Pacte finance climat :

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Comment mettre la finance au service du climat 

Vous êtes un citoyen de base : la spéculation financière vous dépasse et pourtant vous avez pris la crise financière de 2008 en pleine figure. Alors rien à faire ? Juste subir ? Cela dépend de vous.

Vous êtes entrepreneur : voulez vous réaliser des projets financés, utiles ? Question stupide et pourtant, cela dépend de vous.

Vous êtes élu, local ou national, vous gérez la chose publique, les communs; vous savez ce qui nous attend si nous ne faisons rien ou si peu que pas, comme à ce jour. Alors? Cela dépend de vous.

Habitants, entrepreneurs, élus, cela dépend de vous, en commençant par lire la proposition du pacte finance-climat de Jean Jouzel et Pierre Larrouturou : pour éviter autant que faire se peut la crise financière annoncée par le FMI, tout en sortant de l’impasse climatique. Cette proposition de pacte vous place devant la question : voulez vous que l’économie réelle, l’emploi, le bien être, reprennent le dessus avec des projets financés tout en vous mobilisant sur la transition énergétique, écologique ? De la décision de signer ce pacte européen résulterait pour la France un financement annuel de projets de transition de 45 milliards par an, à taux zéro. Et selon l’Ademe, de 600 000 à 900 000 emplois créés sur notre territoire. Magie? Non, réalisme.

Pourquoi un pacte finance-climat ?

Depuis 2015, la quasi totalité de la création monétaire va à la spéculation. C’est à dire ne finance pas ce pour quoi elle est faite : financer l’économie réelle. Cela peut se changer. « La prochaine crise financière va nous tomber dessus, plus grave et plus générale que celle de 2008 » dit le FMI. La seule inconnue est la date. Si cela peut se changer, alors essayons.

La menace climatique est brûlante et là, on connaît à peu près la date : selon l’observatoire de Mauna Loa,( www.co2.earth ) nous avons franchi les 410 ppm en mois d’avril dernier; à 415 ppm nous déclenchons les 1,5°C de hausse de température ; au rythme actuel, c’est pour 2020 ; à 450 ppm, nous déclenchons les 2°C ; c’est pour les années 2030.

Quelle proposition de pacte ?

Diriger la création monétaire sur l’économie réelle, celle des entreprises, des habitants, des collectivités territoriales ; dans les 4 secteurs clé : bâtiments, mobilités, alimentation, énergies (www.agirlocal.org). Et pour cela décider que la banque européenne d’investissement devienne une banque du développement durable (Philippe Maystadt, Président honoraire de la BEI) : moyennant quelques fonds propres fournis par l’Europe, chaque pays dispose alors d’un droit de tirage annuel à hauteur de 2% de son produit intérieur brut ; 45 milliards pour la France, 60 pour l’Allemagne.

Et pour financer ce qui n’a pas de retour sur investissement comptable, créer un impôt européen sur le bénéfice des entreprises, de l’ordre de 5% ; ce qui porterait le taux moyen européen à 24%, celui que Trump vient de décider pour les USA (un impôt qui ne soit pas sur les contribuables, pas sur les entreprises, mais bien sur les bénéfices qui alimentent la spéculation). De quoi dégager chaque année 100 milliards d’euros et financer la recherche, une partie du chantier sur le territoire européen et augmenter très nettement l’aide aux pays d’Afrique et du pourtour méditerranéen. De quoi les aider à maitriser le réchauffement climatique, pour eux et donc pour nous. De quoi subventionner, avec les états membres, chacun, la moitié de la facture des chantiers nécessaires pour réussir la transition énergétique en Europe, le reste étant couvert par les prêts à taux zéro.

Total, 1100 milliards d’euros de chiffre d’affaire par an, le besoin en financement évalué par la cour des comptes européennes pour gagner la bataille de la transition.

Comment décider le pacte ?

Début octobre, le Groupement intergouvernemental des experts du climat, le GEC, sort son rapport.

Fin octobre, l’ONU donne sa position sur le climat.

En novembre, 3 ans après la COP de Paris,  lors de la COP 24, les décideurs du monde entier se réuniront , comme prévu, pour évaluer la COP 21 et prendre les décisions nécessaires pour en rester à moins de 2°C de réchauffement.

Juste après le conseil des chefs d’Etat et de gouvernement européens se réunira, en décembre 2018. Là, à ce moment, il peut décider le pacte et entraîner le monde.

Impossible de décider le pacte? Sur proposition de Jean Monnet, en moins d’un an, Schumann et Adenauer ont décidé l’Europe et signé le traité. Il s’agit de décider aujourd’hui un nouveau traité européen, approuvé par référendum voté le même jour dans tous les pays d’Europe.

Et vous, vous faites quoi ? Les temps ont changé, certes. Alors, vous retournez à vos occupations ou vous dites haut et fort ce que nous voulons pour notre avenir et celui de nos enfants ? En signant l’appel sur notre site www.climat-2020; mieux en activant vos réseaux professionnels associatifs et politiques ; en délibérant dans vos instances, professionnelles, associatives et territoriales et en le faisant savoir.

A juin 2018, nous nous y sommes mis dans 6 pays européens; et vous ?

 

                                                                                                Jean-Michel Vincent

l’atelier 2018 “la vie dans les métropoles au XXIème siècle”

 

Accéder à l’intégrale d’un feuilleton de l’été dont cet article cite des extraits : http://agirlocal.org/un-feuilleton-pour-lete-latelier-la-vie-dans-les-metropoles-au-xxieme-siecle/

Les ateliers, dits de maitrise d’oeuvre urbaine, ont pour caractéristique d’être force de proposition pour les décideurs.

Ces 36 dernières années, l’association des Ateliers en a produit 80 en Île-de-France, en France et à l’international . Cette formule a fait la démonstration de son efficacité, la plus décisive étant le changement de lieu de l’exposition universelle de Shangaï, depuis les terrains autour de l’aéroport à ceux du centre ville. D’autres projets en Île-de-France ont bénéficié, à leur émergence, des propositions de ces jeunes professionnels et des débats ainsi instaurés : Paris Saclay par exemple.

L’atelier francilien de cette année a pour sujet la vie dans les métropoles au XXIème siècle”.

Deux séminaires et 4 soirées métropolitaines préparent l’atelier de septembre, réalisé par deux douzaines de participants venant des ‘ coins du monde. Ils présenteront leurs travaux devant un jury international le 28 septembre.

Nous constituons pour les participants un dossier d’immersion qui récapitulera les 2 séminaires, les 4 soirées ( le défi climatique, habiter-travailler-mobilités, le numérique, et l’attractivité économique et culturelle), un descriptif de la région capitale et quatre “4 pages” qui problématisent le sujet: mobilités, transition, grand paysage et le gigantisme. Le compte rendu du 2ème séminaire sera comme d’habitude sous forme d’un 4 pages de 8 à 10 questions.

Pour vous donner une idée de ce travail de préparation, sur le thème de la soirée “les métropoles face au défi climatique”, un premier texte pose la question de la responsabilité de la classe moyenne et supérieure mondiale: nous sommes le problème, nous sommes la solution (3pages) ou version longue 8 pages. La première soirée métropolitaine animée par votre serviteur comprend deux interviews filmés et 4 experts : compte-rendu (8 pages illustrées)

Sur le thème de la mobilité et des modes de vie, un 4 pages  fait apparaitre qu’une moitié des actifs franciliens a droit à la semaine de 35h et l’autre moitié à la semaine de 41h, surtemps de transport domicile travail inclus : 4 pages mobilités

A suivre… et pour accéder aux documents publiés, aller sur https://ateliers.org/fr/workshops/213/

 

soirée transition de l’atelier “la vie dans les métropoles au XXIème siècle”

L’atelier francilien de cette année a pour sujet la vie dans les métropoles au XXIème siècle”. Sur le thèmes des métropoles face au défi climatique, nous avons organisé une soirée métropolitaine  avec deux interviews  filmés et 4 experts.

Outre le rappel du constat climatique et sa conséquence,-nous sommes le problème et nous sommes donc la solution-, il met en exergue

– des problématiques (Jancovici et la relation énergie-emplois-populisme ou Copenhague, les habitants et les élus)

– des solutions comme le plan climat de paris, zéro carbone qui ouvre des financements aux communes périphériques et rurales au titre de la compensation, ou le bouquin de Mathieu Rivat  sur « ces maires qui changent tout ».

Le compte rendu: 8 pages illustrées:V2 FR light soiree metro transition – Compte rendu

2ème forum des gorges de Todgha

 

Tinghir

Directement issu de la COP 22 à Marrakech, le forum international des gorges de Todgha s’est déroulé fin avril pour la deuxième fois à Tinghir, sur le côté de l’Atlas qui verse vers le désert. Un lieu paradoxal, château d’eau atteint par le stress hydrique provoqué par le changement climatique. Son objet : que peut-on faire ? Et une idée : créer là l’ingénierie territoriale permanente d’un parc naturel régional sous la houlette des élus rassemblés, pour développer le territoire sur le mode, la nourriture, les écomatériaux, les écoénergies poussent à la campagne et sont consommés en ville..

Un monde fou, beaucoup de compagnies de danseurs de plusieurs pays qui ont donné une résonance populaire à ce forum; Avec des danses dans les gorges et sur la place de Tinghir mais aussi à l’hôtel où se tenait le forum, ouvert par le gouverneur.

Comme d’habitude,(les gorges à la COP 22 et premier forum) la presse, la radio et la télévision sont là, interviewant les uns et les autres dans les couloirs.

Dans le forum proprement dit, une délégation mexicaine très importante d’un Parc naturel national, avec l’idée d’une coopération sud-sud. Des interventions d’experts du Pérou et de Tunisie et bien sûr de marocains. A noter une intervention sur la construction en terre d’un germano-franco-marocain. Ainsi qu’une journée de terrain à quelques uns dans les gorges à l’initiative d’un ex ingénieur en chef des eaux et forêts marocain, un puits de sciences qui connait les plantes de l’Atlas par coeur. A cette occasion, 200 photos de ces gorges, ont été prises et présentées le lendemain au forum. 2 français sont intervenus, l’un insiste sur le rapport ville campagne et la nécessité d’un inventaire dynamique, stratégique, mobilisateur Gorges jmv light2018; celle du représentant des Ateliers,- l’un des deux pilotes de l’atelier décroché lors de la COP 22 sur Ouarzazate-, a permis de déclencher un autre atelier sur les gorges cette fois, à la bonne échelle de territoire : de la ville et de la campagne autour. www.ateliers.org

Interventions en amazir, arabe, français, espagnol et anglais.

Le maire de Tinghir a bien intégré l’intérêt de ce qui manque à ce stade, le passage à l’action entre deux forums, en commençant par la publication des actes du forum: organisation d’une mémoire à la médiathèque de Tinghir, articulée avec les actions du président local de la francophonie (cette fois, la fondation d’experts marocains créée à l’occasion de la COP 22 a compilé les ppt présentés), travail entre deux forums des experts “permanents” motivés pour amorcer l’inventaire dynamique et le PNR (avec les élus) et compte-rendu au forum suivant avec plan d’action pour le suivant. Deux experts s’activent en ce sens. Leurs père et mère vivent dans un village à 20km, là où ils sont nés.

L’idée est d’organiser fin juin un groupe de travail sur place en ce sens, avec rendu d’une copie en fin de travail;

Reste à enfoncer le clou es qualité PNR: à quoi sert un PNR, comment on le monte et quelle coopération. C’est partie remise, dans la série travail entre deux forums. Un déplacement de la fédération des PNR français pourrait se faire en octobre.

Alimentation: quatre questions et quelques solutions

Cette contribution est fondée sur l’idée que la raison d’être de l’agriculture est de nourrir les habitants de la planète en gagnant sa vie, pas de les rendre malades et les agriculteurs avec, encore moins de les tuer.

Ce qui soulève quatre questions et conduit à quelques pistes de solution :

1- Comment empêcher la production alimentaire de tuer les habitants de la planète ?

Selon Jancovici, l’alimentation émet un tiers des gaz à effet de serre. Selon www.co2.earth la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est à 408 ppm en Décembre 2017. Selon le GIEC, à 450 ppm nous franchissons les 2°C de réchauffement et basculons dans l’inconnu :   http://agirlocal.org/category/yvoirclair/

A la vitesse à laquelle nous émettons, ce seuil sera franchi dans les années 2030.

Si, à écouter nos scientifiques, ce réchauffement est bien une question de vie ou de mort, la première question à régler est : comment réduire drastiquement les émissions de l’alimentation ?

Le première idée qui vient est de permettre aux acheteurs de connaître la quantité de C02 émise par calorie de nourriture : 30 millions de ménages français, 5 à 6 millions d’entrepreneurs et des centaines de milliers d’élus locaux peuvent alors agir au quotidien, à chaque achat, en lisant les étiquettes. Ce que l’on fait pour les prix au kilo devrait pouvoir être fait pour les grammes de CO2 à la kilocalorie.

2- Comment empêcher la production alimentaire de rendre malades ceux qu’elle nourrit ?

Il y a 50 ans déjà, on pouvait lire un certain Fournier qui expliquait entre autres que nourrir les animaux avec leurs propres déchets amènerait inévitablement une concentration dans la chaine alimentaire de germes pathogènes et des maladies qui se transmettraient à l’homme. Depuis nous avons eu la vache folle et la grippe aviaire. Sur la même chaîne alimentaire, avec l’injection massive de produits chimiques, nous avons maintenant outre les cancers des agriculteurs et des riverains en exposition directe, les concentrations de produits chimiques dans notre alimentation et la nature en général, les antibiotiques et les perturbateurs endocriniens de nos enfants en particulier, ainsi que la destruction massive de la biodiversité, avec celle des services gratuits qu’elle nous rend.

Notre santé mérite mieux.

L’idée est de pousser vers l’agriculture raisonnée et le bio, par la transparence. De même que l’on fait une déclaration d’impôts, chaque vendeur devrait déclarer les quantités d’entrants de ses produits vendus, ainsi que ramenés à la calorie alimentaire ; Les pouvoirs publics se chargeant de publier les résultats par vendeur et par commune. Par département, on pourrait ainsi connaître les achats de produits chimiques ainsi que les quantités incorporées dans notre alimentation.

A charge pour les familles, les entrepreneurs, les élus locaux de faire leurs choix, au quotidien comme dans les contrats de restauration collective : cantines, restaurants interentreprises…

http://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2016/08/fiche-17-Privilegier_la_boucle_locale_alimentaire_cle013a46.pdf

Associée à la proposition d’étiquetage CO2 à la calorie, on tient là un levier de développement de la boucle locale alimentaire saine et durable.

3- Faut-il s’interdire de sortir du cadre de l’alimentation pour trouver des solutions ?

Cette troisième question est celle de l’enjeu de la production agricole en général : par exemple la rénovation énergétique du bâti existant à base de chanvre peut être source d’activité dans la plus grande région céréalière de France qu’est l’Île de France. Il n’est pas interdit de faire pousser ce chanvre, matériau isolant, demandant peu d’entrants, en assolement triennal avec des céréales.

Plus globalement, on peut faire mieux encore en raisonnant « métabolisme du territoire » : l’alimentation, les éco-matériaux, les éco-énergies poussent à la campagne et sont consommées en ville. Pourquoi raisonner métabolisme ? Par exemple pour associer productions agricoles et zones d’activités pour une première transformation des récoltes, celle qui permet de capter de la valeur ajoutée, créer du lien social ville-campagne et développer l’emploi. Et bien d’autres avantages.

Quelques fiches action en ce sens sont accessibles depuis http://agirlocal.org/a-la-une/ et notamment la fiche : « et si les ZAE étaient acteurs de l’indépendance alimentaire des territoires ? » p89-92 du document outil téléchargeable.

 

4- Comment donner une dimension économique à la transition écologique et sociale agricole ?

Cette quatrième question peut être abordée par le revenu agricole. Curieusement, il n’existe pas de smic de l’agriculteur. Est-il un entrepreneur comme un autre ? La réponse est a priori négative : il est le seul à produire de l’alimentation, des énergies et des matériaux bio-sourcés. Ce qui au vu des enjeux demande de le traiter à part : la solution à la transition écologique et sociale est dans la valeur comparative à donner à ces éco-productions en regard du pillage des ressources fossiles. D’autant qu’en territoire périphérique, il est au fondement d’une activité économique non délocalisable.

Comment ? En créant une force susceptible de contrer les activités économiques nuisibles, pire, mortelles, s’agissant des gaz à effet de serre. Cette force est nécessairement d‘ordre public. Prosaïquement elle touche au fondement de ces activités économiques nuisibles, c’est à dire au portefeuille. Il est proposé une taxe à la néga-valeur ajoutée ou plus simplement dit une taxe à la destruction ajoutée. Spécifique, fonctionnant comme la TVA, elle frappe l’emploi des ressources fossiles à la source et tout au long de leur chaine de production et d’exploitation.

Assise sur les émissions de gaz à effet de serre émises à chaque pas de production mais aussi spécifiquement sur les quantités de déchets chimiques produits et disséminés, elle contre le modèle économique dominant qui pille les ressources naturelles au détriment des générations futures. Appliquée sur les lieux de consommation quels que soient les lieux de production sur la planète, elle concoure à la résolution des 3 questions précédentes et peux régler celle du revenu des agriculteurs : au bout, rien n’empêche en effet d’en capter une partie pour assure un smic à chaque exploitant agricole, indépendamment des variations des cours des marchés mondiaux.

En outre, une telle taxe est de nature à faire évoluer le calcul du PIB vers celui du Bonheur National Brut, en soustrayant du PIB la « valeur ajoutée » des productions destructrices. Une idée à développer.

les métropoles face au défi climatique

Les métropoles face au défi climatique :

Jouer le bien être contre le climat

En une vie d’homme, la population mondiale a triplé, de 2,5 à 7,5 milliards. La population urbaine est passée de quelques centaines de millions à 4 milliards.

La classe moyenne et supérieure mondiale a quadruplé, à 2 milliards : 4 fois plus en 4 fois moins de temps.

La consommation d’énergie fossile est en conséquence, ainsi que la déforestation.


Le résultat est là : depuis le début des années 50, la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est passée de 300 à plus de 400 ppm.

Au rythme actuel, le seuil fatidique de concentration de 450 ppm sera franchi dans les années 2030, avec la hausse de 2°C qu’il entraîne ; et les effets de seuil irréversibles que les spécialistes s’accordent à reconnaitre.

Les villes sont responsables de la majeure partie de ces émissions. La classe moyenne et supérieure mondiale est concentrée en majeure partie dans les villes et plus encore dans les métropoles.

Le métabolisme urbain né de l’utilisation massive des énergies fossiles, fruit d’un siècle de développement accéléré, n’est plus soutenable en l’état. Si nous ne le prenons pas au sérieux, le changement climatique va claquer comme une porte au nez de la prospérité urbaine, réelle ou espérée. On aime la ville, le bien être, la prospérité après lesquels chacun court : les métropoles du XXIème siècle et leurs territoire seront d’abord bas carbone ou ne seront pas.

C’est l’ensemble du système de production des richesses, de consommation des ressources, de mobilité des hommes et des biens qu’il faut repenser.

Homi Kharas

Qu’en est-il ici, en France ? Notre pays est-il prospère ? Oui. Vivons nous en paix ? Pour l’essentiel, oui, même si le terrorisme est sur notre territoire et tue. Vivons nous mieux que nos parents et nos grands-parents ? A l’aune du niveau de vie, oui. Notre pays est-il envié par beaucoup de pays ? Oui.

La situation est-elle la même dans tous les pays ? Oui et non. Les pays développés ne sont pas les émergents qui ne sont pas ceux qui cherchent à se développer.

Qu’on le veuille ou non, nous dépendons les uns des autres. Cet article est une contribution : pour écarter la menace climatique dans le plaisir de vivre ; vu de France

Un regard sur la longue durée vaut le détour.

L’argent public manque lit-on. Mais à population constante et euros constants, la 6éme puissance mondiale a 7 fois plus d’argent public qu’en 1950. Un ouvrier, un employé des années 2000 a autant de pouvoir d’achat qu’un cadre des années 30. Le RSA, la CMU sont des choix uniques au monde. Le pouvoir d’achat a été multiplié par 7, l’espérance de vie a augmenté de 14 ans.

En revanche, dans cette même longue durée, nous avons selon Piketti (Le capitalisme au XXIème siècle), la même répartition de richesse mondiale qu’en 1914. Quelques dizaines d’individus concentrent autant de richesse que la moitié de l’humanité. En France, 8,8 millions de pauvres, ont moins de 60% du revenu médian ;

Et encore plus déterminant, insistons : en moins de 30 ans, la classe moyenne et supérieure mondiale a quadruplé. La consommation d’énergie fossile en est une conséquence, ainsi que la déforestation. Et si la courbe d’émissions de CO2 est restée à peu près sur la même pente, cela tient à l’augmentation de la part du nucléaire et du gaz dans le mix énergétique mondial, moins émissif. Malgré cette toute relative compensation, le résultat est là : nous sommes à 3 ans de franchir le seuil des 415 ppm demandé par la COP 21 ; le seuil fatidique de concentration de 450 ppm sera franchi dans les années 2030, avec la hausse de 2°C qu’elle entraine.

Pour les sceptiques, il existe un thermomètre, à Mauna Loa dans le pacifique qui mesure depuis les années 50 cette concentration en ppm : https://www.co2.earth/. Incompréhensible les ppm ? Ils fonctionnent comme les degrés de notre thermomètre ; on ne connait pas bien la définition du degré mais chacun sait qu’à 40°C vous allez d’urgence à l’hôpital, à 42°C vous êtes mort.

Ce danger mortel nous l’avons créé.

Nous sommes le problème, nous sommes la solution.

A l’échéance des années 2030, l’enjeu majeur est-il le bâtiment neuf, l’écoquartier, la nouvelle ligne de transport? Non : à raison de 1% de renouvellement par an de la ville et la campagne, 95% des émissions de gaz à effet de serre seront alors le fait de ce qui existe aujourd’hui sous nos yeux. L’enjeu majeur est la réinvention écologique de la ville et de la campagne existantes et non celles qui se construisent demain. Une réinvention qui améliore santé, sécurité, bien être, biodiversité et lien social. Mais ce n’est pas ce que nous faisons.

Et s’il s’agit bien de changer notre vie de tous les jours, faut-il laisser dans chaque pays quelques milliers de grands décideurs s’en occuper au risque du grand saut dans l’inconnu ou voulons nous mettre dans la balance les initiatives et les énergies des centaines de millions de familles qui peuplent nos villes et nos campagnes, et parmi elles les entrepreneurs, et les élus locaux ?

C’est un choix qui demande d’y voir clair à l‘échelle de la planète et d’agir en conséquence sur son territoire, bien au delà de l’action habituelle des élus : planifications en tout genre, routine municipale et action des services gestionnaires ; mais aussi bien au delà de notre quotidien que cela passe par notre manière de nous nourrir, de consommer ou de partir en vacances ; et tout autant par nos responsabilités professionnelles, de la photocopie à nos véhicules en passant par les achats, les transports, les énergies, les produits et services fabriqués. Chaque produit, chaque achat est un vote.

Qui a intérêt à agir ?

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les riches ont autant intérêt que les pauvres à écarter la menace climatique. Cela tombe bien : plus on est riche, plus on émet de gaz à effet de serre, plus on a de moyens de les réduire: 2 milliards d’humains sur 7,5 sur la planète, en grande partie dans les villes. En France, 80% des ménages, la quasi totalité des entrepreneurs, des élus, font partie de la classe moyenne mondiale. Cela pose question. D’autant plus que nous pouvons traiter la transition et l’inclusion l’un par l’autre; et passer d’un modèle distributif pur à un modèle économique qui demande d’inclure les plus pauvres pour faire tourner l’économie ; et éviter les catastrophes climatiques dans lesquelles il seront en première ligne.

Comment ?

Les gouvernements ont depuis longtemps constaté que la moitié des émissions de gaz à effet de serre relevait des comportements individuels, c’est à dire échappait aux politiques, aux lois et à leurs pouvoirs d’incitation ou de coercition. La proximité est clé. Les projets locaux déterminants.

Une réduction d’un tiers de nos émissions nous donnerait une dizaine d’années de plus pour écarter la menace climatique. A l’expérience, des petits changements de comportements d’habitants, d’entrepreneurs, d’élus, peuvent réduire quasi instantanément nos émissions de 20%, nos dépenses avec, en améliorant notre état de santé. Voir des propositions pour habitants, entrepreneurs, élus locaux en page d’accueil de www.agirlocal.org

Avec un peu plus de temps, 3 exemples, massifs à l’échelle de leur territoire :

A Cergy-Pontoise, 200 000 habitants-100 000 emplois-27 000 étudiants, la permaculture permettrait de créer sur les 1250 ha agricoles de l’ordre d’un millier d’emploi pour 74 aujourd’hui, très qualifiés et peu qualifiés : le désherbage ou le glyphosate pour faire court.

A la Défense, le quartier d’affaires est chauffé au fuel lourd à basse teneur en souffre, amené en train. Le remplacer par du bois le transformerait instantanément en quartier durable. Et permettrait de passer un contrat de région à région pour assurer l’approvisionnement et passer du déficit du commerce extérieur au PIB d’emplois non délocalisables.

Avec la Caisse des dépôts, l’Etablissement Public Foncier Île-de-France, Grand Paris Aménagement, ICADE, AREP, Saint Ouen l’Aumône et Plaine Commune, un travail de 6 mois a été réalisé par une dizaine de jeunes professionnels sur le devenir des zones d’activités. Parmi l’un des 10 projets proposés, celui sur la production d’énergie photovoltaïque et de lien social recèle un gisement national de production équivalent à celle de 17 réacteurs nucléaires.

Donc il y a matière ; mais comme l’a dit un de nos élus, nous ne pouvons pas continuer à décider au petit bonheur la chance, Il nous faut agir efficace, de façon organisée sur nos territoires, massivement. Tel n’a pas été le cas à ce jour.

Comment converger, sans se coordonner lourdement ?

Une boite à outil a été réalisée en ce sens en Île de France ces 10 dernières années par plusieurs milliers de techniciens, d’habitants, d’entrepreneurs, d’élus locaux. Validée par l’association des maires Île de France, elle propose un tableau de bord à la commune et des actions, des projets, démonstrateurs, reproductibles. La méthode a fait ses preuves. Voir la suite sur www.agirlocal.org

Une deuxième piste d’organisation a été travaillée par l’un des groupes de travail société civile du Grand Paris. A rebours de la planification à la française (plans, hyperplans, Rantanplan…), il propose de :

  • Construire un plan climat, libérant les énergies des millions de décideurs du Grand Paris.
  • Construire une vitrine à projets démonstrateurs, aptes à être répliqués et exportés.
  • Créer un fonds transition pour des (petits) projets, innovants, reproductibles.

http://agirlocal.org/groupe-transition-de-la-metropole-du-grand-paris/

Sans compter le besoin d’une ingénierie, tiers de confiance, plutôt publique que privée. De quoi mobiliser massivement.

Et le bien être dans tout ça ?

Faire des économies, réduire la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, améliorer sa santé, la biodiversité de nos territoires; reproduire ou inventer des actions, des projets, créateurs d’emplois, de richesses de toutes sortes et de lien social, réducteurs d’inégalités, dans le plaisir de vivre ;

Traiter la transition et l’exclusion, l’une par l’autre en faisant en sorte que l’économie exige des emplois peu qualifiés et non pas le fasse par charité ; et monter en compétences, en éducation, en culture, contribuer à améliorer sa sécurité, à diminuer l’immigration climatique, maitriser autant que possible sa vie, notre destin collectif, assurer un avenir à nos enfants, vivre en paix.

 

 

 

La vie au XXI ème siècle

Les métropoles face au défi climatique :

Jouer le bien être contre le climat

 

En une vie d’homme, la population mondiale a triplé, de 2,5 à 7,5 milliards. La population urbaine est passée de quelques centaines de millions à 4 milliards.

La classe moyenne et supérieure mondiale a quadruplé, à 2 milliards : 4 fois plus en 4 fois moins de temps.

La consommation d’énergie fossile est en conséquence, ainsi que la déforestation.

Le résultat est là : depuis le début des années 50, la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est passée de 300 à plus de 400 ppm.

Au rythme actuel, le seuil fatidique de concentration de 450 ppm sera franchi dans les années 2030, avec la hausse de 2°C qu’il entraîne ; et les effets de seuil irréversibles que les spécialistes s’accordent à reconnaitre.

Les villes sont responsables de la majeure partie de ces émissions. La classe moyenne et supérieure mondiale est concentrée en majeure partie dans les villes et plus encore dans les métropoles.

Le métabolisme urbain né de l’utilisation massive des énergies fossiles, fruit d’un siècle de développement accéléré, n’est plus soutenable en l’état. Si nous ne le prenons pas au sérieux, le changement climatique va claquer comme une porte au nez de la prospérité urbaine, réelle ou espérée. On aime la ville, le bien être, la prospérité après lesquels chacun court : les métropoles du XXIème siècle et leurs territoire seront d’abord bas carbone ou ne seront pas.

C’est l’ensemble du système de production des richesses, de consommation des ressources, de mobilité des hommes et des biens qu’il faut repenser.

Homi Kharas

Qu’en est-il ici, en France ? Notre pays est-il prospère ? Oui. Vivons nous en paix ? Pour l’essentiel, oui, même si le terrorisme est sur notre territoire et tue. Vivons nous mieux que nos parents et nos grands-parents ? A l’aune du niveau de vie, oui. Notre pays est-il envié par beaucoup de pays ? Oui.

La situation est-elle la même dans tous les pays ? Oui et non. Les pays développés ne sont pas les émergents qui ne sont pas ceux qui cherchent à se développer.

Qu’on le veuille ou non, nous dépendons les uns des autres. Cet article est une contribution : pour écarter la menace climatique dans le plaisir de vivre ; vu de France

Un regard sur la longue durée vaut le détour.

En France, l’argent public manque lit-on. La 5éme puissance mondiale est à court d’argent. Mais le PIB, le fameux produit intérieur brut, la richesse que nous produisons chaque année, a cru de 285 milliards d’euros à 2097 milliards en 65 ans. Les prélèvements obligatoires sont passés de 30 % à 45 % dans la même période. A population constante et euros constants, nous avons à peu près 7 fois plus d’argent public qu’en 1950. Un ouvrier, un employé des années 2000 a autant de pouvoir d’achat qu’un cadre des années 30.

Outre la retraite et l’assurance maladie de ceux qui travaillent et leur famille, le Revenu Minimum d’Insertion et la Couverture Maladie Universelle pour les sans ressources sont des choix uniques au monde. Le seuil de pauvreté pointe 8,8 millions de pauvres, à moins de 60% du revenu médian français : à ce niveau la quasi-totalité de la population française était elle pauvre en 1960 ? Non mais nous avons beaucoup progressé : le revenu brut des ménages est passé de 32 milliards à 1342 milliards dans la période, le pouvoir d’achat a été multiplié par 7, l’espérance de vie a augmenté de 14 ans.

Si l‘on porte le regard à l’échelle du monde, la quasi totalité des prestations sociales mondiales est servie dans les pays développés ; une toute petite partie de la population mondiale. Nous sommes les mieux dotés.

Ne serions nous pas, en dépit des discours sur le déclin français, des enfants gâtés-pourris ?

Bon le trait est sommaire mais dans les années 70, il fallait attendre 3 ans pour avoir le téléphone fixe ; dans la France profonde ? Non, à Cergy-Pontoise. Pour l’enseignement, l’hôpital, le cinéma, les grands magasins, il y avait Paris à 35 km et c’est tout. Depuis, la métropole est passée de 7 millions à 12 millions d’habitants. Et Cergy est classée première pour son dynamisme, devant Neuilly et Versailles, villes bien habitées.

Pour le logement, besoin de base, le parc ancien était sans salle de bain, avec les WC sur le palier pour un grand nombre d’entre eux. Dans la campagne lointaine ? Non, à Paris.  En France, le nombre de mètres carrés de logement par personne est passé de 31m2 en 1984 à 40 en 2006.

Dans une étude, non publiée, d’une direction régionale Île de France du ministère en charge de la transition écologique et solidaire, le constat est fait que tous les franciliens ont les équipements d’enseignement, de santé et de sport de base à moins de 20mn de chez eux.

Mon grand père partait en vacances à 25 km de chez lui, 15 jours ; mon père à 1500 km, 3 semaines; depuis l’invention des charters, je pars à l’autre bout du monde, 4 voir 5 semaines par an.

Aujourd’hui un français qui n’a pas son téléphone portable et le coût mensuel qui va avec, n’est pas un citoyen à part entière. Bientôt son compte Facebook. Et quoi encore ? 10 jouets par enfant et par fête ? A Noel, pour son anniversaire, et plus à l’occasion ; un spin hand par exemple. Pourquoi pas 20, 30, 50 ? Une caisse de doudous ? Une pièce dédiée aux jouets dans le logement ? Une appli qui les cataloguent et une puce dans chaque doudou pour les retrouver facilement ? Mieux des jeux intersidéraux. 18 h par jour puisqu’il n’y a pas de travail pour tout le monde. C’est bon pour la nouvelle économie et pour l’industrie de la lunette, la croissance quoi.

Keynes écrivait dans une série d’articles sur la crise mondiale de 29 quelque chose comme : quand on voit ce que les riches font de leur argent, je ne suis pas sûr de vouloir être riche[1]. Il pronostiquait aussi la satisfaction de tous les besoins de base à courte échéance ; et plus: un niveau de vie pour tous identique à celui d’un cadre supérieur des années 30 en quelque sorte. C’est quoi être riche ? Millionnaire, milliardaire dans l’évaluation de ce que l’on laissera à ses héritiers ? Ou vivre bien dans un pays en paix ? Pouvoir vivre des intérêts des intérêts de son capital ou bien se réaliser tout au long de sa vie ? Être ou avoir ?

Difficile de l’admettre mais à l’aune de la longue durée, notre problème français n’est pas une question de niveau de vie. La cinquième puissance mondiale qu’est la France est outrageusement riche. 80 % de sa population relève de la classe moyenne et supérieure mondiale : 500 millions d’individus à l’échelle de la planète il y a seulement 20 ans, 2 milliards aujourd’hui.

En revanche, dans cette même longue durée, la démonstration de Thomas Piketti[2] est éloquente : nous avons la même répartition de richesse mondiale qu’en 1914. Quelques dizaines d’individus concentrent autant de richesse que la moitié de l’humanité. L’exclusion territoriale domine la scène internationale comme régionale. Comme d’habitude ? Oui si l’on en croit l’historien Fernand Braudel[3]. L’histoire, ça fait du bien au regard que l’on porte sur la réalité : la croissance sans fin des inégalités économiques, sociales, culturelles rend la planète toujours plus invivable, dangereuse. « Les hommes étant ce qu’ils sont et non ce qu’ils devraient être » avait dit le Général de Gaulle ; nous devons remettre le rocher au sommet de la montagne.

Comme d’habitude donc ? A un élément nouveau près, qui inverse les priorités, sans les effacer, une évidence que nous ne regardons pas vraiment en face : c’est cette classe moyenne et supérieure mondiale qui émet la quasi totalité des gaz à effet de serre, en quasi totalité depuis les métropoles : à coup d’énergies fossiles, de chimie et de déforestation programmée par la demande. Et nous subirons tous les conséquences dramatiques du changement climatique qui en résulte, riches ou pauvres, quelle que soit notre localisation sur la planète. Le PIB n’est plus ce qu’il était.

Qui parmi nous pense le contraire ? Mais qui agit vraiment en conséquence ?

Pourtant nous avons devant nous un problème vital, bien plus dangereux qu’une guerre mondiale fabriquée par les inégalités : un danger mortel que nous avons créé. Une situation que nous pouvons changer parce que nous sommes le problème et donc la solution.

Le mur du changement climatique est devant nous, tout près.

Répétons le, l’urgence climatique a une échéance : le début des années 2030. A cette date, et au rythme actuel, nous aurons franchi les 450ppm de concentration de gaz à effet de serre qui déclenchent le réchauffement de 2°C de l’atmosphère.

Nous sommes à 3 ans de franchir le seuil des 415ppm et du 1 ,5 °C de réchauffement  considéré comme limite par le GIEC et souhaité lors de la COP 21 à Paris. Une COP qui conduit à un réchauffement de 3,5°C.

Pour les sceptiques, il existe un thermomètre, situé à Mauna Loa dans le pacifique qui mesure depuis les années 50 cette concentration en ppm[4]. Incompréhensible pour le plus grand nombre? Les ppm fonctionnent comme les degrés Celsius du thermomètre ; vous ne connaissez pas forcément la définition du degré Celsius mais vous savez prendre votre température et agir : à 40°C vous allez d’urgence à l’hôpital, à 42°C vous êtes mort.

Préférerions nous être des fauteurs de guerre ou changer nos habitudes ?

Lorsque l’avoine vient à manquer dans les mangeoires, les chevaux se battent dit un vieux proverbe. Tempêtes, inondations, sécheresses, récoltes détruites, allons nous manger du pétrole ? Non. Catastrophisme ? Selon Jean Jouzel, la référence française du GIEC, « pas besoin de faire de catastrophisme : la situation est catastrophique »[5]Nos pères et grands-pères ont su combattre pour un monde meilleur. Serions nous incapables de nous mobiliser pour écarter la menace climatique et les dangers qu’elle fait peser sur nos vies ? Et pour vivre mieux ?

Ce qui renvoie à une question : allons nous prendre au sérieux la menace climatique, avec l’obligation de résultat qui en découle ? Allons nous établir un cadre pour agir massivement ? Avec des outils, des financements pour faire des projets efficaces, reproductibles, là où nous sommes, c’est à dire là où nous pouvons en décider ? Et une visibilité qui permette d’échanger les meilleurs projets d’une métropole à l’autre ? Allons nous nous en servir pour réduire les inégalités, ramener de la sécurité, améliorer notre santé, notre pouvoir d’achat, notre bien être, ou retournons nous à nos habitudes ? Si ce n’est pas le cas, une question se pose :

Que remet en cause l’état de fait climatique ?

La nouveauté du phénomène remet en cause nos façons de penser et d’agir.

A l’échéance des années 2030, l’enjeu majeur est-il le bâtiment neuf, l’écoquartier, la nouvelle ligne de transport? Non : à raison de 1% de renouvellement par an de la ville et la campagne, 95% des émissions de gaz à effet de serre seront le fait de ce qui existe aujourd’hui sous nos yeux. L’enjeu est la réinvention écologique de la ville et de la campagne qui sont sous nos yeux et non celles qui se construisent et s’aménagent demain  Une réinvention qui traite l’enjeu climatique donc mais aussi de santé, de sécurité, de bien être, et de lien social qui vont avec.

Et s’il s’agit bien de changer l’existant, alors c’est de notre vie de tous les jours qu’il s’agit : dés lors faut-il laisser dans chaque pays quelques milliers de grands décideurs s’occuper de notre vie au risque du grand saut dans l’inconnu ou voulons nous mettre dans la balance les initiatives et les énergies des centaines de millions de familles qui peuplent nos villes et nos métropoles, et parmi elles d’entrepreneurs, et d’élus locaux ?

Penser global-agir local, à plusieurs centaines de millions, cela dépend d’abord de ceux qui détiennent les mandats locaux, quel qu’ils soient. Vrai, faux ? Vrai pour ma part mais cela dépend aussi de chacun de nous.

Cela demande d’y voir clair à l‘échelle de la planète et d’agir en conséquence sur son territoire avec ses habitants, ses entrepreneurs locaux, ses élus ; bien au delà de l’action habituelle des élus : planifications en tout genre, routine municipale et action des services gestionnaires ; mais aussi bien au delà de notre quotidien que cela passe par notre manière de nous nous nourrir, d’acheter ou de partir en vacances, et encore par nos responsabilités professionnelles, de la photocopie à nos véhicules en passant par les achats, les transports, les énergies, les produits et services fabriqués. [6]

Mais alors, aurons nous le temps de faire tout cela à temps?

Le franchissement des 450ppm est-il inéluctable à l’horizon des années 2030 ?

Il reste un peu de temps pour retarder ce franchissement: une réduction d’un tiers de nos émissions nous donnerait une dizaine d’années de plus pour écarter la menace climatique. A l’expérience, des petits changements de comportements peuvent réduire quasi instantanément nos émissions de 20%, nos dépenses avec, en améliorant notre état de santé.[7]

Peux-t-on revenir durablement sous cette barre ?

Si les consommations et productions locales, les flux de personnes, de marchandises, de connaissances et d’argent qui entrent et sortent de nos territoires sont la cause des émissions de gaz à effet de serre, nous devons identifier et partager les pistes de changement massifs à suivre, urbaines et rurales, locales et globales. Changer ce métabolisme des territoires veut dire en particulier arrêter de ne s’intéresser qu’à la construction neuve, aux transports nouveaux, aux écoquartiers. Et mettre la priorité sur le changement de l’existant : l’isolation des bâtiments existants par exemple, qui consomment 43% de l’énergie en France. Et par la même créer de l’emploi.

La vie dans les métropoles et les campagnes qui les nourrissent, au XXIème siècle, en dépend.

Y a t-il place pour une transition pacifique ?

Nous y avons tous intérêt. Les plus démunis d’abord, car ils sont comme toujours en première ligne. Mais pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les riches ont autant intérêt que les pauvres à écarter la menace climatique. Cela tombe bien : plus on est riche, plus on émet de gaz à effet de serre, plus on a de moyens de les réduire: 80% des ménages français, la quasi totalité des entreprises, tous les élus. 2 milliards d’humains sur 7,5 à l’échelle de la planète, en grande partie dans les métropoles.

Sommes nous à l’échelle de la menace ?

A plusieurs centaines de millions, oui. Les gouvernements, qu’ils soient démocratiquement élus ou pas, ont depuis longtemps constaté que la moitié des émissions de gaz à effet de serre relevait des comportements individuels, c’est à dire échappait aux politiques, aux lois et à leurs pouvoirs d’incitation ou de coercition. En ce sens, la proximité est clé, les projets locaux déterminants.

Quels projets locaux sont effectivement portés? Combien d’élus, de responsables de territoires se sont mis sérieusement à un objectif zéro carbone, avec leurs habitants, leurs entrepreneurs, leur conseil d’élus et leurs services ?

Peut-on vraiment transformer cette menace en opportunité de développement harmonieux de nos territoires, villes, quartiers ou rural délaissés ? En création d’emploi et de lien social ?

Prenons trois exemples franco-français, en devenir :

A Cergy-Pontoise, 200 000 habitants, 100 000 emplois, 27 000 étudiants, 1250 ha sur une dizaine de milliers sont agricoles ; La permaculture permettrait de créer de l’ordre d’un emploi à l’hectare, soit plus d’un millier d’emploi  pour 74 aujourd’hui : du peu qualifié et du très qualifié.

A la Défense, le quartier d’affaires est chauffé au fuel lourd à basse teneur en souffre. Remplacer le fuel, amené en train, par du bois le transformerait instantanément en quartier durable. Et permettrait de passer un contrat de région à région pour assurer l’approvisionnement avec le Limousin ou la Normandie par exemple. Gagnant-gagnant.

Avec des acteurs français majeurs et deux grands territoires (la CDC, l’EPFIF, GPA, ICADE, AREP, Saint Ouen l’Aumône et Plaine Commune), un travail de 6 mois a été réalisé par une dizaine de jeunes professionnels sur le devenir des zones d’activités. Un nouveau regard et 10 projets en sont sortis dont un projet de production d’énergie renouvelable et de lien social qui recèle un gisement de production équivalent à celle de 17 réacteurs nucléaires.

Il y a matière donc ? Il semble ; mais nous ne pouvons pas continuer à décider au petit bonheur la chance, pour reprendre l’expression d’un de nos élus. Il nous faut agir efficace, de façon organisée sur nos territoires.

Comment s’organiser sur le terrain ?

A l’initiative d’une direction régionale du ministère en charge de l’écologie, un projet a été réalisé en ce sens en Île de France ces 10 dernières années par plusieurs milliers d’acteurs locaux : techniciens, habitants, entrepreneurs, élus locaux. La boite à outil résultante a été validée par l’association des maires Île de France. Selon une enquête réalisée en 2013, la moitié des décideurs franciliens en la matière la connaissent, le quart l’utilise.

Vous trouverez ces travaux, organisés et hiérarchisés sur www.agirlocal.org ; en poupées gigognes : 20 lignes, 2 pages, 20 pages… selon votre temps disponible.

Ils présentent de quoi en savoir plus pour y voir clair sur la menace climatique et convaincre, comment utiliser cette boite à outil qui traduit les enjeux planétaires en vie quotidienne comme les kwh de bâtiment, les km de déplacements, ou les corridors de biodiversité, comment choisir, reproduire ou inventer sur chaque territoire des actions, des projets, des démonstrateurs efficaces, reproductibles sur des gisements stratégiques identifiés.

Ils servent à faire des économies, réduire la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, améliorer sa santé, la biodiversité de nos territoires; à reproduire ou inventer des actions, des projets, créateurs d’emplois, de richesses de toutes sortes et de lien social.

Comment converger, gouvernements et acteurs locaux, sans se coordonner ?

Une deuxième piste d’organisation a été travaillée à l’occasion de la création par le gouvernement de la métropole du Grand Paris. Avec les élus, le préfet en charge de la mission de préfiguration avait créé un lieu d’échanges et de propositions par la société civile : le conseil des partenaires socio-économiques. L’un des groupes de travail avait pour objet la transition énergétique. Il s’est adossé aux travaux réalisés dans la foulée du Grenelle de l’environnement : décisions politiques, législatives, territorialisation des 10 enjeux du Grenelle, schémas directeurs, la boite à outil, et deux ans de réflexions des grands groupes du CAC 40 associés aux territoires et leurs syndicats.

Le constat qui en ressort est sans appel : la métropole compte plusieurs millions de décideurs,-habitants, entreprises, élus-, qui importent 90% des énergies dont ils ont besoin, émettent 80 % des émissions de CO2 de la région et s’exposent par millions à un air pollué.

En regard, la planification à la française est inadaptée ; avec humour le groupe la caractérise par trois mots : plans, hyperplans, rantanplan.

De ce fait, la mise en place de la métropole du Grand Paris apparaît comme une opportunité de passer à l’acte massivement, selon d’autres chemins, pour faire face à la menace climatique, dans le plaisir de vivre.

Avec cette évidence : au cœur de la région île de France, la métropole agit sur des territoires très au-delà de ses strictes frontières administratives. Elle peut jouer un rôle moteur, avec les quelques 20 autres métropoles de rang international dans le monde.

Lourde responsabilité.

Le groupe fait trois propositions :

– Organiser un plan climat proactif, libérant les énergies de ces millions de décideurs.

En commençant par leur fournir des données publiques à l’échelle communale, pour qu’ils connaissent leur impact sur la planète, une boite à outils pour mesurer l’efficacité des programmes et projets par des indicateurs ; et un cadre d’action identifiant les gisements stratégiques : réduction du CO2, pollution, précarité énergétique, développement de l’emploi… De quoi fabriquer des projets démonstrateurs reproductibles sur les gisements stratégiques identifiés comme les réseaux de chaleur, la logistique, les tiers lieux, le vélo. Avec la certitude de converger, sans nécessité de se coordonner dans l’action au delà du nécessaire : projet par projet.

– Construire une vitrine à projets démonstrateurs, aptes à être répliqués et exportés.

A plusieurs millions, il y a toutes chances de réinventer les mêmes projets. D’où l’intérêt d’une vitrine métropolitaine, favorisant les initiatives, aidant à les faire émerger, installant une ingénierie, tiers de confiance, mettant en valeur les démonstrateurs et accompagnant leur démultiplication. Une vitrine qui permet d’échanger de région à région, d’aller dans le sens d’une réponse française à des appels d’offres internationaux. Une sorte de coordination a posteriori.

– Créer un fonds transition pour des projets, innovants, reproductibles.

La raison d’être d’un fonds transition est de donner le coup de pouce qui déclenche des projets qui ne verraient pas le jour autrement. Paradoxalement, les petits projets demandent plus de temps pour trouver des financements que pour être réalisés ; quand ils en trouvent. A fortiori en phase d’émergence, quand il s’agit de subventionner leur lancement ; ou quand le porteur du projet est dans l’incapacité de s’endetter sur la durée d’amortissement.

Et le bien être dans tout ça ?

Faire des économies, réduire la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, améliorer sa santé, la biodiversité de nos territoires; reproduire ou inventer des actions, des projets, créateurs d’emplois, de richesses de toutes sortes et de lien social, réducteurs d’inégalités, dans le plaisir de vivre ; monter en compétences, en éducation, en culture, contribuer à améliorer sa sécurité, à diminuer l’immigration climatique, maitriser autant que possible sa vie, notre destin collectif, assurer un avenir à nos enfants, vivre en paix. What else ?

[1] John Maynard Keynes, sur la monnaie et l’économie, petite bibliothèque Payot, P176.

[2] 1000 pages mais elles valent la peine. Thomas Piketti, Le capitalisme au XXIème siècle, sinon, au moins Wikipedia.

[3] Fernand Braudel, La dynamique du capitalisme, champs, histoire. P 94-95 et 115 à 120 ; le livre de Piketti répond à l’appel de ces 6 dernières pages.

[4] https://www.co2.earth/

[5] http://www.lejdd.fr/societe/rechauffement-climatique-pour-jean-jouzel-climatologue-nous-navons-que-trois-ans-pour-agir-3409817

[6] voir par exemple : http://agirlocal.org/groupe-transition-de-la-metropole-du-grand-paris/ et le ppt synthétique présenté aux élus.

[7] http://agirlocal.org/ page d’accueil

5 questions clé à votre député

5 questions pour évaluer la capacité de votre député à contrer la menace climatique.

  • Le changement climatique est-il naturel ou les hommes en sont-ils la cause ?

Selon les scientifiques du climat, la probabilité que ce soit l’humanité qui fabrique la menace climatique est de 98%, autant dire une certitude. Posez lui la question ; s’il dit le contraire, vous avez des questions à vous poser. Nous sommes le problème, nous sommes la solution.

  • Existe-t-il un thermomètre du climat qui permette de mesurer l’urgence climatique ?

Depuis 1958, une station scientifique à Mauna Loa (Hawai), loin de toute émission parasite donc, mesure la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ; nous avons dépassé 408 ppm ce mois de juin 2017; à 3 ans d’ici nous aurons franchit le déclenchement du réchauffement de 1,5°C ; passé 450 ppm, les 2°C de réchauffement sont irréversibles. A la vitesse à laquelle l’humanité émet et accélère ses émissions, nous franchirons ces 450 ppm au début des années 2030. Si votre députét fait des discours et des plans à l’horizon 2050, 2100, c’est comme si votre médecin vous expliquait ce qu’il fera pour vous après que vous ayez passé les 42° de fièvre.

  • Faut-il faire des bâtiments à énergie positive, des éco-quartiers, des lignes de transport nouvelles ou changer la ville et le territoire tels qu’ils sont aujourd’hui ?

A raison de 1% de neuf par an, à 15 ans d’ici, 85% des m2 bâtis seront ceux qui existent aujourd’hui ; avec les nouvelles réglementations thermiques, 95% des émissions de gaz à effet de serre seront le fait de nos territoires tels qu’ils sont aujourd’hui. Le neuf n’est pas un enjeu. L’enjeu est la réinvention écologique, énergétique de nos villes et campagnes qui sont sous nos yeux : la réinvention de leur métabolisme. Par la permaculture par exemple et bien d’autres actions, projets, démonstrateurs. Qu’en dit votre député ?

  • Qui peut décider de changer ce métabolisme des villes et des territoires ?

Nous : en France nous sommes 30 millions de décideurs, autant que de ménages, de propriétaires de voitures, et parmi nous d’entrepreneurs et d’élus. Notre force est considérable, encore faut-il connaître notre impact sur la planète, seul ou localement pour y voir clair et choisir les actions, les projets les plus efficaces. Nous avons besoin d’informations, de données publiques fiables, simples, gratuites, à la commune. Là où nous pouvons en décider. Les émissions de CO2 par exemple. Votre député a-t-il identifié les décideurs que nous sommes et la force de changement que nous pouvons constituer s’il s’en occupe ?

  • Que propose votre député ?

La COP 21, les politiques et lois nationales, les grandes régions, sont nécessaires, pas suffisantes. La nourriture, les éco-matériaux, les éco-énergies poussent à la campagne et sont consommés en ville. Là, nous pouvons penser global et agir local. Votre député s’occupe-t-il de vous fournir un cadre, des informations publiques, une organisation et un financement pour que vous puissiez bâtir des projets locaux efficaces avec les autres habitants, entrepreneurs, élus locaux?

Si vous souhaitez renforcer votre argumentaire, allez sur la rubrique y voir clair pour les enjeux climatiques, la rubrique outils pour des données publiques à la commune, et les rubriques actions, projets, démonstrateurs pour des projets locaux efficaces. Voir aussi l’article transition Grand Paris qui vertèbre cette proposition d’articuler les injonctions nationales et les initiatives locales ; et prône une émergence financée des initiatives locales dans un cadre organisateur.

Et si rien ne bouge, prenez l’initiative. Nous sommes 30 millions de familles, d’entrepreneurs, d’élus locaux.

Quel devenir des zones d’activité ?

En Ile-de-France, environ 90 km2 de toitures de bâtiments et de parkings des ZAE sont inexploités et pourraient facilement devenir une source de production d’électricité photovoltaïque et de revenus. La production potentielle d’énergie est de l’ordre de grandeur de la consommation des « grandes industries et PMI-PME » de l’Ile-de-France (37 TWh en 2014, source RTE). Elle multiplie par 28 l’énergie renouvelable produite en Ile-de-France. Valorisée à 6c du kWh, tarif de rachat de l’excédent après autoconsommation, le chiffre d’affaire serait de 2 milliards d’euros par an environ.

Un projet industriel de cette envergure, extensible à la France, demanderait une organisation coordonnée des pouvoirs publics et des entreprises privées. Son financement ouvre une autre opportunité, celle de la participation des citoyens à son développement.

Il semble que ce projet de transition économique, écologique et sociale, à construire, est d’intérêt régionale et national.

D’où sort un tel projet ? De l’association les Ateliers.

Un atelier de maîtrise d’œuvre urbaine, c’est d’abord un sujet et un territoire; habituellement il produit de bonnes questions aux bonnes échelles de territoire et des idées pour agir. Puis les élus des territoires font leur marché. 80 ateliers ont été produits ces 35 dernières années.

En 2016, au moment du jury de l’atelier « dynamiques économiques, urbaines et emploi, quel devenir des zones d’activité ? », les 21 jeunes professionnels venus du monde entier, comme le jury, ont regretté que les idées n’aient pas été poussées plus loin vers l’action. Il faut dire que la mise en œuvre de ces idées demande aussi d’inventer des façons de travailler ensemble. C’est pourquoi, comme après l’atelier transition 2014, je leur ai proposé de faire un post atelier.

5 acteurs majeurs ont pris place au tour de table, l’EPFIF, la CDC, GPA, Icade et Arep ; et deux territoires ont accepté que les idées soient frottées aux réalités de leurs territoires, Cergy-Pontoise et Plaine commune.Il nous fallait 4 participants, ils sont revenus à 9 ; mieux ils se sont constitués en association, appelée point virgule, pour ce post atelier, et au delà.

Voilà pour le bouillon de cultures. 6 mois de maturation, canalisée par une lettre de mission à point virgule, ont permis de formaliser le nouveau regard qu’ils avaient posé sur les ZA, et mettre en fiche des actions qui parfois tenaient en 2 mots.

Il en ressort un document outil dont un concentré de nouveau regard de 4 pages (p 50-53) générateur d’autres projets à inventer sur votre territoire et 10 fiches action, dont celle sur les énergies renouvelables et le lien social( p65-68).

80 acteurs se sont inscrits à la restitution qui a eu lieu le 23 juin dernier, à la CDC.

Cinq acteurs du comité technique ont dit ce qu’ils pourraient faire de ces propositions et 3 élus des territoires ce qu’ils pensent en faire. La poursuite de la réunion en cotech de ces 8 acteurs pourrait amorcer la construction d’une intelligence collective pour passer à l’action.

première visite

Il faut avoir une bonne raison pour construire un site internet gratuit, organisé pour vous demander le temps de lecture de 20 lignes, 2 pages, 20 pages, 200 pages selon le temps dont vous disposez et les sujets qui vous intéressent ; surtout quand il demande le temps d’écriture de deux livres. Ma raison s’appelle menace climatique.

Ces 12 dernières années, pour écarter cette menace, nous nous sommes mis à quelques dizaines puis progressivement plusieurs milliers d’acteurs locaux à construire une boite à outils, puis à amorcer des actions, monter des projets, développer des démonstrateurs locaux reproductibles.

Avec cette idée que nous sommes le problème et par conséquent la solution.

1- 30 millions de décideurs

Sauf que nous sommes 30 millions de décideurs rien qu’en France ; autant que de ménages et parmi eux, les entrepreneurs, les élus, tous en capacité de contribuer à écarter la menace climatique. A 30 millions, nous devrions pouvoir faire beaucoup plus qu’à quelques dizaines de milliers qui nous gouvernent.

D’où l’idée d’un outil local, pour permettre à chacun d’être acteur de son destin, et converger avec les COP, lois et autres décisions de nos gouvernements ; un outil qui mesure notre impact local sur la planète, pour faire mieux que d’agir à l’aveugle : choisir de mener à bien des projets locaux efficaces, à portée de décision, dans l’autonomie de décision des 30 millions de décideurs que nous sommes en France.

L’idée m’en est venue lorsque le Préfet-DRE Île de France m’a nommé directeur de la stratégie et du développement durable avec pour mission de « faire que ça arrive », le développement durable : seul, dans mon bureau, face aux 5 millions de décideurs franciliens que je venais de compter, il m’a semblé qu’il fallait inventer quelque chose.

Le cœur de la valeur ajoutée de l’outil est un double tableau de bord local, territoire-projet qui permet à chacun de mesurer l’impact futur de tout projet sur son territoire comme il est.

A la demande du Préfet-DRE nous avons développé cet outil avec les 8 établissements publics d’aménagement d’Île de France, pour caractériser les éco-quartiers qu’il allait subventionner ; mais aussi avec un premier millier d’acteurs locaux, parce que le territoire prenait progressivement toute la place, inversait le regard et donc élargissait les acteurs partie prenantes. Il a appelé l’outil « @d aménagement durable ».

Avec le concours de 15 juniors entreprises, travaillant sur 18 sujets, les indicateurs de territoire ont été calculés pour chacune des 1300 communes d’Île de France. Pourquoi ce travail ? Parce que les données publiques existantes ne nous fournissent pas notre impact sur la planète là où nous vivons, c’est à dire là où nous pouvons en décider.

L’association des maires Île de France a testé puis validé l’outil début 2010. Il est devenu boite à outils avec les actions, projets, démonstrateurs qui en sont issus ; selon une enquête menée après mon départ de la DREIF (devenue DRIEA), fin 2012, 50% des décideurs franciliens la connaissent, 25% l’utilisent ; sans un euro de subvention.

La généralisation de l’outil à l’AFNOR, c’est à dire à la France, est achevée depuis 2012 ;

Pour ne pas réinventer l’eau tiède aux quatre coins de la planète, nous avons, dès 2008, mis nos travaux sur le site internet de la direction régionale, puis les premières actions qui en sont sorties, puis lorsque l’AMIF l’a validée, les indicateurs de territoire.

Avec cette boite à outils, nous pouvons agir local, chacun ou ensemble, sur le métabolisme de notre territoire, un métabolisme entendu comme les productions et les consommations locales, les flux de personnes, de marchandises et d’argent qui entrent et sortent de notre territoire.

2- Agir local, agir global :

Avec préméditation, cette boite à outils fait mieux que de nous permettre de choisir de mener à bien des projets efficaces, à portée de décision : elle rend inutile une coordination. Il n’y a rien de plus compliqué et d’énergivore que de se coordonner à quelques dizaines ; alors, imaginez, à 30 millions de décideurs, rien qu’en France.

Comment se passer de coordination ? En permettant d’identifier des gisements stratégiques, à exploiter à coup de projets reproductibles qui ont fait la démonstration de leur efficacité : ainsi choisies, adossées à des indicateurs calculés par la puissance publique, les décisions autonomes des acteurs locaux convergent dans le champs de bataille contre la menace climatique sans qu’il soit besoin de s’entendre, au delà de ceux qui mènent tel ou tel projet local, à telle échelle de territoire. Chaque démonstrateur reproductible exploite le gisement.

Depuis la sortie de l’outil, des actions, projets, démonstrateurs se développent au gré des circonstances, ici et là, sans que les uns et les autres en soient informés.

Nous pouvons faire beaucoup mieux. C’est pourquoi j’ai construit ce site qui organise et met à disposition de tout un chacun ce qu’ont fabriqués, à ma connaissance de professionnel ou de bénévole, ces quelques milliers d’acteurs locaux, habitants, entrepreneurs, élus : pour faire connaître ces travaux et les enrichir. Peut-être les étendre à d’autres régions, d’autres pays ?

La page d’accueil du site vous en dit plus pour commencer à agir à votre niveau : comment économiser 20% d’argent pour financer vos projets, ou 5 questions pour vos candidats aux élections, vos élus.

De temps en temps, je vous ferai part des nouveautés, à la une ; et j’espère que vous me ferez part d’actions, de projets, de démonstrateurs efficaces, à afficher sur le site.

Quoi que chacun de nous décide, nous sommes le problème, nous sommes la solution.

                                                                                              Jean-Michel Vincent

 

VELO ELECTRIQUE, Luxe ou choix d’économie et de bien-être ?

VELO ELECTRIQUE,

 Luxe de privilégié ou choix d’économie et de bien-être ?

 

1-Un achat de 2000 euros pour 900 euros d’économie par an :

2 000 euros, c’est le prix d’achat de mon vélo électrique pour mon noël.

250 euros, c’est la subvention qu’a décidée l’agglomération de Cergy-Pontoise pour l’achat d’un vélo électrique. L’investissement net est donc de 1750 euros.

506 euros par an, c’est ce que me coûte mon parking à la gare ; le parking à vélo fermé est gratuit. J’économise 506 euros par an.

5 000 km, c’est mon kilométrage annuel en voiture (la deuxième, elle a 12 ans d’âge) ; coût : 50c du km. Je vais transférer sur mon vélo au moins la moitié de mes parcours à moins de 5 km : un millier de km donc. Avec quelle économie ?

L’assurance-voiture me coûte chaque année 250 euros mais je vais continuer de la payer. Les autres coûts de la voiture sont proportionnels aux km parcourus. L’assurance du vélo est incluse dans celle de ma maison. Le prix de la charge de la batterie au km est dérisoire. Moyennant quoi, chaque fois que j’utilise mon vélo, j’économise plus de 40c du km, et donc au moins 400 euros par an pour 1000 km.

Avec le parking, l’économie totale s ‘élève à plus de 900 euros par an : je récupère le coût d’achat de mon vélo électrique tout confort en moins de deux ans. Son espérance de vie, batterie incluse est plutôt de 8 ans. Taux de rendement de cet investissement de 2000 euros, 45% avant subvention de  l’agglomération. C’est beaucoup mieux que la caisse d’épargne, 3 fois ce que les actionnaires cupides attendent du rendement de leurs fonds propres. Et encore, je garde ma deuxième voiture, sinon, c’est un treizième mois. Vous avez dit luxe ?

2- Ma santé, mes impôts et la menace climatique 

Si j’en crois une étude du Ministère en charge de l’écologie sur l’effet de la pratique du vélo sur la santé, le transfert d’un déplacement sur cinq sur le vélo économise 15 milliards d’euros par an à la sécurité sociale, environ 300 euros par personne de plus de 6 ans. Probablement parce qu’on est en meilleure santé. Je veux bien le croire, c’est un peu comme si on faisait du sport.

Quant au CO2, les émissions du vélo électrique au km sont négligeables ; tandis que ma deuxième voiture affiche 150 gCO2/km en nominal, c’est à dire 300 gCO2/km en réel ; les 1000 km à vélo réduisent mes émissions de CO2 de 300 Kg par an.

Et je ne vous parle pas de la pollution évitée.

3- Et ça roule ?

Vous verriez mes gants jaune-fluo tous neufs au bout du guidon ; mais bon, les parcours laissent à désirer : 2-3% du linéaire à traiter pour être en confortable plus quelques panneaux qui homogénéisent les limitation de vitesses ou aident à se diriger ; au pire le coût de quelques dizaines de mètres de voierie neuve, pas de quoi ruiner mon agglo de 200 000 habitants, 100 000 emplois et 27 000 étudiants.

Je vais emprunter la camera frontale de mon gendre pour pointer les passages désagréables. C’est plus parlant pour nos élus et leurs services.

4- Et si la question se posait plutôt en sortant de la gare pour aller au travail ? 

Ca tombe bien, à Cergy-Pontoise nous avons deux gares desservant deux zones d’activité totalisant 25 000 emplois, à moins de 3km. Et nous n’avons effectivement pas réglé cette question insoluble : comment desservir une surface avec une ligne de transport ? Même quand la ligne dessert la surface en se tortillant, la capacité des bus n’est pas suffisante aux heures de pointe, ni la fréquence de passage aux heures creuses.  Ce doit être pour ça que les trois quarts des employés viennent au travail en voiture. Il y a là de quoi faire.

La commission transition de Cergy-Pontoise que je préside s’est mise en tête de développer un projet vélo pour répondre à cette question à partir des deux gares : un vélo, comme la marche à pied permet d’aller où on veut, à n’importe quelle heure, encore plus si c’est un vélo électrique qui efface les dénivelés.

Mais allez voir ce projet ; il est argumenté et réfléchi. Vous pouvez y glaner des informations, un cahier des charges, l’adapter et le reproduire chez vous, dans le sens domicile travail ou l’inverse : http://agirlocal.org/projet-velo/

Et si vous, habitants, entrepreneurs, élus, voulez faire d’autres économies en modifiant juste un peu vos comportements, allez sur la page d’accueil du site www.agirlocal.org

compter carbone approximativement

Compter carbone à chaque prise de décision

Pour un calcul approximatif des émissions des bâtiments, des déplacements et de la nourriture.

 

Si vous prenez la menace climatique au sérieux, alors il nous faut compter carbone, comme on compte en euros, à chaque prise de décision.

Tous ceux qui ont voyagé hors de la zone euros ont pu mesurer à quel point compter en argent suppose de connaître beaucoup de références dans une monnaie que l’on ne connaît pas : le montant d’un salaire, d’une nuit d’hôtel, le prix d’un repas ou d’un ticket de bus…

Compter carbone est plus simple, demande moins de références. L’approximation suffit pour avoir une idée de ce qui est fortement émissif ou pas ; et décider en conséquence.

Les chiffres qui suivent servent à ce calcul approximatif, les ordres de grandeurs comme disent les ingénieurs. Ceux qui font qu’un pont tient ou pas sous la charge.

Bâtiments : comptez vos kwh et multipliez par les émissions de votre source d’énergie.

Pour l’électricité, comptez 180 geCO2 par kwh, (c’est beaucoup plus compliqué que ça mais vous tenez l’ordre de grandeur) le gaz 240 geCO2 par kwh, le fuel 300 geCO2 par kwh, le chauffage urbain varie beaucoup de 20 à 200 geCO2 par kwh selon les énergies utilisées… Le chauffage urbain est avec EDF le dernier utilisateur massif de charbon ; lequel émet 400 geCO2 par kwh!

Déplacements terrestres :

En bus, en métro, en train, les émissions sont négligeables. En voiture comptez 300 geCO2 par km parcouru. Pour un calcul plus précis, prenez les émissions constructeurs et multipliez les par 2 si vous habitez une métropole, par 1,5 ailleurs.

Déplacements en avion :

Comptez 100 geCO2 du km long courrier, (plus précis : 80 en seconde, 120 en première), 20% de plus en moyen courrier, 40% en court courrier.

Nourriture :

Du champ au traitement des déchets, notre nourriture pèse les tiers des émissions ; comptez donc 60% de ce que vous avez calculé pour bâtiments et déplacements, à l’année.

Et après ?

Pour commencer à réduire à peu de frais vos émissions et par là même trouver les premiers moyens financiers de réduire plus encore vos émissions,  allez sur habitant, entrepreneur ou élu.