Extrait feuilleton de l’été “la vie dans les métropoles au XXIème siècle”

Les ateliers internationaux de maîtrise d’œuvre urbaine :

« La vie dans les métropoles au XXIème siècle »

Extraits du feuilleton de la préparation

Au début, notre association s’appelait les ateliers d’été; et puis quand c’est l’été au nord de l’équateur, c’est l’hiver au sud. Alors avec des participants venant de tous les pays, nous nous appelons les Ateliers. Nous en avons fait 37 en Île-de-France ces 37 dernières années, 80 en tout, en comptant ceux que nous avons réalisés à l’international. Les ateliers, dits internationaux de maitrise d’oeuvre urbaine, ont pour caractéristique d’être force de proposition pour les décideurs.

Cette année, l’atelier francilien a pour sujet « la vie dans les métropoles au XXIème siècle ». C’est la préparation, exceptionnelle, de ce lieu de créativité, chaque fois renouvelé, que je vous invite à déguster, en quelques pages et plus si vous le souhaitez.

Il nous a fallu en effet deux ans de travaux préparatoires pour labourer le terrain de cet atelier avant que deux douzaines jeunes professionnels de toutes les disciplines, venus des 4 coins du monde ne produisent en ce mois de septembre prochain de bonnes questions aux bonnes échelles de territoire et des idées pour agir, présentées à un jury international fin septembre.

Si nous continuons à fabriquer cette formule depuis 37 ans, atelier après atelier, c’est qu’elle a fait la démonstration de son efficacité : la plus décisive étant le changement de lieu de l’exposition universelle de Shangaï de 2010 depuis les terrains autour de l’aéroport à ceux du centre ville.

D’autres projets en Île-de-France ont bénéficié, à leur émergence, des propositions de ces jeunes professionnels et des débats ainsi instaurés : Paris Saclay par exemple qui concentre le quart de la recherche française et le concours international d’idées d’urbanisme et de développement durable qui a lancé sa création dans la foulée de l’atelier. Plus loin dans le temps, l’arrêt de l’urbanisme de dalle en France, la création du quartier international d’Anfa au Maroc, ou la table ronde des 22 maires de l’agglomération de Puebla… qui ne s’étaient jamais rencontrés avant l’atelier.

Comme toujours, la préparation commence par la définition d’un sujet et d’un territoire ; et des débats musclés qui se prolongent tout au long de la préparation de l’atelier. Ils font évoluer la pensée des acteurs. Si vous voulez en savoir plus, j’ai fabriqué un feuilleton pour l’été publié sur Linkedin. L’intégrale est visible ici au fur et à mesure de sa parution.

Mais puisque vous êtes là, voilà une sélection de la préparation de l’atelier en 8 pages illustrées :

En ce temps là, en ce temps très ancien, il y avait un établissement public d’aménagement de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise. Son urbaniste en chef et deux autres y ont inventé les ateliers d’été, histoire de renouveler les idées de la fabrique de la ville. Particularité de l’urbaniste en chef : arrivé à l’institut d’aménagement et d’urbanisme peu avant Paul Delouvrier, « l’Haussmann des banlieues », Bertrand Warnier tient le cap de ce qui fait la valeur ajoutée des Ateliers depuis 37 ans : les sujets à enjeux et la méthode. En 2016, c’est lui qui a voulu le sujet « la vie dans les métropoles au XXIème siècle » pour l’atelier francilien 2018. Depuis, votre serviteur puis une jeune architecte, sommes aussi devenus les pilotes de cet atelier, adossés à une équipe de salariés, financés à géométrie variable par nos partenaires publics et privés.

Pour comprendre ce que nous fabriquons, un dessin valant mieux qu’un long discours, le travail d’un atelier se situe sur les premières marches de l’escalier : à l’émergence d’un projet.

Sur ce fond et comme à son habitude, Bertrand dessine une première proposition de sujet et de territoire. Cette fois, il a la main lourde, comme le sujet qui est de poids : 11 pages de dessins commentés. Je complète d’un texte d’une page à destination de nos partenaires, pour cause de débats musclés : pour certains, penser à long terme ne sert à rien. Pour nous cela permet de mieux savoir ce que nous avons à faire demain matin. Nous sommes en avril 2017 ; il y va du choix du sujet de l’atelier 2018 ; Les 11+1 pages, dans leur jus : : 20170423 Chaud devant

Habituellement nous produisons des documents : affiche et document sujet pour l’appel de candidatures, document contexte pour les participants sélectionnés (appelé cette fois d’immersion au vu de sa taille) et un séminaire productif qui prépare l’atelier proprement dit à coup de questions pour les participants.

Au vu de l’ampleur du sujet, Bertrand souhaite en plus un séminaire de lancement fin 2017 et 4 soirées métropolitaines au premier semestre 2018 : les métropoles face au défi climatique, habiter-travailler-mobilités, le numérique moyen ou fin en soi et enfin l’attractivité économique et culturelle. De quoi se mettre à la hauteur d’un tel sujet en s’enrichissant les uns les autres.

A votre attention et pour faire court, quelques notes d’ambiance de cette préparation :

Note d’ambiance du séminaire de lancement, septembre 2017:

Bertrand précise en introduction: « tout bouge,-l’agriculture, le travail, le numérique…, de façon imprévisible mais continue et tout se dérègle,-le climat en premier lieu-. Et rajoute : la métropole parisienne est à l’orée de grands changements mais ne semble pas être munie d’une vision précise, alors que l’histoire a montré que celles-ci inscrivent durablement leur marque dans le territoire : Paris et les espaces verts d’Alphand au XIXème siècle, les métropoles d’équilibres et les villes nouvelles au XXème ».

Pour ma part, la vision à construire ne peut pas faire l’impasse sur le mur climatique qui surplombe la vie au XXIème siècle et conditionne tout le reste. Cette évidence est loin d’être partagée. Mais si la social écologie a du sens, cela vaut la peine de lire aussi 3 pages et une question qui tentent d’enfoncer le clou : qu’est-ce que ça change ?

Invités à penser à ce niveau, la vision à construire, les intervenants planchent sur trois thèmes : La métropole et ses habitants face au gigantisme/ le numérique, un défi pour l’intelligence collective / les métropoles face au défi climatique. Cette phase de l’atelier n’est qu’une entrée en matière. Le fruit qui en sort est vert mais prometteur. On y pointe la contradiction entre le désir de proximité et le gigantisme avec sa conséquence, la distance domicile-travail ; la contradiction aussi entre la recherche éperdue de profits des entreprises du numérique et la liberté, la vie privée de tout un chacun ; plus encore l’écart entre l’insouciance de la classe moyenne mondiale et le mur climatique, tout près, devant nous.

7 mois de maturation plus tard, et 4 soirées métropolitaines faites ou préparées collectivement, le séminaire productif permet de faire un point, au dessus de la mêlée :

Notes d’ambiance du séminaire productif, avril 2018 :

La Chicago team :

Avec l’équipe de pilotage, Bertrand trace le programme de visite de ceux qu’il appelle la Chicago team : Phil Enquist, Meiring Beyers, Drew Wensely ; la team a proposé de contribuer à l’atelier en apportant son expérience internationale, sur le mode « grande échelle et écologie ».

Leur venue, trois jours avant le séminaire, est un moment de bonheur. Le premier jour, nous allons les emmener sur différents points hauts du grand paysage francilien. A peine atterrissent-ils à Roissy que nous allons sur la butte qui domine l’aéroport. Pour eux il est 3 trois heures du matin. Meiring se baisse pour prendre une poignée de terre en nous disant: « les rendements de cette terre merveilleuse vont chuter de 30% avec le changement climatique » et Phil rajoute « à quelle hauteur de vue devons nous réfléchir ?” Puis c’est Villiers le bel /Ecouen ; la butte d’Orgemont ; le mont Valérien et retour sur Paris en longeant la seine par St Cloud, Issy les Moulineaux. Déjeuner à Suresnes avec vue bouchée sur Paris et retour à leur hôtel rue du Bac. (…)

Le lendemain, c’est la grande visite de Paris au Havre.

Rendez-vous est pris à la gare de Cergy Saint Christophe ; ils arrivent en taxi, faute de RER A en marche. Nous allons à pied sur la terrasse de l’axe majeur d’où Bertrand nous décrit le grand paysage francilien.

Puis trajet en minibus jusqu’au Havre en passant par Evreux, reconstruite sur un tout autre modèle, disons à l‘identique des espaces publics et de la morphologie de la ville détruite par les bombardements et l’Isle d’Abeau, ville nouvelle où Bertrand avec Alain qui nous accompagne, ont œuvré au début avant de rejoindre Cergy-Pontoise ; en arrivant à Cergy-Pontoise, Alain a créé la chaire d’économie urbaine de l’ESSEC.

Au Havre, Simon, directeur de l’agence d’urbanisme du Havre et ancien participant des ateliers, nous fait sentir les vibrations de la ville rebâtie par Perret et ses enjeux; l’église Saint Joseph nous laisse subjugués.

La team a apporté un énorme document A3 qui compile les vues aériennes proches de la source de la Seine à son estuaire. Simon nous remet une étude XXL, la bien nommée, sur la logistique, de Paris au Havre (…).

Le jeudi est jour de séminaire productif 

Un extrait : 

Jean-Claude Levy, historien, géographe et journaliste pointe : doit on parler du cycle de vie des déchets ? Ou des marchandises ? L’historique des flux et des stocks est impitoyable.

l’économie circulaire pose la question de la valeur d’usage, de la valeur d’échange et donc de la monnaie et de la rente foncière par rapport aux marchandises. « Une intelligence stratégique est de nature à coordonner l’action des différents acteurs par niveaux territoriaux, adaptée aux contextes locaux ». Fondement de l’économie circulaire, cette intelligence stratégique renvoie à la proposition de pacte finance-climat de Jean Jouzel et Pierre Larouturou.

Une question parmi d’autres:

De Guillaume Faburel, géographe et urbaniste, professeur à l’Institut d’Urbanisme de Lyon : « quel pourrait être un modèle alternatif de la croissance urbaine ? Bio region – polycentrisme et re-regionalisation, ainsi qu’à l’échelle des agglomérations, on peut penser autrement ».

Et en guise de remerciements

Ce mot envoyé le lendemain aux participants du séminaire productif :

« Lendemain de fête, il n’y a pas d’autre mot pour vous dire combien cette journée est apparue riche de vos apports et des étincelles de nos rencontres.

Il y avait de l’atelier grand paysage et de la beauté comme entrée pacifique sur le développement durable,
du « comment faire que ça arrive » avec les gens et les institutions de l’atelier territorialiser la transition,
du développement du comment penser à la hauteur des enjeux de l’atelier de l’économie de la connaissance,
du renouvellement du métabolisme de nos territoires par l‘économie circulaire de l’atelier sur le devenir des zones d’activités,
du traitement de la transition et de l’exclusion, l’un par l’autre, de l’atelier la ville inclusive.

Il y avait plus : de bonnes questions, aux bonnes échelles de territoire, de quoi pousser nos jeunes participants
à formuler des actions, des plans, un rêve et quelques voies pour le réaliser.
Il nous faut maintenant partager avec celles et ceux qui n’étaient pas là ».  

Que lire dans cette préparation d’atelier exceptionnelle ?

Si vous ne devez lire qu’un document, lisez ce 4 pages écrit au sortir de cette préparation : il synthétise les contributions égrenées au fil d’un an de réflexions et d’échanges, bien au delà du séminaire productif donc, ramassés en une petite dizaine de questions, documentées en quelques lignes.

Que vous dire d’autre en peu de mots ? Peut être que les 4 questionnements que nous avons rédigé pour le document d’immersion, environ 6 pages illustrées chacun, valent un détour : ils se lisent par deux.

Changement d’échelle de la métropole et mobilités métropolitaines, cela va de soi.

Pourquoi lier grand paysage et défi climatique ? Par cet enchainement logique : la nourriture, les éco énergies, les éco matériaux, poussent à la campagne et sont consommées en ville ; c’est une affaire de productions renouvelables et d’organisation territoriale ; autrement dit, d’intelligence collective aux différentes échelles de territoire : ce qui demande l’incontournable répartition raisonnée des espaces et des ressources, pour vivre bien. Le grand paysage en est l’expression spatiale, une entrée de surcroit apaisante sur le sujet.

Et si vous ne voulez pas passer à côté d’éclairages substantiels, lisez les compte-rendu des 4 soirées métropolitaines (6 pages chacun) en entrant par le feuilleton de l’été. Episodes 4, 5, 8, 9. Vous y trouverez aussi les travaux des experts appelés à plancher cette année écoulée.

L’objet de ces soirées? « Un enrichissement par ce que les intervenants apportent sur le volet sociétal, professionnel ou social dans leurs interventions initiales : des faits qui ne s’admettent pas (consensus et débats), la mise en évidence de pratiques qui fonctionnent, une vision sur ce qu’il faudrait faire pour vivre bien dans la région métropole, à la vitesse nécessaire pour échapper au mur climatique ».

Vous pourrez aussi y faire votre marché de documents, au détour d’une phrase : comme le document sujet, (en accès direct ici , 39 pages) et le monumental document d’immersion (148 pages illustrées). C’est Christophe qui a donné le la de ce dernier document : « simple, problématisant » et c’est Priscilla qui l’a mené à bien, chahutée par les vues, disons complémentaires, des 3 pilotes qui ont beaucoup donné… pas seuls. Vous pouvez aussi accéder à d’autres documents de cet atelier sur le site de notre association : https://ateliers.org/fr/workshops/213/

Ah, au fait, l’ex-maire de Copenhague, Ritt Bjerreggard, a lancé Copenhague zéro carbone, au sortir de l’échec de la COP 15 en 2009 ; horizon 2025. Copenhague est en passe de réussir.


Bien sûr ils ne sont pas comme nous, mais dans la foulée de la COP 21, Paris vient de voter son plan climat zéro-carbone et 100% énergies renouvelables à l’horizon 2050 avec une étape 2030.

C’est une question d’argent et vous n’en avez pas ?

Alors lisez cette page résumant la proposition du pacte finance climat. Et au moins, signez.

Vous n’y croyez pas non plus ? Alors lisez ces quelques pages qui ont été faites pour vous : http://agirlocal.org/elu/ vous y êtes seul décideur. Il y a la même pour habitant ou entrepreneur sur la page d’accueil de ce même site, rédigées en 2015.

Et si vous pensez qu’une action individuelle de l’habitant que vous êtes n’a pas d’impact, multipliez la par 2 milliards : c’est l’effectif de la classe moyenne et supérieure mondiale ; celle qui émet 80% des gaz à effet de serre, celle qui gagne plus de 10$ par jour et par personne. Cerise sur le gâteau, vous êtes à la tête de l’intelligence stratégique de votre territoire. Et parfois, peut-être, entrepreneur.

La vie dans les métropoles au XXIème siècle ? Les jeunes participants entrent en scène le 3 septembre. Pendant un mois, ils sont maîtres du monde dans lequel ils veulent vivre. Pour la construction d’une vision en quelque sorte. Et vous ?

Rendez vous au jury le 28 septembre, ou un peu plus tard, en soirée.

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