Contrer la menace climatique, méthodiquement

24 octobre 2019

Note sur la prise en main des enjeux du changement climatique

par les élus territoriaux

A lire les rapports des scientifiques du climat, il reste deux mandats municipaux d’ici au déclenchement des 2°C de réchauffement. Ce qui exige une obligation de résultat pour écarter la menace climatique. Diminuer d’ici là nos émissions d’un tiers repousserait le seuil d’une petite dizaine d’années ; précieuses.

En la matière, le top down a montré ses limites. Le bottom up n’est pas spontané, pas au delà d’une minorité de militants du climat. Fournir un cadre et des outils aux acteurs de terrain pour l’articuler avec le top down est resté hors du champ de nos politiques publiques. Comment faire ?

Cette transition se heurte à un obstacle majeur : elle demande de changer nos modes de vie et de consommations, ce qui ne peut se faire que pour un mieux vivre ; mais elle demande aussi de changer nos modes de réflexion, nos savoir-faire et nos compétences, ce que nos révolutions économiques nous promettent en tout état de cause : changer de métier plusieurs fois dans une vie, formations incluses. Rationnellement, ces changements individuels, chacun peut les décider, sans rien demander à personne. Il y manque de quoi inciter : une vitrine à solutions, pointant emploi local, bien être et cadre de vie, apaisés. Ces changements individuels sont la moitié du chemin.

L’autre moitié du chemin relève des élus, associations et entrepreneurs locaux. Traduite sur les territoires, la transition nous amène à changer les productions et les consommations locales, les flux de personnes, de marchandises, de connaissances et d’argent entrants et sortant de nos territoires. Ce que l’on peut appeler le métabolisme de nos territoires générateurs aujourd’hui de gaz à effet de serre, destructeurs de biodiversité et de ressources.

Cette deuxième moitié de transition a deux conséquences : dans le temps qui reste, le neuf devient marginal, l’enjeu est bien la réinvention écologique des territoires qui sont nos yeux ; le temps des grands projets est donc passé. Nous avons besoin d’imaginer ou reproduire une multitude de petits projets locaux, massivement reproductibles, aptes à changer ce métabolisme existant, aptes aussi à pousser à changer de modes de vie : http://agirlocal.org/kit-transition-locale/

Les maires et présidents de collectivités sont le point d’appui de tels développements, générateurs d’emploi, de prospérité et de bien être. A y regarder de près, économiser du CO2 donne en effet du pouvoir d’achat ; et pour cause, les énergies fossiles ne sont pas gratuites, sont importées, ne développent pas de l’emploi non délocalisable tandis que le cout de production des énergies fossiles a croisé (ou va croiser selon les énergies) celui du nucléaire.

Politiquement, désigner dans l’équipe municipale un premier adjoint en charge de ces développements, avec autorité en second sur l’administration communale (quand il y en a une) est incontournable.

Techniquement, travailler quatre champs d’action peut en faire une utopie réaliste : la nourriture, les déplacements, les bâtiments, la production d’énergie. Avec cette évidence : la nourriture, les éco matériaux, les éco énergies poussent à la campagne et sont consommés en ville. Mieux, ils peuvent stocker du carbone plutôt qu’en émettre. Et donc retarder l’échéance.

Il y faut une boussole, un objectif zéro émissions carbone, comme Copenhague est en train de l’atteindre et Paris l’a programmé ; une jauge pour choisir les projets les plus efficaces : la TeCO2 à l’euro dépensé ; un portefeuille : un budget analytique  des économies engrangées et des réinvestissements et un compteur de vitesse, l’empreinte carbone[1]. Sans oublier le moteur, un conseil du développement durable.

Organiser et nourrir localement cet objectif zéro carbone donne un levier majeur pour faire bouger nos territoires et ceux qui y vivent, changer le rapport ville-campagne, construire une géographie humaine en harmonie avec la géographie physique et avec le reste du vivant.

Ces 5 propositions permettraient d’accélérer les choses, elles sont de la responsabilité du niveau national : http://agirlocal.org/5-decisions-a-prendre/

[1] Ce tableur en permet un calcul approché, gratuitement, de la commune à la région, fondé sur les données du Haut Conseil pour le Climat : http://agirlocal.org/kit-transition-locale/

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