Adapter-reproduire ; le temps des solutions

V20220330

Adapter & reproduire

Le temps des solutions

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I- Résumé à l’intention des décideurs (2p) :

1.Une efficacité construite

Les scientifiques du climat nous alertent depuis 40 ans, nous créons la menace climatique : nous sommes le problème nous sommes donc la solution.

Elle n’est pas désagréable : à l‘expérience, réduire son empreinte carbone crée du pouvoir d’achat, du bien-être, crée de l’emploi près de chez soi, réduit les inégalités et, de façon inattendue, crée une nouvelle forme de démocratie, dans l’action.

Pourtant 26 COP, internationales donc, et plusieurs lois nationales non pas même arrêté la croissance de nos émissions de gaz à effet de serre. Résultat : Il reste 10 ans avant le déclenchement des 2°C de réchauffement.

Nous ne pouvons donc pas continuer à tout attendre, de fait, de nos gouvernants nationaux. Il est plus que temps d’agir efficacement là où nous vivons, c’est à dire là où nous pouvons en décider, de la maison à la région, en cohérence avec les actions nationales et internationales.

Décisive, cette action locale a été préparée par les travaux de plusieurs milliers d’acteurs locaux ces 15 dernières années. L’acceptabilité des solutions efficaces mises en œuvre un peu partout en France est démontrée localement, ces solutions restent pourtant invisibles au plus grand nombre. Elles ne demandent qu’à être adaptées et reproduites massivement.

La mobilisation sur ces solutions de 30 millions de familles, 5 millions d’entrepreneurs et un demi-million d’élus locaux, articulés à l’action des gouvernants nationaux et supra nationaux, est un levier puissant, multi-acteurs et décentralisé pour écarter la menace à temps, dans le plaisir de vivre.

Dans une stratégie qui tient en 4 mots : « Compter carbone et agir ».

Le territoire est bien un lieu potentiellement moteur pour contrer la menace climatique, en changeant d’échelle : l’action locale méthodique, outillée, massive, pour porter son impact à hauteur des enjeux.

Afin de rendre cette stratégie opérationnelle, Agirlocal a été fondée fin 2020 par une douzaine de citoyens, 3 maires, l’ESSEC, CY Cergy-Paris Université et la Banque des Territoires de la Caisse des Dépôts.

2. Une stratégie opérationnelle 

Pragmatiquement, Agir Local a lancé un appel national à solutions efficaces pour les partager en les mettant en vitrine, avec une méthode documentée pour les adapter-reproduire  www.agirlocal.org.

Les 28 solutions recueillies à ce stade sont identifiées dans les 6 champs d’action à portée de décision locale, de la maison à la région : Nourriture-agriculture, déplacements, bâtiments, énergies, biodiversité (notre assurance vie) et éducation populaire-formation (dans l’action).

Des outils ont été forgés pour les trier et mesurer leur efficacité avant d’agir.

L’efficacité carbone s’applique particulièrement bien aux 5 premiers champs d’action, même si chacun demande d’autres mesures d’efficacité : sociale, économique, de biodiversité, culturelle. Le 6ème champ d’action est incontournable pour mettre en oeuvre les 5 premiers.

Un tableur carbone gratuit permet d’évaluer l’empreinte carbone locale de la commune à la région, en moins d’une heure.

Un dialogue avec des porteurs de solution a permis de calculer le potentiel de réduction de l’empreinte carbone locale et nationale, si leur solution était généralisée.

3. Une efficacité démontrée par des acteurs locaux, pour des acteurs locaux

Ce premier recueil de solutions a mis en évidence le potentiel de réduction local des émissions de gaz à effet de serre : 8 des 28 solutions recueillies à quatre coins de la France, réduisent de 17% l’empreinte carbone nationale, si elles sont généralisées.

Ces solutions recueillies font gagner du temps, de l’argent et de l’énergie. Au lieu de recommencer 35000 fois de zéro, elles sont rassemblées par Agirlocal, évaluées et partagées pour que chacun puisse adapter les solutions qui vont bien aux spécificités de son territoire ; et mieux les reproduire méthodiquement, sans essuyer les plâtres de leur mise au point initiale.

Ces solutions sont massivement reproductibles et peuvent donc contribuer efficacement à écarter la menace climatique :   Elles répondent à un besoin identifié et commun à de nombreux territoires. Elles sont opérationnelles sur au moins un territoire. On dispose d’un recul suffisant pour analyser leurs forces et faiblesses et les améliorer, ensemble.

En recueillir une cinquantaine, avec vous, pour une efficacité à hauteur des enjeux, les partager, co-construire progressivement une ingénierie publique tiers de confiance apte à faciliter leur adaptation-reproduction en coopérant à toutes les échelles de territoire, appeler nos gouvernants nationaux et européens à renforcer notre action locale, telle est la feuille de route d’Agirlocal.

En 2 pages :  https://agirlocal.org/pourquoi-comment-agir-local/

La présente note d’ensemble a pour objet d’esquisser l’adaptation-reproduction méthodique, outillée, massive des solutions locales efficaces recueillies par Agirlocal. Celles qui vont bien sur votre territoire, en complément des politiques locales aujourd’hui mises en œuvre.

4. Conjuguer le territoire et les solutions

L’outil de base pour une approche méthodique est le tableur carbone fabriqué pour les territoires. Il est probable que le bilan carbone que vous avez payé n’évalue que la moitié, voir le tiers des émissions de votre territoire : les données publiques utiles au calcul disparaissent en effet au fur et à mesure que l’on passe du national à la commune.

Le tableur carbone mis gratuitement à votre disposition évalue donc l’empreinte carbone de votre territoire à partir des émissions nationales calculées par le Haut conseil pour le Climat, y compris les émissions importées par les achats à l’étranger de biens et services. Fondé sur l’expérience du calcul carbone à la commune en Ile-de-France, développé par une direction régionale du ministère, il réparti l’empreinte nationale au prorata de la population, l’emploi et le revenu des habitants. https://agirlocal.org/mode-calcul-emissions-co2e-a-la-commune/

Cette évaluation a le mérite de vous donner la bonne mesure de l’efficacité des solutions et politiques locales en regard de l’objectif à atteindre : passer de 12 à 2 Tonnes équivalent C02 par habitant sur votre territoire avant le déclenchement des 2°C de réchauffement.

Vous pouvez alors augmenter votre efficacité en évaluant les solutions et vos politiques, projet par projet avec un indicateur simple, le kgeCO2 économisé à l’euro investi ou dépensé ; et réorienter l’allocation de vos moyens humains et financiers en conséquence.

Les pages ci-après donnent une visibilité à votre décision d’écarter méthodiquement la menace climatique là où vous pouvez en décider. Cf le sommaire en fin de document.

Elles esquissent un processus à votre disposition, documenté, en mode action déterminée :  solutions mode d’emploi, déclencher, développer, co-construire.

La présente note d’ensemble et les 28 solutions sont mises en vitrine sur :    https://agirlocal.org/vitrine/

II- Solutions, mode d’emploi 

 1. La vitrine à solutions

  • Chacune des 28 solutions y est présentée en une vingtaine de lignes, celles du dossier du jury. Pour une lecture commode de l’ensemble de ces notes individuelles (en une heure) : https://agirlocal.org/wp-content/uploads/sites/15685/2021/05/AGIRLOCAL_Dossier-de-presse_23.11.2021_28.pdf
  • La fiche de réponse à l’appel national en dit plus en un recto-verso avec un contact, leur site.
  • 10 des 28 solutions sont en outre présentées dans une note « Adapter-reproduire » pour faciliter le lancement de leur mise en oeuvre méthodique par des acteurs locaux décidés. Elles sont signalées par un astérisque.

A l’intention du décideur en manque de temps, la première page de chacune de ces 10 notes « Adapter-Reproduire » présenteun résumé de la solution en quelques lignes et au verso pourquoi il y a intérêt local à la reproduire.

A l’intention des porteurs potentiels, les pages suivantes sont rédigées pour donner une visibilité et préparer le lancement de la reproduction méthodique. Elles décrivent son montage et ses péripéties puis répond à : par où commencer, avec qui, quels moyens et quels documents clés, associés.

Localement, la lecture de ces notes « adapter-reproduire » suppose que la décision de reproduire soit (presque) prise ; d’où les 5 à 10 pages par solution. Sinon qui lirait ? Elles ont été rédigées en se mettant autant que faire se peut dans la peau du reproducteur potentiel (décideur politique ou porteur technique que nous sommes ici ou là), en fournissant des arguments consistants pour convaincre ; convaincre les autres décideurs, les autres acteurs locaux, les acteurs de la solution, comme ceux qui en profiteront si l’adaptation- reproduction se fait.

Mais ce n’est pas strictement du prêt à porter. L’intelligence et la réflexion des acteurs, l’une et l’autre locales, sont supposées être mises en route par ce balisage des perspectives et des résultats que l’on peut en attendre et ce à l’échelle d’un territoire qui n’est pas forcément le vôtre : par exemple une agglomération et un Parc Naturel Régional oules divers détenteurs des bâtiments publics sur une communauté de communes avec l’ambition de faire levier sur les bâtiments privés.

La multiplicité des accroches de chaque solution en résulte, la multiplicité des personnalités aussi (des territoires et des acteurs), des redites ici ou là, dans l’espoir que chacun puisse s’y reconnaitre, entendre, faire son marché, argumenter et monter méthodiquement la reproduction de la solution avec d’autres.

2. Les outils à disposition

Dans le détail, les outils mis à disposition -tableur carbone et son mode d’emploi, kit transition, kit formation- vont du « pourquoi-comment agirlocal » à une note sur la prise en main des enjeux du changement climatique par les élus territoriaux en passant par une introduction à un échange citoyen, des présentations et un document-outil consistant :  Il développe la question climatique, des outils, un exemple concret sur une commune avec des solutions -seul et ensemble- dans 4 champs d’action (nourriture, déplacements, bâtiments, énergies) se termine par un appel argumenté à nos gouvernants (09-2019, 43 pages illustrées).

Ces documents écrits en situation, ont été utilisés à un moment ou à un autre et communiqués sur notre site : www.agirlocal.org/category/outils/

Plus systématiquement et affiché en page d’accueil de www.agirlocal.org , un parcours trace à votre attention (et celle des acteurs locaux à convaincre), ce chemin de l’action locale, méthodique, outillée, massive : Compter carbone, 28 solutions efficaces, par où commencer et co-développer Agirlocal

Un parcours qui commence par : déclencher une dynamique.

III- Déclencher une dynamique

C’est la première étape de l’adaptation- reproduction : analyser le territoire et les solutions afin de déterminer leurs complémentarités avec les développements en cours sur votre territoire, pour réduction drastique de son empreinte carbone.

1. Votre empreinte carbone

Le premier acte est donc celui de l’évaluation de l’empreinte carbone de votre territoire. Le tableur carbone Agirlocal permet son calcul en moins d’heure, gratuitement, de la région à la commune : https://agirlocal.org/mode-calcul-emissions-co2e-a-la-commune/.

Cette évaluation, que vous pouvez faire seul, permet de mesurer l’efficacité des politiques de réduction mises en place sur votre territoire et celle des solutions qui viendraient compléter votre dispositif, si elles sont méthodiquement généralisées sur votre territoire.

Cette évaluation quantifie donc l’écart à combler pour diviser par 6 les émissions de nos territoires : en moyenne nationale, de 12 à 2 Tonnes équivalent CO2 par personne, selon le Haut Conseil pour le Climat.

Pour faire cette évaluation sur votre commune, intercommunalité, département, région et aider les autres acteurs à commencer à compter : https://agirlocal.org/compter-carbone/

Cette mesure est déclenchante : le degré de mobilisation locale dépend de la prise de conscience chiffrée de la menace climatique et de notre capacité à l’écarter dans le temps qui reste par la voie de l’action locale méthodique, outillée, massive.

En ce sens, les écarts entre cette évaluation et le bilan carbone que vous avez fait ou fait faire sont instructifs : ils font apparaître le manque de données locales comme la différence entre réalité des émissions à réduire et la perception de la réalité de nos émissions … sur laquelle sont fondées vos décisions.

A noter que l’entrée en lice de l’Etat serait décisive pour réduire cette différence bilan carbone- réalité à zéro.

2. Votre territoire et les solutions

Sur la base de cette évaluation par le tableur carbone Agirlocal, vous pouvez compléter et accélérer la décarbonation de votre territoire avec les solutions recueillies par Agirlocal, pour autant que ces solutions soient adaptées ou puissent l’être ; en réfléchissant pour chaque solution à une bonne échelle de territoire.

  • Du côté de votre territoire, deux particularités sont décisives : l’identification du gisement local de reproduction des solutions et leur tri par efficacité décroissante d’une part, et de l’autre les acteurs mobilisables et ce quitte à aller chercher d’autres acteurs voisins, dans un échange de bons procédés.
  • Du côté de la méthode, la question sempiternelle est : par où commencer ? Avec qui ?
  • Du côté de chaque solution, il s’agit de s’assurer que les ingrédients indispensables à sa réussite ont bien été identifiés et sont présents ou peuvent être amenés sur le territoire.

Le gisement local de reproduction, par où commencer, avec qui et les ingrédients indispensables sont développés ci-après.

A noter que l’appel à solutions efficaces, national et permanent d’Agir local, a pour objet d’augmenter le nombre de solutions efficaces pour atteindre l’objectif de réduction de l’empreinte carbone.

Et, s’il n’y a pas suffisamment de solutions déjà inventées, l’innovation territoriale de multiples acteurs locaux, adossée aux actions nationales et internationales demande à être (un peu) organisée pour permettre de répartir les moyens et combler les derniers écarts à la réalisation de cet objectif.

3. Le gisement local de reproduction

Le plus parlant est de passer par des exemples de solutions sur leur territoire. Ce qui ouvre sur la recherche du bon périmètre de territoire pour une adaptation-reproduction efficace.

  • Chaque solution pointe un gisement local. Dans un aller-retour, Il découle des caractéristiques du territoire et de l’efficacité carbone de la solution sur ce territoire.

Exemples :

– La solution Cantine de Chadi est adossée à un lycée agricole qui comporte donc une ferme associée. Elle est facile à reproduire partout où il existe un lycée agricole. Pour autant elle peut être adaptée et reproduite dans toutes les cantines et restaurants d’entreprises.

Le potentiel local comme national est de 1% sans compter l’effet de levier sur les repas à la maison, généré par les bénéficiaires de la solution, professeurs, élèves et donc leurs parents : une classe, 60 parents d’élèves selon la formule de Citizens for Climate : www.littlecitizensforclimate.org/  Alors combien de cantines ? Ecole, collège, lycée, enseignement supérieur, hôpital, préfecture, entreprises et interentreprises… Et combien d’agriculteurs qui produisent quoi ? Dans quel périmètre ?

-Sur 3 communes mitoyennes, urbaines, la densité et la date de construction des logements rendent faible le potentiel de réduction de la solution chauffage urbain aux énergies renouvelables ; le gisement de la solution Tramayes (rurale !) mérite néanmoins d’être évalué.

Parce que beaucoup de maisons ont été construites sous la forme de maisons groupées, la solution REV, rénovation énergétique du Valmoutier a un potentiel de réduction de leur empreinte carbone locale de 4%, pour 2% environ au national. Mais la solution est décuplée si la rénovation énergétique est faite avec des écomatériaux comme le chanvre. L’association avec le parc naturel régional du Vexin, mitoyen, est décisive.

-L’appli Lightfoot mesure les émissions carbone de nos achats d’objets neufs, soit 2 ,5 TeCO2 sur les 12 TeCO2 émises en moyenne par habitant et par an. Elle est utilisable telle que. Mais elle renvoie aussi à la réparation, la mutualisation, la location, la réutilisation, le recyclage… Toutes fonctions présentes suffisamment ou pas sur votre territoire ou à côté.

  • Nos établissements humains, en ville et en campagne, conditionnent le gisement de reproduction de telle ou telle solution, son intérêt ; et donc la mobilisation des acteurs locaux.

Exemples :

-Les tiers lieux sur les gares (1% d’efficacité carbone nationale) sont urbains par densité, extensibles au rural par volonté politique. Ils reviennent à faire venir le travail à soi, en allégeant les heures de pointe de tous. Leur gisement est assez directement lié… aux gares : 3000 pour 35 000 communes. Mais leur développement en milieu rural serait précieux. Combien d’emplois et d’étudiants susceptible d’y faire appel ? Dans quel périmètre ?

-Les solutions d’éco-rénovation de logements du Parc Naturel Régional de Brennes, le prêt de vélos à assistance électrique du Parc Naturel Régional du plateau des Millevaches sont toutes deux de campagne. Leur combinaison avec d’autres solutions mérite d’être réfléchie (chauffe-eau solaire, Auto partage Clem, photovoltaïque… Un PNR c’est par définition une ingénierie publique tiers de confiance. 30 cadres pour le PNR du Vexin pour 100 communes et 100 000 habitants.

Il n’y a pas de PNR à proximité ? Le développement de filières d’écomatériaux pour la construction et la rénovation énergétique des bâtiments publics et privés de Biovallée énergie s’est localisée en péri-urbain (1% d’efficacité carbone nationale). Hautes Terres d’Oc en rural dit profond. Peut-être parce que la nourriture, les éco-matériaux, les éco-énergies poussent à campagne et sont consommées en ville.

  • Les dimensions sociales et économiques se retrouvent souvent simultanément dans les solutions climat, pas toujours. Elles caractérisent leur gisement de reproduction territorial.

Exemples :

 –Energie Sprong développe l’industrialisation de la rénovation énergétique à partir d’une solution mise en œuvre au Pays-Bas dès 2012. Zéro énergie pour zéro coût pour le propriétaire comme le locataire, moyennant un tiers payeur qui se rembourse sur les économies d’énergie. Charges locatives indépendantes des cours du pétrole, de l’énergie en général, (dont le gaz russe) confort d’habiter, réduction des impayés… Le tout dans un modèle sans subvention. Le gisement est de 14 millions de logements.

-K-Ryol construit des remorques à assistance électrique, pilotées par un vélo ou à pied, au petit doigt. Elles emmènent 250 kg de charge ou 1,3 M3. L’usine a été localisée à Tonneins, ville désindustrialisée, aux emprises désaffectées bon marché. 50 emplois, le chiffre d’affaires double tous les ans. La grand’rue de Tonneins est très Nouvelle Orléans. Il n’y manque que les boites de jazz.

 –Les réseaux de chauffage urbain aux énergies renouvelables et de récupérations -RCU aux ENR&R- sont une solution à forte technicité mais très efficace (environ 5% de réduction au national avec Tramayes et Hautes Terres d’Oc). A appliquer dans les rues dont la densité énergétique linéaire est supérieure à 1,5 MWH par mètre linéaire et par an ; là où souvent il n’est pas possible d’isoler par l’extérieur pour des raisons architecturales et trop cher par l’intérieur, par la surface habitable perdue. Cette solution stabilise les charges de chauffage, transforme 5 milliards d’euros de déficit commercial national en produit intérieur brut (baril à 100 $), crée des emplois non délocalisables.

  • La biodiversité est territoriale par construction. Pas d’espèces sans milieu, fut-elle humaine. Nous dépendons de la biodiversité dont nous faisons intégralement partie. La biodiversité stocke du carbone mais est d’abord notre assurance vie. Les ressources naturelles, renouvelables chaque année, sont la condition de notre maintien en vie. Le gisement de votre territoire est précieux.

Exemples :

-La forêt Miyawaki, du nom de son créateur est un modèle qui a fait ses preuves en Asie depuis 40 an, Europe depuis moins. Pour faire simple, il consiste à planter 3-5 plants par m2 pour construire une végétation étagée qui s’auto entretient ; sur des friches, des délaissés ou des espaces ingrats, à partir de quelques centaines de m2. De quoi enrichir le potentiel de biodiversité de votre territoire. Le volet pédagogique est à exploiter.

-La forêt nourricière reprend les concepts de l’agroforesterie et de la permaculture pour en faire un espace riche en biodiversité et producteur de nourritures. La mise au point expérimentale du concept a demandé une dizaine d’années. Elle peut faire vivre son jardinier. Le réseau d’acteurs, les connaissances partagées gratuitement sur le site de l’association et la formation associée ne demandent qu’à être utilisés et reproduits.

-Nutreets exploite le concept de l’aquaponing, nom savant pour désigner une technique millénaire en Asie : le champ de riz associé à la mare aux canards. Les canards se nourrissent des prédateurs du riz et nourrissent en retour le riz de leurs déjections. Une ferme de 2500 m2 en Loire-Atlantique a développé ce procédé sous nos climats. Une reproduction surprenante à Colombes en a fait une serre antibruit. La biodiversité peut être directement productive et même très massivement réductrice de gaz à effet de serre : en l’occurrence, 6500 hectares pour nourrir 1,7 millions de personnes et 1% de réduction de l’empreinte nationale.

  • Les dimensions éducation populaire-formation et sociales se retrouvent souvent dans les solutions, pas toujours. Leviers de mobilisation locale clé, elles font émerger des gisements de reproduction de solutions, nourrissent leur reproduction.

Exemples:

-La Ferme urbaine de Saint Denis et plus précisément son volet « zone sensible » (un hectare sur 25) combine la production en permaculture de plus de 200 espèces végétales, avec des expositions, concerts, cinéma en plein air, théâtre, banquets, ateliers pour les établissements scolaires et socioculturels, initiations et sensibilisations. Elle a été pleinement utilisée pendant le Covid-19, pour les plus démunis.

-Comme on installe des œuvres d’art dans la ville pour les rendre accessibles au plus grand nombre, Arcueil Comestible installe de la pédagogie dans l’action dans l’espace public pour embarquer les habitants et les passants : avec une communication sur la nature en ville, un budget participatif, une charte, des permis de végétaliser, des subventions, une méthodologie, et des retours d’expériences elle installe verger, ferme urbaine, jardins collectifs, jardin pédagogique, éco-pâturage, événements et cartographie des initiatives.

-Être, réseau des écoles de la transition écologique (départementales), vise à accompagner et à former aux métiers manuels de la transition écologique et de l’économie circulaire. Des formations courtes pour redonner envie de s’engager dans la formation ou l’emploi, des formations de préqualification puis des formations diplômantes ont un double objectif : l’insertion professionnelle et l’éducation environnementale. 80% des participants sont des jeunes en difficulté, de 16 à 25 ans, les autres 20 % sont des personnes en reconversion, à la recherche de sens le plus souvent. Être crée de nouveaux projets de l’économie sociale et solidaire.

  • L’association de solutions augmente l’impact de chacune d’elles… pour travailler le métabolisme des territoires, celui-là même qui émet des gaz à effet de serre : productions et consommations locales, personnes, marchandises, connaissances et argent qui entrent et sortent du territoire.

Deux exemples, ajoutés aux précédents, pointent la coopération possible et son impact.

Exemples :

-L’école Thierry-Launay, à Lille, a fait l’objet d’une rénovation énergétique et architecturale complète. Le département d’Indre et Loire a lancé un appel à manifestation d’intérêt en juin 2020 afin de sélectionner une entreprise apte à financer, installer, maintenir et exploiter des installations photovoltaïques sur ses collèges et à développer un projet de financement participatif. On peut combiner ces deux solutions, mieux, les généraliser sur un territoire donné.

-La capitalisation des solutions sur un même site crée en effet un cercle vertueux de partage qui fait gagner du temps à tout le monde École, collège, lycée, préfecture, hôpital, détenteurs de bâtiments publics en général coopérant pour le bien-être de nos enfants et de leurs parents, pourraient faire pousser des éco-matériaux à la campagne et les consommer en ville, pour développer l’emploi (voir Biovallée Énergie), mutualiser les coûts (voir EnergieSprong), développer les énergies renouvelables (voir le collège le chauffage urbain aux ENR&R) ; avec en prime des solutions de déplacements (éco énergies, tiers lieux) ou de cantines (nourriture & agriculture). Bref faire locomotive sur les territoires pour faciliter la rénovation thermique des logements et des bâtiments privés, offrir des alternativesà ceux qui y viennent, y déjeunent, ouvrir des marchés à nos entreprises et inventer de nouveaux rapports ville-campagne.

4. Par où commencer ?

Le gisement de solutions une fois évalué, votre territoire n’a pas attendu, Il est bien sûr occupé, à la manœuvre.

Plus ou moins, chacun chez soi ou pas, sur un mode planificateur a minima (la loi, rien que la loi) ou plus avancé, ou enfin systémique.

Ses acteurs sont occupés, inégalement mobilisés, dispersés ou coopérant dans une vision d’ensemble : habitants, entrepreneurs, enseignants et leurs élèves, techniciens, élus.

Pour commencer, deux options se présentent :

  • Vous pouvez commencer par lancer tout de suite 2-3 solutions évidentes, sans plan d’ensemble. Avantage, non seulement on commence immédiatement sans préalable mais une solution visible à proximité est toujours plus convaincante.

Inconvénient, si l’on en reste là, ce n’est pas comme ça que nous allons écarter méthodiquement la menace climatique.

  • La deuxième option consiste à utiliser méthodiquement les solutions recueillies.

C’est tout l’intérêt de repartir de solutions inventées ailleurs par des acteurs locaux. Les poser en regard de ce que vous êtes en train de faire, sous la toise de l’empreinte carbone, ouvre le jeu, donne envie de faire autrement, dans une vision qui se partage progressivement, à la hauteur des enjeux.

L’une n’empêche pas l’autre.

IV- Développer méthodiquement

1. Avec qui ?

Votre décision de principe prise, les solutions inventées ailleurs sont alors considérées comme des projets locaux potentiels, plus ou moins massivement reproductibles. Des projets qui s’additionnent et se reproduisent.

Pris méthodiquement, chaque projet appelle son périmètre de mise en œuvre, son chef de projet, sa gouvernance et ses moyens. On peut ajouter que le territoire nourrit le projet. Ses ressources, revisitées, en sont le terreau : humaines, naturelles, foncières.

Pour les communes et pour des raisons évidentes, mutualiser les moyens à l’échelon intercommunal permet de trouver les chefs de projet et les moyens de se répartir la tâche entre communes et dans l’intercommunalité.

Il est par contre impératif de ne pas s’en tenir là et de se poser la question de la bonne échelle de territoire pour chaque projet : tel foncier mutable, la commune, l’intercommunalité, 3 intercommunalités, la coopération intercommunalité-PNR, le département, la région.

Associer aux élus les habitants, entrepreneurs, techniciens, enseignants et élèves enrichit l’approche méthodique, agrandi le territoire de réflexion et d’action.

Un premier atelier local (préparé) qui passe en revue les solutions, évalue leur impact carbone potentiel aux différentes échelles de territoires, dans la complémentarité avec les politiques mises en œuvre, est un bon point de départ pour cette deuxième option d’adaptation-reproduction méthodique. Le format multi-acteur est mobilisateur.

Comme l’a montré l’atelier du 6 décembre dernier à la Banque des Territoires. Il a réuni 30 acteurs locaux, de la maison à la région, dont 10 porteurs de solutions qui ont eu 7 minutes chacun pour raconter leur solution et 5 autres pour répondre à des questions de compréhension. L’après-midi nous nous sommes posé la question du comment reproduire méthodiquement tout ou partie des solutions recueillies.

Ce qui suit résulte de cet atelier, des échanges et des travaux qui ont suivi.

L’atelier est d’abord préparé, en format réduit :

  • Pour que les évaluations carbone soient discutées, comprises, cernées, par ceux qui calculent localement carbone.
  • Pour approcher le gisement des solutions reproductibles telles que ou adaptables avec les meilleurs connaisseurs du territoire.

L’atelier à la composition plus large motive par le passage en revue des solutions. Un premier dessin de ce qui est souhaitable et possible peut émerger, les coopérations nécessaires aussi.

Ensemble, les solutions (d’où qu’elles viennent) peuvent alors porter méthodiquement les territoires à la hauteur des enjeux de la menace climatique.

En ce sens, la notion de métabolisme du territoire, qui crée l’empreinte carbone, est un bon guide mental, facilement partageable : un métabolisme des territoires composé des productions et des consommations locales, des flux de personnes, de marchandises, de connaissances et d’argent qui entrent et sortent de nos territoires ; chaque jour, chaque saison, chaque année.

 Pour construire un métabolisme bas carbone, il n’est pas anodin de se rappeler que la nourriture, les écomatériaux, les éco-énergies poussent en général à la campagne et sont en général consommées en ville.

L’atelier est pérénisable et peut devenir progressivement gouvernance partagée sous la forme classique d’un conseil du développement durable et son miroir enfant et jeunes, un conseil qui ne soit pas consultatif mais pro-actif, dans le respect des responsabilités de chacun.

2. Les ingrédients et leurs caractérisiques

Nous sommes pris de vitesse par la menace climatique : les freins mentaux sont les premiers à lever. Par les réalités qu’elles font apparaître, les solutions menées à bien en sont un levier.

Au-delà des disparités de modèles, la reproduction des solutions recueillies demande un autre regard, sur le foncier en particulier, d’autres outils, en matière de financement en particulier, d’autres modes de faire, le plus souvent en transverse à plusieurs à entités qui travaillent habituellement en silo.

Ces solutions ont en commun de n’être pas réductibles à l’analyse par le seul critère économique, encore moins comptable et de s’inscrire souvent dans le temps long. C’est tout l’intérêt de leur reproductibilité : les solutions existent, elles ont été financées, les tâtonemments chronophages de leur mise au point sont économisés.

Elles demandent aussi un minimum de lecture et de relecture pour entendre leur intérêt, résultat d’un travail souvent long et tenace de composition des enjeux et des intérêts des acteurs qui les ont menées à bien. Un travail qui n’est pas à reprendre à zéro. Un travail qui mérite dy consacrer un peu de temps de prise de connaissance pour en économiser beaucoup plus à l’adaptation-reproduction.

a- Foncier 

Un foncier n’est pas toujours nécessaire mais s’agissant de changer le métabolisme des territoires sur lequel nous vivons, nous avons tendance à avoir les pieds sur terre. Les émissions carbones ne sont pas virtuelles mais réelles. Elles sont émises quelque part. Revisiter le foncier privé et public et ses usages est l’une des façons d’écarter la menace.

La plupart des solutions ne demandent pas du foncier mutable, nénamoins parfois très utile pour introduire de nouvelles fonctions territoriales par un changement de propriétaire (forêt sur friches, installation de micro fermes).

Le plus gros des solutions entraine un changement ou une addition d’usage (filières éco-matériaux, tiers lieux sur les gares), d’équipement (le chauffage urbain, l’isolation des bâtiments) ou de mode d’utilisation (l’agriculture bio, la cantine, le partage de la voierie).

Dans le cas de l’agriculture en particulier, le type de bail nécessaire est forcément dans le temps long : le projet de transition est incompatible avec des durées de bail classique, de 3 ou 9 ans.

Revisiter les lieux avec ce deuxième regard fait émerger les ressources foncières disponibles. Cet examen met en valeur l’éducation populaire-formation nécessaire, l’ingénierie publique tiers de confiance nécessaire, l’intelligence collective à développer.

A noter que ce type de ressources foncières est très adapté au temps qui reste avant le déclenchement des 2°C de réchauffement. A 10 ans d’ici, et à raison de 1% de neuf par an, la quasi-totalité des émissions sera le fait des territoires tels qu’ils sont sous nos yeux.

b- Finances 

Toutes les solutions ne demandent pas d’argent public ni même d’argent du tout. Elles demandent juste un changement de comportement ou sont sur un modèle économique sans subvention.

Certaines demandent un peu plus :  changer ses choix. Pour appuyer là où ça fait mal : isoler sa maison par l’extérieur plutôt que de changer de cuisine, faire un vrai bilan carbone de son entreprise fournisseurs et usages des produits inclus et agir en conséquence, privilégier la maintenance, l’isolation, les voies bas carbone plutôt que le neuf qui s’inaugure avec un ruban.

Pour les projets qui demandent financement, le leitmotiv est garanti :

Pour les uns, tout est engagé. Ce qui est on ne peut plus normal. Notre problème n’est pas celui des moyens mais de la réallocation des moyens aux solutions les plus efficaces, dans le temps qui reste.

L’utilisation de la tonne équivalent CO2 économisée à l’euro investi pour comparer les projets, en cours ou potentiels, est apaisante. Elle rend plus factuelles et compréhensibles, partageables, les décisions à prendre.

Pour les autres, le marché ne le permet pas ; c’est dommage, d’autres l’ont fait. Les financements ne manquent pas. Il semble que la tromperie sur la finance verte soit même courante. La vision de ce qui se passe vraiment dans l’entreprise, importations de carbone de l’autre bout du monde et variations du marché incluses, éclaire un gisement d ‘économies. Celles du prix de l’électricité est l’un des derniers avatars.

Plus structurellement, le périmètre comptable est meurtrier. Il ne veille ni sur les ressources humaines, ni sur les ressources naturelles qu’il soit public (« la M14 ») ou privée.

La comptabilité analytique peut aider : une comptabilité des projets bas carbone, investissements, économies et réinvestissements sanctuarisés est un minimum. (Plus avec les travaux du CERCES : https://www.cerces.org/ ).

Nourriture saine, goûteuse et bio, fournisseurs de proximité, éco-productions, publiques ou privées, ouvrent la gamme. Celle des solutions recueillies et partagées, entre autres.

Reste un accélérateur dormant : le prêt à taux zéro. Passée une certaine taille, les collectivités territoriales peuvent subventionner les financements de la reproduction des solutions pour réduire à zéro le taux d’intérêt dû ; et donc massifier les projets à temps de retour sur investissement longs.

Les entreprises d’une certaine taille peuvent aussi décider de ne pas intégrer le taux d’intérêt moyen auquel elles empruntent dans les calculs de rentabilité de leurs investissements bas carbone les plus efficaces.

L’Etat, l’Europe seraient bienvenus avec la Banque du Climat qu’est la BEI depuis peu. Le financement à taux zéro des solutions d’isolation thermique des bâtiments publics et privés ne serait-il pas décisif (et responsabilisant) ?

c- Ressources humaines 

Les 10 solutions témoignent le plus souvent d’une autre « façon de faire » et de projeter le devenir du territoire. Elles intègrent une forte composante participative (le « faire avec les compétences du territoire »), de sensibilisation et de formation, et de mise en liens d’acteurs aux savoir-faire complémentaires. Elles ont également en commun le fait de s’être développé autour d’un leadership fort.

Pour leur adaptation-reproduction, la couverture par 1250 intercommunalités du territoire national permet d’atteindre le seuil de mutualisation des moyens nécessaires à la plupart. Compétences, chefs de projets, équipes, la répartition des tâches est facilitée.

Quitte à ce que 3 communautés de communes se regroupent comme l’ont montré certaines solutions pour atteindre ce seuil.

Les associations sont une source de forces vives, d’énergies citoyennes.

Les entreprises sont organisées en fédérations, la plupart par départements.  Pour les artisans, les PME-PMI, la mutualisation est donc potentiellement organisée.

L’enseignement supérieur, l’enseignement secondaire, regorgent de ressources inemployées. Professeurs et étudiants connaissent, travaillent, produisent des solutions inemployées.

Il n’est jusqu’à l’école primaire qui agit et peut agir massivement ;

Voir les éco-écoles et leur excellente vidéo, en 2 minutes : https://www.eco-ecole.org/

Le nombre d’acteurs locaux est tel qu’il est impératif de réussir en se coordonnant a minima. D’où l’intérêt du calcul de l’empreinte carbone, du conseil de développement durable et des solutions.

Un pilotage par champ d’action au sein du Comité de Développement Durable ajoute de l’efficacité en polarisant les compétences et les envies de faire : nourriture-agriculture, déplacements, bâtiments, énergies, biodiversité, éducation populaire-formation.

V- Co-développer Agirlocal

A l’échelle nationale, source de solutions, co-développer Agirlocal apparaît incontournable.  Ne serait-ce que pour continuer à améliorer les outils, engranger des solutions et tenir à jour les améliorations de celles qui ont été mises en vitrine. Ne serait-ce qu’en communiquant sur les solutions, leur reproduction et leur essaimage.

Plus sur https://agirlocal.org/co-developper-agirlocal/

Vous connaissez la légende indienne de Sissa, l’inventeur du jeu d’échecs, du grain de blé et de l’empereur Sheram ? L’empereur Sheram demande à Sissa quelle récompense il veut recevoir pour avoir inventé le jeu d’échecs, qui l’a sorti de l’ennui. Sissa lui répond : « Majesté, un grain de blé par case de l’échiquier, doublé à chaque case. » Mais tous les greniers de l’empire ne pouvaient pas fournir assez de blé pour donner la récompense demandée et promise.

Cette légende, nous pouvons la réinventer : en persuadant un être humain par semaine d’« agir local» efficacement, lequel en persuade à son tour un autre la semaine suivante, nous doublons l’effectif d’ambassadeurs-acteurs chaque semaine.

Il faut alors trente-deux semaines pour convaincre les 2 milliards d’individus de la classe moyenne et supérieure mondiale d’écarter la menace climatique, ceux-là même qui émettent 80 % des gaz à effet de serre.

Trente-deux semaines, la moitié des cases de l’échiquier, une année scolaire.

SOMMAIRE

30 mars 2022

le temps des solutions 1p

V 30 mars 2022

Le temps des solutions

Résumé à l’intention des décideurs

Télécharger cet article au format pdf : Le temps des solutions 1p

Les scientifiques du climat nous alertent depuis 40 ans, nous créons la menace climatique : nous sommes le problème nous sommes donc la solution.

La solution n’est pas désagréable : à l‘expérience, réduire son empreinte carbone crée du pouvoir d’achat, du bien-être, crée de l’emploi près de chez soi, réduit les inégalités et, de façon inattendue, crée une nouvelle forme de démocratie, dans l’action.

Pourtant 26 COP, internationales donc, et plusieurs lois nationales sont restées impuissantes. Elles n’ont pas même arrêté la croissance de nos émissions de gaz à effet de serre. Quelque chose bloque. Résultat : Il reste 10 ans avant le déclenchement des 2°C de réchauffement.

Nous ne pouvons donc pas continuer à tout attendre, de fait, de nos gouvernants nationaux d’autant plus que nous pouvons agir efficacement là où nous vivons, là où nous pouvons en décider, de la maison à la région. Nous pouvons faire masse, dépasser les blocages, sans oublier les actions nationales et internationales.

Décisive, cette action locale a été préparée par les travaux de plusieurs milliers d’acteurs locaux ces 15 dernières années, parfois plus. Ils ont fabriqué des solutions, efficaces et acceptables. Invisibles au plus grand nombre, elles ne demandent qu’à être identifiées, adaptées et reproduites massivement.

Dans une stratégie qui tient en 4 mots : « Compter carbone et agir ». Compter carbone, comme on identifie un virus, et agir, comme des médecins, à notre propre chevet. Pour peu que l’action locale soit méthodique, outillée, massive, à la hauteur des enjeux, le nombre que nous sommes fera le reste.

L’association Agirlocal a été fondée à cet effet fin 2020 par une douzaine de citoyens, 3 maires, l’ESSEC, CY Cergy-Paris Université et la Banque des Territoires de la Caisse des Dépôts. Elle est ouverte à tous.

Une efficacité démontrée, par des acteurs locaux, pour des acteurs locaux

Pragmatiquement, Agir Local a donc lancé un appel national à solutions efficaces, pour les partager en les mettant en vitrine, avec une méthode documentée pour les adapter-reproduire  www.agirlocal.org.

28 solutions ont été recueillies à ce stade dans 6 champs d’action : Nourriture-agriculture, déplacements, bâtiments, énergies, biodiversité (notre assurance vie) et éducation populaire-formation (dans l’action).

Des outils ont été forgés pour les trier et mesurer leur efficacité avant d’agir. Un tableur carbone gratuit permet d’évaluer l’empreinte carbone locale de la commune à la région, en moins d’une heure : https://agirlocal.org/mode-calcul-emissions-co2e-a-la-commune/

8 des 28 solutions recueillies aux quatre coins de la France, réduisent de 17% l’empreinte carbone nationale, si elles sont généralisées.

Ces solutions recueillies font gagner du temps, de l’argent et de l’énergie. Au lieu de recommencer 35000 fois de zéro, autant que de communes, sans essuyer les plâtres de leur mise au point initiale.

En recueillir une cinquantaine, avec vous, les partager, co-construire progressivement une ingénierie publique tiers de confiance apte à faciliter leur adaptation-reproduction en coopérant de la commune à région, avec l’éducation nationale, appeler nos gouvernants nationaux et européens à renforcer notre action locale, telle est la feuille de route d’Agirlocal. En 2 pages :  https://agirlocal.org/pourquoi-comment-agir-local/

Conjuguer le territoire et les solutions

Compter carbone et agir ? A l’attention des habitants, entrepreneurs, professeurs, techniciens, élus locaux que nous sommes, ce document « Adapter-Reproduire, le temps des solutions » prépare la décision de conjuguer votre territoire avec des solutions mises au point par d’autres acteurs locaux, donne une visibilité à votre décision en détaillant un processus à votre disposition, documenté, en mode action déterminée :  solutions mode d’emploi, déclencher, développer, co-construire ; en 12 pages : https://agirlocal.org/vitrine/

 

Peut-on réduire drastiquement notre consommation de gaz russe

V2 14 mars 2022

Comment réduire à zéro  notre consommation de gaz russe avant l’hiver ? Avec un Tableau check list des actions, le détail de leur évaluation et une estimation des économies en euros et en CO2.

Tableau check-list

Sans toucher au gaz nécessaire à notre industrie ni à notre agriculture, nous pouvons diviser par deux nos importations, tout de suite, les réduire à zéro avant l’hiver prochain; nous, habitants, entrepreneurs, élus locaux, à la maison, dans nos bâtiments publics et privés; ce que le ministère appelle le résidentiel et le tertiaire. Ci-après une check-list pour vérifier que vous avez tout fait ou pour identifier le reste à faire.

Extrapolées à l’Europe (à préciser donc), les évaluations de ces actions pointent une réduction de l’ordre de 40% des importations au niveau européen. L’évaluation mérite d’être faite, la check list diffusée.

Source de la base de calculs :  chiffres-cles-de-l-energie-edition-2021 du ministère.

On peut sûrement  faire mieux mais cette évaluation donne à réfléchir et agir, en France, en Europe et dans le monde.

1-Tout de suite

Les citoyens que nous sommes ont la main sur le secteur résidentiel-tertiaire : ce secteur consomme directement 48% du gaz importé. (2/3 résidentiel, 1/3 tertiaire). Le chauffage et l’eau chaude sanitaire pèsent respectivement 77% et 14% de ces 48%.

En première approximation, il est supposé que le secteur tertiaire a les mêmes caractéristiques de réduction de consommation de gaz que le logement [1].

L’assiette d’économie de chauffage plus eau chaude sanitaire est alors de 48% par (77+14%) = 43 % du gaz importé pour ces usages ; auxquels il faut ajouter 5% [2]de consommation de gaz pour produire de du chauffage urbain et de l’électricité dite de cogénération ; soit 48% de nos importations.

Actions :

La température ressentie est une moyenne entre la température du thermomètre et la température de vos murs. D’où le pull, pour descendre d’un degré au moins au thermomètre, en attendant d’avoir isolé votre logement, vos bureaux, vos ateliers, de préférence par l’extérieur.

  • 1° de moins de chauffage, c’est 7% d’économies annuelles. Mettez un pull.
  • Pensez à une douche plutôt qu’un bain, divisez par deux votre temps sous la douche ou fermez le robinet de la douche pendant que vous vous savonnez, vous gagnez encore 7%.
  • Modulez votre consommation avec votre occupation : jour-nuit, travail-vacances ; 2°C de moins pendant 6h la nuit, de 3 à 4% d’économie.
  • 8 à15 jours de vacances en hiver, 15°C de moins, de 6 à 12% d’économie.
  • Il faut une minute pour changer la totalité de l’air d’une chambre. Quand vous aérez une pièce, fermez au moins les portes pour ne pas vider l’air chaud de tout votre logement en quelques minutes. Et si vous ouvrez vos fenêtres une heure par jour, arrêtez les radiateurs : une heure sur 24 heures, 4% d’économies
  • Vous pouvez aussi ne chauffer que les pièces que vous utilisez en hiver. Quand les enfants sont partis faire des études par exemple. Une pièce à 10°C de moins, 3 mois de chauffe par an : 7 à 10 % d’économies par pièce, autour de 2% par logement.

Evaluation :

Il y a là de quoi gagner au total de 20% minimum et jusqu’à 36 % sur votre facture de chauffage et eau chaude sanitaire (la connaissez-vous ?) ; gardons 20% d’économies tout de suite.

20% minimum d’économies sur 48% d’assiette, soit 9,6 % du total des importations.

Le gaz russe pèse 17% dans nos importations françaises. On peut donc du jour au lendemain priver la Russie de Poutine de la moitié de ses revenus gaziers français (9,6 sur 17%).

Au niveau européen, les importations de gaz se montent à 40%. La même économie supposée au niveau européen conduit à priver Poutine tout de suite de 20% environ de ses revenus gaziers européens (9,6 sur 40%). Un signal instantané qui ne serait pas qu’un avertissement mais bien une contribution à la fermeture du financement de la guerre contre l’Ukraine.

2- à 3 mois

Pour augmenter le pourcentage d’économies, il faut investir un peu : de tout petits investissements qui font grimper le pourcentage en rendant confortable la gestion des économies.

Actions :

  • Si ce n’est déjà fait, posez des robinets thermostatiques sur vos radiateurs : de l’ordre de 10% d’économies.
  • Si ce n’est déjà fait, en chauffage individuel, faites poser un régulateur ; (les 200 à 300 euros pour faire poser le régulateur sont amortis en une à deux saisons pour 100-60 m2).
  • En chauffage collectif, faites de même et entendez-vous pour baisser la température de 2° entre 23 heures et 5 heures du matin par exemple. A noter que depuis la loi Elan (2018) les copropriétés sont tenues de compter et de facturer les consommations réelles par logement ; ça aide.
  • Vous pouvez encore gagner sur la douche en installant un pommeau de douche économique, en faisant poser un robinet thermostatique. 3,5% d’économie au moins (la moitié de la moitié de 15%)
  • Et comme une partie de l’électricité et produite à partir de gaz, si ce n’est déjà fait remplacez chaque appareil électroménager en bout de vie par un A+++, posez un minuteur pour éteindre les veilles de nos nombreux appareils et ordinateurs, changez vos dernières ampoules pour des leds.

Evaluation :

Avec ces décisions nouvelles ou de  facilitations de la gestion de la première vague que nous avons partiellement compté, nous arrivons à 40% d’économies.

Sur la même assiette de nos importations françaises de gaz russe : nos importations  ne sont plus nécessaires (19,2% sur 17%) ; diminution de 40 % au moins au niveau européen (19,2 sur 40%). Avant l’hiver prochain donc.

L’économie réalisée sur le logement moyen est de 40% de 126,5 TWh divisé par 11,4 Millions de résidences principales au gaz, soit 4400 kWh/logement soit à 9 c le Kwh, 400 euros par logement. Ce montant varie beaucoup avec votre logement : de 200 euros pour un petit appartement à 700 euros pour une grande maison.

3- à 3 ans :

Pour aller au-delà, il faut investir vraiment, ce qui prend du temps. Mais les économies engrangées peuvent permettre de financer une partie des investissements et le reste sera financé par les économies supplémentaires résultant de l’investissement.

Une remarque préalable : Chauffé à 20° au thermomètre, avec des murs à 16°, vous ressentez 18°C. Chauffé à 18° avec des murs à 18°, vous ressentez 18°C. (entre les deux, 14% d’économies). Le meilleur besoin est bien celui que l’on n’a pas à satisfaire : isolation donc. Mais la production d’énergies renouvelables est incontournable.

Actions :

  • L’isolation de votre logement, de préférence par l’extérieur, coûte en moyenne 30 000 euros pour 100m2. A ce tarif-là, vous divisez par deux vos consommations et vous gagnez en confort. Le temps de retour sur amortissement est de l’ordre de la vingtaine d’années. Ce n’est pas donné à tout le monde. Le tiers d’entre nous en a les moyens.

L’Etat a beaucoup amélioré les subventions pour les autres. Des solutions existent pour le parc social locatif.

  • Le solaire est une bonne façon de bénéficier d’une énergie gratuite dans la durée, sans dictateur. Avec des ballons d’eau chaude sanitaire solaires ou la production d’électricité locale notamment. Sujet technique, il existe des associations qui ont fait leur preuve pour monter des projets photovoltaïques par exemple : https://energie-partagee.org/
  • Le développement des filières d’écomatériaux est une bonne manière d’allier réduction de la dépendance énergétique, efficacité énergétique, confort de vie, création d’emploi local non délocalisable et agriculture nouvelle. Le chanvre est emblématique, il n’est pas le seul.

Pour plus de solutions, développées par des acteurs locaux. : https://agirlocal.org/vitrine/

Evaluation :

On doit pouvoir isoler par an 400 000 équivalent-logements chauffés au gaz en privilégiant les ruines énergétiques et ceux qui sont à la limite ; avec une division par deux au moins de la consommation. (4 millions de logements environ sont dans ce lot). Un calcul sommaire conduit à 400 000 équivalents logement sur 11,4 millions chauffés au gaz soit 4% environ isolés par an, à 50% de réduction, avec un coefficient correcteur de 1,5 (plus de consommations donc plus d‘économies que la moyenne), soit environ 3% d’économies par an. 6 % à 3 ans, le temps de mettre en route cette action la première année.

On grimpe à 49% d’économies à 3 ans, sur les mêmes 48% de nos importations, soit 22% de réduction des importations en France. Ce qui dégage un peu de capacités d’importations non russes pour le reste de l’Europe (22% sur 17% dégagent 5% des importations françaises au profit de l’Allemagne par exemple). Avec le même calcul européen, réduction de moitié (20% sur 40%).

Vérification en TWH : les importations françaises de gaz russes se montent à 90 TWh ; les économies immédiates et avant l’hiver de 40% sur 212 TWh font 85 TWh sur 90TWH importés.

Au passage, la réduction de nos émissions territoriales de gaz à effet de serre -comptées à 240 geCO2 par kWh- est de 20 millions de TeCO2 par an soit 3% de l’empreinte carbone nationale.

Généralisons à la planète, sans augmenter les quantités de gaz extrait. Que donnerait une telle décision des consommateurs de gaz importé, sur Poutine, si la démarche était mondiale ?

Par son impact sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, cette solution a été sélectionnée par le jury Agirlocal et mise en vitrine : https://agirlocal.org/3-co2e-400e-logement-zero-gaz-russe/

 

[1] La check list ci-après est centrée sur le logement ; la transposition aux autres bâtiments est aisée.

[2] 19 sur 75 TWH utilisés pour les centrales électriques et le chauffage-cogénération d’électricité  par 19% importés.

test page 4

26 COP et plusieurs lois transition nationales n’ont ni diminué, ni même limité les émissions de gaz à effet de serre. La biodiversité continue de s’effondrer. Les scientifiques du climat nous alertent depuis 40 ans : il ne reste plus que dix ans pour écarter la menace climatique.

Pourtant à l‘expérience, réduire ses émissions de gaz à effet de serre fait gagner du pouvoir d’achat et du bien-être, crée de l’emploi près de chez soi, réduit les inégalités et de façon inattendue, crée une nouvelle forme de démocratie dans l’action. Ce qui est pour le moins motivant.

C’est pourquoi Agirlocal propose d’emprunter un chemin que nous n’avons pas essayé : l’action locale, méthodique, outillée, massive.

Avec les outils et solutions qui ont été développées ici ou là, de la maison à la région, pour gagner ce temps précieux qui nous manque désormais.

Pour peu que nous sachions compter nos émissions, comme on compte en euros, la mise en mouvement organisée sur notre territoire national de 30 millions de familles dont 5 millions d’entrepreneurs et un demi-million d’élus locaux, articulée avec l’action de quelques milliers de décideurs nationaux, cela changerait les choses non ?

Plus encore si la classe moyenne et supérieure mondiale d’autres pays agissait de même.

Dans une stratégie partagée qui tient en quatre mots : compter carbone et agir

Plus sur https://agirlocal.org/pourquoi-comment-agir-local/

Concrètement Agirlocal rassemble des solutions via un appel national, puis met en vitrine les plus efficaces pour que nous puissions les reproduire méthodiquement sur nos territoires en tout ou partie, plutôt que de repartir 36400 fois de zéro. Sans attendre.

Accéder à 28 solutions locales efficaces : https://agirlocal.org/vitrine/

L’association Agirlocal a été fondée à cet effet fin 2020 par une douzaine de citoyens, 3 maires, la Banque des Territoires, l’ESSEC et CY Cergy-Paris université. Elle est ouverte à tout un chacun sans autre critère d’adhésion que la volonté d’efficacité. Adhérer& Statuts.

https://agirlocal.org/agirlocal-creation-et-appel/

L’appel national à solutions locales abouties a permis d’en recueillir 28 en 2021 dont 8 ont un potentiel de réduction de 17% de l’empreinte carbone nationale. Ce qui fait la démonstration de son intérêt.

Compter carbone, 28 solutions efficaces, par où commencer et co-développer Agirlocal tracent un parcours à votre attention sur ce chemin de l’action locale, méthodique, outillée, massive :

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Co-développer Agirlocal

Co-développer Agirlocal

La première de ces pages récapitule la démarche Agirlocal sous l’angle de l’intérêt local de la co-développer. Elle rassemble en 20 lignes les documents associés, autant d’outils pour agir.

Les pages suivantes développent cette démarche-action : les constats qui la fondent, une reformulation pragmatique, ses conditions de succès, et un appel à l’Etat en 6 propositions pour booster notre efficacité collective.

Co-développer Agirlocal se termine par une recommandation : revenir sans attendre qui que ce soit à ce que vous pouvez décider, maintenant. 

I- La démarche Agirlocal : éléments clés et fondamentaux

Clé de l’efficacité nationale de nos actions locales, la construction d’une intelligence collective est incontournable, de la maison à la planète : Agirlocal y contribue par une stratégie opérationnelle, des outils (tableur carbone et kits) et des propositions concrètes pour être progressivement plus efficace, seul et ensemble, de la maison à la région, en articulation avec l’action nationale et internationale.

Ce 2 pages est un outil pour convaincre de l’intérêt de co-développer Agirlocal : https://agirlocal.org/pourquoi-comment-agir-local/

Clé de l’efficacité locale, Agirlocal outille l’action locale https://agirlocal.org/kit-transition-locale/, met en vitrine des solutions locales efficaces, documentées avec leurs porteurs, https://agirlocal.org/vitrine/. Cette documentation de chaque solution apporte autant de grains d’ingénierie publique, tiers de confiance.

Pragmatiquement, notre association qui peut être la vôtre aussi, continue d’identifier et passer en jury des solutions : L’appel est désormais permanent afin de recueillir la cinquantaine de solution visées. Pour y répondre : fiche de candidature appel permanent

L’adresse de rendu est 50projets@agirlocal.eu et non pas .fr

Pour prendre connaissance du contexte du premier appel :

https://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2021/03/Appel-a-initiatives-remarquables-Agir-Local.pdf

Les statuts ont réservé des places au conseil d’administration pour les porteurs de solutions ; https://agirlocal.org/agirlocal-creation-et-appel/

Nous avons commencé à solliciter quelques établissements d’enseignement supérieur pour contribuer à l’ingénierie publique tiers de confiance. Il reste à solliciter lycée, collèges et école pour alimenter la dynamique locale.

https://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2021/09/20210704-Intelligence-territoriale.pdf

Les fondamentaux de la démarche Agirlocal tiennent en 4 pages, 10 avec les illustrations dans cette introduction à une conférence débat à l’ESSEC qui a donné naissance à Agirlocal. Cette introduction a le mérite de se lire facilement :

http://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2020/02/20200218-V4-ESSEC-introduction.pdf

Agirlocal est fondée sur les réflexions et travaux de plusieurs milliers de personnes, sur le terrain, pendant 15 ans ; c’est ce qui en fait sa solidité et sa maturité.

II- Les constats qui sous-tendent la démarche et leurs traductions opérationnelles

1- Nous sommes le problème, nous sommes la solution.

En 70 ans, nous sommes passés de 315 ppm à 415 ppm aujourd’hui ; nous allons vers les 450 ppm à dix ans d’ici.

Nous avons fait sortir le climat de la planète des bornes qui ont permis l’apparition sur terre il y a 100 000 ans de l’homo sapiens que nous sommes … en un siècle. Comme une espèce invasive qui épuise le milieu qui la nourrit.

Il y a 70 ans, la classe moyenne et supérieure mondiale, celle qui émet 80% des gaz à effet de serre, comptait 300 millions de personnes, aujourd’hui nous en sommes à 2 milliards, 7 fois plus.

Qui compose la classe moyenne et supérieure mondiale ? Pour un grand bureau de consultants américain qui travaille pour les multinationales, toute personne qui dispose de 8 euros par jour et par personne.

Dans la course à la prospérité, au confort et au dépassement de nos propres limites corporelles, la classe moyenne et supérieure mondiale que nous sommes joue désormais contre son bien-être, contre sa survie. Et emporte le reste des êtres humains avec elle : 5,5 milliards.

Cela ne se passe pas ailleurs mais partout sur la terre. Partout où quelqu’un dispose de plus 8 euros par jour et par personne, nous jouons contre nous.

Evidence donc : Nous sommes le problème, nous sommes la solution.

Conséquence opérationnelle, l’important n’est pas de comparer les émissions de la Chine, des USA de l’Europe, de la France, d’affirmer que nous ne pesons rien ici ou là mais bien de comparer les émissions de la classe moyenne et supérieure mondiale dans chaque pays, qu’ils soient riches ou pauvres et s’occuper de les réduire : sur les territoires où elle vit cette classe moyenne et supérieure mondiale, avec les données publiques locales nécessaires, de la maison à région, mais aussi dans les étages de décision nationaux, européen, internationaux, en se centrant sur les énergies fossiles et la déforestation.

2- L’enjeu est la réinvention écologique des territoires qui sont nous nos yeux

Nos villes et nos territoires, -bâtiments, quartiers, routes-, se renouvellent à peu près de 1% par an, à coup de constructions neuves.

Conséquence pragmatique : dans le temps qui reste, avec les normes nouvelles établies depuis une vingtaine d’années, au début des années 2030 quand nous franchirons le seuil irréversible de déclenchement des 2°C de réchauffement, plus de 95% de nos émissions seront le fait des territoires qui sont aujourd’hui sous nos yeux.

Ce constat demande d’être très clair sur le fait que le neuf n’est pas un enjeu de la transition écologique, énergétique : le bâtiment à énergie positive, l’écoquartier, l’infrastructure de transport flambant neuve dans lesquels nous investissons tant d’argent public et privé, ne sont pas un enjeu. Pire, le neuf peut générer massivement des émissions.

L’enjeu est la réinvention écologique des territoires qui sont nous nos yeux

Le neuf ne peut jouer un rôle que s’il fait levier organisé sur le territoire pour le transformer à temps.

Il est contrariant de le constater pour nombre de décideurs mais les faits sont têtus.

Nous pouvons par contre nous concentrer sur les secteurs les plus émetteurs : nourriture-agriculture (33% des émissions yc bâtiments et déplacements), déplacements (30%), bâtiments (20%), énergies (15%) ; auxquels il faut ajouter l’éducation populaire-formation sans laquelle on ne peut pas convaincre et la biodiversité qui stocke du carbone mais surtout qui constitue notre assurance vie ; et en faire des champs d’action.

3- Nous avons en main trois leviers : nos consommations, nos productions et nos votes

Nos émissions de gaz à effet de serre ont deux origines directes : nos décisions de consommation ET nos décisions de production.

Ce sont elles qui dirigent le métabolisme de nos territoires en l’état : les productions et les consommations locales, les flux de personnes, de marchandises, de connaissances et d’argent qui entrent et sortent de nos territoires. Ce métabolisme qui crée nos émissions sur nos territoires, ceux -là même que l’on n’a plus de changer par du neuf dans le temps qui reste.

Au plan local nous avons en main ces deux leviers de réinvention écologique de nos territoires que nous n’avons pas le temps de restructurer : la consommation et la production, dans les différentes facettes de nos vies. Mais nous avons aussi en main de quoi modifier le fonctionnement de nos territoires : le partage de la voierie ou l’agriculture par exemple, tous deux dans les mains de nos élus.

Il nous revient donc de « penser local pour agir global », de nous-même, avec nos représentants locaux, de la maison à la région. Et voter en conséquence au plan local et au plan national, quelles que soient nos opinions politiques.

III- Reformulation pragmatique :

  • Qui doit agir sur quoi 

Qui ? L’action ne doit pas être menée seulement par pays mais en priorité par la classe moyenne et supérieure mondiale dans chaque pays ; en France à peu près tout le monde.

Où ? Là où nous vivons, c’est à dire là où nous pouvons en décider : localement, de la maison à région, seul et ensemble, comme producteur et comme consommateur. Ce n’est pas ce que nous faisons ; mondialisation oblige, dans l’articulation avec le national et l’international, sans les attendre pour autant. Ce n’est pas ce que nous faisons.

Pour faire quoi ? Pour changer le métabolisme de nos territoires, de la maison à la région ; dans le temps qui reste, deux mandats électoraux, et donc sur des territoires à infrastructures à peu près constantes. Nous n’avons plus le temps des grands projets qui prennent 20 ans. Nous n’avons pas le temps de repartir de zéro sur nos territoires mais de partager les solutions les plus efficaces. Ce n’est pas ce que nous faisons.

Comment ? Par des actions locales, seul et ensemble, des actions méthodiques, outillées, efficaces, massives, réparties sur tous les territoires urbains et ruraux, articulées autant que faire se peut avec les injonctions nationales et internationales, sur les deux volets consommation et production ; à coup de petits projets, réutilisant des solutions efficaces, éprouvées, dans le temps qui reste, dans les 6 champs d’action identifiés. Ce que nous proposons de faire.

Avec quels outils ? Des données publiques locales, pour décider à bon escient, en commençant par le plus facile, le plus efficace, le moins cher. Encore faut-il un minimum de données publiques locales, à fabriquer avec les données publiques nationales et internationales donc. Nous avons commencé, les premiers outils existent.

Et quel moteur ? A l’expérience, réduire ses émissions de gaz à effet de serre fait gagner du pouvoir d’achat, du bien-être, crée de l’emploi près de chez soi, fait monter en compétence les acteurs locaux, réduit les inégalités et de façon inattendue, crée une nouvelle forme de démocratie, dans l’action. Voilà un bon levier qui réduit l’utilisation d’énergies fossiles, pousse l’emploi mesuré des ressources renouvelables, incite au respect de la biodiversité, réduit la déforestation.

La menace identifiée, reformulée en termes opérationnels, tourne autour de quelques mots clé : compter carbone, seul, ensemble, territoires, outils, production et consommation et deux mots qui les rassemblent tous : métabolisme et bien-être.

De quoi sortir du sentiment d’impuissance et d’injustice -fondé- des jeunes générations.

Avons-nous pour autant une chance d’écarter la menace climatique à temps ?

  • Un conte, revisité

Vous connaissez la légende indienne de Sissa, inventeur du jeu d’échec, du grain de blé et de l’empereur Sheram ? Elle a été reprise dans les contes des mille et une nuits. L’empereur Sheram demande à Sissa quelle récompense il veut pour avoir inventé le jeu d’échecs lequel l’a sorti de l’ennui. Sissa lui répond Majesté un grain de blé par case de l’échiquier, doublé à chaque case.

L’empereur entre dans une colère folle. Tu te moques de moi, je veux te donner une vraie récompense. Mais Sissa insiste. Alors l’empereur se retourne vers son intendant : soit, c’est un idiot, je suis déçu, donne-lui ce qu’il veut. Et l’intendant revient le lendemain, à plat ventre, voir l’empereur : tous les greniers de l’empire ne pouvaient pas fournir assez de blé pour donner la récompense promise.

Cette légende, nous pouvons la réinventer : en persuadant un être humain par semaine d’agir local efficacement, lequel en persuade à son tour un autre la semaine suivante, nous doublons l’effectif d’ambassadeurs-acteurs chaque semaine. Il faut alors 32 semaines pour convaincre les 2 milliards d’individus de la classe moyenne et supérieure mondiale d’écarter la menace climatique, ceux-là même qui émettent 80% des gaz à effet de serre. 32 semaines, la moitié des cases de l’échiquier, une année scolaire.

Il ne tient qu’à nous, jeunes inclus, de faire de la légende réinventée, une réalité.

IV- Conditions de succès :

 1- Compter carbone et apprendre à compter carbone

La moindre des choses est de connaître l’ennemi pour le combattre. Ce n’est pas ce que nous faisons.

Qui sait compter carbone aussi facilement que l’on compte en euros ? Il est pourtant plus facile de compter carbone que de compter en euros.

Sauf que même si un travail colossal a été effectué depuis le début des années 2000 pour bien connaître les gaz à effet de serre, nous sommes encore loin du compte : combien d’entre nous savent évaluer les émissions de leur nourriture quotidienne, de leurs déplacements, de leur logement, des énergies qu’ils achètent ?

Plus encore, combien d’entre nous savent ce que veut dire le petit e mis au bout de CO2 par les scientifiques ? La dénomination CO2 équivalent regroupe la demi-douzaine de gaz à effet de serre qui causent les 12 tonnes de CO2e émises par français.

Il y a pire : des très riches, plus intéressés par les dividendes que par leur propre survie et celle de leurs enfants, en ont payés d’autres pour expliquer qu’il n’y avait pas de lien de cause à effet.

Quelle que soit la cause, nous ne savons pas ce que veut dire la TeCO2, la plupart d’entre nous ne voit même pas l’utilité de savoir. Ce lien évident entre la cause et l’effet, nous l’ignorons superbement. La transmission de connaissances ne s’est pas faite.

Pourtant, ce n’est pas une question ardue. On peut commencer avec 7 chiffres. Le tableur carbone est un bon outil d’évaluation. Voir compter carbone  https://agirlocal.org/compter-carbone/

Impossible de mesurer l’efficacité des solutions éprouvées inventées ici ou là sans outil. Pour l’appel, nous avons choisi de trier sur un critère : 1% de réduction sur son territoire d’origine, 1% au national, si la solution est méthodiquement généralisée. L’éducation populaire-formation et la biodiversité étant évaluées autrement.

Encore faut-il pouvoir calculer … le numérateur et le dénominateur ; le dénominateur est apporté par le tableur de calcul de l’empreinte carbone, améliorable ; le numérateur doit être apporté par le porteur de la solution mais il est généralement démuni pour faire ce calcul. Nous avons aidé des porteurs de solutions à faire ce calcul.

Sur cette double question du numérateur et du dénominateur, nous pouvons progresser ensemble en faisant appel à l’enseignement, professeurs et élèves.

Et faire plus.

L’idée est d’identifier un professeur référent par établissement d’enseignement supérieur et par lycée pour faire progresser notre intelligence territoriale, partagée, la porter à la hauteur des enjeux climatiques, y associer l’enseignement secondaire et primaire pour dynamiser les territoires. https://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2021/09/20210704-Intelligence-territoriale.pdf

2- S’organiser a minima entre acteurs locaux

Avec cet outillage, le premier appel à solutions efficaces doit être poursuivi pour rassembler une cinquantaine de solutions efficaces, travailler celles qui sont identifiées, et les reproduire massivement.

Dans les statuts d’Agirlocal, une place au conseil d’administration est réservée pour des porteurs de solutions. Un par champs d’action ne serait pas de trop : nourriture-agriculture, déplacements, bâtiments, énergies, éducation populaire-formation.

Dans un format idéal, chaque solution pourrait être portée, développée, améliorée par son porteur en relation avec ceux qui la reproduisent, l’améliorent, pour former des communautés de projet. Ce qui permettrait à Agirlocal de tenir la vitrine à projet en renvoyant aux sites référents et réciproquement.

L’atelier du 6 décembre a été monté dans la perspective de la prochaine étape : au moins 3 territoires qui s’engagent dans la démonstration qu’il est possible de partager, adapter et reproduire méthodiquement des solutions ayant fait la preuve de leur efficacité. Au vu des échanges de numéros de téléphone, en fin d’atelier, nous ne devrions pas chômer.

Nous concentrerons l’information sur la progression ici : www.agirlocal.org/essaimage

Là s’arrête l’objet d’Agirlocal.

3- Passer à l’action :

Politiquement, il revient aux acteurs locaux, solutions par solutions de s’organiser sur leurs territoires pour reproduire méthodiquement celles qui leur sont adaptées, en inventer d’autres, si nécessaire, dans une démarche transpartisane autant que faire se peut, à l’instar de ce qui se passe dans les intercommunalités par exemple.

Les maires et présidents de collectivités sont les responsables (non exclusifs) de tels développements, générateurs d’emploi, de prospérité et de bien-être.

Techniquement, travailler les 6 champs d’action peut en faire une utopie réaliste.

Politiquement et techniquement,  Il y faut une carte, l’empreinte carbone territoriale ; une destination, un objectif zéro émissions carbone, comme Copenhague est en train de l’atteindre et Paris l’a programmé ; une jauge pour choisir les projets les plus efficaces : la TeCO2 à l’euro dépensé ; un portefeuille : un budget analytique des investissements, des économies engrangées et des réinvestissements ; sans oublier un double moteur, un conseil du développement durable, élus, habitants, entreprises ; et le même, en version enfant et jeune.

Organiser et nourrir localement cet objectif zéro carbone donne un levier majeur pour faire bouger nos territoires et ceux qui y vivent, changer le rapport ville-campagne, construire une géographie humaine en harmonie avec la géographie physique et avec le reste du vivant. http://agirlocal.org/kit-transition-locale/

Ces vidéos grand public peuvent faciliter la nécessaire communication.

La vidéo de présentation de la démarche Agirlocal en 3mn : https://www.youtube.com/watch?v=Um5v84BmORc

France inter, Carnets de campagne l’appel en 3 mn

https://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2016/04/20210312-france_iinter.mp3

France inter, Carnets de campagne les résultats de l’appel en 6 mn

https://www.linkedin.com/posts/jean-michel-vincent-5a7984131_agirlocal-amf-amrf-activity-6807911025321504768-QgiK/

4- Augmenter l’intelligence territoriale

C’est à l’échelle de la commune que plusieurs milliards de décisions sont prises chaque jour en Europe, soutenables ou pas : la façon d’habiter son logement, de se déplacer, de travailler, de se nourrir, d’acheter, de produire, de gérer sont autant de décisions, d’actes de consommations, ordinaires au quotidien, ou d’investissements exceptionnels dans la durée, décidés par les ménages, les entreprises, les services des collectivités territoriales, les élus.

Ces acteurs sont autonomes dans leurs prises de décision et le resteront.

Décider soutenable devrait pouvoir être fait à bon escient localement, en connaissance de cause et de conséquence de l’impact de ces décisions sur le changement climatique, sur les autres enjeux du développement durable.

Mais les données publiques qui devraient permettre à chacun d’y voir clair disparaissent au fur et à mesure du passage de l’échelle nationale à l’échelle communale. En conséquence, avec les données existantes il n’y a pas de traduction locale, simple, appropriable par les acteurs locaux des enjeux planétaires du développement durable, permettant de construire une vision locale partagée par les acteurs, leur permettant d’agir. Hors le tableur carbone gratuit que nous avons construit, première pièce maitresse mais outil incomplet.

Un outil complet existe, il a été fabriqué il y a une douzaine d’années par la Direction régionale de l’équipement Île-de-France à partir des 6 enjeux du développement durable tels qu’ils ont été identifiés par le Grenelle de l’environnement : le changement climatique, la biodiversité, les ressources renouvelables, l’économie soutenable, le bien-être, les nuisances et les risques ; ses indicateurs territoriaux ont été alimentés par les données publiques disponibles, plus riches en Île-de-France qu’ailleurs. Le Préfet-Directeur régional de l’équipement Île-de-France l’appelé @d aménagement durable.

Il est constitué d’un double tableau de bord territoire-projet, apte à mesurer l’impact de tout projet sur son territoire d’accueil, de toute décision sur le territoire qu’elle impacte. En regard des 6 enjeux internationaux identifiés, 12 lignes d’action et autant d’indicateurs territoriaux associés caractérisent le territoire, 10 permettent de caractériser le projet, la décision.

Cet outil simple à utiliser permet de permet de bien caractériser un territoire, de construire localement une vision partagée, de mieux organiser localement le chemin vers l’objectif zéro carbone mais aussi veiller au bien être ou à la biodiversité par exemple. Il permet de faire converger les prises de décisions locales, autonomes à toutes les échelles de territoire.

Inhérent à cet outil, par la façon dont il a été développé, les lignes d’action constituent les éléments d’une stratégie planétaire, traduite en termes locaux : elles pointent les types d’actions structurantes, éclairent les débats. La mesure fournie par les indicateurs permet de distinguer l’action accessoire de l’essentielle.

Pour autant aucun objectif n’est fixé au territoire ou au projet. Il revient aux acteurs locaux d’exercer leurs responsabilités, leur créativité, leur professionnalisme, pour répondre aux enjeux du développement durable.De ce fait le portage politique de la démarche est déterminant, le maire est un acteur clé. La démarche lui apporte de quoi identifier les projets, les investissements clé, matériels et immatériels sur lesquels concentrer les ressources financières et humaines. L’outil permet de mettre en scène les actions porteuses qui reviennent à chacun, de développer l’intelligence collective requise pour progresser.

Il a été validé par l’association des maires Île de France. Cet instrument public a été mis à leur disposition, gratuitement. https://agirlocal.org/resume-d-amenagement-durable/

En France, depuis le Grenelle de l’environnement, l’intelligence collective du développement durable s’appelle la gouvernance à 5 : Etat, élus, entreprises, syndicats, associations. Elle ne va pas de soi ; elle se construit. Elle n’est pas dans la continuité mais en rupture avec les mentalités, les organisations, les modes de penser, les modes de décision et permet de penser carbone, biodiversité et bien-être sur son territoire.

L’indicateur de biodiversité est une innovation majeure de cet outil :  la carte infra communale fournit à un spécialiste de la biodiversité un outil pour tracer en 2 heures les corridors de biodiversité et les points d’interruption, alors que selon l’expert du Museum, un an et sept spécialistes sont nécessaires pour obtenir la même carte en inventoriant et comptant les espèces : https://agirlocal.org/category/biodiversite/

Le double tableau de bord territorial est déterminant. Il a été construit en conséquence.

-Ses indicateurs sont simples, lisibles, pour être appropriables par les acteurs locaux, et quantifiables à partir de données publiques pour permettre une mesure neutre, transparente, incontestable par l’homogénéité d’un territoire à l’autre des sources de données et des modes de calcul : propriété de la puissance publique et affichés sur un site internet lui appartenant, ils ne sont pas contestables. Leur méthode de calcul est documentée, avec les voies de leur amélioration.

-Pour que chaque territoire puisse s’évaluer, se comparer à des territoires similaires, s’enrichir des expériences développées ici ou là, ces indicateurs sont comparables d’une commune à l’autre.

-Parce que certaines questions, comme les déplacements domicile-travail par exemple, ne peuvent être traités qu’à des échelons d’administration dépassant la commune, ils sont additionnables à l’intercommunalité, aux échelons d’administration englobants en général, jusqu’à la région au moins.

-Pour être facilement lisibles par les acteurs locaux, ces indicateurs sont cartographiés et accessibles sur site internet ; Sources et modes de calcul sont documentés. Cette documentation est téléchargeable, gratuitement.

Mais la question première, pragmatique est celle des données publiques, source de calcul des indicateurs. L’absence de données nécessaires à l’échelle communale a conduit à territorialiser à la commune des données publiques jugées suffisamment consistantes à l’échelle régionale. Ce travail a alors demandé 18 mois et mobilisé les services publics détenteurs de données mais aussi 15 juniors entreprises sur 18 sujets pour identifier les études susceptibles de compléter les données existantes et permettre cette territorialisation.

L’outil a été généralisé à l’AFNOR pour la France métropolitaine mais les indicateurs n’ont pas été calculés à l’échelle nationale.

En 2 pages :

http://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2016/02/fiche_d_France_cle2e1c16.pdf

En 32 pages :

https://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2016/02/Territoires-et-am%C3%A9nagements-durables.pdf

L’Europe a quelques années plus tard (en 2012) lancé un appel à projet qui en permettait la généralisation à l’Europe. Les experts qui ont analysé la proposition ont jugé l’outil mature mais la proposition d’équipe d’acteurs (de 4 pays), insuffisante. Paradoxal s’agissant de développer à l’échelle européenne un outil purement français et former dans l’action.

L’Etat a laissé  @d aménagement durable en jachère.

L’appropriation par les régions de cet outil, est l’un des enjeux du temps qui reste.

V- Le grand absent

Bien sûr, nous pourrions aller beaucoup plus vite et mieux si nous réussissions à articuler actions locales, nationales et internationales. L’Etat, notre Etat est le grand absent de cette stratégie opérationnelle. D’où ces appels répétés à fournir un cadre à l’action locale.

C’est l’objet des 5 propositions de décisions énoncées dans le kit transition. https://agirlocal.org/5-decisions-a-prendre/, plus une. 

  • Sans surprise pour le lecteur de la démarche Agirlocal, les 4 premières propositions consistent à demander à l’Etat de permettre de compter facilement carbone, reprendre le développement d’@d aménagement durable au niveau national, gérer la vitrine à projets réussis, établir une ingénierie publique, tiers de confiance ; le tout, pas seul.
  • La 5ème proposition consiste à financer nos projets, à taux zéro, avec le pacte finance climat. Cette cinquième proposition, venue d’une association Agir pour le Climat, est décisive.

L’expérience a montré que les solutions à reproduire sont le plus souvent rentables mais butent fréquemment sur le temps de retour sur investissement, trop long. D’où cette proposition de financer à taux zéro les solutions en question afin d’éliminer cet obstacle. Il faut avoir vécu l’obstacle lors du développement d’un projet efficace pour la transition pour constater la différence avec des taux bas, argument couramment utilisé pour balayer d’un revers de main une solution particulièrement efficace.

Agir pour le Climat a été fondée par Jean Jouzel, l’ex Vice-président du Giec et Pierre Larrouturou, aujourd’hui député européen, co-rapporteur du budget. L’idée est d’utiliser la création monétaire pour financer la reproduction des solutions. D’où la création d’une banque pour le climat qui financerait les Etats européens lesquels financeraient les porteurs de solutions à taux zéro ; sans faire porter l’endettement sur les Etats donc, aux finances bien mises à mal par la crise financière de 2008 puis par le traitement économique du Covid.

Utiliser la création monétaire consiste à financer l’économie réelle plutôt que la spéculation. En cela, cette proposition peut à la fois contrer la menace climatique et la crise financière mondiale que le FMI nous annonce. D’où le nom de pacte finance climat.

Agir pour le climat a aussi proposé qu’un budget à la hauteur des enjeux de la menace climatique soit décidé : pour subventionner les projets européens qui en ont besoin au lancement (comme Energie Sprong l’a été par exemple) mais aussi l’Afrique afin de lui éviter de passer dans son développement par la case industrie fossile,

Le volet africain de la proposition tient au fait que nous habitons la même planète, que chaque TeCO2 émise où que ce soit est, comme on l’a vu, un mois plus tard, uniformément répartie dans l’atmosphère et y reste un siècle… Le budget nécessaire pour aider l’Afrique est conséquent mais ne représente qu’une toute petite partie du budget du Green Deal. Egoïstement, il aurait pour deuxième intérêt de limiter les immigrations en finançant le développement local, comme en Europe.

Ces propositions n’ont rien d’utopique. L’Europe en a décidé ainsi pour ce qui concerne la banque : ce sera la BEI, banque européenne d’investissement. Le budget climat, d’abord ridicule a été augmenté dans le green deal. Pour les prêts à taux zéro, à la hauteur de l’enjeu vital de la menace climatique, il semble que la facilité clé apportée aux porteurs locaux n’ai pas touché les décideurs européens. A moins que le secteur bancaire n’en ait pas voulu.

  • Une sixième proposition est nécessaire mais elle est moins immédiatement abordable. Elle consiste à appeler les gouvernants à la mobilisation générale,

Nous avons un ennemi mortel, les émissions de carbone. Où qu’elles soient émises sur la planète, elles se retrouvent uniformément réparties dans toute l’atmosphère un mois plus tard et y restent un siècle ; ce qui nous rend tous solidaires des décisions que chacun prend, chaque jour sur la planète. Il nous faut donc le connaitre cet ennemi mortel pour pouvoir le traquer, le représenter en termes de vie quotidienne, et savoir le réduire.

Il nous faut apprendre à compter carbone, mesurer pour agir et changer le métabolisme de nos territoires, de la maison à l’Europe et à l’international. Au-delà de la région donc, par l’Etat dont c’est le rôle : régalien mais aussi stratège et pro-actif.

Nous ? 30 millions de familles, dont 5-6 millions d’entrepreneurs et une dizaine de millions d’actifs impliqués dans la définition et la réalisation des projets d’investissement de transition, un million de pédagogues plus leurs étudiants et élèves, un demi-million d’élus locaux et nationaux, sur 36 400 territoires, de la commune à la région et un gouvernement. Un moteur puissant.

Dans cette mobilisation générale, l’Etat Français propose que les échanges internationaux aient pour objet les méthodes, les outils et les solutions territoriales de changement du métabolisme des territoires, en commençant par qui veut. A cet effet les échanges pourraient être permanents sur ces trois objets, ponctués par les COP dans les 10 ans qui restent.

Juste un instant, pensez à ce que changerait un tel coup d’accélérateur pour écarter la barbarie climatique.

Et revenez à ce que vous pouvez décider sans attendre :

Prendre connaissance des solutions recueillies et vous demander comment les adapter-reproduire sur votre territoire, répondre à l’appel si vous en avez fait aboutir une qui manque à l’appel, adhérer à Agirlocal pour massifier la réduction de nos émissions, soutenir la biodiversité, s’apprendre les uns les autres et co-développer notre association. https://www.helloasso.com/associations/agirlocal

Dans une stratégie partagée : Compter carbone et agir

 

Retourner à la page d’accueil: https://agirlocal.org/

28 solutions efficaces

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28 solutions efficaces

Compter carbone est éclairant : les moyens locaux engagés à ce jour par l’échelon national ne sont plus à la hauteur de l’urgence climatique. Ils ne sont pas non plus organisés pour faire masse : les projets aboutis les plus efficaces sont invisibles d’un territoire à l’autre.

Nous avons fait un premier pas pour sortir de cette double impasse avec la création fin 2020 d’une association multi-acteurs, Agirlocal qui organise ce partage.

Une démarche d’identification nationale de 50 projets locaux efficaces, massivement reproductibles a été lancée dans la foulée ; 18 mois plus tard, 32 solutions efficaces ont été recueillies, documentées et 28, abouties, ont été mises en vitrine.

Accéder aux 28 solutions : https://agirlocal.org/vitrine/

Pour s’en faire une idée globale, ces 28 solutions y sont présentées en une vingtaine de lignes chacune ; le tout est lisible en une heure et demi. Elles sont aussi présentées sous forme de fiches recto-verso documentées par leurs porteurs. Il y a de quoi ajuster celles qui vont bien à son territoire et les reproduire méthodiquement :  https://agirlocal.org/vitrine/

Nous avons mis en forme reproductible une première dizaine des 28 solutions pour faciliter leur déploiement sur votre territoire.

Inévitablement une question se pose alors : comment développer méthodiquement tout ou partie de ces solutions sur le territoire où je vis ? Comment les intégrer dans le projet de territoire ? Cet article défriche une réponse : https://agirlocal.org/50-projets-sur-mon-territoire/

Nous ne sommes pas au bout du recueil. L’appel est désormais permanent afin de recueillir la cinquantaine de solutions visées ;

Porteur de solutions, pour y répondre merci de remplir cette fiche type: https://agirlocal.org/wp-content/uploads/sites/15685/2021/10/fiche-de-candidature-appel-permanent.docx

Et de l’adresser à : 50projets@agirlocal.eu

Pour prendre connaissance du contexte du premier appel :

https://agirlocal.org//wp-content/uploads/sites/15685/2021/03/Appel-a-initiatives-remarquables-Agir-Local.pdf

Si vous avez pris votre décision d’écarter la menace climatique, seul, ensemble, cet article défriche l’inévitable question : par où commencer ?

Aller à Par où commencer: https://agirlocal.org/par-ou-commencer/

Compter carbone

Compter carbone

Le constat des scientifiques du climat est brutal, notre pronostic vital est engagé, à dix ans d’ici. Le virus est connu, comme le Covid 19, c’est nous qui le propageons :

Une tonne de CO2e émis à Shangaï, New York ou Paris est un mois plus tard, uniformément répartie tout autour de la terre et y reste un siècle. Ce qui nous rend tous solidaires des décisions que nous prenons, sans pouvoir pousser la poussière sous le tapis.

En 2021 nous avons franchi le seuil des 415 ppm, déclencheur de 1,5°C de réchauffement. https://www.co2.earth/.Nous allons franchir au début des années 2030 le seuil des 450 ppm, déclencheur des 2°C de réchauffement de l’atmosphère.

Le français moyen émet 12 tonnes de CO2e par an, il faudrait en émettre 2.

A raison d’une dizaine de décisions par jour dans les 10 ans qui restent avant le déclenchement des 2°C, il reste à chacun de nous 40 000 décisions à prendre qui vont se cumuler, jour après jour et pour un siècle. D’où l’intérêt de faire le plus facile, le moins cher, le plus efficace, d’abord : un à plusieurs plats végétariens par semaine, de l’éco conduite, un thermostat pour le chauffage de notre logement, par exemple.

Difficile de compter carbone ? Cette double page permet à tout un chacun de compter carbone approximativement, dans sa vie de tous les jours et à chaque investissement. Avec 7 chiffres pour commencer :


Plus détaillés mais encore simple :

https://agirlocal.org/compter-carbone-approximativement

Sauf qu’ on ne peut pas réduire massivement ses émissions là où l’offre manque.

On ne peut aller plus loin qu’ensemble : plats bas carbone à la cantine, tiers lieux pour télétravailler dans un environnement professionnel, voitures bas carbone, parcours cyclables pour aller à la gare, au travail, artisans isolant avec des écomatériaux cultivés par des agriculteurs, transformés et commercialisés par des entreprises, énergies renouvelables produites et commercialisées.

Bref tout ce qui fait le métabolisme de nos territoires : les productions et les consommations locales, les flux de personnes, de marchandises, de connaissances et d’argent qui entrent et sortent de nos territoires. Ce métabolisme qui crée nos émissions.

Pour changer ce métabolisme, ce tableur carbone permet d’évaluer l’empreinte carbone de la commune, l’intercommunalité, le département, la région ; en moins d’une heure, gratuitement. Il est construit à partir de l’empreinte carbone nationale telle que calculée par le Haut Conseil pour le Climat.

https://agirlocal.org/mode-calcul-emissions-co2e-a-la-commune/

Cet indicateur simple, fédérateur, permet de mesurer l’efficacité d’un projet : la tonne de CO2 économisée à l’euro dépensé.

Vouloir réduire ses émissions de gaz à effet de serre sans les compter, c’est un peu comme soigner le covid à l’aveuglette. Mieux vaut compter avec le tableur et l’indicateur pour y voir clair.

Compter ne suffit pas. Pour préparer les décisions efficaces, voir ce kit transition où l’on trouve de quoi s’informer, se former et convaincrehttp://agirlocal.org/kit-transition-locale/

Un métabolisme de territoire ça se change par des changements de comportement, par l’offre et par la demande, locale et internationale, par des petits projets ayant fait la preuve de leur efficacité, des solutions. Nous en avons recueilli 28 à ce stade.

Aller à 28 solutions efficaces : https://agirlocal.org/28-solutions-efficaces/

essaimage

A fin décembre, cet article est en cour de rédaction avec les productions de l’atelier du 6 décembre: freins et leviers de reproduction méthodique sur nos territoires de tout ou partie des 28 solutions recueillies.

habitants entrepreneurs élus

Chacun de nous- Habitants -entrepreneurs, élus locaux- et la dizaine de décisions que nous prenons chaque jour, chaque plat choisi, chaque déplacement, chaque kg de marchandises produit, transporté, consommé, chaque grain de connaissance, masqué (comme le PIB), barré par des brevets, ou en libre disposition, chaque euro dépensé ici plutôt que là, composent le métabolisme de notre territoire, émettent des gaz à effet de serre.

Nous pouvons réduire nos émissions de gaz à effet de serre là où nous vivons, c’est à dire là où nous pouvons en décider sans attendre par de petits changements de comportements, de prise de décision. Et cela vaut la peine : cette réduction économise de l’argent que l’on peut réinvestir dans des projets efficaces.

Pour passer à l’action, ces quelques pistes :

Vous êtes un habitant : vous pouvez vous y mettre tout seul dès maintenant. Vous pourrez économiser de l’argent, vous concocter une meilleure santé et réduire vos émissions de CO2 de 10 à 20% en quelques semaines. Comment ? En changeant juste un peu de comportement.

Vous êtes un entrepreneur, un chef d’établissement ou un salarié : vous pouvez réduire les émissions de C02 de votre entreprise, économiser de l’argent et vous donner des avantages concurrentiels, développer l’emploi local et le bien-être au travail. Cela prendra de 1 à 3 ans. Et certaines mesures ont un effet immédiat.

Vous êtes un élu : vous pouvez rendre plus de service à vos administrés sans augmenter leurs impôts, voire en les réduisant. Les décisions prennent effet entre quelques mois et un mandat.

Retourner à par où commencer pour agir ensemble sur le métabolisme de nos territoires