euros constants, la 6éme puissance mondiale a 7 fois plus d’argent public qu’en 1950. Un ouvrier, un employé des années 2000 a autant de pouvoir d’achat qu’un cadre des années 30. Le RSA, la CMU sont des choix uniques au monde. Le pouvoir d’achat a été multiplié par 7, l’espérance de vie a augmenté de 14 ans.

En revanche, dans cette même longue durée, nous avons selon Piketti (Le capitalisme au XXIème siècle), la même répartition de richesse mondiale qu’en 1914. Quelques dizaines d’individus concentrent autant de richesse que la moitié de l’humanité. En France, 8,8 millions de pauvres, ont moins de 60% du revenu médian ;

Et encore plus déterminant, insistons : en moins de 30 ans, la classe moyenne et supérieure mondiale a quadruplé. La consommation d’énergie fossile en est une conséquence, ainsi que la déforestation. Et si la courbe d’émissions de CO2 est restée à peu près sur la même pente, cela tient à l’augmentation de la part du nucléaire et du gaz dans le mix énergétique mondial, moins émissif. Malgré cette toute relative compensation, le résultat est là : nous sommes à 3 ans de franchir le seuil des 415 ppm demandé par la COP 21 ; le seuil fatidique de concentration de 450 ppm sera franchi dans les années 2030, avec la hausse de 2°C qu’elle entraine.

Pour les sceptiques, il existe un thermomètre, à Mauna Loa dans le pacifique qui mesure depuis les années 50 cette concentration en ppm : https://www.co2.earth/. Incompréhensible les ppm ? Ils fonctionnent comme les degrés de notre thermomètre ; on ne connait pas bien la définition du degré mais chacun sait qu’à 40°C vous allez d’urgence à l’hôpital, à 42°C vous êtes mort.

Ce danger mortel nous l’avons créé.

Nous sommes le problème, nous sommes la solution.

A l’échéance des années 2030, l’enjeu majeur est-il le bâtiment neuf, l’écoquartier, la nouvelle ligne de transport? Non : à raison de 1% de renouvellement par an de la ville et la campagne, 95% des émissions de gaz à effet de serre seront alors le fait de ce qui existe aujourd’hui sous nos yeux. L’enjeu majeur est la réinvention écologique de la ville et de la campagne existantes et non celles qui se construisent demain. Une réinvention qui améliore santé, sécurité, bien être, biodiversité et lien social. Mais ce n’est pas ce que nous faisons.

Et s’il s’agit bien de changer notre vie de tous les jours, faut-il laisser dans chaque pays quelques milliers de grands décideurs s’en occuper au risque du grand saut dans l’inconnu ou voulons nous mettre dans la balance les initiatives et les énergies des centaines de millions de familles qui peuplent nos villes et nos campagnes, et parmi elles les entrepreneurs, et les élus locaux ?

C’est un choix qui demande d’y voir clair à l‘échelle de la planète et d’agir en conséquence sur son territoire, bien au delà de l’action habituelle des élus : planifications en tout genre, routine municipale et action des services gestionnaires ; mais aussi bien au delà de notre quotidien que cela passe par notre manière de nous nourrir, de consommer ou de partir en vacances ; et tout autant par nos responsabilités professionnelles, de la photocopie à nos véhicules en passant par les achats, les transports, les énergies, les produits et services fabriqués. Chaque produit, chaque achat est un vote.

Qui a intérêt à agir ?

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les riches ont autant intérêt que les pauvres à écarter la menace climatique. Cela tombe bien : plus on est riche, plus on émet de gaz à effet de serre, plus on a de moyens de les réduire: 2 milliards d’humains sur 7,5 sur la planète, en grande partie dans les villes. En France, 80% des ménages, la quasi totalité des entrepreneurs, des élus, font partie de la classe moyenne mondiale. Cela pose question. D’autant plus que nous pouvons traiter la transition et l’inclusion l’un par l’autre; et passer d’un modèle distributif pur à un modèle économique qui demande d’inclure les plus pauvres pour faire tourner l’économie ; et éviter les catastrophes climatiques dans lesquelles il seront en première ligne.

Comment ?

Les gouvernements ont depuis longtemps constaté que la moitié des émissions de gaz à effet de serre relevait des comportements individuels, c’est à dire échappait aux politiques, aux lois et à leurs pouvoirs d’incitation ou de coercition. La proximité est clé. Les projets locaux déterminants.

Une réduction d’un tiers de nos émissions nous donnerait une dizaine d’années de plus pour écarter la menace climatique. A l’expérience, des petits changements de comportements d’habitants, d’entrepreneurs, d’élus, peuvent réduire quasi instantanément nos émissions de 20%, nos dépenses avec, en améliorant notre état de santé. Voir des propositions pour habitants, entrepreneurs, élus locaux en page d’accueil de www.agirlocal.org

Avec un peu plus de temps, 3 exemples, massifs à l’échelle de leur territoire :

A Cergy-Pontoise, 200 000 habitants-100 000 emplois-27 000 étudiants, la permaculture permettrait de créer sur les 1250 ha agricoles de l’ordre d’un millier d’emploi pour 74 aujourd’hui, très qualifiés et peu qualifiés : le désherbage ou le glyphosate pour faire court.

A la Défense, le quartier d’affaires est chauffé au fuel lourd à basse teneur en souffre, amené en train. Le remplacer par du bois le transformerait instantanément en quartier durable. Et permettrait de passer un contrat de région à région pour assurer l’approvisionnement et passer du déficit du commerce extérieur au PIB d’emplois non délocalisables.

Avec la Caisse des dépôts, l’Etablissement Public Foncier Île-de-France, Grand Paris Aménagement, ICADE, AREP, Saint Ouen l’Aumône et Plaine Commune, un travail de 6 mois a été réalisé par une dizaine de jeunes professionnels sur le devenir des zones d’activités. Parmi l’un des 10 projets proposés, celui sur la production d’énergie photovoltaïque et de lien social recèle un gisement national de production équivalent à celle de 17 réacteurs nucléaires.

Donc il y a matière ; mais comme l’a dit un de nos élus, nous ne pouvons pas continuer à décider au petit bonheur la chance, Il nous faut agir efficace, de façon organisée sur nos territoires, massivement. Tel n’a pas été le cas à ce jour.

Comment converger, sans se coordonner lourdement ?

Une boite à outil a été réalisée en ce sens en Île de France ces 10 dernières années par plusieurs milliers de techniciens, d’habitants, d’entrepreneurs, d’élus locaux. Validée par l’association des maires Île de France, elle propose un tableau de bord à la commune et des actions, des projets, démonstrateurs, reproductibles. La méthode a fait ses preuves. Voir la suite sur www.agirlocal.org

Une deuxième piste d’organisation a été travaillée par l’un des groupes de travail société civile du Grand Paris. A rebours de la planification à la française (plans, hyperplans, Rantanplan…), il propose de :

  • Construire un plan climat, libérant les énergies des millions de décideurs du Grand Paris.
  • Construire une vitrine à projets démonstrateurs, aptes à être répliqués et exportés.
  • Créer un fonds transition pour des (petits) projets, innovants, reproductibles.

http://agirlocal.org/groupe-transition-de-la-metropole-du-grand-paris/

Sans compter le besoin d’une ingénierie, tiers de confiance, plutôt publique que privée. De quoi mobiliser massivement.

Et le bien être dans tout ça ?

Faire des économies, réduire la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, améliorer sa santé, la biodiversité de nos territoires; reproduire ou inventer des actions, des projets, créateurs d’emplois, de richesses de toutes sortes et de lien social, réducteurs d’inégalités, dans le plaisir de vivre ;

Traiter la transition et l’exclusion, l’une par l’autre en faisant en sorte que l’économie exige des emplois peu qualifiés et non pas le fasse par charité ; et monter en compétences, en éducation, en culture, contribuer à améliorer sa sécurité, à diminuer l’immigration climatique, maitriser autant que possible sa vie, notre destin collectif, assurer un avenir à nos enfants, vivre en paix.

 

 

 

La vie au XXI ème siècle

Les métropoles face au défi climatique :

Jouer le bien être contre le climat

 

En une vie d’homme, la population mondiale a triplé, de 2,5 à 7,5 milliards. La population urbaine est passée de quelques centaines de millions à 4 milliards.

La classe moyenne et supérieure mondiale a quadruplé, à 2 milliards : 4 fois plus en 4 fois moins de temps.

La consommation d’énergie fossile est en conséquence, ainsi que la déforestation.

Le résultat est là : depuis le début des années 50, la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est passée de 300 à plus de 400 ppm.

Au rythme actuel, le seuil fatidique de concentration de 450 ppm sera franchi dans les années 2030, avec la hausse de 2°C qu’il entraîne ; et les effets de seuil irréversibles que les spécialistes s’accordent à reconnaitre.

Les villes sont responsables de la majeure partie de ces émissions. La classe moyenne et supérieure mondiale est concentrée en majeure partie dans les villes et plus encore dans les métropoles.

Le métabolisme urbain né de l’utilisation massive des énergies fossiles, fruit d’un siècle de développement accéléré, n’est plus soutenable en l’état. Si nous ne le prenons pas au sérieux, le changement climatique va claquer comme une porte au nez de la prospérité urbaine, réelle ou espérée. On aime la ville, le bien être, la prospérité après lesquels chacun court : les métropoles du XXIème siècle et leurs territoire seront d’abord bas carbone ou ne seront pas.

C’est l’ensemble du système de production des richesses, de consommation des ressources, de mobilité des hommes et des biens qu’il faut repenser.

Homi Kharas

Qu’en est-il ici, en France ? Notre pays est-il prospère ? Oui. Vivons nous en paix ? Pour l’essentiel, oui, même si le terrorisme est sur notre territoire et tue. Vivons nous mieux que nos parents et nos grands-parents ? A l’aune du niveau de vie, oui. Notre pays est-il envié par beaucoup de pays ? Oui.

La situation est-elle la même dans tous les pays ? Oui et non. Les pays développés ne sont pas les émergents qui ne sont pas ceux qui cherchent à se développer.

Qu’on le veuille ou non, nous dépendons les uns des autres. Cet article est une contribution : pour écarter la menace climatique dans le plaisir de vivre ; vu de France

Un regard sur la longue durée vaut le détour.

En France, l’argent public manque lit-on. La 5éme puissance mondiale est à court d’argent. Mais le PIB, le fameux produit intérieur brut, la richesse que nous produisons chaque année, a cru de 285 milliards d’euros à 2097 milliards en 65 ans. Les prélèvements obligatoires sont passés de 30 % à 45 % dans la même période. A population constante et euros constants, nous avons à peu près 7 fois plus d’argent public qu’en 1950. Un ouvrier, un employé des années 2000 a autant de pouvoir d’achat qu’un cadre des années 30.

Outre la retraite et l’assurance maladie de ceux qui travaillent et leur famille, le Revenu Minimum d’Insertion et la Couverture Maladie Universelle pour les sans ressources sont des choix uniques au monde. Le seuil de pauvreté pointe 8,8 millions de pauvres, à moins de 60% du revenu médian français : à ce niveau la quasi-totalité de la population française était elle pauvre en 1960 ? Non mais nous avons beaucoup progressé : le revenu brut des ménages est passé de 32 milliards à 1342 milliards dans la période, le pouvoir d’achat a été multiplié par 7, l’espérance de vie a augmenté de 14 ans.

Si l‘on porte le regard à l’échelle du monde, la quasi totalité des prestations sociales mondiales est servie dans les pays développés ; une toute petite partie de la population mondiale. Nous sommes les mieux dotés.

Ne serions nous pas, en dépit des discours sur le déclin français, des enfants gâtés-pourris ?

Bon le trait est sommaire mais dans les années 70, il fallait attendre 3 ans pour avoir le téléphone fixe ; dans la France profonde ? Non, à Cergy-Pontoise. Pour l’enseignement, l’hôpital, le cinéma, les grands magasins, il y avait Paris à 35 km et c’est tout. Depuis, la métropole est passée de 7 millions à 12 millions d’habitants. Et Cergy est classée première pour son dynamisme, devant Neuilly et Versailles, villes bien habitées.

Pour le logement, besoin de base, le parc ancien était sans salle de bain, avec les WC sur le palier pour un grand nombre d’entre eux. Dans la campagne lointaine ? Non, à Paris.  En France, le nombre de mètres carrés de logement par personne est passé de 31m2 en 1984 à 40 en 2006.

Dans une étude, non publiée, d’une direction régionale Île de France du ministère en charge de la transition écologique et solidaire, le constat est fait que tous les franciliens ont les équipements d’enseignement, de santé et de sport de base à moins de 20mn de chez eux.

Mon grand père partait en vacances à 25 km de chez lui, 15 jours ; mon père à 1500 km, 3 semaines; depuis l’invention des charters, je pars à l’autre bout du monde, 4 voir 5 semaines par an.

Aujourd’hui un français qui n’a pas son téléphone portable et le coût mensuel qui va avec, n’est pas un citoyen à part entière. Bientôt son compte Facebook. Et quoi encore ? 10 jouets par enfant et par fête ? A Noel, pour son anniversaire, et plus à l’occasion ; un spin hand par exemple. Pourquoi pas 20, 30, 50 ? Une caisse de doudous ? Une pièce dédiée aux jouets dans le logement ? Une appli qui les cataloguent et une puce dans chaque doudou pour les retrouver facilement ? Mieux des jeux intersidéraux. 18 h par jour puisqu’il n’y a pas de travail pour tout le monde. C’est bon pour la nouvelle économie et pour l’industrie de la lunette, la croissance quoi.

Keynes écrivait dans une série d’articles sur la crise mondiale de 29 quelque chose comme : quand on voit ce que les riches font de leur argent, je ne suis pas sûr de vouloir être riche[1]. Il pronostiquait aussi la satisfaction de tous les besoins de base à courte échéance ; et plus: un niveau de vie pour tous identique à celui d’un cadre supérieur des années 30 en quelque sorte. C’est quoi être riche ? Millionnaire, milliardaire dans l’évaluation de ce que l’on laissera à ses héritiers ? Ou vivre bien dans un pays en paix ? Pouvoir vivre des intérêts des intérêts de son capital ou bien se réaliser tout au long de sa vie ? Être ou avoir ?

Difficile de l’admettre mais à l’aune de la longue durée, notre problème français n’est pas une question de niveau de vie. La cinquième puissance mondiale qu’est la France est outrageusement riche. 80 % de sa population relève de la classe moyenne et supérieure mondiale : 500 millions d’individus à l’échelle de la planète il y a seulement 20 ans, 2 milliards aujourd’hui.

En revanche, dans cette même longue durée, la démonstration de Thomas Piketti[2] est éloquente : nous avons la même répartition de richesse mondiale qu’en 1914. Quelques dizaines d’individus concentrent autant de richesse que la moitié de l’humanité. L’exclusion territoriale domine la scène internationale comme régionale. Comme d’habitude ? Oui si l’on en croit l’historien Fernand Braudel[3]. L’histoire, ça fait du bien au regard que l’on porte sur la réalité : la croissance sans fin des inégalités économiques, sociales, culturelles rend la planète toujours plus invivable, dangereuse. « Les hommes étant ce qu’ils sont et non ce qu’ils devraient être » avait dit le Général de Gaulle ; nous devons remettre le rocher au sommet de la montagne.

Comme d’habitude donc ? A un élément nouveau près, qui inverse les priorités, sans les effacer, une évidence que nous ne regardons pas vraiment en face : c’est cette classe moyenne et supérieure mondiale qui émet la quasi totalité des gaz à effet de serre, en quasi totalité depuis les métropoles : à coup d’énergies fossiles, de chimie et de déforestation programmée par la demande. Et nous subirons tous les conséquences dramatiques du changement climatique qui en résulte, riches ou pauvres, quelle que soit notre localisation sur la planète. Le PIB n’est plus ce qu’il était.

Qui parmi nous pense le contraire ? Mais qui agit vraiment en conséquence ?

Pourtant nous avons devant nous un problème vital, bien plus dangereux qu’une guerre mondiale fabriquée par les inégalités : un danger mortel que nous avons créé. Une situation que nous pouvons changer parce que nous sommes le problème et donc la solution.

Le mur du changement climatique est devant nous, tout près.

Répétons le, l’urgence climatique a une échéance : le début des années 2030. A cette date, et au rythme actuel, nous aurons franchi les 450ppm de concentration de gaz à effet de serre qui déclenchent le réchauffement de 2°C de l’atmosphère.

Nous sommes à 3 ans de franchir le seuil des 415ppm et du 1 ,5 °C de réchauffement  considéré comme limite par le GIEC et souhaité lors de la COP 21 à Paris. Une COP qui conduit à un réchauffement de 3,5°C.

Pour les sceptiques, il existe un thermomètre, situé à Mauna Loa dans le pacifique qui mesure depuis les années 50 cette concentration en ppm[4]. Incompréhensible pour le plus grand nombre? Les ppm fonctionnent comme les degrés Celsius du thermomètre ; vous ne connaissez pas forcément la définition du degré Celsius mais vous savez prendre votre température et agir : à 40°C vous allez d’urgence à l’hôpital, à 42°C vous êtes mort.

Préférerions nous être des fauteurs de guerre ou changer nos habitudes ?

Lorsque l’avoine vient à manquer dans les mangeoires, les chevaux se battent dit un vieux proverbe. Tempêtes, inondations, sécheresses, récoltes détruites, allons nous manger du pétrole ? Non. Catastrophisme ? Selon Jean Jouzel, la référence française du GIEC, « pas besoin de faire de catastrophisme : la situation est catastrophique »[5]Nos pères et grands-pères ont su combattre pour un monde meilleur. Serions nous incapables de nous mobiliser pour écarter la menace climatique et les dangers qu’elle fait peser sur nos vies ? Et pour vivre mieux ?

Ce qui renvoie à une question : allons nous prendre au sérieux la menace climatique, avec l’obligation de résultat qui en découle ? Allons nous établir un cadre pour agir massivement ? Avec des outils, des financements pour faire des projets efficaces, reproductibles, là où nous sommes, c’est à dire là où nous pouvons en décider ? Et une visibilité qui permette d’échanger les meilleurs projets d’une métropole à l’autre ? Allons nous nous en servir pour réduire les inégalités, ramener de la sécurité, améliorer notre santé, notre pouvoir d’achat, notre bien être, ou retournons nous à nos habitudes ? Si ce n’est pas le cas, une question se pose :

Que remet en cause l’état de fait climatique ?

La nouveauté du phénomène remet en cause nos façons de penser et d’agir.

A l’échéance des années 2030, l’enjeu majeur est-il le bâtiment neuf, l’écoquartier, la nouvelle ligne de transport? Non : à raison de 1% de renouvellement par an de la ville et la campagne, 95% des émissions de gaz à effet de serre seront le fait de ce qui existe aujourd’hui sous nos yeux. L’enjeu est la réinvention écologique de la ville et de la campagne qui sont sous nos yeux et non celles qui se construisent et s’aménagent demain  Une réinvention qui traite l’enjeu climatique donc mais aussi de santé, de sécurité, de bien être, et de lien social qui vont avec.

Et s’il s’agit bien de changer l’existant, alors c’est de notre vie de tous les jours qu’il s’agit : dés lors faut-il laisser dans chaque pays quelques milliers de grands décideurs s’occuper de notre vie au risque du grand saut dans l’inconnu ou voulons nous mettre dans la balance les initiatives et les énergies des centaines de millions de familles qui peuplent nos villes et nos métropoles, et parmi elles d’entrepreneurs, et d’élus locaux ?

Penser global-agir local, à plusieurs centaines de millions, cela dépend d’abord de ceux qui détiennent les mandats locaux, quel qu’ils soient. Vrai, faux ? Vrai pour ma part mais cela dépend aussi de chacun de nous.

Cela demande d’y voir clair à l‘échelle de la planète et d’agir en conséquence sur son territoire avec ses habitants, ses entrepreneurs locaux, ses élus ; bien au delà de l’action habituelle des élus : planifications en tout genre, routine municipale et action des services gestionnaires ; mais aussi bien au delà de notre quotidien que cela passe par notre manière de nous nous nourrir, d’acheter ou de partir en vacances, et encore par nos responsabilités professionnelles, de la photocopie à nos véhicules en passant par les achats, les transports, les énergies, les produits et services fabriqués. [6]

Mais alors, aurons nous le temps de faire tout cela à temps?

Le franchissement des 450ppm est-il inéluctable à l’horizon des années 2030 ?

Il reste un peu de temps pour retarder ce franchissement: une réduction d’un tiers de nos émissions nous donnerait une dizaine d’années de plus pour écarter la menace climatique. A l’expérience, des petits changements de comportements peuvent réduire quasi instantanément nos émissions de 20%, nos dépenses avec, en améliorant notre état de santé.[7]

Peux-t-on revenir durablement sous cette barre ?

Si les consommations et productions locales, les flux de personnes, de marchandises, de connaissances et d’argent qui entrent et sortent de nos territoires sont la cause des émissions de gaz à effet de serre, nous devons identifier et partager les pistes de changement massifs à suivre, urbaines et rurales, locales et globales. Changer ce métabolisme des territoires veut dire en particulier arrêter de ne s’intéresser qu’à la construction neuve, aux transports nouveaux, aux écoquartiers. Et mettre la priorité sur le changement de l’existant : l’isolation des bâtiments existants par exemple, qui consomment 43% de l’énergie en France. Et par la même créer de l’emploi.

La vie dans les métropoles et les campagnes qui les nourrissent, au XXIème siècle, en dépend.

Y a t-il place pour une transition pacifique ?

Nous y avons tous intérêt. Les plus démunis d’abord, car ils sont comme toujours en première ligne. Mais pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les riches ont autant intérêt que les pauvres à écarter la menace climatique. Cela tombe bien : plus on est riche, plus on émet de gaz à effet de serre, plus on a de moyens de les réduire: 80% des ménages français, la quasi totalité des entreprises, tous les élus. 2 milliards d’humains sur 7,5 à l’échelle de la planète, en grande partie dans les métropoles.

Sommes nous à l’échelle de la menace ?

A plusieurs centaines de millions, oui. Les gouvernements, qu’ils soient démocratiquement élus ou pas, ont depuis longtemps constaté que la moitié des émissions de gaz à effet de serre relevait des comportements individuels, c’est à dire échappait aux politiques, aux lois et à leurs pouvoirs d’incitation ou de coercition. En ce sens, la proximité est clé, les projets locaux déterminants.

Quels projets locaux sont effectivement portés? Combien d’élus, de responsables de territoires se sont mis sérieusement à un objectif zéro carbone, avec leurs habitants, leurs entrepreneurs, leur conseil d’élus et leurs services ?

Peut-on vraiment transformer cette menace en opportunité de développement harmonieux de nos territoires, villes, quartiers ou rural délaissés ? En création d’emploi et de lien social ?

Prenons trois exemples franco-français, en devenir :

A Cergy-Pontoise, 200 000 habitants, 100 000 emplois, 27 000 étudiants, 1250 ha sur une dizaine de milliers sont agricoles ; La permaculture permettrait de créer de l’ordre d’un emploi à l’hectare, soit plus d’un millier d’emploi  pour 74 aujourd’hui : du peu qualifié et du très qualifié.

A la Défense, le quartier d’affaires est chauffé au fuel lourd à basse teneur en souffre. Remplacer le fuel, amené en train, par du bois le transformerait instantanément en quartier durable. Et permettrait de passer un contrat de région à région pour assurer l’approvisionnement avec le Limousin ou la Normandie par exemple. Gagnant-gagnant.

Avec des acteurs français majeurs et deux grands territoires (la CDC, l’EPFIF, GPA, ICADE, AREP, Saint Ouen l’Aumône et Plaine Commune), un travail de 6 mois a été réalisé par une dizaine de jeunes professionnels sur le devenir des zones d’activités. Un nouveau regard et 10 projets en sont sortis dont un projet de production d’énergie renouvelable et de lien social qui recèle un gisement de production équivalent à celle de 17 réacteurs nucléaires.

Il y a matière donc ? Il semble ; mais nous ne pouvons pas continuer à décider au petit bonheur la chance, pour reprendre l’expression d’un de nos élus. Il nous faut agir efficace, de façon organisée sur nos territoires.

Comment s’organiser sur le terrain ?

A l’initiative d’une direction régionale du ministère en charge de l’écologie, un projet a été réalisé en ce sens en Île de France ces 10 dernières années par plusieurs milliers d’acteurs locaux : techniciens, habitants, entrepreneurs, élus locaux. La boite à outil résultante a été validée par l’association des maires Île de France. Selon une enquête réalisée en 2013, la moitié des décideurs franciliens en la matière la connaissent, le quart l’utilise.

Vous trouverez ces travaux, organisés et hiérarchisés sur www.agirlocal.org ; en poupées gigognes : 20 lignes, 2 pages, 20 pages… selon votre temps disponible.

Ils présentent de quoi en savoir plus pour y voir clair sur la menace climatique et convaincre, comment utiliser cette boite à outil qui traduit les enjeux planétaires en vie quotidienne comme les kwh de bâtiment, les km de déplacements, ou les corridors de biodiversité, comment choisir, reproduire ou inventer sur chaque territoire des actions, des projets, des démonstrateurs efficaces, reproductibles sur des gisements stratégiques identifiés.

Ils servent à faire des économies, réduire la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, améliorer sa santé, la biodiversité de nos territoires; à reproduire ou inventer des actions, des projets, créateurs d’emplois, de richesses de toutes sortes et de lien social.

Comment converger, gouvernements et acteurs locaux, sans se coordonner ?

Une deuxième piste d’organisation a été travaillée à l’occasion de la création par le gouvernement de la métropole du Grand Paris. Avec les élus, le préfet en charge de la mission de préfiguration avait créé un lieu d’échanges et de propositions par la société civile : le conseil des partenaires socio-économiques. L’un des groupes de travail avait pour objet la transition énergétique. Il s’est adossé aux travaux réalisés dans la foulée du Grenelle de l’environnement : décisions politiques, législatives, territorialisation des 10 enjeux du Grenelle, schémas directeurs, la boite à outil, et deux ans de réflexions des grands groupes du CAC 40 associés aux territoires et leurs syndicats.

Le constat qui en ressort est sans appel : la métropole compte plusieurs millions de décideurs,-habitants, entreprises, élus-, qui importent 90% des énergies dont ils ont besoin, émettent 80 % des émissions de CO2 de la région et s’exposent par millions à un air pollué.

En regard, la planification à la française est inadaptée ; avec humour le groupe la caractérise par trois mots : plans, hyperplans, rantanplan.

De ce fait, la mise en place de la métropole du Grand Paris apparaît comme une opportunité de passer à l’acte massivement, selon d’autres chemins, pour faire face à la menace climatique, dans le plaisir de vivre.

Avec cette évidence : au cœur de la région île de France, la métropole agit sur des territoires très au-delà de ses strictes frontières administratives. Elle peut jouer un rôle moteur, avec les quelques 20 autres métropoles de rang international dans le monde.

Lourde responsabilité.

Le groupe fait trois propositions :

– Organiser un plan climat proactif, libérant les énergies de ces millions de décideurs.

En commençant par leur fournir des données publiques à l’échelle communale, pour qu’ils connaissent leur impact sur la planète, une boite à outils pour mesurer l’efficacité des programmes et projets par des indicateurs ; et un cadre d’action identifiant les gisements stratégiques : réduction du CO2, pollution, précarité énergétique, développement de l’emploi… De quoi fabriquer des projets démonstrateurs reproductibles sur les gisements stratégiques identifiés comme les réseaux de chaleur, la logistique, les tiers lieux, le vélo. Avec la certitude de converger, sans nécessité de se coordonner dans l’action au delà du nécessaire : projet par projet.

– Construire une vitrine à projets démonstrateurs, aptes à être répliqués et exportés.

A plusieurs millions, il y a toutes chances de réinventer les mêmes projets. D’où l’intérêt d’une vitrine métropolitaine, favorisant les initiatives, aidant à les faire émerger, installant une ingénierie, tiers de confiance, mettant en valeur les démonstrateurs et accompagnant leur démultiplication. Une vitrine qui permet d’échanger de région à région, d’aller dans le sens d’une réponse française à des appels d’offres internationaux. Une sorte de coordination a posteriori.

– Créer un fonds transition pour des projets, innovants, reproductibles.

La raison d’être d’un fonds transition est de donner le coup de pouce qui déclenche des projets qui ne verraient pas le jour autrement. Paradoxalement, les petits projets demandent plus de temps pour trouver des financements que pour être réalisés ; quand ils en trouvent. A fortiori en phase d’émergence, quand il s’agit de subventionner leur lancement ; ou quand le porteur du projet est dans l’incapacité de s’endetter sur la durée d’amortissement.

Et le bien être dans tout ça ?

Faire des économies, réduire la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, améliorer sa santé, la biodiversité de nos territoires; reproduire ou inventer des actions, des projets, créateurs d’emplois, de richesses de toutes sortes et de lien social, réducteurs d’inégalités, dans le plaisir de vivre ; monter en compétences, en éducation, en culture, contribuer à améliorer sa sécurité, à diminuer l’immigration climatique, maitriser autant que possible sa vie, notre destin collectif, assurer un avenir à nos enfants, vivre en paix. What else ?

[1] John Maynard Keynes, sur la monnaie et l’économie, petite bibliothèque Payot, P176.

[2] 1000 pages mais elles valent la peine. Thomas Piketti, Le capitalisme au XXIème siècle, sinon, au moins Wikipedia.

[3] Fernand Braudel, La dynamique du capitalisme, champs, histoire. P 94-95 et 115 à 120 ; le livre de Piketti répond à l’appel de ces 6 dernières pages.

[4] https://www.co2.earth/

[5] http://www.lejdd.fr/societe/rechauffement-climatique-pour-jean-jouzel-climatologue-nous-navons-que-trois-ans-pour-agir-3409817

[6] voir par exemple : http://agirlocal.org/groupe-transition-de-la-metropole-du-grand-paris/ et le ppt synthétique présenté aux élus.

[7] http://agirlocal.org/ page d’accueil

5 questions clé à votre député

5 questions pour évaluer la capacité de votre député à contrer la menace climatique.

  • Le changement climatique est-il naturel ou les hommes en sont-ils la cause ?

Selon les scientifiques du climat, la probabilité que ce soit l’humanité qui fabrique la menace climatique est de 98%, autant dire une certitude. Posez lui la question ; s’il dit le contraire, vous avez des questions à vous poser. Nous sommes le problème, nous sommes la solution.

  • Existe-t-il un thermomètre du climat qui permette de mesurer l’urgence climatique ?

Depuis 1958, une station scientifique à Mauna Loa (Hawai), loin de toute émission parasite donc, mesure la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ; nous avons dépassé 408 ppm ce mois de juin 2017; à 3 ans d’ici nous aurons franchit le déclenchement du réchauffement de 1,5°C ; passé 450 ppm, les 2°C de réchauffement sont irréversibles. A la vitesse à laquelle l’humanité émet et accélère ses émissions, nous franchirons ces 450 ppm au début des années 2030. Si votre députét fait des discours et des plans à l’horizon 2050, 2100, c’est comme si votre médecin vous expliquait ce qu’il fera pour vous après que vous ayez passé les 42° de fièvre.

  • Faut-il faire des bâtiments à énergie positive, des éco-quartiers, des lignes de transport nouvelles ou changer la ville et le territoire tels qu’ils sont aujourd’hui ?

A raison de 1% de neuf par an, à 15 ans d’ici, 85% des m2 bâtis seront ceux qui existent aujourd’hui ; avec les nouvelles réglementations thermiques, 95% des émissions de gaz à effet de serre seront le fait de nos territoires tels qu’ils sont aujourd’hui. Le neuf n’est pas un enjeu. L’enjeu est la réinvention écologique, énergétique de nos villes et campagnes qui sont sous nos yeux : la réinvention de leur métabolisme. Par la permaculture par exemple et bien d’autres actions, projets, démonstrateurs. Qu’en dit votre député ?

  • Qui peut décider de changer ce métabolisme des villes et des territoires ?

Nous : en France nous sommes 30 millions de décideurs, autant que de ménages, de propriétaires de voitures, et parmi nous d’entrepreneurs et d’élus. Notre force est considérable, encore faut-il connaître notre impact sur la planète, seul ou localement pour y voir clair et choisir les actions, les projets les plus efficaces. Nous avons besoin d’informations, de données publiques fiables, simples, gratuites, à la commune. Là où nous pouvons en décider. Les émissions de CO2 par exemple. Votre député a-t-il identifié les décideurs que nous sommes et la force de changement que nous pouvons constituer s’il s’en occupe ?

  • Que propose votre député ?

La COP 21, les politiques et lois nationales, les grandes régions, sont nécessaires, pas suffisantes. La nourriture, les éco-matériaux, les éco-énergies poussent à la campagne et sont consommés en ville. Là, nous pouvons penser global et agir local. Votre député s’occupe-t-il de vous fournir un cadre, des informations publiques, une organisation et un financement pour que vous puissiez bâtir des projets locaux efficaces avec les autres habitants, entrepreneurs, élus locaux?

Si vous souhaitez renforcer votre argumentaire, allez sur la rubrique y voir clair pour les enjeux climatiques, la rubrique outils pour des données publiques à la commune, et les rubriques actions, projets, démonstrateurs pour des projets locaux efficaces. Voir aussi l’article transition Grand Paris qui vertèbre cette proposition d’articuler les injonctions nationales et les initiatives locales ; et prône une émergence financée des initiatives locales dans un cadre organisateur.

Et si rien ne bouge, prenez l’initiative. Nous sommes 30 millions de familles, d’entrepreneurs, d’élus locaux.

Quel devenir des zones d’activité ?

En Ile-de-France, environ 90 km2 de toitures de bâtiments et de parkings des ZAE sont inexploités et pourraient facilement devenir une source de production d’électricité photovoltaïque et de revenus. La production potentielle d’énergie est de l’ordre de grandeur de la consommation des « grandes industries et PMI-PME » de l’Ile-de-France (37 TWh en 2014, source RTE). Elle multiplie par 28 l’énergie renouvelable produite en Ile-de-France. Valorisée à 6c du kWh, tarif de rachat de l’excédent après autoconsommation, le chiffre d’affaire serait de 2 milliards d’euros par an environ.

Un projet industriel de cette envergure, extensible à la France, demanderait une organisation coordonnée des pouvoirs publics et des entreprises privées. Son financement ouvre une autre opportunité, celle de la participation des citoyens à son développement.

Il semble que ce projet de transition économique, écologique et sociale, à construire, est d’intérêt régionale et national.

D’où sort un tel projet ? De l’association les Ateliers.

Un atelier de maîtrise d’œuvre urbaine, c’est d’abord un sujet et un territoire; habituellement il produit de bonnes questions aux bonnes échelles de territoire et des idées pour agir. Puis les élus des territoires font leur marché. 80 ateliers ont été produits ces 35 dernières années.

En 2016, au moment du jury de l’atelier « dynamiques économiques, urbaines et emploi, quel devenir des zones d’activité ? », les 21 jeunes professionnels venus du monde entier, comme le jury, ont regretté que les idées n’aient pas été poussées plus loin vers l’action. Il faut dire que la mise en œuvre de ces idées demande aussi d’inventer des façons de travailler ensemble. C’est pourquoi, comme après l’atelier transition 2014, je leur ai proposé de faire un post atelier.

5 acteurs majeurs ont pris place au tour de table, l’EPFIF, la CDC, GPA, Icade et Arep ; et deux territoires ont accepté que les idées soient frottées aux réalités de leurs territoires, Cergy-Pontoise et Plaine commune.Il nous fallait 4 participants, ils sont revenus à 9 ; mieux ils se sont constitués en association, appelée point virgule, pour ce post atelier, et au delà.

Voilà pour le bouillon de cultures. 6 mois de maturation, canalisée par une lettre de mission à point virgule, ont permis de formaliser le nouveau regard qu’ils avaient posé sur les ZA, et mettre en fiche des actions qui parfois tenaient en 2 mots.

Il en ressort un document outil dont un concentré de nouveau regard de 4 pages (p 50-53) générateur d’autres projets à inventer sur votre territoire et 10 fiches action, dont celle sur les énergies renouvelables et le lien social( p65-68).

80 acteurs se sont inscrits à la restitution qui a eu lieu le 23 juin dernier, à la CDC.

Cinq acteurs du comité technique ont dit ce qu’ils pourraient faire de ces propositions et 3 élus des territoires ce qu’ils pensent en faire. La poursuite de la réunion en cotech de ces 8 acteurs pourrait amorcer la construction d’une intelligence collective pour passer à l’action.

première visite

Il faut avoir une bonne raison pour construire un site internet gratuit, organisé pour vous demander le temps de lecture de 20 lignes, 2 pages, 20 pages, 200 pages selon le temps dont vous disposez et les sujets qui vous intéressent ; surtout quand il demande le temps d’écriture de deux livres. Ma raison s’appelle menace climatique.

Ces 12 dernières années, pour écarter cette menace, nous nous sommes mis à quelques dizaines puis progressivement plusieurs milliers d’acteurs locaux à construire une boite à outils, puis à amorcer des actions, monter des projets, développer des démonstrateurs locaux reproductibles.

Avec cette idée que nous sommes le problème et par conséquent la solution.

1- 30 millions de décideurs

Sauf que nous sommes 30 millions de décideurs rien qu’en France ; autant que de ménages et parmi eux, les entrepreneurs, les élus, tous en capacité de contribuer à écarter la menace climatique. A 30 millions, nous devrions pouvoir faire beaucoup plus qu’à quelques dizaines de milliers qui nous gouvernent.

D’où l’idée d’un outil local, pour permettre à chacun d’être acteur de son destin, et converger avec les COP, lois et autres décisions de nos gouvernements ; un outil qui mesure notre impact local sur la planète, pour faire mieux que d’agir à l’aveugle : choisir de mener à bien des projets locaux efficaces, à portée de décision, dans l’autonomie de décision des 30 millions de décideurs que nous sommes en France.

L’idée m’en est venue lorsque le Préfet-DRE Île de France m’a nommé directeur de la stratégie et du développement durable avec pour mission de « faire que ça arrive », le développement durable : seul, dans mon bureau, face aux 5 millions de décideurs franciliens que je venais de compter, il m’a semblé qu’il fallait inventer quelque chose.

Le cœur de la valeur ajoutée de l’outil est un double tableau de bord local, territoire-projet qui permet à chacun de mesurer l’impact futur de tout projet sur son territoire comme il est.

A la demande du Préfet-DRE nous avons développé cet outil avec les 8 établissements publics d’aménagement d’Île de France, pour caractériser les éco-quartiers qu’il allait subventionner ; mais aussi avec un premier millier d’acteurs locaux, parce que le territoire prenait progressivement toute la place, inversait le regard et donc élargissait les acteurs partie prenantes. Il a appelé l’outil « @d aménagement durable ».

Avec le concours de 15 juniors entreprises, travaillant sur 18 sujets, les indicateurs de territoire ont été calculés pour chacune des 1300 communes d’Île de France. Pourquoi ce travail ? Parce que les données publiques existantes ne nous fournissent pas notre impact sur la planète là où nous vivons, c’est à dire là où nous pouvons en décider.

L’association des maires Île de France a testé puis validé l’outil début 2010. Il est devenu boite à outils avec les actions, projets, démonstrateurs qui en sont issus ; selon une enquête menée après mon départ de la DREIF (devenue DRIEA), fin 2012, 50% des décideurs franciliens la connaissent, 25% l’utilisent ; sans un euro de subvention.

La généralisation de l’outil à l’AFNOR, c’est à dire à la France, est achevée depuis 2012 ;

Pour ne pas réinventer l’eau tiède aux quatre coins de la planète, nous avons, dès 2008, mis nos travaux sur le site internet de la direction régionale, puis les premières actions qui en sont sorties, puis lorsque l’AMIF l’a validée, les indicateurs de territoire.

Avec cette boite à outils, nous pouvons agir local, chacun ou ensemble, sur le métabolisme de notre territoire, un métabolisme entendu comme les productions et les consommations locales, les flux de personnes, de marchandises et d’argent qui entrent et sortent de notre territoire.

2- Agir local, agir global :

Avec préméditation, cette boite à outils fait mieux que de nous permettre de choisir de mener à bien des projets efficaces, à portée de décision : elle rend inutile une coordination. Il n’y a rien de plus compliqué et d’énergivore que de se coordonner à quelques dizaines ; alors, imaginez, à 30 millions de décideurs, rien qu’en France.

Comment se passer de coordination ? En permettant d’identifier des gisements stratégiques, à exploiter à coup de projets reproductibles qui ont fait la démonstration de leur efficacité : ainsi choisies, adossées à des indicateurs calculés par la puissance publique, les décisions autonomes des acteurs locaux convergent dans le champs de bataille contre la menace climatique sans qu’il soit besoin de s’entendre, au delà de ceux qui mènent tel ou tel projet local, à telle échelle de territoire. Chaque démonstrateur reproductible exploite le gisement.

Depuis la sortie de l’outil, des actions, projets, démonstrateurs se développent au gré des circonstances, ici et là, sans que les uns et les autres en soient informés.

Nous pouvons faire beaucoup mieux. C’est pourquoi j’ai construit ce site qui organise et met à disposition de tout un chacun ce qu’ont fabriqués, à ma connaissance de professionnel ou de bénévole, ces quelques milliers d’acteurs locaux, habitants, entrepreneurs, élus : pour faire connaître ces travaux et les enrichir. Peut-être les étendre à d’autres régions, d’autres pays ?

La page d’accueil du site vous en dit plus pour commencer à agir à votre niveau : comment économiser 20% d’argent pour financer vos projets, ou 5 questions pour vos candidats aux élections, vos élus.

De temps en temps, je vous ferai part des nouveautés, à la une ; et j’espère que vous me ferez part d’actions, de projets, de démonstrateurs efficaces, à afficher sur le site.

Quoi que chacun de nous décide, nous sommes le problème, nous sommes la solution.

                                                                                              Jean-Michel Vincent

 

VELO ELECTRIQUE, Luxe ou choix d’économie et de bien-être ?

VELO ELECTRIQUE,

 Luxe de privilégié ou choix d’économie et de bien-être ?

 

1-Un achat de 2000 euros pour 900 euros d’économie par an :

2 000 euros, c’est le prix d’achat de mon vélo électrique pour mon noël.

250 euros, c’est la subvention qu’a décidée l’agglomération de Cergy-Pontoise pour l’achat d’un vélo électrique. L’investissement net est donc de 1750 euros.

506 euros par an, c’est ce que me coûte mon parking à la gare ; le parking à vélo fermé est gratuit. J’économise 506 euros par an.

5 000 km, c’est mon kilométrage annuel en voiture (la deuxième, elle a 12 ans d’âge) ; coût : 50c du km. Je vais transférer sur mon vélo au moins la moitié de mes parcours à moins de 5 km : un millier de km donc. Avec quelle économie ?

L’assurance-voiture me coûte chaque année 250 euros mais je vais continuer de la payer. Les autres coûts de la voiture sont proportionnels aux km parcourus. L’assurance du vélo est incluse dans celle de ma maison. Le prix de la charge de la batterie au km est dérisoire. Moyennant quoi, chaque fois que j’utilise mon vélo, j’économise plus de 40c du km, et donc au moins 400 euros par an pour 1000 km.

Avec le parking, l’économie totale s ‘élève à plus de 900 euros par an : je récupère le coût d’achat de mon vélo électrique tout confort en moins de deux ans. Son espérance de vie, batterie incluse est plutôt de 8 ans. Taux de rendement de cet investissement de 2000 euros, 45% avant subvention de  l’agglomération. C’est beaucoup mieux que la caisse d’épargne, 3 fois ce que les actionnaires cupides attendent du rendement de leurs fonds propres. Et encore, je garde ma deuxième voiture, sinon, c’est un treizième mois. Vous avez dit luxe ?

2- Ma santé, mes impôts et la menace climatique 

Si j’en crois une étude du Ministère en charge de l’écologie sur l’effet de la pratique du vélo sur la santé, le transfert d’un déplacement sur cinq sur le vélo économise 15 milliards d’euros par an à la sécurité sociale, environ 300 euros par personne de plus de 6 ans. Probablement parce qu’on est en meilleure santé. Je veux bien le croire, c’est un peu comme si on faisait du sport.

Quant au CO2, les émissions du vélo électrique au km sont négligeables ; tandis que ma deuxième voiture affiche 150 gCO2/km en nominal, c’est à dire 300 gCO2/km en réel ; les 1000 km à vélo réduisent mes émissions de CO2 de 300 Kg par an.

Et je ne vous parle pas de la pollution évitée.

3- Et ça roule ?

Vous verriez mes gants jaune-fluo tous neufs au bout du guidon ; mais bon, les parcours laissent à désirer : 2-3% du linéaire à traiter pour être en confortable plus quelques panneaux qui homogénéisent les limitation de vitesses ou aident à se diriger ; au pire le coût de quelques dizaines de mètres de voierie neuve, pas de quoi ruiner mon agglo de 200 000 habitants, 100 000 emplois et 27 000 étudiants.

Je vais emprunter la camera frontale de mon gendre pour pointer les passages désagréables. C’est plus parlant pour nos élus et leurs services.

4- Et si la question se posait plutôt en sortant de la gare pour aller au travail ? 

Ca tombe bien, à Cergy-Pontoise nous avons deux gares desservant deux zones d’activité totalisant 25 000 emplois, à moins de 3km. Et nous n’avons effectivement pas réglé cette question insoluble : comment desservir une surface avec une ligne de transport ? Même quand la ligne dessert la surface en se tortillant, la capacité des bus n’est pas suffisante aux heures de pointe, ni la fréquence de passage aux heures creuses.  Ce doit être pour ça que les trois quarts des employés viennent au travail en voiture. Il y a là de quoi faire.

La commission transition de Cergy-Pontoise que je préside s’est mise en tête de développer un projet vélo pour répondre à cette question à partir des deux gares : un vélo, comme la marche à pied permet d’aller où on veut, à n’importe quelle heure, encore plus si c’est un vélo électrique qui efface les dénivelés.

Mais allez voir ce projet ; il est argumenté et réfléchi. Vous pouvez y glaner des informations, un cahier des charges, l’adapter et le reproduire chez vous, dans le sens domicile travail ou l’inverse : http://agirlocal.org/projet-velo/

Et si vous, habitants, entrepreneurs, élus, voulez faire d’autres économies en modifiant juste un peu vos comportements, allez sur la page d’accueil du site www.agirlocal.org

compter carbone approximativement

Compter carbone à chaque prise de décision

Pour un calcul approximatif des émissions des bâtiments, des déplacements et de la nourriture.

 

Si vous prenez la menace climatique au sérieux, alors il nous faut compter carbone, comme on compte en euros, à chaque prise de décision.

Tous ceux qui ont voyagé hors de la zone euros ont pu mesurer à quel point compter en argent suppose de connaître beaucoup de références dans une monnaie que l’on ne connaît pas : le montant d’un salaire, d’une nuit d’hôtel, le prix d’un repas ou d’un ticket de bus…

Compter carbone est plus simple, demande moins de références. L’approximation suffit pour avoir une idée de ce qui est fortement émissif ou pas ; et décider en conséquence.

Les chiffres qui suivent servent à ce calcul approximatif, les ordres de grandeurs comme disent les ingénieurs. Ceux qui font qu’un pont tient ou pas sous la charge.

Bâtiments : comptez vos kwh et multipliez par les émissions de votre source d’énergie.

Pour l’électricité, comptez 180 geCO2 par kwh, (c’est beaucoup plus compliqué que ça mais vous tenez l’ordre de grandeur) le gaz 240 geCO2 par kwh, le fuel 300 geCO2 par kwh, le chauffage urbain varie beaucoup de 20 à 200 geCO2 par kwh selon les énergies utilisées… Le chauffage urbain est avec EDF le dernier utilisateur massif de charbon ; lequel émet 400 geCO2 par kwh!

Déplacements terrestres :

En bus, en métro, en train, les émissions sont négligeables. En voiture comptez 300 geCO2 par km parcouru. Pour un calcul plus précis, prenez les émissions constructeurs et multipliez les par 2 si vous habitez une métropole, par 1,5 ailleurs.

Déplacements en avion :

Comptez 100 geCO2 du km long courrier, (plus précis : 80 en seconde, 120 en première), 20% de plus en moyen courrier, 40% en court courrier.

Nourriture :

Du champ au traitement des déchets, notre nourriture pèse les tiers des émissions ; comptez donc 60% de ce que vous avez calculé pour bâtiments et déplacements, à l’année.

Et après ?

Pour commencer à réduire à peu de frais vos émissions et par là même trouver les premiers moyens financiers de réduire plus encore vos émissions,  allez sur habitant, entrepreneur ou élu.

 

18 fiches action

En France, la construction neuve est négligeable : avec 1% de construction neuve chaque année, à 20 ans d’ici, les bâtiments nouvellement construits pèseront moins de 20 % de la surface bâtie et avec la réglementation thermique en vigueur, moins de 10% des émissions de gaz à effet de serre. Inutile de financer par anticipation du logement neuf à émission zéro ; mieux vaut investir l’argent public et privé dans la réhabilitation thermique du bâti existant.Ce qui est vrai des bâtiments est vrai du transport, de la production industrielle, de l’agriculture, bref du métabolisme des territoires.

Force est de constater que les villes et leurs acteurs sont mobilisés sur le neuf, ligne nouvelle, éco quartier, bâtiment à énergie positive… La quasi totalité de ces acteurs recherchent le grand projet, le morceau de ville à construire, celle qui pèse 1% de renouvellement par an.

A ce rythme de pays développé, 90% des émissions de gaz à effet de serre seront en 2030 le fait des territoires qui sont déjà sous nos yeux. Le constat est nuancé mais similaire dans les pays émergents ou pas. En dépit d’une urbanisation galopante et à venir, la moitié des terriens sont d’ores et déjà urbains, les autres les nourrissent depuis les campagnes. La classe moyenne et supérieure mondiale, 2 milliards de terriens, est urbaine.

Par conséquent l’enjeu majeur est la réinvention écologique de la ville et de la campagne qui sont sous nos yeux et non celles qui s’aménagent demain. C’est l’ensemble du système de production des richesses, de consommation des ressources, de mobilité des hommes et des biens qu’il faut repenser.

Cette réinvention est à l’inverse de nos modes de penser et d’agir. Alors que le neuf est plus visible, plus médiatique, plus payant que le travail sur l’existant, il s’agit maintenant de s’organiser pour agir sur nos territoires comme ils sont : en territoire occupé, à la culture installée, aux organisations, entreprises missions et comportements à forte inertie, de longue durée.

La transition vers les villes du futur et leurs territoires de ressource entremêlés, forcément entremêlés, se dessine avec moins d’énergie fossile, moins de minerais, plus d’intelligence collective, pour un partage raisonné des espaces et des ressources, selon un chemin économique et social acceptable, dans le plaisir de vivre. C’est bien le métabolisme de nos villes et territoires qu’il s’agit de changer.

Le métabolisme en question n’est pas une image. Les flux entrant et sortant de personnes, de marchandises, et d’argent, les productions et les modes de consommation locales, gouvernent les émissions de C02 et le changement climatique. Le changement climatique  agit en retour sur la prospérité.

Mesurer son impact local puis décider efficace, là où nous vivons, comme habitant, entrepreneur ou élu, oui mais comment ? 18 fiches action réalisées depuis la DRIEA abordent quelques aspects de notre métabolisme territorial; certaines sont devenues projet, d’autres des projets démonstrateurs; toutes sont reproductibles, de nombreuses fois, sur ce que l’on a appelé des gisements stratégiques. Ceux qui permettent de décider efficace.

fiche 0 @d amenagement durable

fiche 1 fabrique @d

fiche 2 approche carbone

fiche 3 maison carbone

fiche 4 amenager avec la biodiversite

fiche 5 densite humaine-mixites

fiche 6 batiments-2 axes strategiques

fiche 7 isolation thermique par l’exterieur

fiche 8 chauffage urbain aux energies renouvelables et de recuperation

Fiche 9 bâtiments communaux-batiments  durables

fiche 10 isolation thermique par l’exterieur sur domaine public

fiche 11 guide ecomateriaux

fiche 12 filiere bois

fiche 13 vegetalisation des bâtiments

fiche 14 velo

fiche 15 bussopheric

fiche 16 le bruit en ville

fiche 17 Privilegier la boucle locale alimentaire

fiche 18 Cadre reglementaire des reseaux de chaleur

 

transition Grand Paris

Après la COP 21, les politiques et lois nationales, les grandes régions, il est nécessaire de passer à l’acte. 5 millions de décideurs franciliens, ménages, entrepreneurs, élus, peuvent s’emparer du développement durable et mener chacun, à son niveau de responsabilité, les actions qu’il juge efficaces ;

Encore faut-il qu’ils aient la mesure de leur impact là où ils vivent, c’est à dire là où ils peuvent décider  de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, de prendre le chemin de la transition écologique, énergétique ; et qu’ils soient dotés des outils de ce passage à l’acte, responsable et partagé.

Comme tous ceux qui s’y sont essayé, se coordonner pour agir bute sur le temps et l’énergie nécessaires. L’urgence climatique ne nous donne plus ce temps.

Avec quelques milliers d’habitants, de techniciens, d’entrepreneurs, d’élus, une forme d’intelligence collective a été inventée ces 10 dernières années : elle permet de se coordonner aux différents échelons territoriaux sans avoir à le faire. Il n’y a là rien de miraculeux : l’outil bâti permet à chacun de mesurer son impact et d’agir là où il vit, à portée de décision donc ; tout en contribuant efficacement à la transition, projet par projet, de chez soi à la région. Pourvu qu’un cadre d’action soit établi. Voir le résumé .

L’intelligence collective ainsi constituée a pour support la boite à outils @d aménagement durable. Un résumé en 9 pages illustrées permet de survoler le site et 3 entrées,-habitants, entreprises, élus-, permettent de trouver les moyens financiers pour se lancer dans la transition, depuis son niveau de responsabilité.

Un rapport de 6 pages, écrit dans le cadre du groupe de travail transition des partenaires de la mission de préfiguration du Grand Paris, et présenté aux élus, vertèbre cette proposition et prône une émergence financée des initiatives, dans un cadre organisateur.

Il y a là matière à agir, au plan national et à l’international.

 

élu

Maire d’une commune de 1000 habitants ou de 100 000 habitants , Président de collectivité territoriale, vous pouvez réduire les émissions de C02 de votre territoire, et ce faisant économiser de l’argent, rendre plus de service à vos administrés et ce pour autant, voire moins d’impôts, fournir un meilleur service public, développer l’emploi local et le bien être de vos administrés.

Vous n’y croyez pas ? Les trois exemples de réduction immédiate de CO2 ci-après identifient plus d’un milliard d’économies par an, toutes fonctions publiques confondues. Vous pesez plus du tiers. Même si au bout cela ne fait que la moitié… Réduire ses émissions de CO2 sert à gagner de l’argent.

Mais d’abord, pourquoi est-ce efficace de passer par les émissions de CO2 ? Parce que cela permet de sortir du cadre, d’innover, et aussi pour une raison simple : moins de CO2 c’est moins d’achats, de matières ou d’énergie, plus de valeur ajoutée publique.

Les décisions prennent effet entre quelques mois et un mandat.

Un repère encore, avant de lire une trentaine de lignes et trouver un premier milliard d’économies, toutes fonctions publiques confondues:

communes par taille

27 000 (27396) des 36 000 (36 685) communes françaises comptent moins de 1000 habitants. Elles rassemblent 15% de la population. C’est le maire qui éteint la lumière en sortant.

97% des communes comptent moins de 10 000 habitants et rassemblent la moitié de la population. Elles couvrent donc 97 % du territoire national : les services ne peuvent guère sortir de la gestion au quotidien pour inventer et mettre en œuvre la transition énergétique, écologique.

D’où les quelques mesures simples qui suivent.

Le plus grand champ de pétrole de France, c’est l’économie d’énergie des bâtiments : près de la moitié de l’énergie consommée en France ; 44 % cette année 2015, pour être précis. La moitié des logements sont à étiquette D ou E : quasiment des ruines énergétiques ou des gouffres à euros, c’est comme on veut. Vos bâtiments valent-ils mieux ? Mystère : je n’ai pas trouvé de statistiques sur la consommation d’énergie des bâtiments publics, par étiquette.

  • Pour faire 20 à 30 % d’économies de chauffage :
  • Modulez d’abord la consommation des bâtiments publics que vous détenez, avec leur occupation : avec un régulateur, jour-nuit, weekend-vacances. 200 à 300 euros pour faire poser un régulateur : amorti en une saison au plus. Encore plus efficace s’il est commandé depuis un ordinateur, une tablette, un smart phone. C’est compris dans le prix.
  • 1° de moins de chauffage, c’est 7% d’économies. Mettez un pull en hiver, vous ferez école. Et puis ça sent bon la saison. Pour vous donner une idée, la température ressentie est une moyenne entre la température du thermomètre et le température de vos murs.

Chauffé à 22° au thermomètre, avec des murs à 16°, vous ressentez 19°C. Chauffé à 19° avec des murs à 19°, vous ressentez 19°C ; entre les deux, 21% d’économies. D’où le pull, en attendant d’avoir isolé vos bâtiments, de préférence par l’extérieur.

  • Mais connaissez vous votre facture de chauffage ?

La vraie, celle qui est à saison constante ; celle que les ingénieurs appellent à degrés-jours constants. Ils rendent comparables les hivers doux et les rigoureux. Il suffit de savoir faire une règle de trois. Après, faites le calcul : 1° de surchauffe économisé à l’année, 7% d’économies ; 2°C de moins la nuit, 2 à 4% d’économies selon les régions (2° divisé par 1/3 de jour (8 heures) par 150 jours de chauffe = 100 degrés-jours) ; 15°C de moins pendant 25 jours de vacances et week-end d’hiver : 10 à 15% d’économies. (15° par 25 jours = 375 degrés-jours)

Le total est bien de 20 à 30 % d’économies. Prenons des chiffres bas : les 2/3 des 360 millions de m2 de bâtiments publics en France qui sont peu isolés, (Etat, hôpitaux, collectivité territoriales) comptés à 200 kwh/m2/an par 25% d’économies : 12 milliards de kwh économisés, soit à 10 centimes du kwh, 1,2 milliards d’euros par an économisés, à 250g de CO2 par kwh : 3 millions de tonnes équivalent CO2 économisés.

Vous êtes au bout des 30 lignes et du premier milliard d’euros identifié.

Vous êtes maire ? Alors comptez environ 500 millions d’euros en chiffres ronds. (1 527 000 fonctionnaires communaux plus 800 000 enseignants en école communale concentrent 43% des 5,4 millions d’emplois publics et donc en première approche du gisement de 1,2 milliards d’euros d’économies potentielles).

Bien sûr, on ne vient que d’identifier des gisements ; mais leur ordre de grandeur mérite que l’on s’y intéresse, que vous ayez commencé à vous en occuper systématiquement ou pas.

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Si vous acceptez de prendre encore un peu de temps vous pouvez identifier de quoi gagner encore, tout en abordant la chose publique ; une vingtaine de lignes à lire.

  • Vous pouvez en effet fabriquer un petit bonus de quelques dizaines de millions d’euros en changeant systématiquement les ampoules de vos bâtiments pour des leds :
  • un calcul très sommaire abouti à 18 millions d’euros d’économies par an pour la fonction publique territoriale. Deux ampoules par salarié, à 50 Watts économisés par ampoule, 1000 h par an, à 10 c du kwh, 10 euros par salarié  et par an ; pour 1,83 millions de salariés de la fonction publique territoriale (= 183 millions de kwh)
  • Plutôt 12 ampoules pour une classe, soit 30 millions d’euros pour le primaire et le secondaire; (= 300 millions de kwh) ;
  • et pour la fonction publique hospitalière, 21 millions d’euros. plutôt 750 kwh par lit pour 280 000 lits (= 210 millions de kwh)

D’autant plus intéressant que la lumière est allumée aux heures de pointe de consommation d’électricité, le matin et le soir, c’est à dire quand il faut faire tourner les centrales EDF au charbon, au fuel, au gaz, à 500 g de CO2 le kwh consommé : 350 000 TeCO2 économisés.

Et on supprime les coûts de production d’EDF de cette électricité à ces heures là, (5 à 6 fois plus chère) donc on fait gagner de la compétitivité à l’ensemble de l’économie française :

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Vous venez de gagner un peu d’argent : comme maire, de l’ordre de 8 euros par habitant et par an (500 millions d’euros divisé par 63 millions d’habitants). Pour une commune de 1000 habitants, comptons 7 euros, 7 000 euros par an ; c’est à dire de quoi emprunter 60 000 euros en capital sur 10 ans sans toucher aux impôts ; A 200 euros le m2, de quoi bien isoler 300 m2 de bâtiment. Et gagner autant.

Vu du contribuable, ces deux minuscules exemples dégagent sur 10 ans plus de 10 milliards de financement d’investissement, dans l’efficacité énergétique par exemple, sans toucher aux impôts.

Si vous acceptez de continuer encore un peu, vous pouvez identifier de quoi gagner 500 millions d’euros par an et plus.

Par exemple, en imprimant systématiquement recto-verso. Ne riez pas : d’après l’ADEME, 30 ramettes sont consommées par salarié et par an (à 2,5kg la ramette, 70 à 85 kg par an par salarié).

Si la moitié est imprimée recto-verso au lieu du seul recto, à 5 euros la ramette, l’économie est de 40 euros par salarié et par an (8 ramettes par 5 euros ; si vous pensez que ça coûte moins, sur étagère, au super marché ou chez votre fournisseur, ajoutez l’achat, la livraison, le paiement et la comptabilité); pour l’ensemble de la fonction publique française, 5,4 millions d’agents, 40 des 160 millions de ramettes de papier (30 ramettes par salarié par 5,4 millions de salariés) économisées ainsi valent 200 millions d’euros par an, et émettent 200 000 TeCO2. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

(40 millions par 2,5kg= 100 000 tonnes à 550 kgeCarbone par Tonne de papier ou 2 TeCO2 par Tonne de papier, soit 200 000TeCO2), et la production de 30 000 ha de forêt. (1T de papier= 2,5T de bois ; 5 m3 par ha de forêt et par an à 600 kg par m3 sec = 3 tonnes par ha et par an pour 100 000 tonnes économisés soit 30 000 ha de production annuelle).

Infaisable ?

La consommation de papier n’a pas toujours été aussi importante. Celle de carton non plus d’ailleurs.

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Vous pouvez doubler vos économies en imprimant 1% de moins de papier : 150 pages par salarié par an à 30 c la page, 45 euros. Par exemple en imprimant certains documents avec 2 pages par A4.

Total de ces 2 actions de papier : 85 euros par 5,4 millions d’agents: près de 500 millions d’euros par an de financement du secteur public pour pas un euro de plus d’impôts et zéro investissement. Vous êtes maire ? Prenez un tiers de ces chiffres, à portée de décision.

Juste pour vous convaincre de prendre un peu plus de temps à vous occuper du CO2 : vous pouvez décupler cette économie à 10% de papier en moins. : 500 euros par agent et par an. Là, on a un plan à plus de 2 milliards d’euros par an. Sans impôts ni investissement. Et 275 000 TeCO2 économisées.

Bon, en trois décisions, chauffage, éclairage, papier, on vient de trouver de quoi économiser jusqu’à 3 milliards d’euros par an ; c’est à dire un programme potentiel de 30 milliards d’investissement sur 10 ans ; et ce en ne réduisant que de 0,7 % les émissions de CO2 nationales.

Même si le gisement d’économies et d’investissement, au bout, n’est que de moitié…

Et encore, sans vraiment commencer à entrer dans le sujet : c’est à dire décarboner pour économiser ; encore moins décarboner pour se donner un meilleur service public, créer du lien social, développer l’emploi local et le bien être au travail, ou contribuer à la compétitivité de nos entreprises.

On peut faire mieux, en s’organisant pour identifier systématiquement les gisements puis passer à l’acte. Mais là, il vous faut vraiment prendre un peu de temps, faire un bout de chemin ensemble.

En commençant par se demander comment faire le bilan de ses émissions de CO2, générateur d’une autre approche de la chose publique.

Puis en continuant sur comment agir local, ensemble, pour vivre mieux ;

Pour finalement entrer dans le vif du sujet : les projets.

  • Mais d’abord, comment faire son bilan carbone, clé d’entrée dans les économies ?

Si vous êtes en Île de France, c’est plus facile. L’Etat a fait l’outil qui s’appelle @d aménagement durable : il fournit une approche carbone de votre commune mais aussi des indicateurs sur les autres enjeux du développement durable, traduits en vie quotidienne : biodiversité, économie durable, social, risques et nuisances, ressources renouvelables et bien sûr changement climatique.

tableau de bord territoire-projet

Si vous n’êtes pas en Île de France, vous n’avez plus qu’à faire le travail vous même. Le plus simple est de reprendre les indicateurs @d et de demander à votre conseil régional de faire faire les calculs. L’outil a été généralisé à la France par une démarche AFNOR :  @d France. La   méthode de calcul des indicateurs est à disposition sur ce site, agirlocal.org ou celui de la DRIEA

Si ce n’est pas possible de demander à votre conseil régional, ou trop long, ne renoncez pas. C’est vrai, plus votre commune est petite, moins vous avez le temps de faire un bilan carbone ; ou la volonté de vous y lancer, faute d’être rassuré sur la qualité du résultat ou convaincu que votre territoire, rural, n’émet pas. Et puis c’est nouveau donc perçu comme compliqué. Par exemple, l’ADEME a déjà changé le nom du bilan carbone, désormais cela s’appelle un bilan GES, comme gaz à effet de serre ; mais c’est exactement la même chose.

Ne renoncez pas donc ; en dernier ressort, une première approche du bilan carbone peut être faite, si vous ne restez pas seul. Cette idée a le mérite de faire une approche carbone mais aussi de définir des actions locales efficaces. Donc d’être utile tout de suite même si l’Etat ou le conseil régional finissent par faire, un peu plus tard.

Un schéma simple, adapté aux petites entreprises, aux chefs d’établissement en dit plus qu’un long discours ; à adapter et enrichir, c’est pour ça qu’il ne vous faut pas rester seul.

IV-5 2009 JE Economie durable

Comment ? Deux idées, l’une pour l’association des maires ruraux, l’autre pour la ministre de l’éducation nationale.

Première idée, pour l’Association des Maires Ruraux, faire faire un bilan carbone type à partir des 6 paramètres clé du schéma. Par le conseil départemental par exemple. Le bilan carbone fait par l’IAU en région Île de France est une bonne référence. Il y en a d’autres. A partir de ce bilan départemental, répartir à la commune, par exemple selon la méthode @d aménagement durable ; elle a été élaborée par la Direction régionale de l’équipement Île de France et validée par l’Association des Maires Île de France. Puis identifier systématiquement les gisements d’économie, d’emploi, de compétitivité des collectivités locales. Et proposer des plans d’action.

Deuxième idée, pour la ministre de l’éducation nationale, former au bilan GES un professeur référent, volontaire, par lycée ; pour assister les communes rurales qui le souhaitent, former les autres professeurs volontaires (des écoles, des collèges et des lycées) et préparer pour les élèves des travaux pratiques sur des cas concrets, travaillés avec les communes. De quoi nourrir l’accompagnement personnalisé des élèves et les activités périscolaires.

Par défaut, il vous reste encore une solution, allez tout droit sur les énergies ; voyez la  fiche action collectivités et établissements publics, ci-jointe ; elle a été faite pour le territoire de l’agglomération de Cergy-Pontoise, où se trouve la préfecture ; vous passerez à côté de certaines solutions mais vous en trouverez un bon morceau : en dessous de 10 000 habitants, l’ADEME finance un dispositif d’aide appelé conseil en énergie partagé : http://www.ademe.fr/collectivites-secteur-public/gerer-equipements-services/batiments-equipements/recourir-a-conseil-energie-partage

CEP ADEME

Rien n’empêche de généraliser la formule Association des Maires Ruraux-Education nationale à toutes les communes ; que l’Etat ait généralisé @d aménagement durable au territoire national ou pas

Mais au fur et à mesure que l’on monte en population, en intercommunalité, un complément d’organisation est nécessaire :

Un comité consultatif du développement durable apparaît fructueux.

  • pour organiser des échanges, transverses, entre habitants, entreprises, élus et services, qui ne peuvent se faire dans l’anonymat de la ville.
  • Pour adosser les acteurs des territoires à des services techniques dont c’est le métier.
  • Pour enrichir les relations entre le monde universitaire et celui des entreprises.

A partir de 20 000 habitants maintenant, un plan climat doit être établi par le territoire. A défaut d’@d, vous devez alors financer un prestataire pour faire votre bilan carbone et d’autres prestataires pour trouver ou reproduire des solutions. Mais attention à la tentation de la clé perdue cherchée sous le lampadaire. Ce n’est pas une plaisanterie mais un constat : faute d’une démarche du type @d aménagement durable, le prestataire fera le bilan avec les données disponibles localement. Vous avez toutes les chances de passer à côté d’un gros paquet d’émissions de GES.

Reste à passer à l’action.

  • Actions et projets :

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Vous avez engagé les actions proposées au début de cet article, menant à l’équivalent d’un programme d’aide de 1 à 3 milliards d’euros par an. Vous avez donc de quoi financer vos projets.

Mais une démarche locale demande le contraire d’une démarche régalienne, d’une obligation. Il s’agit de coopérer, entre acteurs locaux. Les actions, les projets doivent donc être intéressants, efficaces, mais aussi reproductibles pour donner aux autres et recevoir d’eux.

www.agirlocal.org fournit de quoi agir. En voici quelques points d’entrée, à prendre comme vous le sentez :

1- Comment mobiliser ? Autour de projets intéressants, ce qui nous renvoie à la case départ : qu’est ce qui nous arrive ? Le changement climatique doit-il être pris au sérieux ? Si oui alors la mobilisation va de soi.

Les scientifiques du GIEC, le groupement intergouvernemental des experts du climat, disent que oui. Y voir clair rassemble les éléments clés de leurs rapports 2007 et 2015. A la vitesse à laquelle nous émettons des gaz à effet de serre, nous franchirons la barre des 450 ppm au début des années 2030, et donc de façon irréversible nous dépasserons le seuil de 2°C de réchauffement de l’atmosphère.

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2- Et les autres enjeux du développement durable ?

Comment faire efficace si le fil rouge trace moins d’énergies fossiles, moins de minerais, plus d’intelligence collective pour un partage raisonné des espaces et des ressources, selon un chemin économique et social acceptable ?

Mesurer pour agir est une bonne piste : Outils fournit des indicateurs et un double tableau de bord territoire-projet pour mesurer l’impact de tout projet sur son territoire d’accueil.

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Evidemment, hors Île de France, il vous faudra calculer les indicateurs territoriaux de votre territoire. Ou vous fier aux actions efficaces telles que mesurées par @d ou tout autre référentiel.

3- Pour construire des projets locaux, un repère : l’alimentation, les éco-matériaux, les éco-énergies, poussent à la campagne et sont consommées en ville.

La maison carbone, à l’initiative des élus que vous êtes, est un bon lieu pour imaginer comment s’organiser entre ville et campagne pour développer une économie locale, avec d’autres : agriculture, première transformation, distribution, opérateurs…

Mais aussi pour imaginer une économie circulaire locale au delà du ramassage groupé des déchets, pour développer un service commun à inventer : les déchets des uns sont la matière première des autres.

Et encore se former, monter en compétence par l’apport des uns des autres.

20160121 projets maison carbone

4- Et tant qu’à profiter des expériences des autres, quelles actions concrètes lancer ? Comment changer le métabolisme de mon territoire ? Quels services de transition développer? Quel genre de projets ? Comment s’y prendre ?

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Allez voir les rubriques actions, projets, démonstrateurs, vous avez de quoi entreprendre reproduire ou innover. Une video de 2-3 minutes vous présente chaque onglet.

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5- Vous voulez peut-être savoir d’où viennent toutes ces informations : il vous faut remonter aux sources, qui sommes nous.

6- Mais si vous voulez d’abord survoler la totalité du site avant de fouiller plus avant, allez sur en résumé: 15 minutes de video (c’est dense) ou  9 pages illustrées à télécharger, pour lire à votre rythme.

7- Et un constat qui ressort de ce travail de plusieurs milliers d’acteurs locaux : vous pouvez faire encore plus fort si vous sortez de votre territoire. Toutes les questions ne trouvent pas de réponse dans le territoire. Les déplacements domicile-travail par exemple. Seul ou ensemble, ça vaut la peine.

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Devant la menace climatique, vous êtes un acteur clé pour qu’entrepreneurs, habitants, élus, se parlent, s’organisent et agissent là où tous peuvent en décider, dans le plaisir de vivre.

Si vous voulez relire tranquillement ce texte sur papier, et faire votre plan CO2, vous pouvez télécharger ici  le pdf : élus-pdf

Et si vous voulez en savoir beaucoup plus, maintenant ou plus tard, retournez  sur : http://agirlocal.org/

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Agriculteur ou coiffeur, libéral ou artisan, privé ou public, que vous soyez entrepreneur ou chef d’établissement ou salarié, d’une entreprise privée ou d’un lycée, vous pouvez réduire vos émissions de C02 professionnelles, et ce faisant économiser de l’argent, construire des avantages concurrentiels ou un meilleur service public, développer l’emploi local et le bien être au travail.

Pourquoi est-ce efficace de passer par les émissions de CO2 ? Parce que cela permet de sortir du cadre, d’innover, mais aussi pour une raison simple : moins de CO2 c’est moins d’achats, de matières ou d’énergie, d’impôts, plus de valeur ajoutée privée ou publique.

La preuve, les deux exemples de réduction de CO2 ci-après : ils pèsent l’équivalent d’un milliard d’aide aux entreprises par an. Même si au bout cela ne fait que la moitié… Réduire ses émissions de CO2 sert à gagner de l’argent.

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Un repère d’abord : la France compte 3,6 millions d’entreprises, (agriculture comprise comptée à part par l’INSEE). (hors un million d’entrepreneurs individuels dont le chiffre d’affaire moyen est de 3000 euros par trimestre).

  • 0,1% des entreprises emploient la moitié des salariés.
  • 99,9% des entreprises comptent moins de 50 salariés et emploient l’autre moitié; (96 % des entreprises comptent moins de 10 salariés et rassemblent un quart des salariés)

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Bon, à moins de 50 salariés, les clients, les contrats, la trésorerie, les factures, la production, passent loin devant les émissions de CO2. Et pourtant… il est facile de commencer, seul, par prendre sa part du milliard annoncé :

Par exemple, en jouant sur les photocopies et impressions ; ne riez pas : à plus d’une demi tonne de CO2 par tonne de papier fabriqué, on voit tout de suite qu’il y a de quoi faire. D’après l’ADEME, 30 ramettes de papier sont consommées par salarié et par an (à 2,5kg la ramette, 70 à 85 kg par an et par salarié). Imprimez systématiquement recto-verso. Evidemment, le gain ne sera pas le même suivant que vous êtes bureau d’étude ou agriculteur… Mais les sommes sont stupéfiantes :

Si la moitié de ces 30 ramettes est imprimée recto-verso au lieu du seul recto, à 5 euros la ramette, 40 euros sont économisables par salarié et par an (8 ramettes par 5 euros ; si vous pensez que ça coute moins sur étagère au super marché ou chez votre fournisseur, ajoutez l’achat, la livraison, le paiement et la comptabilité); pour l’ensemble des entreprises françaises, 100 des 400 millions de ramettes de papier sont économisables (30 ramettes par salarié par 14 millions de salariés), soit 500 millions d’euros par an pour l’ensemble des entreprises, 500 000 TeCO2 au passage et la production de 80 000 ha de forêt. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Infaisable ?

La consommation de papier n’a pas toujours été aussi importante. Celle de carton non plus.

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 Vous pouvez doubler vos économies en imprimant 1% de moins de papier : 150 pages par salarié par an à 30 c la page, 45 euros. Par exemple en imprimant certains documents avec 2 pages par A4.

Total de ces 2 actions minuscules : 85 euros par 14 millions de salariés : autour d’un milliard d’euros par an d’aide à la compétitivité des entreprises françaises pour pas un euro de plus d’impôts et zéro investissement.

On peux se fabriquer un petit bonus en changeant les ampoules de l’entreprise pour des leds : moins d’énergie égale moins de CO2. Au minimum deux ampoules par salarié, 1000 h par an, à 50 Watts économisés par ampoule, à 10 c du kwh, 10 euros par salarié  et par an ; plutôt 50 euros pour un coiffeur, sans compter les économies de climatisation ; achat de l’ampoule payable en moyenne avec un trimestre d’économies sur les ramettes de papier; et sur 14 millions de salariés, 1400 millions de kwh à 10 centimes : 140 millions d’euros par an. On peut ne pas avoir à faire de photocopies, mais on ne peut pas travailler sans éclairage.

C’est d’autant plus intéressant que la lumière est allumée aux heures de pointe de consommation d’électricité, le matin et le soir, c’est à dire quand il faut faire tourner les centrales EDF au charbon, au fuel, au gaz, à 500 g de CO2 le kwh consommé : 350 000 TeCO2 économisés.

Quand on sait que les coûts de production d’électricité à ces heures là sont 5 à 6 fois plus élevées qu’en dehors des heures de pointe, les éviter fait gagner de la compétitivité à l’ensemble de l’économie française :

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Bon, dans la foulée, on vient de réduire de 1% les émissions de CO2 nationales. Sans vraiment commencer à entrer dans le sujet : décarboner pour économiser. Encore moins pour se donner des avantages concurrentiels ou un meilleur service public, développer l’emploi local et le bien être au travail.

Juste pour vous convaincre de prendre un peu plus de temps à vous occuper du CO2 : vous pouvez décupler cette économie à 10% de papier imprimé en moins : 450 euros par salarié et par an. Là, on a un plan à 6 milliards d’euros par an. Sans impôts ni investissement. De quoi gagner en compétitivité, toutes entreprises réunies.

On peut faire mieux, en s’organisant pour identifier systématiquement les gisements puis passer à l’acte. Mais là, il vous faut vraiment prendre un peu de temps, faire un bout de chemin ensemble.

En commençant par se demander comment faire le bilan de ses émissions de CO2, générateur d’une autre approche de la compétitivité, efficace ; puis plus généralement comment travailler mieux pour vivre mieux.

  • Mais d’abord, comment faire son bilan carbone, clé d’entrée dans les économies ? A la réflexion, ne pas rester seul apparaît décisif.

Un schéma simple, adapté aux petites entreprises, aux chefs d’établissement en dit plus qu’un long discours :

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Agriculteur ou coiffeur, libéral ou artisan, chef d’établissement privé ou public, ce schéma souligne les 6 points clés des activités, les domaines à portée de décision : achats, services et produits de sortie, et entre les deux les déplacements des marchandises, des salariés et des clients, les outils de travail et l’énergie, les déchets.

Pourquoi un schéma simple ? Parce que les 99,9% des entreprises qui comptent moins de 50 salariés, n’ont pas le temps de faire un bilan carbone, ou ne veulent pas s’y lancer, faute d’être rassurées sur la qualité du résultat. Et puis c’est nouveau donc perçu comme compliqué. Par exemple, l’ADEME a déjà changé le nom du bilan carbone, désormais cela s’appelle un bilan GES, comme gaz à effet de serre ; mais c’est exactement la même chose.

Donc se regrouper par fédération apparaît une bonne piste.

L’étude menée par deux juniors entreprises, des Mines et de l’ESSEC permet de comprendre pourquoi passer par là est le plus pragmatique : économie durable

La fédération a les moyens de s’occuper de bilans types, adaptés au métier, permettant de traduire les montants en euros des 6 points clés, bien connus du chef d’entreprise, en émissions de gaz à effet de serre, qu’il ignore. Cf Outils. La fédération peut construire un tableau de bord, plutôt celui d’une Twingo que celui d’un A380.

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La fédération est armée pour aller plus loin, identifier systématiquement les gisements d’économies intéressants et les solutions type. Elle peut communiquer ces solutions à ses adhérents, former les collaborateurs, organiser des concours d’idées, mesurer les performances, récompenser les meilleures. Bref elle peut maitriser une démarche de progrès au service de ses adhérents.

Bon, raisonnablement il lui faut un an de travail avec les entreprises, avant que chaque entreprise intéressée puisse mettre en œuvre les premières actions.

Et après ? Les solutions pour une petite entreprise, un petit établissement n’ont pas grand chose à voir avec celles d’une entreprise de plus de 50 salariés et plus. Mais les points clé sont les mêmes ;

Illustration sur un établissement de 400 salariés qui produit de la matière grise : 90 % de ses émissions viennent de 3 postes : le bâtiment qui l’abrite et les voitures des collaborateurs, autrement dit le processus de production et … une myriade de postes qui sont de la responsabilité du secrétaire général que l’on peut regrouper sous le vocable achats, fonctionnement et déchets.

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Dans l’année  qui suit ce bilan GES, le CO2 peut être réduit : de 10 à 20% suivant les postes et les euros avec :

  • gestion effective du chauffage central (régulation autrement que par l’ouverture des fenêtres par les uns et chauffage électrique sauvage par les autres) et de l’eau chaude sanitaire,
  • attribution des voitures les plus performantes aux collaborateurs qui font le plus de km (20 000km par an à 1 euro, soit 20 000 euros pour l’un et 5000 km à 60 c = 3000 euros pour l’autre, total 23 000 euros. Si l’on inverse les véhicules, les mêmes kilomètres de ces deux collaborateurs coutent 17 000 euros, soit 26 % d’économie), mise au rebut des ruines et mutualisation de certaines voitures,
  • gestion des ramettes de papier, changement des ampoules, rationalisation du nettoyage (pourquoi entre 5h et 7h du matin ou après 19h ? C’est coûteux et ça pourri la vie des femmes de ménages et de leurs enfants), tri effectif des déchets.

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Avec un peu plus de temps investi, on peut gagner autant et commencer à agir sur travailler mieux pour vivre mieux tout en gagnant de l’argent : isolation thermique d’une terrasse, pose de robinets thermostatique sur les radiateurs, horloge pour gérer nuit et week end, pose d’une porte d’entrée à tambour, installation de ballons d’eau chaude électrique dans les toilettes pour avoir de l’eau chaude instantanément et pose de robinets limiteurs (temps de retour sur investissement de l’ordre de l’année), externalisation d’une partie du parc automobile pour une meilleure mutualisation, installation d’imprimantes partagées à carte individuelle, éclairage au poste de travail, commande programmée de l’extinction des lampes…

Au delà de ce type de solutions, même pour un grand établissement, ne pas rester seul, dans son entreprise est déterminant.

Une deuxième piste permet alors de progresser : le club d’entreprises, sur le territoire de proximité. Ce qui nous amène à agir local :

  • Agir local pour travailler mieux, vivre mieux et continuer à économiser

Agir local permet d’adapter le contrat de restauration inter-entreprises à une boucle alimentaire locale : plus sain, pas plus cher, ludique, créateur d’emplois locaux, de lien ville-campagne, de qualité de vie au travail : boucle alimentaire locale

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Agir local permet de faciliter le trajet gare-entreprise des salariés : en installant des garages à vélos en pied d’entreprise et à la gare ; en créant un parc à vélos d’entreprises ou un contrat de service équivalent, surtout si vous êtes dans une zone d’activité (quel que soit son nom, cela veut dire loin des transports en commun, accessible qu’en voiture) : vélo

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Agir local permet de mutualiser les actions d’efficacité énergétique ; voir le démonstrateur sur les réseaux de chaleur aux énergies renouvelables et de récupération ou la rénovation groupée de logements individuels, un exemple dont vous pourriez vous inspirer qui consiste à faire de l’achat groupé pour économiser, tout en offrant les meilleures garanties de résultat.

Agir local permet de créer un lieu pour mutualiser des services communs, par exemple des salles de réunion, de la video conférence, un espace d’accueil, de formation, d’enrichissement des compétences des uns par les autres ; au total pour développer ses produits plus vite, plus fort  ; voir tiers lieux.

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Bon, avec tout ça, vous n’avez pas inventé un seul service de transition. L’avenir quoi.

Il est vrai que le chemin de l’innovation par le CO2 renvoie à la case départ : qu’est ce qui nous arrive ?

1- Le changement climatique doit-il être pris au sérieux ? Les scientifiques du GIEC, le groupement intergouvernemental des experts du climat, disent que oui. Y voir clair rassemble les éléments clés de leurs rapports 2007 et 2015. A la vitesse à laquelle nous émettons des gaz à effet de serre, nous franchirons la barre des 450 ppm au début des années 2030, et donc de façon irréversible nous dépasserons le seuil de 2°C de réchauffement de l’atmosphère.

2- Et les autres enjeux du développement durable ?

Comment faire si la ligne de vie trace moins d’énergies fossiles, moins de minerais, plus d’intelligence collective pour un partage raisonné des espaces et des ressources, selon un chemin économique et social acceptable ?

Mesurer pour agir est une bonne piste : Outils fournit des indicateurs, un double tableau de bord territoire-projet pour mesurer l’impact de tout projet sur son territoire d’accueil. Evidemment, hors Île de France, il vous faudra trouver les indicateurs territoriaux de votre territoire ; ou, deuxième piste, vous fier aux actions efficaces telles que mesurées par l’outil @d ou tout autre référentiel.

Screen-Shot-2015-08-25-at-15.44.47-470x4083- Pour construire des projets locaux, un repère : l’alimentation, les éco-matériaux, les éco-énergies, poussent à la campagne et sont consommées en ville.

La maison carbone, à l’initiative des élus, est un bon lieu pour imaginer comment s’organiser pour développer une économie locale, avec d’autres : agriculture, première transformation, distribution, opérateurs…

Mais aussi pour imaginer une économie circulaire locale au delà du ramassage groupé des déchets ; ce qui désigne un service commun à inventer : les déchets des uns sont la matière première des autres.

Et encore se former, monter en compétence par l’apport des uns des autres.

Demandez à vos élus et participez au montage et à la vie de la maison carbone.

20160121 projets maison carbone

4- Et tant qu’à profiter des expériences des autres, quelles actions concrètes lancer ? Comment changer le métabolisme de mon territoire ? Quels services de transition développer? Quel genre de projets ? Comment s’y prendre ?

20160216 démonstrateur tiers lieux

Allez voir les rubriques actions, projets, démonstrateurs, vous avez de quoi entreprendre reproduire ou innover. Une video de 2-3 minutes vous présente chaque onglet.

5- Vous voulez peut-être savoir d’où viennent toutes ces informations : il vous faut remonter aux sources, qui sommes nous.

6- Mais si vous voulez d’abord survoler la totalité du site avant de fouiller plus avant, allez sur en résumé: 15 minutes de video (c’est dense) ou 9 pages illustrées à télécharger, pour lire à votre rythme.

7- Et un constat qui ressort de ce travail de plusieurs milliers d’acteurs locaux : vous pouvez faire encore plus fort si vous sortez de votre entreprise. Seul ou ensemble, ça vaut la peine.

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Devant la menace climatique, il n’est pas interdit de se parler, entrepreneurs, habitants, élus, et d’agir sur notre territoire, de développer son entreprise, dans le plaisir de vivre.

Les décisions des uns et des autres se renforcent, augmentent en efficacité.

Alors ? Penser CO2 peut faire gagner de l’argent, vivre mieux, en meilleure santé. A bien y regarder, c’est plus facile que compter en euros ; il suffit d’avoir voyagé dans un pays qui a une autre monnaie pour s’en apercevoir.

Si vous voulez relire tranquillement ce texte sur papier, et faire votre plan CO2, vous pouvez télécharger ici  le pdf : entreprises-pdf

Et si vous voulez en savoir beaucoup plus, maintenant ou plus tard, retournez  sur : http://agirlocal.org/

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Un repère d’abord : nous sommes 7,5 milliards d’habitants sur la terre dont 2 de la classe moyenne et supérieure mondiale : celle qui émet la très grande majorité des gaz à effet de serre. En France, pays très développé, nous sommes autour de 50 millions à faire partie de cette classe moyenne : les 3/4 de la population française.

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Si vous avez un logement et de quoi le chauffer, de quoi acheter une voiture et manger de la viande tous les jours, alors vous en faites partie. Et si vous pensez que changer votre comportement n’a aucune importance, multipliez le par 2 milliards.

Quant aux plus pauvres, agir de la sorte va les aider en créant de l’emploi local, en les sortant de la précarité énergétique, en développant des moyens de transport bon marché, en poussant l’agroalimentaire vers des produits sains, en contribuant à écarter la menace climatique et ses conséquences sur les plus faibles, eux, et surtout en leur permettant d’être acteur de leur vie.

Pour agir, seul, trois domaines sont à portée de décision : le logement, les déplacements, l’alimentation.

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Logement :

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2- la moitié D E

Le plus grand champ de pétrole de France, c’est l’économie d’énergie. Près de la moitié de l’énergie consommée en France passe dans le bâtiment. 44 % cette année 2015, pour être précis. La moitié des logements sont à étiquette D ou E : quasiment des ruines énergétiques ou des gouffres à euros, c’est comme on veut.

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  • 1° de moins de chauffage, c’est 7% d’économies. Mettez un pull en hiver. Ca sent bon la saison. Pour vous donner une idée, la température ressentie est une moyenne entre la température du thermomètre et le température de vos murs.

Chauffé à 22° au thermomètre, avec des murs à 16°, vous ressentez 19°C. Chauffé à 19° avec des murs à 19°,    vous ressentez 19°C. (entre les deux, 21% d’économies). D’où le pull, pour descendre à 20-21° au thermomètre, en attendant d’avoir isolé votre logement, de préférence par l’extérieur.

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  • Modulez votre consommation avec votre occupation du logement : jour-nuit, travail-vacances ;
    • en chauffage individuel faites poser un régulateur ; les 200 à 300 euros pour faire poser le régulateur sont amortis en une à deux saisons.
    • En chauffage collectif, faites de même : combien de plaintes entendues aves la période de chauffe qui commence et s’arrête à dates fixes, quelle que soit la météo. Si vous ne gagnez pas d’argent, vous gagnerez en confort. Entendez vous pour baisser la température de 2° entre 23 heures et 5 heures du matin par exemple. Il vous restera à fermer vos radiateurs lorsque vous partez en hiver.

Faites le calcul : 1° de surchauffe économisé à l’année, 7% d’économies ; 2°C de moins la nuit, 2 à 4% d’économies selon les provinces (un peu moins en logement collectif); 15°C de moins pendant 15 jours de vacances et week-end d’hiver : 6 à 10% d’économies.

  • Il faut une minute pour changer la totalité de l’air d’une chambre. Quand vous aérez une pièce, fermez au moins les portes pour ne pas vider l’air chaud de tout votre logement en quelques minutes. Et si vous ouvrez vos fenêtres une heure par jour, arrêtez les radiateurs (Une heure sur 24 heures, 4% d’économies)
  • Vous pouvez aussi ne chauffer que les pièces que vous utilisez en hiver. Quand les enfants sont partis faire des études par exemple. Une pièce sur cinq, à 10°C de moins, 3 mois de chauffe par an : 7 à 10 % d’économies.
  • Et si vous êtes en copropriété et en chauffage collectif, la nouvelle loi sur le comptage du chauffage va vous aider à mettre tout ça en œuvre. Avec des robinets dits thermostatiques sur vos radiateurs, de l’ordre de 10% d’économies.

De quoi gagner au total entre 20 et 40 % sur votre facture de chauffage (la connaissez vous ?) et sur vos émissions par conséquent ; disons sur 25% d’économies en moyenne, de l’ordre de 15 millions de TeCO2 en France (60 millions de TeCO2*25%).

Et plus si vous achetez des appareils électroménagers A++, si vos changez toutes vos ampoules pour des leds, si vous éteignez les veilles de nos nombreux appareils et ordinateurs.

La chasse aux économies peut être un jeu. Comme dans tous les jeux, amusez vous : vous allez apprendre des tas de choses, monter en compétence comme disent les sportifs.

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Vous pouvez faire encore mieux, en investissant cette fois, dans les économies d’énergies de votre logement : allez sur Bâtiments réfléchissez et prenez vous en main, pas seul. Pour donner une image, un joueur de rugby, seul, est forcément moins bon sur le terrain qu’une équipe, avec son entraineur, son club et sa fédération.

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Et ne dites pas « je n’ai pas d’argent pour isoler, changer de chauffage », vous venez d’en gagner ; plus encore que vous ne croyez : 45 milliards d’euros sont investis chaque année en France dans la rénovation des bâtiments ; dont 15 dans la rénovation énergétique ; à 80 % dans les fenêtres : c’est à dire dans la plupart des cas, le plus cher, le moins efficace. Commencer par le toit est le B-A BA de l’efficacité énergétique.

Déplacements :

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Nos grands parents parcouraient 3000 km par an en moyenne  dans les années 60. Nous en parcourons 16 000 ;

Les gCO2 /km émis par les avions, les voitures ou les transports en commun font ressortir qu’il est inutile de calculer les émissions des transports en commun, elles sont négligeables devant celles des voitures ou des camions : 7-10g de CO2 par personne et par km en transport en commun, pour 250 à 350 g de CO2 par voiture (à diviser par le nombre de passagers).

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Autre repère, la moitié de nos déplacements se font à moins de 3 km, la distance de confort du vélo. Mais si vous voulez en rester à votre voiture, vous pouvez agir, tout de suite :

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  • Au dessus de 50 km/h, diminuez votre vitesse de 10 à 20 km/h ; la plus grande quantité de voitures passe aux alentours de 70 km/h : moins de bouchons, moins d’essence. Au dessous de 50 km/h, respectez les limitations. Anticipez les arrêts au feu rouge ; faites de l’éco conduite.

Détail : il faut 3 semaines pour se désintoxiquer de la vitesse; après c’est le bonheur de vivre qui revient. Et les euros, ça se voit au plein de carburant. 10 à 20% d’économies selon les trajets.

  • Louez votre voiture quand vous ne l’utilisez pas. Des sites existent. Vous gagnez, le locataire de votre voiture gagne, les émissions de CO2 diminuent.

Quand on vous raconte que la voiture émet 120g de CO2 par km, la réalité, embouteillages inclus à l’année, se situe entre le double et le triple.

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  • Louez une voiture sur place, là où vous allez en week end, en vacances, quand vous partez peu de temps … et donnez votre voiture en location pendant ce temps.

Notre voiture coûte en réalité 50 centimes à 1 euro du km. (Si vous persistez à ne compter que l’essence, ajoutez l’achat, l’assurance, les grosses et petites réparations et les péages ; et si vous n’avez pas le temps, consultez le barème fiscal frais réels de déduction d’impôts ; Bercy sait compter).

En vacances courtes, pour 500 km aller retour : 250 à 500 euros économisés auxquels il faut ajouter la recette de location de votre voiture. De quoi louer une voiture jusqu’à une semaine et partir en train, en autocar,… à moins de 10g de CO2 du km par personne ; avec beaucoup moins de probabilité d’avoir un accident.

Pour 2000 km à l’année parcourus pour aller en vacances et revenir, et 10 millions de voitures, au moins 5 millions de TeCO2 économisées (250g*2000km*10 millions)

  • Covoiturez : c’est l’arme fatale ; aux heures de pointe, les voitures comptent 1,05 personnes à bord ; vous avez compris, le conducteur est seul la plupart du temps ; à 2, on divise par deux les émissions de CO2 et les coûts si vous partagez les frais (à 3 c’est encore mieux…). Plus parce que les bouchons pourraient s’évanouir avec deux fois moins de voitures.

Au tarif de la loi : 6 centimes du km sur un prix de revient de 50 centimes du km, soit une économie de 12 % par covoitureur.

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  • Et si vous manquez d’exercice physique, allez au travail en vélo, c’est moins cher qu’un club de gym’ : de bout en bout ou en prenant aussi un transport en commun. l’utilisation du vélo permet de passer de 50 c à 5 centimes du km, de se donner un treizième mois à l’abandon de la deuxième voiture.

C’est bon pour votre porte monnaie, pour votre santé, pour la sécurité sociale, pour la réduction des gaz à effet de serre.

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Pour un choix du vélo une fois sur cinq déplacements, (la part de ce mode de transport dans tous les déplacements), c’est à dire moins qu’aux Pays Bas, l’économie de dépense de Sécurité sociale pour la France serait de 15 Milliards d’€ annuels. Ce sont les ministères qui le disent.

Vous pouvez aussi utiliser le vélo électrique, il efface les dénivelés. Si vous gardez quand même votre deuxième voiture, l’économie est de l’ordre de 35 c du km. 15 km par jour, 200 jour par an, 1000 euros par an ; achat amorti en un an.

  • Vous pourrez bientôt utiliser des tiers lieux ; des espaces partagés, multi-entreprises, où vous pourrez venir travailler à 10 minutes de chez vous, un à deux jours par semaine ;

Pour les banlieusards, de une à trois heures de transport en moins par jour d’utilisation ; en moyenne, l’équivalent d’un jour de vacances par mois. Et pour tous les autres, l’effet mercredi, ce jour bien connu des voyageurs de la deuxième couronne en Île de France : quand nous avons l’impression d’être au large.

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Au total, de quoi gagner entre 15 et 40 % sur vos factures de voitures (avez vous jamais fait le total ?) et sur vos émissions par conséquent ; disons sur 25% d’économies en moyenne, de l’ordre de 18 millions de TeCO2 en France (70 millions de TeCO2*25%).

Vous pouvez vous rapprocher des 40% d’économies, en vous investissant dans les projets locaux. Allez sur Déplacements réfléchissez et prenez vous en main, pas seul.

En particulier, l’organisation du déplacement en vélo sur votre territoire est un levier pour changer votre vie. Les tiers lieux aussi. Prenez votre part.

L’alimentation :

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Mine de rien, c’est un tiers de nos émissions de gaz à effet de serre, de l’agriculture aux déchets, en passant par l’agroalimentaire, les courses, la cuisine et le lave vaisselle.

  • Première évidence, achetez local, des produits de saison, de préférence agriculture raisonnée (moins de pesticides, d’insecticides, d’engrais et de désherbants, bon appétit) voire bio (encore moins de chimie et même plus intelligent).

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Achetez sur les marchés, les producteurs sont locaux et connus. C’est bon pour votre santé, pour l’emploi et pour votre porte monnaie. Dépassez le prix au kilo, calculez le prix de votre santé, les jours de maladie sans salaire, le chômage, ou vos cotisations chômage si vous avez un travail, vos impôts et les cotisations de sécurité sociale.

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Les fraises en hiver, les côtelettes surgelées de Nouvelle Zélande, les crevettes élevées au Pérou et les fleurs du Kenya font des émissions de gaz à effet de serre astronomiques. Et ont des coûts réels très supérieurs aux économies apparentes.

  • Deuxième évidence, faites vos courses à côté de chez vous. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, le super marché c’est 50 centimes à un euro du km supplémentaire pour y aller ; et beaucoup de tentations couteuses, beaucoup plus que le surcoût voiture, disent les professionnels du marketing. Il faut les croire quand ils parlent entre eux de votre porte monnaie.

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Si vous tenez à l’hyper marché ou si c’est plus commode, commandez sur internet et faites vous livrer, vous gagnerez du temps et c’est moins cher pour cause de tentations marketing évitées. Cela n’empêche pas de faire un tour au supermarché de temps en temps.

  • Troisième évidence, cuisinez ; c’est un plaisir, vous faites plaisir ; allez chercher les recettes de mamie, réinventez des recettes. Organisez des concours. Echangez les tuyaux, les légumes impensables, les produits de qualité, les soupes aux 5 légumes et plus.

Vous ne savez pas ce que vous achetez quand les plats sont tout cuisinés. Evitez. On a un peu oublié mais la cocotte minute, ça fait gagner du temps, de l’énergie et de l’argent.

  • Quatrième évidence, la viande : il y a un demi siècle, mamie mangeait une viande par jour, parfois par semaine. Sommes nous plus heureux ?

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Le bilan eau ou carbone de la viande est ahurissant. Avec la même surface de terre, nos agriculteurs produisent 5 à 6 fois plus de protides végétaux qu’animaux. L’économie pour le consommateur que nous sommes est de l’ordre de 10 euros le kg ;

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Difficile d’évaluer l’économie totale ; elle dépend beaucoup de vos comportements. Investir dans votre santé est premier mais regardez la viande : en moyenne, nous mangeons un peu moins de 100 kg de viande par personne et par an. Réduire d’un tiers notre consommation de viande économise 300 euros par personne et par an (30 kg à 10 euros de différence par rapport aux légumes) soit 10 à 15% du budget alimentation du français moyen.

Ce qui peut réduire de 450 kgeCO2 les émissions par personne et par an (15 kg d’équivalent CO2 par 30 kg de viande), et réduire donc de 22 millions de TeCO2 les émissions en France (50 millions de mangeurs de viande par 450 kgeCO2).

Vous pouvez faire beaucoup mieux en vous intéressant à l’agriculture locale, raisonnée, ou mieux, bio ; en vous intéressant aux km faits par vos aliments avant d’arriver dans votre assiette.

En commençant par les cantines : la boucle alimentaire locale, ça paye, en santé, en emplois non délocalisables, en transports évités ;

Les déchets agricoles et alimentaires pèsent cinq fois plus que les déchets ménagers  que nous trions. Qui s’en occupe ? Qu’en fait-on ?

Même notre lave vaisselle mérite un peu d’attention : quelle durée de vie ? Quelle consommation d’eau et d’énergie ?

Récapitulatif :

 

Alimentation :                 10 à 15% d’économies en euros, 22 millions de TeCO2

Chauffage Logement :   20 à 40% d’économies en euros, 15 millions de TeCO2

Voiture :                          15 à 40% d’économies en euros, 18 millions de TeCO2

22+15+18= 55 millions de TeCO2, c’est 10% des émissions de gaz à effet de serre de la France (550 millions de TeCO2).

En euros, le ménage moyen dépense respectivement 16,4 % de son budget disponible en alimentation, 4,8 % en chauffage de son logement et 14,3 % en voitures, dit l’INSEE : plus du tiers de ses dépenses totales (35,5%). Le revenu disponible par ménage tourne autour de 32 000 euros (entre 13 000 euros pour les 10% les plus pauvres et 63 000 pour les 10% les plus riches).

Alors ?

Les économies que nous venons de calculer vont de 5 à 10% du revenu d’un ménage ; appliquées au revenu disponible moyen, ces économies vont de 1600 euros à 3200 euros par an.

Il y a de quoi emprunter 15 000 à 30 000 euros sur 10 ans pour investir dans l’isolation de votre logement par exemple. Et économiser encore plus.

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Les 20% de réduction de CO2 sont à portée de main, tout de suite et plus si vous investissez.

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Mais savez vous combien vous émettez ? Si vous voulez le savoir et mieux décider encore : : http://www.coachcarbone.org/inscriptionutilisateur/animationintro/intro le site est de confiance, c’est l’ADEME et la fondation Nicolas hulot qui ont réalisé ce calculateur.

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Alors comment économiser encore plus et vivre mieux encore, tout en réduisant vos émissions ?

  • Par exemple, si vous êtes propriétaire (ou copropriétaire) de votre logement, avec le prêt à taux zéro, supposé utilisé sur 7 ans : 10 000 à 20 000 euros d’investissement dans l’isolation et une chaudière efficace (ou le branchement sur un chauffage urbain aux énergies renouvelables et de récupération) sont entièrement remboursés par cette façon de piloter vos comportements ;

Et cet investissement va vous rapporter encore 20, 40% de votre facture de chauffage ; et autant de réduction de vos CO2.

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  • Et si vous êtes locataire, vous avez de quoi passer au bio, vous acheter un vélo électrique et des appareils ménagers A+++ ; de quoi être en meilleure santé, et vous rapporter des économies supplémentaires sur la voiture, le renouvellement de vos appareils (ils durent plus longtemps) ainsi que les factures d’électricité et d’eau. Et autant de réduction de vos CO2.

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Il y a d’autres idées. Allez voir les rubriques actions, projets, démonstrateurs, vous avez de quoi agir. Une video de 2-3 minutes vous présente chaque onglet.

Vous voulez peut-être en savoir plus avant de passer à l’action (ou après), regardez les onglets y voir clair et outils ;

Et pour savoir d’où viennent toutes ces informations, il vous faut remonter aux sources, qui sommes nous.

Mais si vous voulez d’abord survoler la totalité du site avant de fouiller plus avant, allez sur la rubrique EN RESUME à droite de la page d’accueil du site www/agirlocal.org   : 15 minutes de video (c’est dense) ou 9 pages illustrées à télécharger, pour lire à votre rythme.

Qu’est ce qui ressort de tout ça ? Vous pouvez faire encore plus fort si vous sortez de chez vous. Seul ou ensemble, ça vaut la peine.

Devant la menace climatique, il n’est en effet pas interdit de se parler, habitants, entrepreneurs, élus et d’agir sur notre territoire, dans le plaisir de vivre. Les décisions des uns et des autres de renforcent, augmentent en efficacité.

Alors ? Penser CO2 peut faire économiser de l’argent, vivre mieux, en meilleure santé. A bien y regarder, c’est plus facile que compter en euros ; il suffit d’avoir voyagé dans un pays qui a une autre monnaie pour s’en apercevoir.

Passez à l’acte progressivement, prenez vous au jeu, amusez vous et …comptez : ça vaut des mots croisés ou un sudoku, des jeux vidéo ou un match. La réalité de votre vie et de votre bien être en plus. Faites vous plaisir, partagez vos expériences avec vos proches, votre entourage, vos voisins ; agissez chez vous, sur votre territoire, dans votre entreprise ; directement ou indirectement vous y gagnerez.

Si vous voulez relire tranquillement ce texte sur papier, et faire votre plan CO2, vous pouvez télécharger ici  le pdf : habitant-pdf.

Et si vous voulez en savoir beaucoup plus, maintenant ou plus tard, retournez  sur : http://agirlocal.org/

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