la Seine as a park system en français and in english

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Un rituel ancien des Ateliers de Cergy est de susciter des contributions extérieures de partenaires intéressés par le thème de l’année: cela a été le cas avec Stockholm, Barcelone, Gdansk, Wageningen, Édimbourg, Rome mais aussi Tokyo, Sao Paulo, Berkeley…d’autres encore.

Cette année c’est avec Chicago qu’il y a eu des apports marquants avec Philip ENQUIST, SOMChicago, membre de l’AMERICAN INSTITUTE of ARCHITECTS, Drew WENSLEY, Architecte Paysagiste de TORONTO (Moriyana et Teshima Planners) et Meiring BEYERS de HAMILTON Ingénieur, Klimaat Consulting & Innovation. Ils ont été réunis sous l’appellation «CHICAGO TEAM».

Impliqués dans différentes Régions du Monde sur de très grands territoires avec des approches qui cherchent à prendre de vitesse les «sauvageries» de plus en plus radicales de la planète.

Ce qui consiste à redonner toute sa place à la nature.

Celle-ci s’impose, de toutes façons, avec une force inattendue partout dans le monde.

En «central europe the average temperature will be 5°C warmer by 2100» et l’augmentation prévisible des précipitations devrait être de 15 à 25%)

Donner toute sa place à la nature c’est prendre la Seine dans tout son parcours de la source à l’estuaire avec tous ses affluents.

Donner toute sa place à la nature c’est pouvoir imaginer «THE SEINE RIVER as a NATIONAL PARK».

C’est une VISION dont le fondement est la bonne santé environnementale, base de tout le reste : l’économique, la mobilité, la qualité de vie.

C’est une autre manière de faire de la planification : à savoir une prise en compte – en préalable – des éléments premiers que sont l’EAU, l’AIR, la TERRE et l’ESPACE.

L’EAU

 

Le bassin de la Seine, des sources au Havre

C’est l’ARBRE de VIE d’une Région Urbaine de 18 ou 20 millions d’habitants – dont 12,2 millions de l’Ile de France -. C’est la dimension géographique (carte 1) d’un vaste réseau hydraulique: l’EAU c’est la VIE, la survie, la richesse d’une région favorisée.

Il faut donc en assurer la préservation, c’est un BIEN à PROTEGER.

Il faut aussi S’EN PROTEGER: les prouesses techniques ne sont plus suffisantes, celles des bassins de retenue, des digues… L’ingénierie seule, c’était l’apanage du XXème siècle.

Aujourd’hui, pour être à la bonne mesure, il faut en revenir à l’unité écologique de base à savoir la goutte d’eau (carte 2). C’est par la retenue à sa source dans tous les petits vallons, rigoles, étangs, marais et même les labours que seront protégés toutes les installations humaines existantes le long des cours d’eau et notamment à Paris et ses alentours.

La TERRE

Aucune ville ne peut vivre sans campagnes: l’agriculture urbaine est à privilégier mais ne pourra satisfaire qu’une partie très réduite des besoins des grandes concentrations urbaines. Les terres arables des «pays» qui jalonnent la Seine doivent être sacralisées et classées en réserves agricoles (voir J. Viard).

Elles contribueront à dessiner ce GRAND JARDIN du Bassin de la Seine.

L’agriculture sera présente sous toutes ses formes à commencer par les besoins nourriciers des populations des territoires les plus proches. Et la terre c’est aussi les jardins, les potagers et les maisons qui les accompagnent.

Un bon jardinier sait mettre les végétaux dans des situations de bonne entente: il n’y a pas de raisons pour qu’il n’en soit pas de même avec l’habitat: les zoos animaux se sont débarrassés de leurs vieilles cages: les directeurs des zoos humains, confrontés à des explosions de population doivent aussi voir les conditions dans lesquelles trouver des réponses à une joyeuse vie future (cf. D. Morris).

On ne peut pas prétendre, simplement parce qu’il y a plus de gens et qu’il faut les loger, qu’il n’y a qu’une solution: les citoyens harassés demandent que soient prises en considération les exigences fondamentales des comportements de chacun.

L’AIR et l’ESPACE

Le citadin ne peut plus vivre sans AIR PUR: c’est ce qui manque dans les espaces surdensifiés et Paris en fait partie. Pour s’en convaincre il suffit de regarder les quartiers privilégiés du quart sud-ouest des faubourgs de Paris qui sont composés pour moitié de leur surface de forêts domaniales, donc un environnement garanti.

Si on compare avec Paris intramuros et à superficie égale, il y a un peu plus de 300 000 habitants au lieu de 2,2 millions qui bénéficient de cette situation avantageuse (carte3). Au delà du périphérique parisien c’est le seul territoire qui bénéficie de ces qualités. Pour tout le reste de la couronne urbaine considérée comme étant celle du grand Paris, sont préconisées les densifications capables de répondre aux extensions nécessaires pour satisfaire aux besoins.

La ville sur la ville… c’est une belle formule: on continue à enfermer Paris dans une ceinture radioconcentrique, c’est à dire dans une logique de développement à court terme. Force pourtant est de considérer que cela ne pourra pas se répéter à l’infini: une troisième puis une quatrième couronne qui s’imposeraient de la même manière seraient suicidaires.

Heureusement pour les pouvoirs publics cette manière facile de faire se heurte aux périmètres des Parcs Naturels Régionaux (carte 4): ceux-ci constituent la véritable ceinture verte de la Région Ile de France et sont donc un frein à la sur-concentration: il y a un moment où il faudra sauter le pas.

C’est ce qui serait légitime pour tout citoyen «métropolitain». La vraie dimension métropolitaine est celle qui permet de choisir de vivre en ville ou à la campagne, de vivre dans un environnement de qualité.

Or il se trouve que c’est une voie possible compte tenu des transformations rapides liées aux nouvelles technologies, aux nouvelles mobilités, aux nouveaux modes de vie, aux aspirations de chacun.

Pourquoi ne pas y penser dès à présent?

Y aurait-il un obstacle: celui des eaux troubles de nature territoriales politiques et administratives?

A GREAT PARK SYSTEM

On ne peut pas vivre sans nature, sans insectes, sans sa «bulle» c’est à dire son living-room personnel – comme en dispose la plupart des animaux -. Il faut donc INVERSER les PRIORITES (carte 5) :

On ne peut pas vivre non plus sans ressources.

Le grand parc que serait le Bassin de la Seine offre cette possibilité: disposer d’un grand canal – celui de la Seine jusqu’à Paris avec ses potentiels économiques.

Ce grand parc serait doté de grandes pelouses que sont les espaces agricoles protégés et prioritairement les espaces nourriciers.

Dotés aussi de grandes forêts et les nombreux taillis – les arbres isolés et bosquets d’un parc-. Il est ponctué de toutes ces villes et bourgs mais aussi de villages normalement équipés – les kiosques et bâtisses diverses-.

De grandes voies – les allées du parc – sont déjà tracées et adaptées aux nécessités fonctionnelles mais aussi à la qualité des lieux; d’autres sont à inscrire.

L’avantage d’un grand parc c’est qu’il évolue au cours des saisons, qu’il se transforme d’une manière organique c’est à dire qu’il s’adapte aux nouveaux besoins sans altérer le caractère des endroits.

C’est vrai cependant qu’il doit être géré par un «bon horloger» qui ne s’intéresse pas qu’à la mécanique et au commerce mais au plaisir des sens et aux qualités esthétiques de l’objet.

ET APRES?

IL EST VENU UN JARDIN CETTE NUIT

QUI N’AVAIT PLUS D’ADRESSE

UN PEU TRISTE IL TENAIT POLIMENT

SES RACINES A LA MAIN

POURRIEZ VOUS ME DONNER

UN JARDIN OU J’AURAIS

LE DROIT D’ETRE JARDIN

 

Ces quelques mots – du Jardin Perdu de Claude Roy – sont bien représentatifs de l’embarras des temps présents.

Ils ont une valeur allégorique mais aussi poétique d’un MONDE EN ATTENTE.

Reste à savoir s’il y a une écoute quelque part et une VOLONTE de FAIRE.

 

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